Les références et clins d’œil dans Beetlejuice Beetlejuice de Tim Burton

Dans Beetlejuice Beetlejuice, Tim Burton nous ramène avec une multitude de références subtiles et de clins d’œil à ses films précédents. Depuis les hommages à l’original de 1988 jusqu’aux allusions à ses classiques comme Mars Attacks et L’Étrange Noël de Monsieur Jack, ce nouvel opus est un festin pour les fans du réalisateur. Plongez avec nous dans cet univers déjanté où chaque scène est une invitation à retrouver un morceau de l’œuvre intemporelle de Burton.

Avec Beetlejuice Beetlejuice, Tim Burton propose aux spectateurs de remonter le temps jusqu’en 1988. C’est à cette époque que Beetlejuice, premier du nom, est apparu sur les écrans de cinéma.

Il racontait l’histoire d’Adam et Barbara Maitland, fraîchement décédés après un accident de voiture. Le couple, confiné dans sa maison, voit leur lieu de mort envahi par la famille Deetz. Charles, ornithologue à la petite semaine, sa fille Lydia, une adolescente gothique, et surtout Delia, artiste excentrique, entreprennent de modifier la maison de fond en comble. Ce relooking n’étant pas du tout au goût des Maitland, ils décident de faire appel à Beetlejuice, un bio-exorciste, pour les chasser. Ce fut le début de leurs véritables ennuis, car le pseudo-chasseur de vivants avait d’autres plans en tête, dont épouser Lydia et retourner dans notre monde. Au bout de multiples péripéties, les Deetz et les Maitland parviennent à s’allier et à renvoyer le trouble-fête dans le monde des morts.

Beetlejuice Beetlejuice prend place quelques années plus tard. Lydia est devenue adulte et anime un talk-show sur les fantômes. Elle est fiancée et mère de la jeune Astrid, une adolescente issue d’un précédent mariage. Quand Delia, sa belle-mère, lui apprend le décès de Charles, elle retourne avec sa fille dans la maison de son enfance pour rendre hommage au défunt. Là, Astrid ouvre un passage vers le monde des morts et se retrouve en danger. Lydia n’a pas d’autre choix que d’appeler Beetlejuice pour lui venir en aide. Le bio-exorciste, quant à lui, voit sa petite mort tranquille perturbée quand son ex-femme refait surface…

À travers Beetlejuice Beetlejuice, Tim Burton propose un retour au film qui a lancé sa carrière, l’installant parmi les meilleurs réalisateurs de son époque. Tout au long du métrage, il propose un jeu de piste à ses aficionados en parsemant son film de références à l’opus précédent et à ses autres films.

Nous vous proposons un tour d’horizon de ces références et clins d’œil.

I – Les références à l’opus précédent

Les toutes premières références à l’opus précédent arrivent dès le début du générique du film. Pendant que le thème de Beetlejuice retentit, la caméra survole la maquette de la ville de Winter River, conçue par Adam Maitland. Si on écoute attentivement la musique, on entend un jappement de chien. Pour rappel : c’est en voulant éviter un cabot que les Maitland ont eu l’accident de voiture qui leur a coûté la vie.

On retrouve d’ailleurs la maquette quand Lydia appelle Beetlejuice pour qu’il vienne l’aider. Une faille s’ouvre en plein milieu pour laisser passer le bio-exorciste. Et si on regarde bien, on voit la voiture des Maitland tomber dans le gouffre, comme elle était tombée dans la rivière au début du premier film. À côté, on retrouve la même publicité pour les services de Beetlejuice.

La maison et la ville de Winter River sont toujours les mêmes que dans l’opus précédent. Les horribles sculptures de Delia trônent toujours dans le jardin. Certaines ont été offertes au pensionnat pour jeunes filles dans lequel étudie Astrid.

Bien sûr, les liens principaux entre les deux opus sont les personnages. Comme nous l’avons vu dans les résumés, nous retrouvons Lydia, Delia et une version raccourcie de Charles. On entend parler du couple Maitland, qui est parvenu à quitter son purgatoire. On tombe également sur la fille de Jane, l’agent immobilier qui s’est empressée de vendre la propriété des Maitland juste après leur décès. Devenue adulte, elle tente de s’incruster dans la demeure pour avoir une idée de son potentiel. Telle mère, telle fille ! Et bien sûr, l’inimitable Beetlejuice, plus lubrique et dégoûtant que jamais, surgit quand on a le malheur de prononcer son nom.

On retrouve le monde des morts avec sa colorimétrie bleuâtre. Dedans, les couloirs en damier noir et blanc sont toujours aussi biscornus. Comme avant, ils débouchent sur la file d’attente sans fin jusqu’au guichet, où les morts sont toujours sommés de prendre un ticket. Pour les contrevenants qui tenteraient de quitter les lieux, les serpents de sable sont toujours de sortie. Dans une des files d’attente, on croise un des quarterback fraîchement décédés dans l’épisode précédent.

En guise d’hommage funèbre à Charles, de jeunes choristes entonnent la chanson Day-O ou Banana Boat. Dans le premier opus, les membres de la famille Deetz et leurs invités se retrouvent possédés par les fantômes et sont contraints de pousser cette chansonnette tout en se déhanchant. Dans la suite, on retrouve le principe de la danse et du chant en play-back sous contrainte dans une scène franchement hilarante.

Au tout début du film, on assiste à la reconstruction d’une femme énigmatique en robe noire qui s’avère être l’ex-épouse de Beetlejuice. Quand on regarde bien, on s’aperçoit qu’il lui manque un doigt. Or, on a déjà croisé cette partie de son corps dans le premier opus, quand Beetlejuice le retire d’un anneau dont il fait cadeau à Lydia.

Des observateurs plus avisés remarqueront aussi un petit indice sur la véritable nature d’un personnage. Quand Astrid, la fille de Lydia, rencontre Jeremy, un ado de son âge, celui-ci porte une chemise à carreaux. Dans le premier Beetlejuice, des carreaux sont apparus sur la chemise d’Adam Maitland quand il est passé de vie à trépas. Le manuel des jeunes décédés qu’avaient reçu Adam et Barbara Maitland après leur mort se trouve également chez le jeune Jeremy, indice supplémentaire de sa condition. Jeremy est donc un fantôme.

En parlant d’accoutrements… À un moment donné, Lydia porte une réplique de l’uniforme qu’elle avait au lycée. Et surtout, quand Beetlejuice tente une nouvelle fois de l’épouser, elle se retrouve affublée de la même robe qu’elle portait en cette funeste occasion, pendant que lui arbore toujours le même costume pourpre et sa chemise à jabot.

Pour résumer, Burton a parsemé son Beetlejuice Beetlejuice de références plus ou moins explicites à son premier opus. De quoi tomber dans la nostalgie. Et c’est sans compter les références à ses autres films.

II – Les références aux autres films de Burton

Au tout début de Beetlejuice Beetlejuice, nous avons le plaisir de croiser un agent d’entretien joué par Danny DeVito. Celui qui fut l’ancien Pingouin dans Batman, le défi boit quelques gorgées de ce qui semble être un produit ménager. Une partie du liquide coule sur son menton. L’antagoniste de l’homme en noir meurt avec un flot de sang dégoulinant de sa bouche.

Dès le début de son film, Burton fait également allusion à L’Étrange Noël de Mister Jack. Dolores, l’ancienne épouse de Beetlejuice, se reconstitue à la manière de Sally, l’amoureuse du roi des citrouilles. Quand Lydia interrompt son talk-show, un cameraman demande : « What’s going on ? » ou « que se passe-t-il ? » qui est le titre d’une chanson entonnée par Jack quand il débarque dans le monde du Père Noël. Dans le pensionnat, les camarades d’Astrid ont suspendu un petit fantôme au chambranle de sa porte pour lui faire une blague. La petite silhouette recouverte d’un drap rappelle Zéro, le chien spectral de Jack. On croise également Oogie-Boogie, l’ennemi de Jack, comme décoration d’Halloween.

Dans une boutique de pressing, Dolores, l’ancienne épouse de Beetlejuice, trouve une robe de mariée à son goût. À l’origine, cette robe appartenait à Émily, la mariée squelettique de Noces funèbres, revenue d’entre les morts. L’église dans laquelle Beetlejuice tente d’épouser Lydia rappelle étrangement celle de la fin du même film quand Barkis veut se lier à Victoria sous la contrainte.

Beetlejuice raconte à ses employés qui est son ancienne épouse et les raisons pour lesquelles elle le cherche. Le film bascule en noir et blanc et prend des allures de vieux film d’horreur. On peut alors le rapprocher d’Ed Wood, le long métrage sur le plus mauvais réalisateur du monde, le seul film de Tim Burton en noir et blanc.

Dans un autre flash-back racontant la mort accidentelle de Charles, Tim Burton fait usage du stop-motion. Il avait employé ce procédé, qui consiste à assembler des photographies de figurines animées à la main, pour Noces funèbres et L’Étrange Noël de Mister Jack.

L’ancienne maison des Maitland se dresse au sommet d’une colline. Quand Delia la recouvre de draps noirs en signe de deuil, elle ressemble au manoir d’Edward aux mains d’argent ou à la demeure de Barnabas dans Dark Shadows.

Jeremy, l’adolescent dont Astrid tombe amoureuse, a construit une cabane dans un arbre tordu. Le végétal rappelle étrangement celui de Sleepy Hollow par lequel sort le cavalier sans tête. Astrid, pour Halloween, porte une cape qui n’est pas sans rappeler celle de Katrina Van Tassel. Dans la chambre de Jeremy, on trouve une lanterne magique comme celle d’une des futures victimes du monstre. Pendant l’enterrement de Charles, le cortège funèbre et son accoutrement rappellent celui des habitants de la bourgade frappée par la série de meurtres.

Dans une pièce de rangement, on peut apercevoir une tête dans un bocal comme dans Mars Attacks. À un moment donné, Dolores glisse dans les couloirs du monde des morts comme les envahisseurs extraterrestres. La fille du président, au tout début du film, doit se rendre à un meeting de son association en faveur de l’écologie, tout comme Astrid.

Comme dans le premier Beetlejuice, Delia porte des tenues extravagantes. L’une d’entre elles est entièrement en noir et blanc. Ce choix vestimentaire aurait été salué par Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street. Dans son exposition, on peut la voir volant au milieu de corbeaux, comme Dumbo.

À la cérémonie funèbre de son grand-père, Astrid porte un pull à rayures colorées alors que tous les autres personnages sont vêtus de noir. Elle ressemble ainsi à Énid, l’acolyte de Mercredi dans la série mettant en scène la fille aînée de la famille Addams.

Quand Jeremy et Astrid se rencontrent, la lumière donnant un aspect doré à la scène rappelle celle de Big Fish. Quand les adolescents s’embrassent, le jeune homme s’élève dans les airs et entraîne sa petite amie avec lui. Dans Miss Peregrine et les enfants extraordinaires, Emma a la même capacité.

Pour rejoindre le monde des morts, Lydia tombe dans une sorte de trou digne du terrier d’Alice au Pays des merveilles.

Vers la fin du film, un groupe de têtes réduites accomplit le chemin inverse et regagne le monde des vivants. On aperçoit certaines d’entre elles dans un magasin de bonbons aux couleurs vives, à l’image de la boutique de Willy Wonka dans Charlie et la chocolaterie.

À travers Beetlejuice Beetlejuice et ses multiples références à ses autres films, Tim Burton rappelle à son public qu’en dépit des années, il est resté le même : un cinéaste à l’imaginaire torturé autant que poétique, macabre et coloré, peuplé de personnages attachants et effrayants qui lui ressemblent tous un peu. Un univers qu’on prend plaisir à retrouver, film après film.

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