Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.
Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.
Coupée du monde, la ville de Norilsk semble figée dans le froid et la nuit polaire. Le documentariste français François-Xavier Destors nous amène à la rencontre des habitants de cette ville de l'extrême, plus grande ville située au-dessus du cercle polaire arctique, à la recherche d'une réponse à la question : comment vivre dans des conditions inhumaines ?
Considéré comme le mal incarné depuis la sortie de Star Wars : Les Derniers Jedi, Rian Johnson n'a pas attendu que la poussière retombe pour embrayer sur ce que l'on appelle de l'autre coté de l'Atlantique un "crowd-pleaser", comprenez ici quelque chose étant à même de plaire aux foules. En résulte le film À Couteaux Tirés, qui même s'il semble épouser les atours d'un genre méga codifié, ici le whodunnit, permet à son auteur de détourner ces mêmes codes et à gratifier le tout d'une pique éminemment incisive sur ce qu'est l'Amérique en 2019.
Comme un très bon chien sans maître, le cinéma de Terrence Malick a connu des errements pas toujours plaisants à suivre. Avec Une vie cachée, il a retrouvé un sens, et redevient passionnant de bout en bout.
Fabrice Du Welz termine en beauté sa trilogie ardennaise avec Adoration, son meilleur film mais aussi le plus poétique et onirique sur une déroutante idylle adolescente.
Le couple. Son déchirement. Sa disparition. Son effacement. Marriage Story, avec son écriture, sa fine réalisation et son duo magistral (Scarlett Johansson et Adam Driver), nous dévoile avec un réel sens du naturel, les rouages d’un mariage qui se disloque avec le temps et qui fait face à la mécanique procédurale et carnassière qu’est le divorce. Sauf que l’amour ne disparaît jamais, mais prend une autre forme.
Le mercredi 4 décembre 2019, sortait en salles Brooklyn Affairs, un long-métrage réalisé par Edward Norton qui a, de surcroît, le rôle principal. Il s'agit d'un thriller américain dont l'action en demi-teinte a lieu dans le New York des années 50, un New York reconstitué et plus vrai que nature.
Elia Suleiman est égal à lui-même dans ce nouveau film, It must be Heaven. Utilisant un humour burlesque descendant tout droit de Keaton et de Tati. Presque sans un mot, il fait le constat d’une planète aussi belle que malade de ses guerres incessantes, en Palestine, mais aussi ailleurs.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.