The Greatest Showman : Hugh Jackman en scène pour fêter l’humanité

Dans The Greatest Showman, Hugh Jackman range les griffes et signe un retour fracassant dans la comédie musicale. Il incarne avec panache le légendaire P. T. Barnum, un présentateur de spectacles et businessman à l’ascension fulgurante. Si le film ne révolutionne pas le genre, il brille par son propos humaniste et distrait grâce à des chansons et des chorégraphies assez réussies.

The Greatest showman, comédie musicale de l’année, succède au fabuleux La La Land. Les deux films ne souffrent cependant pas la comparaison. The Greatest showman ne saurait en effet être qualifié de film d’auteur, contrairement à celui de Damien Chazelle qui recèle une mise en scène et des thèmes personnels. Il n’est pas davantage ancré dans le rêve et l’imaginaire, mais plutôt dans le réel. Même s’il n’est pas à proprement parler un film historique, son récit se construit autour des débuts, de la réussite et des déboires d’un personnage connu.

the-greatest-showman-hugh-jackman-cirquePhineas Taylor Barnum (1810-1891) est un modeste fils de fermier, devenu un célèbre entrepreneur de spectacles à New-York. A la fois mystificateur et véritable homme d’affaires, il suscite la curiosité du public en présentant des objets et des animaux rares, venus notamment d’Afrique et d’Europe. Son goût de la démesure et de l’excentricité est bien dépeint dans le film à travers la découverte de son fameux musée des merveilles, abritant notamment guillotine, éléphant et girafe. Barnum étend également cette approche aux humains avec le « Freak Show », ou l’exposition d’hommes et de femmes dotés de caractéristiques physiques extraordinaires. Dans The Greatest Showman, l’équipe du cirque comporte ainsi une chanteuse barbue, un géant, un nain, un homme recouvert de tatouages et de nombreux acrobates.

Mais Barnum, grand manipulateur, est aussi connu pour ses énormes canulars, accentuant le sensationnel de ses spectacles. Celui qui a le plus marqué les esprits aux Etats-Unis reste certainement Joice Heth, une vieille femme censée être âgée de 160 ans et avoir été la nourrice de Georges Washington. Même si ces scandales ne sont pas montrés dans le film, The Greatest Showman évoque cette réalité du trucage, par exemple avec la présentation du géant, que le businessman requalifie faussement d’irlandais. En outre, une des filles de Barnum explique à son père la difficulté de la danse classique, en affirmant que dans un ballet, on ne truque pas.

Cette méthode a contribué à faire de P. T. Barnum un des tous premiers publicitaires. Cherchant toujours à persuader un public parfois naïf, le personnage de Hugh Jackman s’autoproclame lui-même meilleur showman lors d’une réception mondaine. Ceci fait échos au titre du film ainsi qu’à celui de la première chanson introductive, « the Greatest show ». Un spectacle au final incroyablement vendeur, qui n’est rien de moins que « tout ce que vous voulez » et « tout ce qu’il vous faut ».the-greatest-showman-hugh-jackman-danseLe personnage du businessman se développe de façon assez intéressante dans le film. Parti de rien, son désir le plus profond est de réussir dans la société, de devenir quelqu’un. Par la même occasion, il cherche à prendre sa revanche sur son beau-père, qui n’a jamais eu aucune estime à son égard, et à réaliser la promesse d’une vie extraordinaire faite à sa femme Charity. Mais quelles prises de risques et quels prix sont acceptables pour y parvenir ? Tel Icare, en cherchant à atteindre les étoiles, l’ambitieux showman se brûlera les ailes. Son histoire personnelle délivre ainsi une des morales du film : vivre le bonheur que l’on possède sans se perdre dans une périlleuse et incertaine folie des grandeurs. En Barnum, Hugh Jackman est tout à fait convaincant. Depuis les Misérables, ses talents de chanteur et de danseur n’étaient plus à démontrer. Il parvient aussi à donner du charisme et de l’humanité à son protagoniste. Il est ainsi bien appréciable de retrouver l’acteur dans un premier rôle de comédie, moins dramatique que le récent Logan.

The Greatest Showman présente en outre un second personnage historique, la cantatrice Jenny Lind, également appelée « le rossignol suédois ». Barnum la persuade de traverser l’Atlantique, et elle devient aux États-Unis une véritable légende, avec plus de 90 représentations à son actif. Sa chanson « never enough » reste une des plus belles du film.

Sur ce fond historique, The Greatest Showman célèbre la diversité de l’humanité. Inspiré par ses deux filles, Barnum réunit une équipe d’hommes et de femmes hors du commun, aux talents et aux physiques déroutants. Cette véritable troupe de cirque y gagnera non seulement la reconnaissance du public, mais aussi un foyer, une famille. Si le message peut paraître un peu naïf, il reste simple, pur, et surtout le prétexte rêvé pour faire danser et chanter en chœur toute cette galerie de personnages excentriques.

the-greatest-showman-zac-efron-zendaya Au-delà du respect des différences, the Greatest Showman invite à franchir et s’affranchir des barrières sociales. M. Carlyle, auteur de théâtre originaire d’un milieu aisé, se laisse ainsi convaincre par Barnum de s’associer à son cirque. Délivré du carcan familial, il profite alors d’une toute nouvelle liberté. L’amour permet également de transcender les classes sociales pour ces deux personnages principaux. Sur ce point encore, rien de très novateur, mais un beau rappel en musique.

C’est pourquoi The Greatest showman s’impose avant tout comme un bon divertissement. Les chorégraphies, entre danses et acrobaties, sont agréables à regarder. Les chansons, rythmées ou émouvantes, restent en tête bien après la séance. Si on peut regretter l’absence d’originalité des messages, ainsi qu’une mise en scène assez peu inventive, cette comédie musicale reste le film parfait pour commencer dans la joie la nouvelle année.

The Greatest Showman – Bande annonce

The Greatest Showman – Fiche technique

Réalisateur : Michael Gracey
Scénario : Bill Condon et Jenny Bicks
Interprétation : Hugh Jackman (P. T. Barnum), Michelle Williams (Charity Barnum), Zack Efron (Phillip Carlyle), Zendaya (Anne Wheeler), Rebecca Ferguson (Jenny Lind), Paul Sparks (James Gordon Bennett)
Musique : John Debney, Benj Pasek, Justin Paul et Joseph Trapanese
Photographie : Seamus McGarvey
Montage : Tom Cross, Robert Duffy, Joe Hutshing, Michael McCusker, Jon Poll et Spencer Susser
Costumes : Ellen Mirojnick
Producteurs : Peter Chernin, Jenno Topping et Laurence Mark
Maisons de production : Seed Productions
Distribution (France) : Twentieth Century Fox France
Récompenses : trois nominations aux Golden Globes dans les catégories meilleur acteur dans une comédie ou une comédie musicale (Hugh Jackman), meilleure chanson et meilleure comédie ou comédie musicale
Budget : $ 84 000 000
Durée : 105 min
Genre : Comédie musicale, biopic
Date de sortie (France) : 24 Janvier 2018
États-Unis – 2017

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Ariane Laure
Ariane Laurehttps://www.lemagducine.fr/
Émerveillée par le cinéma depuis le Roi Lion, mon premier film en salle, j’aime les films qui font rêver, qui hantent et ne nous quittent jamais. J’admire particulièrement la richesse des œuvres de Stanley Kubrick, Christopher Nolan et Quentin Tarantino. Je suis également une adepte du cinéma asiatique, de Yasujiro Ozu, Akira Kurosawa à Wong Kar-Wai, Hayao Miyazaki et Park Chan-Wook. Travaillant dans le monde juridique, j'écris des critiques à mes heures perdues.

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