Chloé Margueritte

Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni : telle mère, telle fille de cinéma ?

Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni sont mère et fille à la ville et parfois à l'écran. Elles ont été réunies pour la dernière fois dans La dernière folie de Claire Darling où elles jouaient une mère et sa fille. Mais c'est aussi des réalisateurs comme Arnaud Desplechin ou André Téchiné, dont Catherine Deneuve est une habituée qui les ont réunies au cinéma. Retour sur quelques-uns de ces films dans le cadre de notre rétrospective de la carrière de Catherine Deneuve.

Seule la joie: le chemin lumineux du sexe tarifié au corps à corps amoureux

Seule la joie est la rencontre de deux femmes prostituées qui se découvrent une passion amoureuse. Tourné au corps à corps, du sexe cru aux étreintes sentimentales, le film dresse deux portraits écorchés et magnifiques, souvent "trop" mais qui vont vers la joie. Une belle ode à l'amour fou, poétique et sensoriel, malgré la crudité frontale de certaines scènes.

La Page blanche : réinventer sa vie

Bien calibré "comédie romantique à la française", La Page blanche surprend rarement mais pioche du côté de la douceur (merci Sara Giraudeau) pour dire tout simplement qu'il est toujours possible de réinventer sa vie (même sans perdre la mémoire). Avec un personnage féminin jamais figé, toujours en mouvement, le film dresse un portrait souvent très drôle d'une fille qui se cherche. Dommage qu'il faille toujours en passer, pour l'héroïne, par la case "trouver l'amour".

La Mouette ou la mise en scène de ceux qui ont voulu être mais ont échoué

La Mouette est une pièce de théâtre russe écrite par Anton Tchékhov en 1896. L'œuvre n'a pas cessé depuis de résonner et d'être adaptée. Portée par des personnages "comme nous", La Mouette est une pièce tragique bien que décrite par son auteur comme une comédie. On y retrouve notamment la symbolique forte de ce petit oiseau blanc et gris qui n'a qu'un rêve : la liberté, mais qui une fois sur terre se retrouve empêtré tel l'Albatros de Baudelaire. Analyse dans le cadre de notre cycle consacré à la littérature russe.

Retour sur le festival Passeurs de films

Le festival Passeurs de films se déroule chaque année sur l'île aux Moines (Bretagne) le dernier week-end de juillet. L'occasion, depuis quatre ans, de découvrir trois films en avant première dans le parc du château du Guerric. Cette année, les spectateurs ont pu découvrir Les Miens (Roschdy Zem), Les Pires (Lise Akoka et Romane Gueret), Les Amandiers (Valéria Bruni Tedeschi). Le documentaire Histoire d'un regard (Mariana Otero) a également été diffusé en complément d'une exposition (dans les rues de l'île) de photos de Gilles Caron. Retour sur ces quelques films.

La Petite Bande: la joie enfantine d’être ensemble

Cinq ans après la comédie dynamique qu'a été En Liberté !, Pierre Salvadori revient avec une nouvelle petite bombe ou plutôt La Petite Bande. Un film d'enfance, de combat, de délires qui raconte la joie d'être ensemble. Un film avec des enfants, mais sans niaiserie, bref un grand film sur l'enfance.

Transparent : la révolution du genre en série

Transparent est une série passionnante et touchante sur une famille hybride. Jill Soloway y aborde le transgenre à travers une figure paternelle en pleine transition. La série ne se contente pas de mettre au centre de son scénario un personnage transgenre, mais elle tente de combattre, non sans humour, un grand nombre de préjugés. Les personnages y sont aussi adorables que détestables (parce que névrosés, autocentrés) et l'individu tente coûte que coûte d'exister au sein de l'entité qu'est la famille, aussi écrasante soit-elle. Retour sur les cinq saisons pour notre cycle sur les séries LGBT.

Les goûts et les couleurs de Michel Leclerc : portrait de deux chanteuses en feu

Avec Les goûts et les couleurs, Michel Leclerc livre un film d'émancipation féminine et d'authenticité à l'image de sa filmographie : sincère, drôle et touchante. On y retrouve avec un grand plaisir les voix et le jeu de Judith Chelma et Rebecca Marder dans la peau de deux chanteuses que plusieurs générations séparent et qu'un album commun rassemble. 

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Kill Bill : The Whole Bloody Affair, la nouvelle séquence anime et le geste hybride que Tarantino a inventé en 2003

Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.

Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

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Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.