PositionCritique cinéma
Inscrit23 décembre 2019
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Après le succès de "La Panthère des neiges", le photographe animalier Vincent Munier offre un voyage sensible au cœur des forêts vosgiennes de son enfance. Entre Michel, son père naturaliste et Simon, son fils adolescent, trois générations se transmettent le même regard émerveillé sur le vivant. Un documentaire contemplatif d'une beauté sidérante, qui a remporté le Prix vert au 29ème festival "Les Œillades" d'Albi.
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Dans "L'Œuvre invisible", Avril Tembouret et Vladimir Rodionov exhument le destin oublié d'Alexandre Trannoy, cinéaste fantôme des années 1950-60 qui a passé trois décennies à préparer des films qu'il n'a jamais achevés. Entre enquête minutieuse et méditation sur l'échec créatif, le documentaire vertigineux transforme l'absence en matière narrative troublante et rend hommage à un artiste bonimenteur effacé de l'histoire du cinéma français.
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Avec "Nous, l’Orchestre", Philippe Béziat signe un documentaire passionnant sur la vie collective et la tension intime d’un grand ensemble musical. Loin du simple documentaire théorique, c’est une immersion dans le geste de créer ensemble — ce moment suspendu où l’individu s’efface pour que naisse une seule respiration commune. Un témoignage sensible qui fait vibrer la musique symphonique dans ses interstices, et révèle l’homme derrière l’instrument.
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Avec "La Danse des renards", Valéry Carnoy signe un premier long-métrage très abouti qui raconte un jeune athlète dans sa confrontation aux regards des autres et interroge avec acuité la fabrique de la masculinité contemporaine. Le réalisateur belge se débarrasse ici des clichés du film sportif pour conduire son récit vers un terrain intérieur : la douleur insondable de Camille, interprété par le magnifique Samuel Kircher, devient un symptôme de l’injonction à la virilité qui gouverne l’internat. Cadré avec une rigueur presque clinique, l’espace du centre d’entraînement traduit ici l’emprise d’un système où l’identité se construit par la performance et s’effondre au moindre échec.
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Dans "Sauvons les meubles", son premier long-métrage porté par Vimala Pons et Yoann Zimmer, Catherine Cosme observe le délitement d’une fratrie dysfonctionnelle, tissant une toile émotionnelle d’une grande finesse autour de Lucile et de son frère Paul, appelés au chevet de leur mère mourante. Ce retour dans la maison familiale est une plongée intime, où le temps suspend son vol, et les silences forment autant de secrets à dévoiler. Un drame intime qui mêle avec finesse comédie grinçante et tragédie familiale, dépassant la simple chronique pour devenir une réflexion subtile sur l'incommunicabilité, la mémoire et la possibilité de réconciliation.
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L’arrivée d’une jeune institutrice républicaine dans un petit village des Hautes-Alpes vient soudain bouleverser les codes d'un monde rural archaïque, enclave presque hors du temps où légendes, superstitions et peur de la montagne se mêlent aux tensions politiques d’une fin de siècle. Porté par la présence minérale de Galatea Bellugi, qui incarne Aimée avec une intensité vibrante, "L’Engloutie", premier long-métrage de Louise Hémon en compétition au festival Les Œillades d'Albi, se déploie comme une envoûtante fable hivernale à la sensualité brumeuse, dans laquelle la campagne enneigée, pièce maîtresse d’une troublante énigme, ensevelit toutes les certitudes et fait vaciller la frontière poreuse entre lumière et ténèbres. 
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La 29ème édition du festival Les Œillades se déroulera du 18 au 23 novembre et mettra à l'honneur la thématique "Arts et cinéma". Au programme : 31 avant-premières prestigieuses réparties dans les trois salles albigeoises Arcé, Lapérouse et Cordeliers, dont 12 longs-métrages en compétition pour le Prix du Public, 16 séances « Reprises » pour redécouvrir les œuvres qui ont marqué l’année 2025, mais aussi la traditionnelle compétition de courts-métrages, une carte blanche au distributeur Jour2Fête, et une masterclass autour de la musique de film dirigée par le compositeur Michel Petrossian. Cette année, le festival inaugurera sa première nuit du cinéma, conçue autour de trois longs-métrages issus de la sélection.
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Retour en petite forme pour le réalisateur de "Crazy Rich Asians" et "In the Heights" qui, la faute à une mise en scène à la fois confuse et désincarnée, ne parvient pas à transposer à l’écran l’amplitude de la métaphore sociopolitique de "Wicked", roman préquel du Magicien d’Oz, qui conte l'improbable rencontre d'Elphaba et Glinda, deux apprenties sorcières à l’Université de Shiz, et dévoile les raisons de leur rancune. Principal argument marketing de cette libre adaptation signée Universal, la magie du tandem Erivo-Grande, vocalement irréprochable, n’opère hélas qu’au terme d'un premier acte fastidieux étirant inutilement le livret de Stephen Schwartz, pour ouvrir sur un second volet qu’on imagine plus obscur.
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Épatants de naturel et de sincérité, Mathias Mlekuz et son compère Philippe Rebbot signent un road-movie lumineux, initiatique et profondément humain, où cocasserie et poésie s’entrelacent avec une grande tendresse. Dans cette épopée intime et fraternelle sur le sentier du deuil et de la résilience, le tandem pédale de toutes ses forces pour conjurer le drame de la perte d’un fils, raviver sa mémoire et se réconcilier avec son fantôme. Film coup de cœur du festival du film francophone d’Albi, "À bicyclette !" a remporté le Prix du Public. 
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"Dans la cuisine des Nguyen" est une comédie pop multicolore, mâtinée de fantaisie et de féminisme, avec au menu la radieuse énergie de Clotilde Chevalier dans le rôle d'une bosseuse forcenée, qui livre ici une vibrante déclaration d’amour à la comédie musicale. Un premier long-métrage à la fois léger et pétillant signé Stéphane Ly-Cuong, que l'on sent très sincère dans sa volonté de représenter la communauté vietnamienne, trop rare à l'écran en France, et qui donne du baume au cœur.  
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Après « Godard par Godard », la réalisatrice Florence Platarets raconte l’immense héritage cinéphile de Demy dans un passionnant documentaire consacré à l’œuvre de l’enchanteur de la Nouvelle Vague. De « Lola » à « Une chambre en ville » en passant par « Les Demoiselles de Rochefort » ou encore « Model Shop », « Jacques Demy, le rose et le noir » met en lumière la sensualité chromatique de ses comédies musicales impérissables et revient sur les secrets de fabrication d’une filmographie intemporelle, teintée de légèreté psychédélique et de mélancolie hollywoodienne. Un portrait intime qui fait à la fois l'analyse et la synthèse de Jacques Demy, et laisse entrevoir une part d’ombre derrière la légende.
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La réalisatrice canado-suisse Léa Pool porte à l’écran l’adaptation du roman « Ör » de l’auteure islandaise Auður Ava Ólafsdóttir. "Hôtel Silence" met en scène Sébastien Ricard dans le rôle d’un homme au bord du précipice, rongé par une détresse existentielle, et dont les profondes cicatrices intérieures répondent aux traumatismes enfouis d’un peuple anonyme meurtri par la guerre. Un drame sensible et lumineux sur les blessures et les errances de l’âme humaine et la force de vivre, encore.