Présenté à l’ACID, Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête questionne notre rapport à la société et ce qu’elle attend de nous. Avec une économie des moyens évidente, le réalisateur Ilan Klipper porte avec énergie ce huis clos débridé sympathique.
Synopsis : Bruno a publié un fougueux premier roman en 1996. La presse titrait : « Il y a un avant et un après Le ciel étoilé au-dessus de ma tête ». Vingt ans plus tard, Bruno a 50 ans. Il est célibataire, il n’a pas d’enfants, et vit en colocation avec une jeune Femen. Il se lève à 14h et passe la plupart de ses journées en caleçon à la recherche de l’inspiration. Pour lui tout va bien, mais ses proches s’inquiètent…
Ilan Klipper n’est pas un jeunot ou un novice dans la profession. Avec son compère Virgil Vernier, ils ont réalisé plusieurs documentaires sur le milieu policier et psychiatrique. C’est ce dernier qui semble avoir profondément marqué le réalisateur puisqu’il en a fait le cœur de réflexion autour de son personnage principal, abattu et torturé psychologiquement par les attentes d’une société qui ne lui correspond plus. Vingt ans après avoir connu la gloire pour un roman unanimement salué, Bruno vient d’avoir cinquante ans et se retrouve à vivre dans une colocation avec une militante FEMEN. Il passe son temps à s’isoler et procrastiner dans sa chambre, prétextant en vain une recherche créative pour son prochain ouvrage. Son entourage va alors tenter de lui redonner goût à la vie et aux autres. Dit comme ça, le propos semble mettre l’accent sur le drame et la difficulté croissante de trouver sa place dans la société mais c’est davantage à une comédie dramatique que l’on a affaire. Les absurdités de Bruno qui semble avoir douze ans, les quiproquos débridés, et les pétages de plombs participent à la légèreté de ce long métrage dont l’amateurisme se fait malgré tout cruellement ressentir. Avec une économie des moyens évidente, Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête se déroule entièrement en huis-clos dans le logement de deux éléments en plein doute. Quoi de plus normal de voir ainsi un tel film en sélection ACID, terre d’émergence du cinéma indépendant français. Ce serait néanmoins faire profil bas de la notoriété de sa distribution qui comporte quelques visages connus, allant du grand malade Laurent Poitrenaux à la somptueuse Marilyne Canto en passant par la douce Camille Chamoux. Ils participent à faire de ce film, un objet plus important qu’il n’y paraît et dont les questionnements sur notre condition sociale surprennent à mi-parcours. L’isolement de tous ces personnages dans cette maison accentue volontairement l’oppression autour du personnage de Bruno, soudainement dépassé par toutes ces questions auxquelles il a tenté d’échapper. Certaines situations maladroites prêtent à sourire par leur naïveté et les dialogues sont d’une simplicité évidente mais étrangement quelque chose se passe, et le film fonctionne à notre esprit qui accepte ces petits défauts et se laisse emporter par cette comédie névrosée dans la lignée de Victoria. Grâce à l’ACID, Ilan Klipper accède ainsi à une première visibilité importante et on ne doute pas que le cinéaste saura poursuivre sur la voie qu’il a déjà entreprise pour travailler avec plus de maîtrise un matériau qui semble avoir tout son intérêt.
[ACID] Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête
Un film de Ilan Klipper
Avec Laurent Poitrenaux, Camille Chamoux, Marilyne Canto, Alma Jodorowsky
Distributeur : Happiness Distribution
Durée : 1h17
Genre : Drame, comédie
Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !
"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.
Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.
Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.
Faut-il filmer l'ennui pour le faire exister ? Stéphane Demoustier avec son dernier opus "La chaleur" en fait le pari, avec une délicatesse certaine, mais au risque d’engluer son spectateur dans la torpeur même de son héros.
"Vaiana, La légende du bout du monde" (2026), remake live-action de Disney, déçoit sur toute la ligne. Animation ratée, prestations fades de Dwayne Johnson et Catherine Laga'aia, effets visuels décevants malgré un budget de 250 millions de dollars... un naufrage face à l'excellent film original.
Avec "L’Espèce explosive", Sarah Arnold dynamite les codes de la comédie rurale. Un film déglingué, détonant et drôle, tendre et imprévisible, porté par un Alexis Manenti éblouissant de chaos. Un cinéma vigoureux et téméraire !
En confiant "Evil Dead Burn" à Sébastien Vaniček, Sam Raimi a fait le bon choix. Le réalisateur de Vermines signe un sixième épisode généreux, où le trauma familial et la violence conjugale nourrissent l'horreur démoniaque. Porté par une Souheila Yacoub habitée, le film brûle de l'intérieur avant même que les Deadites n'entrent en scène.
"L'Inconnue" est un film qui ne ressemble à aucun autre. Arthur Harari y filme l'indicible : l'égarement de l'âme dans un corps qui n'est plus le sien. Porté par Léa Seydoux en madone hagarde et Niels Schneider en Christ sacrifié, ce thriller de l'inconscient nous happe et nous largue, laissant planer un doute vertigineux : savons-nous vraiment qui nous sommes ? Un film opaque, charnel, parfois insaisissable, mais dont la grâce primitive nous hante longtemps après le générique
Cinéphile assidu accro au café.
Traîne dans les cinémas d'art et d'essai de Paris. Mange dans les food trucks entre deux films. Prend plaisir à débattre dans les bars des alentours de Notre-Dame.
Outre son activité sur le site, Kévin est régisseur sur les plateaux de cinéma.
Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !
"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.
Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.