Berenice Thevenet·FestivalsLa Maman et la Putain : le diable par la queueLa Maman et la Putain est un chef-d'oeuvre aussi déroutant qu'obsédant. Longtemps introuvable, le film de Jean Eustache ressort ce mois-ci dans les salles obscures. Un évènement à ne manquer (sous aucun prétexte) tant cette oeuvre regorge de moments d'anthologies cinématographiques, comiques, érotiques et philosophiques.
Berenice Thevenet·FestivalsJoyland : Un œuvre qui met en joieJoyland s’affirme comme un réquisitoire glaçant sur la transphobie et l’homophobie qui règnent dans la société pakistanaise actuelle. Le cinéaste rappelle, de manière subtile, sans misérabilisme, que l’une et l’autre tuent encore aujourd’hui.
Chloé Margueritte·FestivalsFIFAM 2022 : Saint Omer d’Alice DiopNouveau jour de gloire au FIFAM 2022 : salle comble pour la présentation de Saint Omer en présence d'Alice Diop, sa réalisatrice. Avec une précision documentaire, elle construit un récit bouleversant en inventant notamment le personnage de Rama, une esquisse dont le passé se dessine par petites touches. Empruntant aussi bien à Marguerite Duras qu'à Robert Bresson, Saint Omer est une plongée dans les affres du lien mère-fille, décrit comme une relation à la fois bénie et monstrueuse. C'est le regard des femmes sur une femme qui compte surtout ici. Une œuvre rare et engagée.
Chloé Margueritte·FestivalsFIFAM 2022 : A piece of sky de Michael Koch: humanité et nature dans un drame poignantPrésenté en compétition au Festival International du Film d'Amiens (FIFAM), A piece of sky (Drii Winter) de Michael Koch est un drame poignant au cœur d'un village de montage, une alliance magnifique entre nature et humanité où les liens entre les Hommes sont intenses, où l'animal a une place centrale. Un récit de corps, de mort aussi, mais surtout de saisons.
Berenice Thevenet·FestivalsJoyland : Une œuvre qui nous met en joieJoyland est la surprise du 75e Festival de Cannes. Le premier film de Salim Sadiq s'affirme comme une œuvre lumineuse et engagée. Le réalisateur offre, en effet, une réflexion ô combien salutaire sur la société pakistanaise actuelle, en évoquant notamment le sort réservé aux femmes transgenres.
Rémy Fiers·FestivalsCinémania 2025 : Qui brille au combat – La délicatesse faite filmJoséphine Japy signe un premier film bouleversant sur le handicap et les liens familiaux. Qui brille au combat mêle délicatesse, justesse et émotion dans un portrait de famille lumineux. Porté par Mélanie Laurent et Angelina Woreth, ce drame intime touche au cœur sans jamais forcer.
Sévan Lesaffre·FestivalsLes Œillades 2023 : L’Homme d’argile d’Anaïs Tellenne, La Bête et la BellePremier long-métrage d’Anaïs Tellenne, L’Homme d’argile est un conte existentiel, onirique et sensuel sur le pouvoir expressif du regard et la monstruosité des illusions. Dans cette relecture contemporaine et romantico-mélancolique du mythe de Pygmalion et Galatée, la jeune réalisatrice met en scène l’histoire d’amour impossible d’Emmanuelle Devos et Raphaël Thiéry, l’une artiste plasticienne en panne d’inspiration, et l’autre son étrange créature-muse au masculin. Toute la beauté du film réside dans la métaphore chimique et l’éclat déchirant de leurs deux visages, qui, enfermés dans un manoir hors du temps, oscillent constamment entre pudeur et désir, ennui et admiration. D’un bout à l’autre, tout sonne juste. Une vraie réussite.
Sévan Lesaffre·FestivalsLes Œillades 2025 : Sauvons les meubles de Catherine Cosme, le poids des adieuxDans "Sauvons les meubles", son premier long-métrage porté par Vimala Pons et Yoann Zimmer, Catherine Cosme observe le délitement d’une fratrie dysfonctionnelle, tissant une toile émotionnelle d’une grande finesse autour de Lucile et de son frère Paul, appelés au chevet de leur mère mourante. Ce retour dans la maison familiale est une plongée intime, où le temps suspend son vol, et les silences forment autant de secrets à dévoiler. Un drame intime qui mêle avec finesse comédie grinçante et tragédie familiale, dépassant la simple chronique pour devenir une réflexion subtile sur l'incommunicabilité, la mémoire et la possibilité de réconciliation.
Sévan Lesaffre·FestivalsLes Œillades 2025 : Le Chant des forêts de Vincent Munier, trois générations sous les arbresAprès le succès de "La Panthère des neiges", le photographe animalier Vincent Munier offre un voyage sensible au cœur des forêts vosgiennes de son enfance. Entre Michel, son père naturaliste et Simon, son fils adolescent, trois générations se transmettent le même regard émerveillé sur le vivant. Un documentaire contemplatif d'une beauté sidérante, qui a remporté le Prix vert au 29ème festival "Les Œillades" d'Albi.
Ariane Laure·FestivalsStay Awake : le poids de la maladieSi on ne compte plus les films traitant de la drogue, rares sont ceux qui adoptent, non pas le point de vue du malade, mais celui des membres de la famille qui assistent et soutiennent au quotidien un proche atteint d'addiction. C'est l'intéressant parti pris de Stay Awake, premier film de Jamie Sisley présenté en compétition au Festival de Deauville.
Sévan Lesaffre·FestivalsLes Œillades 2025 : L’Engloutie de Louise Hémon, Marche funèbre dans la neigeL’arrivée d’une jeune institutrice républicaine dans un petit village des Hautes-Alpes vient soudain bouleverser les codes d'un monde rural archaïque, enclave presque hors du temps où légendes, superstitions et peur de la montagne se mêlent aux tensions politiques d’une fin de siècle. Porté par la présence minérale de Galatea Bellugi, qui incarne Aimée avec une intensité vibrante, "L’Engloutie", premier long-métrage de Louise Hémon en compétition au festival Les Œillades d'Albi, se déploie comme une envoûtante fable hivernale à la sensualité brumeuse, dans laquelle la campagne enneigée, pièce maîtresse d’une troublante énigme, ensevelit toutes les certitudes et fait vaciller la frontière poreuse entre lumière et ténèbres.
Chloé Margueritte·FestivalsFIFAM 2022 : Ashkal de Youssef ChebbiAshkal, en compétition au FIFAM 2022, est un film fascinant et déroutant. Un récit de feu, de mort, de corruption. Une enquête impossible, telle celle de La Nuit du 12, mais où tout flambe, tout suinte, tout est caché. Un grand film de désespoir collectif porté par une mise en scène d’une grande qualité (métallique, sombre, intense).
Jérémy Chommanivong·Films ClassiquesSilent Hill (2006) : brouillard, culte et cauchemar, retour sur un film à part
Jonathan Fanara·Actu Livres« Grand Atlas des empires coloniaux » : domination, exploitation, émancipation