Chloé Margueritte

Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

Nausicaä de la vallée du vent : naissance de l’héroïne selon Hayao Miyazaki

En 1984, Ghibli n’existe pas encore, mais le succès de Nausicaä de la vallée du vent n'est pas pour rien dans la décision de Miyazaki de fonder le célèbre studio. L'héroïne est purement made in Hayao : elle est jeune et puissante, elle se bat contre les forces de la nature et les destructions humaines. Le dessin est d'une belle complexité, le visage de Nausicaä est poupon mais le monde qui l'entoure est d'un fantastique sombre et en pur contraste avec des films plus enfantins comme Mon voisin Totoro. Cette très belle réussite est aussi un chant d'humanité, nous appelant à écouter la nature qui nous entoure. Un prélude au plus désabusé Princesse Mononoké et sa violence stylisée, son monde véritablement malade. Tous ces films sont à voir en ce moment sur Netflix.

Twilight : le vampire, un ado comme les autres ?

Twilight est un film d'ados comme on n'en fait (presque plus) avec une jeune fille complètement obnubilée par l'amour plus que par elle-même. Bella est ainsi totalement vampirisée par son amour viril et très fort. A mille lieues de films comme Morse, Twilight est un reflet déformant de l'adolescence. En utilisant la jeunesse comme prétexte et non plus comme art, il n'existe que par son désir de parler à cette dite jeunesse. Et les vampires dans tout ça ? Des ados comme les autres ?

Interview : Lefkes ou le spleen en musique

Prenez Alain Bashung, Black Mirror, Virginie Despentes et un peu de Sophie Hunger, mélangez tout. Ajoutez-y une pincée de spleen à la Baudelaire. Vous obtenez l'étonnant duo franco-allemand de pop française Lefkes. Un nom inspiré par un village de l'île de Paros et une rencontre avec Fabrice Lucchini. Il n'en fallait pas moins pour interviewer Anne-Claire Bondon et parler cinéma, féminisme, identité et mystère.

Une Machine comme moi : Ian McEwan aux confins de l’humanité

Une Machine comme moi, dernier né de Ian McEwan est sorti en France en janvier 2020. L'oeuvre, en apparence simple, est foisonnante. Elle confronte l'humain à ses propres limites à travers des personnages typiques du cinéma de l'auteur. En pensant faire le bien, ils se confrontent à l'inconstance humaine. Une belle leçon dans une réalité made in McEwan qui lui permet d'aborder mille sujets. A quand l'adaptation ciné ?

La Fille au bracelet : connaissons-nous vraiment nos ados ?

La Fille au bracelet est comme un embrasement. C'est un moment suspendu, parfois dur, tendu. Mais c'est aussi un vivier d'émotions rentrées dans laquelle l'adolescence est vue comme ce qui échappe toujours à notre regard et devrait échapper à nos jugements. Une petite merveille pour la conseillère principale d'éducation qui sommeille en moi.

Scandale ou l’hypocrisie post #MeToo

Scandale se pose d'emblée comme LE film américain de l'ère qui suit #MeToo et ses révélations en pagaille sur un monde du cinéma/de la finance/de la musique/du journalisme (pas de mention inutile à rayer ici) perverti par le désir des mâles (blancs et riches la plupart du temps ici) qui le dominent. Cependant, cela ne suffit pas à en faire un bon film car cette révolution dans la parole des femmes, cet instant inédit et inouï, mérite une vraie réponse de cinéma. Mais malheureusement nous sommes trop prompts à accueillir toute forme de parole comme de l'eau bénite, une preuve que tout s'arrange d'un coup de baguette magique...

Représenter les figures du mal quand les monstres n’existent pas ?

Proposer un article dans le cadre d'un cycle sur le mal, ses incarnations, ses représentations avec l'idée que "plus fort est le mal, plus acharnée sera la lutte et meilleur sera le film", en décidant de parler de la non-représentation de ce mal, c'est un peu fort. Cependant, penser ce mal en arrière-plan, voire et étudier les conséquences de ce mal et comment la société s'en empare, n'est-ce pas là un passionnant projet de cinéma ?

Une Belle équipe : match nul pour le féminin vu par Mohamed Hamidi

Un film sur le foot féminin, un an après Comme des garçons, ça sentait bon la redite. Dans Une Belle équipe, il n'est pourtant pas question de créer la première équipe de football féminin de France, mais de parler des remous que font encore aujourd'hui, en 2020, les femmes qui sortent des habitudes qu'ont leur a l'air de rien attribuées. Certes, ça n'est pas toujours très subtil, mais heureusement le casting fait le job. Petite tristesse quand même pour un grand manque d'épaisseur sur un sujet "dans l'air du temps" et nécessaire. Une Belle équipe n'est donc pas la révolution de l'année, mais une comédie de plus made in France, qui a manqué l'occasion d'être un film rassembleur du féminin.

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