Everything, Everything : un film débile, débile

Sorti discrètement au début de l’été 2017 dans les salles françaises, Everything, Everything est dans la même veine que Nos Etoiles Contraires… en bien pire.

Synopsis : Maddy est une adolescente intelligente qui n’a jamais pu sortir de chez elle : c’est une enfant-bulle. Le moindre contact avec l’extérieur peut la tuer. Elle tombe amoureuse de son nouveau voisin Olly. Comment vivre une histoire d’amour en sachant qu’un simple baiser pourrait la tuer ?

everything-everything-stella-meghie-amandla-stenberg-nick-robinson-critiqueUne maladie épouvantable risque de plomber la relation amoureuse entre deux adolescents très lisses… cela ne vous rappelle rien ? Non, nous ne parlons pas de Nos Etoiles contraires, adaptation du roman éponyme de John Green. Petit rappel, le long-métrage qui mettait en scène un jeune couple d’ados cancéreux incarnés par Shailene Woodley (Big Little Lies) et Ansel Engort (Baby Driver) avait rencontré un succès phénoménal. Hollywood continue logiquement à vouloir surfer sur les adaptations de romans (larmoyants) pour adolescents.

C’est au tour de l’écrivaine Jamaïcano-américaine Nicola Yoon de voir une de ses œuvres littéraires touchées par le cinéma. Finalement, Everything, Everything n’a pas fait grand bruit (même si le film est largement entré dans ses frais) contrairement à Nos Etoiles Contraires : tant mieux. Certes, sans vouloir être méprisant (nous avons tous nos préjugés) on ne s’attendait pas spécialement à découvrir un chef-d’œuvre ni même simplement un bon film. Mais le résultat final s’avère particulièrement médiocre.

Le postulat de départ est pourtant intéressant sur le papier pour créer des enjeux : Maddy est une enfant-bulle. Cela signifie que la moindre chose provenant de l’extérieur peut la tuer. Elle ne peut pas sortir de sa grande maison (littéralement une forteresse clinique) alors imaginez embrasser un garçon et faire plus : mission impossible. Mais le scénario n’exploite absolument pas le potentiel de cette histoire. Il passe à côté des éventuelles interrogations qu’il met en place comme par exemple : « Vaut-il mieux vivre une vie longue mais vide ou une vie courte mais remplie ? ». Pour quelle raison ? Principalement parce qu’il n’y a finalement aucun enjeu ni aucune tension (alors que la maladie devrait être un obstacle majeur) contrairement à ce qu’on pourrait croire au départ.

Le long-métrage ne se limite qu’à de la pure guimauve de bas étage, à de l’étalage de fric et des décors de vacances. Il n’y a également aucun suspense et le fameux twist se devine au bout de vingt minutes. La bande-annonce résume finalement les quelques étapes de ce scénario très limité. On pourra dire ce que l’on veut de Nos Etoiles Contraires mais il y avait tout de même quelques petites prises de risques pour surprendre un minimum son public ! Surtout, le film n’émeut ou ne touche pas.

everything-everything-stella-meghie-amandla-stenberg-ana-de-la-reguera-critiqueLa Canadienne Stella Meghie ne propose aucune idée de mise en scène (même si on ne s’attendait pas spécialement à en voir). On ne peut pas totalement la blâmer : elle n’est certainement qu’un pantin comme (hélas) pas mal de réalisateurs employés pour ce type de grandes productions inintéressantes. Pour combler ce vide, on a préféré miser sur des décors très blancs et bling-bling (même technique pour Cinquante Nuances de Grey, autre romance grand public non axée en principe sur les jeunes) pour « tromper » le public avec ces artifices.

Enfin, pour bien nous achever, le couple d’acteurs nous laisse indifférents. Amandla Stenberg (souvenez-vous, c’était la petite Rue dans Hunger Games !) et Nick Robinson (Jurassic World) ne sont là que pour leurs belles gueules. Leurs interprétations sont plates et surtout il n’y a aucune alchimie entre eux.

Everything, Everything : bande-annonce

Everything, Everything : Fiche Technique

Réalisateur : Stella Meghie
Scénario : J. Mills Goodloe
Interprètes : Amandla Stenberg, Nick Robinson, Anika Noni Rose, Ana de la Reguera…
Producteurs : Leslie Morgenstein, Elysa Dutton, Victor Ho
Société(s) de Production : Alloy Entertainment
Distribution : Warner Bros. France
Genre : Romance
Date de sortie : 21 juin 2017

Festival

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Tina B
Tina Bhttps://www.lemagducine.fr/
Ancienne étudiante en lettres modernes, j'ai toujours aimé écrire sur les sujets qui m'animent. Et le cinéma en fait clairement partie ! J'ai des goûts assez variés : certes, comme tout le monde, j'ai mes réalisateurs chouchous (Kubrick, Scorsese, Moretti, Loach, Almodovar, Bong Joon-ho), mais je suis avant tout curieuse : aucun genre et réalisateur de n'importe quelle culture ni époque ne me font peur, bien au contraire. Sinon j'ai une grande préférence pour les séries britanniques (Black Books, The IT Crowd, Father Ted...).

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