Chris Kyle, sniper d'élite de l'armée américaine, a été assassiné le 2 février 2013 par Eddie Ray Routh, un jeune militaire à la carrière moins glorieuse que son aîné. De la « légende » Kyle, on sait beaucoup de choses par l'intermédiaire du film de Clint Eastwood, American Sniper. De son assassin, beaucoup moins. Sa vie en dit pourtant tout aussi long sur la société américaine, de même que son procès et le traitement de l'affaire par les médias. Nury et Brüno, les auteurs de Tyler Cross, livrent avec L'homme qui tua Chris Kyle leur première BD documentaire, déconstruisant intelligemment la légende.
Le XIXème siècle, siècle du charbon, et le XXème, siècle du pétrole ? Certes, mais les choses sont pourtant infiniment plus complexes. Les énergies fossiles ont toujours dû cohabiter avec d'autres sources d'énergies qui, selon les lieux, l'époque, les intérêts et/ou les idéologies de ceux qui les promeuvent, ont été désignées sous des vocables différents : naturelles, nouvelles, alternatives, renouvelables... C'est l'histoire de ces dernières que raconte « Face à la puissance », de François Jarrige et Alexis Vrignon.
Regarder un documentaire intitulé « Hospital » lorsqu'on est confiné chez soi en pleine pandémie, voilà qui peut sembler légèrement masochiste. C'est pourtant un moment particulièrement adéquat pour réfléchir à ce qu'on attend de l'hôpital public et tenter de se représenter ce que vivent au jour le jour les femmes et les hommes qui y travaillent. Réalisé à Harlem en 1969 par Frederick Wiseman, « Hospital » continue de nous éclairer sur le sujet tout en constituant une leçon de cinéma documentaire.
Bien que précédant Dracula de vingt-quatre ans, Carmilla ne jouit pas de la même notoriété que le roman de Bram Stoker. La nouvelle de l'auteur irlandais Sheridan Le Fanu, oeuvre fondatrice du vampirisme lesbien, n'en a pas moins été adaptée à de nombreuses reprises au cinéma, avec une fidélité, une réussite et un sens du bon goût aléatoires selon les cas. Le Vampyr (1932) de Carl Th. Dreyer est un chef-d’œuvre cauchemardesque où il faut se creuser la tête pour trouver les restes de l’œuvre de Le Fanu, Et mourir de plaisir... (1960) de Roger Vadim est un film à la fois joliment mélancolique et vaguement indolent et The Vampire Lovers (1970), produit par la Hammer, cache mal son manque d'âme derrière une trame narrative plus proche de l'original et les poitrines généreuses de ses actrices. Retour sur Carmilla et son héritage.
Le jeune réalisateur singapourien Anthony Chen, Caméra d'Or à Cannes en 2013 pour un « Ilo Ilo » qui nous avait laissé un bon souvenir, est de retour avec son deuxième long-métrage, « Wet Season », sur une professeure de chinois délaissée par son mari et se rapprochant d'un de ses étudiants. Si l'on apprécie toujours de découvrir des films venus de pays traditionnellement peu représentés au cinéma, on ne peut qu'être déçu par cette histoire somme toute banale, écrite et filmée avec beaucoup trop de précaution pour espérer toucher le spectateur.
Qu'on s'en revendique, qu'on s'y oppose ou qu'on fasse avec, le capitalisme fait partie de nos vies. On connaît son histoire, ses théories économiques... et un peu moins sa géographie, selon Renaud Duterme, qui tente d'y remédier avec ce petit manuel qui invite à la réflexion.
Écrivain belge, néerlandophone de naissance mais francophone de métier, Jean Ray (1887-1964), s'avère être un auteur de nouvelles et de romans fantastiques et horrifiques hautement recommandables, au style tout à fait singulier. Malgré des périodes de reconnaissance publique et critique au cours des années 1920 et 1940, il est aujourd'hui un peu oublié. Une injustice que cherchent à réparer Les Impressions Nouvelles, avec plusieurs rééditions au programme dans leur collection Espace Nord.
Poétesse et écrivaine, Nathalie Quintane s'intéresse depuis longtemps à la question des réfugiés. Dans « Les enfants vont bien », elle coupe et monte les mots des uns (politiques, textes de lois, administration, presse...) pour en faire apparaître les contradictions internes et leur manipulation volontaire ou non du langage, et des autres (réseaux d'aide) pour confronter des visions tellement opposées que l'on pourrait se demander si tous parlent de la même chose.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.
Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.
Entre 1908 et 2020, Silent Friend explore l'évolution de la perception humaine autour d'un ginkgo biloba. Un voyage sensoriel où la peinture devient le milieu du cinéma et le temps une matière organique.
De Fuseli à Blake, du cabaret au studio, cet article suit la robe de The Bride! comme un organisme vivant, à la fois peau, partition et mémoire électrique.