Chloë Sevigny et Maggie Smith, deux femmes de l’ombre

Pour ce cycle sur les rôles secondaires, il semble intéressant d’étudier le cas de deux actrices dont le nom vous est peut-être inconnu, mais dont le visage ou le rôle incarné vous rafraîchira la mémoire. Chloë Sevigny et Maggie Smith, deux comédiennes aux carrières très opposées mais qui ont en commun d’avoir jusqu’à présent mené de front une carrière brillante en ne jouant exclusivement que des seconds rôles.

Certains acteurs (actrices) passent leur carrière a l’ombre des projecteurs, et pourtant ils où elles parviennent a briller aussi fort que les grands noms de l’affiche. Alors qu’ils ou elles enchaînent que des rôles secondaires, voire tertiaires, cela ne les empêche pas de travailler auprès de grands réalisateurs et réalisatrices, dans des films cultes et gagner même des récompenses.

Maggie Smith, la matriarche snob et drôle

A 85 ans, l’actrice Maggie Smith n’est plus à révéler. Pourtant, elle fait partie de ces grandes actrices, avant tout connues pour leurs rôles secondaires a l’écran. C’est au théâtre, là où elle a commencé sa carrière, qu’elle est davantage sur le devant de la scène. Elle reste considérée comme une des plus prolifiques et talentueuses actrices britanniques au vu de son interminable filmographie et de l’éclectisme de ses rôles, mêmes secondaires.

Si la vieillesse fait peur à la majorité des actrices, ça n’a jamais été un soucis pour Maggie Smith et bien au contraire. C’est en sa qualité de femme âgée qu’elle obtient ses rôles les plus reconnus. Sur le grand écran, le public la reconnaît sous le trait de la mythique professeure McGonagall au sein de la saga Harry Potter. Quant au petit écran, c’est dans la célèbre série britannique Downton Abbey, que Maggie Smith incarne merveilleusement la comtesse Violet Crawley. Rôle qui lui vaudra un Golden Globe et deux Emmys.

Au fil de sa carrière, elle est surtout reconnue en tant que comédienne de théâtre, pour ses performances classiques et littéraires. Une image british qui lui colle à la peau dans des rôles récurrents de femme froide et autoritaire ou de grand-mère exigeante et snobe. Mais plus tard, pour casser cette image rigide, elle joue dans des comédies satiriques comme Quartet (2012), Indian Palace (2012), My OLd Lady (2014) et The Lady in the Van (2015).

Maggie Smith n’est donc pas une actrice qui a souffert de ses seconds rôles au cinéma car elle a longtemps été récompensée pour ses différentes performances. Elle gagne un oscar pour California Hotel, un Golden Globe pour Chambre avec vue, ainsi qu’un BAFA pour Un Thé avec Mussolini. Tous, résultant de ses performances dans ses rôles secondaires féminins. Une actrice qui sait plus que briller dans l’ombre.

Chloë Sevigny, belle et creepy

Blonde et svelte, l’actrice n’a rien à envier aux autres Margot Robbie, Elle Fanning ou Amanda Seyfried. Si ce n’est pas une question de physique, on pourrait s’interroger sur ce choix de carrière centrée sur des seconds rôles. Serait-ce une question d’opportunité ? Très peu probable quand on sait que l’actrice commence sa carrière avec brio. Graâce a son petit ami de l’époque, qui s’avère être aussi scénariste et ami proche de Larry Clarke, elle obtient un rôle pour le film très controversé KIDS. Grace au film Boys don’t Cry de Kimberley Pierce, elle obtient le rôle qui la révélera et lui vaudra d’être fortement récompensée auprès de divers cérémonies et festivals, dont l’oscar et le golden globe dans la catégorie meilleure actrice dans un second rôle.

A partir de là, sa carrière se centre sur les films indépendant américains, à la fois très critique mais dont les rôles lui permettent d’expérimenter son jeu d’actrice. On la voit donc apparaître dans des drames très sombres comme Zodiac de David Fincher, American Psycho de Mary Harron, et Dogville de Lars von Trier, mais aussi des films plus légers et atypiques comme Melinda et Melinda de Woody Allen ou encore Broken Flowers de Jim Jarmusch.

Au vu des noms des réalisateurs.ices pour lesquel.le.s elle a interprété ses rôles secondaires, Chloé Sevigny s’engage dans un film davantage par intérêt personnel que pour se mettre en avant. Encore récemment, elle apparaissait en tant qu’officier dans le film de Jim Jarmusch qui faisait l’ouverture de Cannes, The Dead Don’t Die. Un rôle assez mineure et peu reluisant, mais qui semblait plus être une question de loyauté auprès du réalisateur.

En outre le cinéma, elle persiste à jouer des rôles secondaires dans le milieu des séries. Ce qui ne l’empêche pas d’être récompensée pour son rôle dans Big Love, grâce auquel elle obtient le Golden Globe de Meilleure actrice dans un second rôle dans une série. Elle se fait également particulièrement remarquer en 2012 pour son rôle de tueuse a gage transgenre dans Hit and Miss en 2012. Puis on la retrouve également dans des séries comiques (Louie, Portlandia, The Mindy Project, Russian Roulette), horrifiques (American Horror Story) et dramatiques (Bloodline, The Act, Those Who KIll).

Malgré sa multitude de rôles secondaires, sa carrière reste impressionnante. Chloë Sevigny s’est démarquée pour ses choix de carrière dans des projets et auprès de réalisateurs (réalisatrices) très hors-normes. Alors même si ses rôles sont parfois qualifiés de mauvais, l’actrice s’en tient à ses convictions artistiques. C’est donc l’intégrité de Chloé Sevigny qui a fait d’elle une aussi bonne interprète de rôles secondaires.

Une carrière au second plan ?

Ces deux actrices nous montrent que parfois être seconde n’est pas à plaindre. Leurs noms ne sont peut-être pas inscrits en lettres capitales sur l’affiche, mais elles ont réussi a marquer l’esprit du public. Par leur visage, leur performance unique et surtout leurs choix de films, elles ont su se démarquer. En prenant ainsi le risque de bâtir une carrière autour des seconds rôles, ces actrices ont façonné leur place à leur manière dans l’histoire du cinéma.

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Voyage à deux : le désenchantement conjugal

Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

Le Réveil de la Momie : ni morte ni réveillée

Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.

Graham Swon — La parole comme territoire

Trois films, une carte blanche, et une même ligne de force : chez Graham Swon, la parole ne se contente pas d’accompagner l’image, elle la traverse, la déplace, parfois même la remplace. De la dérive poétique d’An Evening Song (for three voices) à l’expérience quasi hypnotique de The World Is Full of Secrets, en passant par l’étrangeté expressionniste de Careful, se dessine un cinéma où dire, c’est déjà faire advenir.

Top Films 2025 : les meilleurs films selon la rédaction

En 2025, le cinéma a révélé une vitalité rare : entre gestes d’auteurs affirmés, récits intimes, propositions radicales et nouvelles voix, l’année compose un paysage foisonnant où mémoire, doute et réinvention se croisent sans cesse. À travers ce top, la rédaction du Mag du Ciné dresse un état des lieux du cinéma contemporain, entre œuvres marquantes, visions singulières et explorations formelles qui témoignent d’un art toujours en mouvement.

Ces scènes de l’imaginaire, du rêve, qui nous fascinent, nous subjuguent

Entre rêve et réalité, le cinéma nous offre des scènes suspendues qui fascinent et subjuguent. De Huit et demi à Edward aux mains d’argent, de Life of Chuck à Le Vent se lève, ce dossier explore l’imaginaire et l’onirisme des grands auteurs, où la magie des images nous émerveille et nous surprend.

Les références et clins d’œil dans Beetlejuice Beetlejuice de Tim Burton

Découvrez les nombreux clins d'œil et références cachées dans Beetlejuice Beetlejuice de Tim Burton, un hommage à ses films iconiques. Un décryptage détaillé des allusions et hommages qui ravira les fans de longue date et les nouveaux venus