Analyses

L’Être aimé : l’autre « Abandon »

Prenant le point de départ du Valeur sentimentale de Joachim Trier, l'histoire d'un cinéaste qui tente de renouer avec sa fille par l'intermédiaire d'un projet cinématographique, Rodrigo Sorogoyen propose une tout autre approche. L'intensité de sa mise en scène raconte le poids d'un passé qui vient perturber le tournage. Un abandon qui hante ce père comme sa fille. Analyse, en cinq scènes fortes.

Nous l’orchestre : au cœur d’un ensemble symphonique

Le documentariste Philippe Béziat nous propose une plongée au sein du célèbre Orchestre de Paris. Multipliant les approches et les gestes de mise en scène, il permet de lever un coin de ce grand mystère : comment des individualités parviennent à faire corps, au service de la musique. Captivant.

Woman and Child : la vengeance d’une femme

Avec "Woman and Child", Saeed Roustaee trace le destin d'une femme déterminée à trouver les coupables du malheur qui l'accable pour les châtier. Le portrait poignant d'une Médée autant que d'une Méduse qui, impuissante à se venger, finira par choisir une autre voie. Magistralement mise en scène.   

Le cinéma d’horreur aujourd’hui : entre agacement et espoir

Le cinéma est vecteur d'émotions parmi lesquelles la peur peut sembler être le vilain petit canard. En effet, la peur est à première vue, tout comme la mélancolie, quelque chose que nous devrions craindre plutôt que rechercher. Et pourtant, le public souhaite se faire peur, en comptant sur de braves petites âmes pour lui offrir des frissons de terreur. C'est là toute l’ambiguïté du cinéma d'horreur, mais c'est aussi là que réside tout son génie. Génie qui, comme nous allons le voir, est aujourd'hui mis à mal par une industrie préférant la facilité à l'art d'envoûter son spectateur.

Le cinéma fusionnel d’Edgar Wright

Cinéaste cinéphile, Edgar Wright façonne depuis « Shaun of the Dead » une filmographie incontournable. Sa clé réside en une vision du monde dont le maître-mot est fusion.

Lamb : les images contre-attaquent

« Lamb » fut une surprise de Cannes 2021. Le film de Valdimar Jóhannsson propose une expérience unique basée sur une confrontation entre l'image et la parole.

Rebecca ou l’impossible home sweet home

Installant une ambiance mystérieuse et onirique aux frontières du gothique, Hitchcock met en scène un bien singulier personnage dans Rebecca : une maison. Au cœur d’une romance naissante, une grande demeure anglaise est le pilier de la relation entre Mr and Mrs De Winter et met à nue les rouages d’une mise en scène théâtrale au décor parlant. Cette grande maison hostile hante les esprits et fait jouer une présence fantomatique refusant de disparaître.

Les Scénaristes de Cinéma Associés (SCA) en lutte contre la précarité des auteurs

Ce mercredi 16 décembre, les Scénaristes de Cinéma Associés (SCA) ont publié une note syndicale appelant notamment à l'instauration d'une « maison sociale des auteurs » et à un accès simplifié aux droits sociaux. Leurs revendications entrent en résonance avec les nombreux témoignages recueillis sur la page Facebook « Paroles de scénaristes ».

« Paroles de scénaristes » : là où le malaise des auteurs de cinéma et de télévision affleure

Depuis le 1er décembre, des témoignages anonymes de scénaristes francophones affluent sur Facebook. La page « Paroles de scénaristes » recueille des récits, souvent glaçants, sur la précarité et l'invisibilisation qui touchent une profession pourtant au cœur de la création audiovisuelle.

Transgression de genre : le cas de Clarice Starling dans Le Silence des Agneaux

Dans un thriller aux accents psychologiques, le film de Jonathan Demme offre le portrait d’une enquêtrice aux accents féministes dont le rôle amène à repenser les espaces offerts aux femmes par les films policiers hollywoodiens des années 90. S’intégrant dans des problématiques qui résonnent jusqu’à aujourd’hui, Clarice Starling permet de s’interroger sur les rapports entretenus avec une autorité hiérarchique masculine établie et la tentative d’abolir des stéréotypes féminins.

Les meilleurs K-dramas historiques : Empress Ki, Mr. Sunshine, My country

Parfois jugés trop longs, fastidieux par la pléthore de leurs complots et joutes politiques complexes, les dramas historiques coréens peuvent de prime abord rebuter. Pourtant, le genre mérite vraiment d’être étudié et cette période de confinement représentait l’occasion idéale. Les deux dernières années nous ont offert deux dramas magnifiques, haletants et particulièrement riches, Mr. Sunshine (2018) et My country (2019). Un peu plus ancien, Empress Ki (2013) reste le grand classique de la catégorie. Par le prisme de ces trois dramas d'exception, procédons à une petite analyse des thèmes, figures et esthétismes élevant ces séries au rang de chefs d’oeuvre presque sans défaut.

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« L’Équipée du Bosquet » : une bromance animalière entre cartoon et road trip burlesque

Un oiseau hyperactif, un écureuil rongé par l’anxiété et un chat affamé : James Burks lance une série jeunesse qui assume pleinement ses codes. Sans chercher à révolutionner l’aventure humoristique animalière, ce premier tome mise sur l’énergie, la dynamique du duo dépareillé et l’efficacité du gag cartoon.

« Les Trois Maisons de Michel Foucault » : les demeures de la pensée

Avec "Les Trois Maisons de Michel Foucault", les Presses universitaires de Rennes prennent le parti d'explorer le philosophe français à travers Poitiers, Vendeuvre et Verrue. Le livre transforme ces lieux de vie en véritables chambres d’écho de son œuvre. Une manière singulière, remarquablement incarnée, d’approcher une pensée souvent réduite à ses concepts les plus célèbres.

« La Sorcière qui a changé le monde » : Margaret Thatcher sous une lumière de morgue

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Umami : savoureux

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Léa Lahannier dans les entrailles du cinéma d’horreur français

Avec "Au bord de l’abîme : où en est le cinéma d’horreur français ?", Léa Lahannier entreprend un état des lieux du genre horrifique hexagonal. Elle en exhume la mémoire cinématographique, les motifs, les contradictions et les métamorphoses. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.