Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Il est à peine sorti chez nous que Wonder Woman cartonne déjà à travers le monde, bien plus que les précédents films DC. En ajoutant une touche féminine, la Warner a-t-elle enfin réussi à optimiser sa recette ? Ou bien entreprend-elle un virage radical pour assurer le succès commercial de sa saga super-héroïque jusque-là si décriée ?
A le voir adopter ses costumes old-fashion, son accent à couper au couteau et sa posture vouté, il semble que Brian Cox était un choix évident pour incarner Winston Churchill. Pourtant, sa prestation ne rentrera pas dans la légende. A qui la faute?
Jason Clarke incarne un haut dignitaire nazi aussi épouvantable que Ralph Fiennes dans La Liste de Schindler. Sa prestation suffit-elle à faire du film de Cédric Jimenez une reconstitution historique pertinente ou un film de guerre spectaculaire?
Avec War Machine, David Michôd fait son entrée sur Netflix avec son film le plus accessible et le moins percutant. Mais qui reste une satire efficace menée par un très bon Brad Pitt.
Une pléthore de films, et toujours la même passion pour François Ozon de l'identité trouble, de l'identité double. L'amant double ne faillit pas à la règle et pousse d'ailleurs le bouchon très loin. Trop, peut-être?
Departure de Andrew Steggall, est LE film aux six récompenses. Véritable ode à l'amour, ce drame familial nous plonge avec poésie, subtilité et délicatesse, au cœur des désirs d'une mère et d'un fils.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.