Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.
Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.
Entre 1908 et 2020, Silent Friend explore l'évolution de la perception humaine autour d'un ginkgo biloba. Un voyage sensoriel où la peinture devient le milieu du cinéma et le temps une matière organique.
La peinture n’est pas un ensemble de thèmes, mais un champ de forces. Couleur, geste, lumière, silence, matière, paysage, invisible, temps, regard : autant de régimes qui traversent l’image et la transforment. Cette page‑pilier rassemble les dix articles de la série en une cartographie sensible, un atlas des intensités qui composent l’expérience picturale.
"Les Conséquences" de Pascal Rambert n’est pas une pièce sur la famille. C’est un corps à corps avec la part têtue de l’existence. Dans un décor de serre blanche, entre mariage et enterrement, des êtres résistent à leur propre effondrement par la seule obstination de la parole. Le texte frappe, le geste tranche, la langue tangue et devient un sport de combat. Ici, la persévérance est une forme de bravoure. Et si tenir encore, malgré tout, était la plus radicale des révoltes ?
Dans This is la Mort, la danseuse Zoé Lakhnati propose de créer un atlas de mémoire corporelle, une danse vigoureuse, jubilatoire et électrisante. Danse géniale de l'héroïsme déchu des corps capitalistes conquérants qui se désagrègent avec une vitalité rieuse et sexy.
Hugues Jourdain adapte le roman de Constance Debré, "Nom", publié en 2022 chez Flammarion. Victoria Quesnel (vue dans Léviathan de Lorraine de Sagazan à Avignon en 2024) y interprète l'autrice dans un décor d'une simplicité salvatrice : un plateau nu , un corps, une chaise, un micro et une paire de Nike. La force du texte dit n'en est que renforcée, le plateau s'embrase et les mots résonnent dans le silence pour mieux venir tout détruire et construire, autrement. "Nom" est une transformation, une épure, qui se débarrasse du futile et interroge nos rapports amoureux, familiaux surtout, notre lien au monde et au superflu.
Maison du théâtre d'Amiens, vendredi 10 janvier à 20h30, une femme s'approche de nous et nous invite à la suivre dans un musée d'un genre nouveau, un musée qui expose des horreurs qu'on dit ordinaires mais qui ne devraient jamais l'être. Avec calme, force et détermination, et une bonne dose d'empathie et de bienveillance, Fanchon Guillevic nous guide à travers trois tableaux inspirés de faits divers autour des violences faites aux femmes, qui racontent trois féminicides. Les corps sont là, tels des tableaux qui s'animent pour dire la violence, la mort et l'effacement par une société qui ne sait plus quoi faire et où regarder. Suivez le guide et découvrez : La Danseuse, un samedi soir. La Noyée, un jeudi après-midi. L'Errante, un dimanche matin.
Découvrez Le Hasard Merveilleux, une pièce envoûtante mise en scène par Laurent Natrella et interprétée par Brigitte Guedj. Entre rêve et réalité, ce spectacle explore la réconciliation, l'exil et l'humanité à travers une performance vibrante et poétique. Plongez dans un univers théâtral unique !
Les données sont des formes de mémoire qui peuvent prendre n'importe quelle forme », dit Refik Anadol. Des filtres TikTok aux NFT de Beeple, du photoréalisme de Love Death & Robots aux prompts Midjourney : l'image n'est plus surface fixe mais processus vivant, hallucination contrôlée.
La peinture est des boîtes de chair liquide", dit Jenny Saville. De Black Swan à Titane, d'Euphoria aux défilés Balenciaga, l'art contemporain dissout les frontières entre corps et matière picturale. Chaque surface devient territoire à transformer.
Dans ce nouvel opus paru aux éditions Fluide Glacial, Boucq envoie le divin au contrôle fiscal et la foi au crash-test burlesque. Résultat : une comédie qui tourne en rond – littéralement – et qui, à force d’absurde, pousse ses effets à leur firmament.
Entre autobiographie et chronique nationale, "Pour quelques miettes de pain" déploie le récit d’une jeunesse façonnée par les secousses politiques d’une Pologne post-communiste. À travers une trajectoire intime, Kasia Babis ausculte les fractures sociales, l’emprise religieuse et les désillusions démocratiques d’un pays en mutation, où grandir revient à apprendre à résister.
B-Gnet et Jocelyn Joret plongent leur bourgade du Midwest dans une foire aux revenants manifestement friande du cinéma populaire des années 1980-1990. Il sert en effet d'adjuvant à un comique volontiers décalé et gourmand en références. Un deuxième tome qui confirme une chose : "Chapatanka" a trouvé sa petite musique, entre parodie débraillée, absurde bonhomme et amour du grand écran.
À travers un trait simple et des mots d’une précision désarmante, "La Garde" racontent un système de santé en tension permanente. Entre conquêtes passées et fragilités présentes, c’est toute une vision du soin qui se dévoile.