Jules Chambry

Cinéphile compulsif enfermé dans le cinéma d'antan, passionné de mélos des années 30, de comédies italiennes et de westerns de l'âge d'or. Mes influences vont de John Ford à Fellini, en passant par Ozu, Tati, Pasolini ou encore Capra. J'écris des articles trop longs.

Rio Grande, de John Ford : une superbe édition Blu-Ray/DVD pour un western miraculé

Rio Grande est ressorti dans une nouvelle édition DVD et Blu-Ray chez Sidonis Calysta, le 15 septembre dernier. De quoi revenir sur ce film passionnant au contexte de réalisation tout aussi intéressant, et que le contenu de l’édition permet de pleinement entrevoir.

L’Œuf de l’ange (1985), de Mamoru Oshii : du déluge à l’apocalypse, une parabole biblique de l’humanité

L’apocalypse ne va pas forcément de pair avec l’idée de fin du monde dans le fracas et les cris. L’Œuf de l’ange de Mamoru Oshii, sous forme de parabole biblique, propose au contraire une errance silencieuse et mélancolique où l’apocalypse est comme une coquille d’œuf qui se brise : elle rime avec la perte d’une intériorité que l’on n’a pas su protéger.

Escape From New York (1981), de John Carpenter : infiltration et extraction avec le solide Snake

Suite de notre rétrospective John Carpenter avec Escape From New York, un film d'action mais surtout d'ambiance, addictif et grisant. En à peine une heure et demie, John Carpenter nous fait entrevoir un univers riche, haut en couleurs et macabre à la fois, dans un New York nocturne et dystopique.

Seuls sont les indomptés : cow-boy en marge pour western en marge, en DVD/Blu-Ray chez Sidonis Calysta

Seuls sont les indomptés, « western policier » avec Kirk Douglas et réalisé par David Miller, s’offrait une nouvelle édition Blu-Ray chez Sidonis Calysta en juin dernier. Retour sur un film culte au statut particulier dans l’histoire du western.

Jeux Dangereux, d’Ernst Lubitsch : hommage en chanson

Ce dimanche, replongeons avec légèreté dans Jeux Dangereux, chef-d’œuvre sur lequel tout a déjà été dit, à l’occasion d’un hommage sous forme de chanson à cette comédie de Lubitsch aussi hilarante que courageuse.

Au temps des Vikings, d’Anders Winroth : plongée au cœur du peuple qui n’en fut jamais un

Avec Au temps des Vikings, Anders Winroth nous conte l'histoire d'un peuple qui n'en fut jamais un, déconstruisant les préjugés populaires au gré d'un récit passionnant, construit autour d'axes tels que la guerre, le commerce, l'exploration, la religion, l'art ou la littérature.

Été 85, de François Ozon : un pari tenu pour une promesse trahie

Été 85 a tout de la promesse trahie. Certains espéraient découvrir un Call Me By Your Name à la française, d’autres un thriller maritime aux allures de Plein Soleil. Le nouveau film de François Ozon n’a jamais prétendu être l’un ou l’autre, cherchant sa propre voie au carrefour d’une romance estivale onirique et d’un drame policier plus terre-à-terre. Le problème, c’est qu’Été 85 n’est pas très harmonieux par son mélange des genres, par son style, ses tonalités, et sonne assez faux dans sa globalité.

Adam, de Maryam Touzani : une histoire de femmes, en DVD chez Ad Vitam

En compétition dans la catégorie Un Certain Regard au Festival de Cannes de 2019, le premier film de Maryam Touzani, Adam, a enfin trouvé le chemin du DVD grâce à Ad Vitam, depuis le 7 juillet. Un beau film sur la sororité, le deuil et la reconstruction pour un duo de femmes brisées.

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Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

Peindre avec la caméra : Robbie McGarvey et la fabrication irréversible de Die My Love

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Silent Friend : filmer la lumière, filmer le temps

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