Jules Chambry

Cinéphile compulsif enfermé dans le cinéma d'antan, passionné de mélos des années 30, de comédies italiennes et de westerns de l'âge d'or. Mes influences vont de John Ford à Fellini, en passant par Ozu, Tati, Pasolini ou encore Capra. J'écris des articles trop longs.

Enfance et cinéma : L’enfant face au monde adulte, entre reflet, médiation et rédemption

Le cinéma est un lieu privilégié pour étudier le rapport entre deux mondes aux frontières bien gardées : l'enfance et l'âge adulte. Par l'image et le mouvement, permettant l'alternance des points de vue, les barrières s'effacent et laissent petit à petit transparaître une convergence commune des destins entre générations.

Vacances et Cinéma : Monika, d’Ingmar Bergman, une tragédie d’été en trois actes

Les vacances riment souvent avec amours estivales. Avec Monika, Bergman ne fait ni dans l'idylle bluette ni dans le drame nihiliste : une tragédie en trois actes d'une beauté rare, où les rêves de jeunesse sont encore possibles, du moins un temps, avant que la froide réalité ne les rattrape.

« Nous allons toutes bien », d’Ana Penyas : au bonheur des (vieilles) dames

Nous allons toutes bien, de l’Espagnole Ana Penyas, vient de sortir ce 21 août 2019 aux éditions Cambourakis. Une bande-dessinée qui se dévore avec légèreté autant qu’elle dépeint une réalité sociale parfois terrible, sur les femmes, la vieillesse ou encore la famille.

Vacances et Cinéma : Les Vacances de M. Hulot, quand Jacques Tati embête les vacanciers !

Qui dit vacances, dit vacanciers ! Et le bruit, l'idiotie ou le ridicule de certains ne datent pas d'hier. La preuve, en 1953, Jacques Tati proposait avec Les Vacances de M. Hulot une satire drôlissime des vacanciers en bord de mer, au style de plus en plus américanisé. Retour sur cette pépite de la comédie française aux allures très chapliniennes.

Lieux et cinéma : Le château, un monde en marge du monde

Le château est un lieu apprécié des cinéastes et des cinéphiles, parce qu'il invoque un imaginaire riche de siècles de littérature, de peinture et de légendes en tous genres. Au septième art, il se révèle à la fois dangereux, rassurant, poétique, métaphorique. Un monde à part entière qui se fait paradoxalement exception du monde.

Bonne chance (1935), de Sacha Guitry : la folie des gens heureux

Bonne chance, de Sacha Guitry, est l'une des comédies romantiques les plus lubitschiennes du cinéma français. Un film qui manie la langue et les sous-entendus pour mieux faire voler en éclats les limites de la morale, de la tradition et des mœurs de toute une époque.

Le Roi Lion (2019), de Jon Favreau : le (re)cycle éternel ?

Le tant attendu et tant redouté remake du Roi Lion est enfin sorti. Entre un parti-pris visuel intéressant et une frilosité musicale décevante, le film de Jon Favreau s'en tire avec les honneurs sans révolutionner la recette. Mais ne vous en faites pas, l'émotion est toujours là !

Lieux et Cinéma : la barque, ou l’intranquillité du rêveur

La barque est au cinéma, plus qu'un simple moyen de transport, un véritable lieu : lieu de l'introspection, du passage vers un autre monde, de l'apprentissage, de la survie, de la fuite, etc. De quoi replonger dans tout un tas de souvenirs cinéphiles, des Oiseaux à Ponyo, en passant par Le Seigneur des Anneaux, Buffet Froid et beaucoup d'autres !

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Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

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