Voici les critiques à chaud des films en compétitions officielles de la 70e édition du Festival de Cannes, des sélections de la Quinzaine des Réalisateurs, Semaine de la Critique, ACID, Cannes Classics ou Cinefondation. De A Beautiful Day à Mise a Mort du Cerf Sacré en passant par Promised Land, Loveless ou The Square revivez les moments forts du rendez-vous cinématographique le plus couru de la planète.
Nos critiques des films primés.
– Palme d’or : The Square de Ruben Ostlund
– Grand prix du jury : 120 battements par minute de Robin Campillo
– Prix du Jury : Loveless d’Andreï Zviaguintsev
– Prix de la mise en scène : Les Proies de Sofia Coppola
– Prix du Scénario : The Killing of A Sacred Deer de Yorgos Lanthimos
– Prix d’Interprétation Féminine : Diane Krüger dans In The Fade de de Fatih Akin
– Prix d’interprétation masculine : Joaquin Phoenix dans You Were Never Really Here de Lynne Ramsay
– Caméra d’Or : Jeune Femme de Léonor Seraille
– Palme d’or du court métrage : Xiao Chen Er Yue de Qiu Yang.
SÉLECTION OFFICIELLE : En compétition
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Hors-compétition
UN CERTAIN REGARD – SEMAINE DE LA CRITIQUE – QUINZAINE DES RÉALISATEURS – SÉANCES SPÉCIALES – ACID – CANNES CLASSICS – CINEFONDATION
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Sans pitié (The Merciless (Bulhandang)) de Sung-hyun Byun, un polar qui se démarque par une énergie folle et un style maîtrisé.
La bande dessinée Zombillénium d’Arthur de Pins & Alexis Ducord se paie une version animée en long-métrage et s’inscrit parmi les plus belles réussites de l’animation française.
Tesnota – Une vie à l’étroit de Kantemir Balagov est-il le premier choc cannois ?
El Presidente de Santiago Mitre
Nothingwood de Sonia Kronlund avec Salim Shaheen
Patti Cake$ de Geremy Jasper avec Danielle Macdonald
Après la Guerre, un premier film poignant de Annarita Zambrano
Présenté à l’ACID, Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête de Ilan Klipper questionne notre rapport à la société et ce qu’elle attend de nous.
Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc une relecture musicale des textes de Charles Peguy de Bruno Dumont.
Out de György Kristóf, un premier essai attachant.
Florida Project de Sean Bakerest un film malin dans le regard qu’il porte sur cette jeunesse délaissée dans une Amérique en pleine décadence.
Avec Directions, Stephan Komandarev dresse un portrait critique de la société bulgare actuelle.
La Quinzaine des réalisateurs nous offre Bushwick, un film audacieux, soit 90 minutes de plan-séquence dans un New-York en feu et à sang.
D’Après une Histoire Vraie de Roman Polanski , un thriller psychologique – drôle malgré lui – qui s’impose comme un Misery pour Les Nuls.
Pronostics toutes sélections confondues, bilans et Palmarès
Chroniques quotidiennes : les actualités cannoises
À trois semaines du début des festivités, le jury du festival de Cannes 2017 vient d’être annoncé
L’actrice fétiche de Tarantino Uma Thurman sera la présidente du jury Un Certain Regard au festival de Cannes 2017
Section parallèle de l’édition du Festival de Cannes 2017, la Semaine de la Critique vient de dévoiler sa sélection
La Quinzaine des Réalisateurs a dévoilé les 19 films de sa 49ème édition
L’annonce de la sélection officielle du 70ème Festival sous l’égide de Thierry Frémaux et Pierre Lescure
Monica Bellucci sera la maîtresse de cérémonie d’ouverture et de clôture, les 17 et 28 mai prochain
Après George Miller, c’est un autre visionnaire du cinéma qui tiendra la Présidence du Festival de Cannes 2017, Pedro Almodóvar
Jour d’ouverture de la 70ème édition du Festival de Cannes, et la polémique Netflix est sur tous les fronts
La septième édition de Cannes Soundtrack – Une façon de réunir officiellement l’indissociable : la musique et le cinéma
Avec Cannes Classics profiter de nombreux joyaux du septième art avec notamment Le Salaire de La Peur de Henri-Georges Clouzot, Madame de… de Max Ophüls, La Ballade de Narayama de Shohei Imamura ou bien encore Belle de Jour de Luis Bunuel
Tous les films à voir sur la croisette
Makala d’Emmanuel Gras a obtenu le Grand Prix Nespresso
Palmarès complet des partenaires de la sélection Quinzaine des Réalisateurs 2017
Le musicien expérimental Oneohtrix Point Never a remporté le Cannes Soundtrack Award 2017, pour sa B.O. de Good Time des Frères Safdie




























Paco Plaza est surtout connu pour Rec, réalisé avec son comparse Jaume Balaguero. Le film avait redonné une seconde jeunesse au genre du Found Footage, en nous proposant une œuvre particulièrement immersive et nerveuse, très vite devenue l’un des films cultes des années 2000, engendrant 3 suites dont 2 réalisées par Paco Plaza. Le cinéaste hispanique était depuis resté assez timide, du moins sur le territoire français. Le voici donc de retour, avec semble-t-il, le même objectif qu’il s’était fixé avec Rec, redonner une certaine vitalité à un genre qui a beaucoup souffert de productions somme toute lamentables, empilant les effets putassiers et consorts qui font la norme de la plupart des productions américaines « grand public », comme c’est le cas pour
À l’instar de


Il n’est donc pas étonnant que cette question juive hante la Hongrie, et les cinéastes apportent une pierre essentielle à l’édifice du souvenir. Ainsi, La juste Route, qui est un très beau métrage en noir et blanc hyper-contrasté, prend le spectateur à la gorge dès les premières images. Nous sommes en août 1945, et l’image brûlée traduit parfaitement la sorte de désolation qui frappe le pays. Un mariage se prépare, mais aucune joie n’est palpable, les mariés manquent d’enthousiasme, les villageois qui sont littéralement écrasés par la chaleur semblent très éprouvés par la fin d’une occupation allemande que remplace immédiatement l’omniprésence de soldats russes goguenards dans le village. Seul le Secrétaire de Mairie, Szentes István (Péter Rudolf) se pavane comme un coq d’un point à l’autre du village, et il est vrai que le cinéaste n’a pas lésiné pour nous le rendre antipathique dès ses premières apparitions.
Les deux hommes sont deux Juifs qu’on dit revenus de déportation. La nouvelle est rapidement répandue, et engendre le chaos parmi des habitants qui ont beaucoup à se reprocher, et la majeure partie du film suit leur cavalcade de poules sans têtes courant çà et là pour cacher, sauver, voler, détruire des preuves, ou encore noyer un semblant de culpabilité dans des litres d’alcool. Ce sentiment de sournoiserie est encore exacerbé par des plans entrevus par l’interstice des portes et des clôtures en bois, comme si chacun épiait son voisin et que la confiance avait définitivement disparu du village. L’affolement général est de plus entrecoupé de scènes avec les deux hommes en noir, un père et son fils marchant extrêmement dignement derrière la charrette d’un autre père et d’un autre fils qui a pris en charge leurs mystérieux bagages, sur une route que chacun redoute qu’elle ne finisse devant « sa » maison. La mise en scène est précise, et le montage terriblement efficace.
Mais avant tout, ce film qui se termine de la plus poignante des façons, est un besoin pour le réalisateur et son coscénariste Gábor T. Szántó (auteur de la nouvelle Homecoming à la base de ce film), un écrivain qui se définit comme « le dernier des écrivains juifs hongrois », de dire cette période de collaborationisme de la Hongrie et de certains Hongrois, de ne pas laisser tomber dans l’oubli la spoliation à laquelle les Juifs qui sont revenus d’Auschwitz-Birkenau ont dû faire face, alors même que des statues ou des plaques à l’effigie du sinistre Miklós Horthy, le Pétain hongrois, l’allié d’Hitler, ont été érigées récemment à Budapest et dans d’autres villes du pays…
Une maladie épouvantable risque de plomber la relation amoureuse entre deux adolescents très lisses… cela ne vous rappelle rien ? Non, nous ne parlons pas de
La Canadienne Stella Meghie ne propose aucune idée de mise en scène (même si on ne s’attendait pas spécialement à en voir). On ne peut pas totalement la blâmer : elle n’est certainement qu’un pantin comme (hélas) pas mal de réalisateurs employés pour ce type de grandes productions inintéressantes. Pour combler ce vide, on a préféré miser sur des décors très blancs et bling-bling (même technique pour
Phineas Taylor Barnum (1810-1891) est un modeste fils de fermier, devenu un célèbre entrepreneur de spectacles à New-York. A la fois mystificateur et véritable homme d’affaires, il suscite la curiosité du public en présentant des objets et des animaux rares, venus notamment d’Afrique et d’Europe. Son goût de la démesure et de l’excentricité est bien dépeint dans le film à travers la découverte de son fameux musée des merveilles, abritant notamment guillotine, éléphant et girafe. Barnum étend également cette approche aux humains avec le « Freak Show », ou l’exposition d’hommes et de femmes dotés de caractéristiques physiques extraordinaires. Dans The Greatest Showman, l’équipe du cirque comporte ainsi une chanteuse barbue, un géant, un nain, un homme recouvert de tatouages et de nombreux acrobates.
Le personnage du businessman se développe de façon assez intéressante dans le film. Parti de rien, son désir le plus profond est de réussir dans la société, de devenir quelqu’un. Par la même occasion, il cherche à prendre sa revanche sur son beau-père, qui n’a jamais eu aucune estime à son égard, et à réaliser la promesse d’une vie extraordinaire faite à sa femme Charity. Mais quelles prises de risques et quels prix sont acceptables pour y parvenir ? Tel Icare, en cherchant à atteindre les étoiles, l’ambitieux showman se brûlera les ailes. Son histoire personnelle délivre ainsi une des morales du film : vivre le bonheur que l’on possède sans se perdre dans une périlleuse et incertaine folie des grandeurs. En Barnum, Hugh Jackman est tout à fait convaincant. Depuis les Misérables, ses talents de chanteur et de danseur n’étaient plus à démontrer. Il parvient aussi à donner du charisme et de l’humanité à son protagoniste. Il est ainsi bien appréciable de retrouver l’acteur dans un premier rôle de comédie, moins dramatique que le récent Logan.
Au-delà du respect des différences, the Greatest Showman invite à franchir et s’affranchir des barrières sociales. M. Carlyle, auteur de théâtre originaire d’un milieu aisé, se laisse ainsi convaincre par Barnum de s’associer à son cirque. Délivré du carcan familial, il profite alors d’une toute nouvelle liberté. L’amour permet également de transcender les classes sociales pour ces deux personnages principaux. Sur ce point encore, rien de très novateur, mais un beau rappel en musique.