Jules Chambry

Cinéphile compulsif enfermé dans le cinéma d'antan, passionné de mélos des années 30, de comédies italiennes et de westerns de l'âge d'or. Mes influences vont de John Ford à Fellini, en passant par Ozu, Tati, Pasolini ou encore Capra. J'écris des articles trop longs.

Théorème (1968), de Pier Paolo Pasolini : la bourgeoisie et le Salut

Théorème est peut-être l’œuvre de Pier Paolo Pasolini abordant le plus frontalement la question de la bourgeoisie. Cible récurrente de ses saillies politiques, la bourgeoisie trouve ici, au même titre que la religion, un traitement social, anthropologique et poétique, par le moyen d’une grande parabole philosophique.

Factice, d’Hanna Anthony : un premier roman passionnant sur l’amour 2.0

La crise existentielle de la pré-trentaine, la pression sociale quant au célibat, la difficulté paradoxale à construire des relations à l’heure des applications de rencontre, l’addiction aux réseaux sociaux et autres « paradis virtuels », les affres de la communication entre les individus… C’est de tout ceci que parle Factice, premier roman riche et prenant d’Hanna Anthony, sorti le 14 avril aux éditions Kiwi Romans.

Le Nouveau Monde (2005), de Terrence Malick : Deus sive Natura

Un cycle sur la nature au cinéma ne pouvait pas faire l’économie d’un détour par la filmographie de Terrence Malick. Sur Le Mag du ciné, nous avons déjà beaucoup parlé de Malick, et même du Nouveau Monde. L’enjeu est donc, ici, de procéder à une approche plus précise concernant la place de la nature dans ce film, qui est un enjeu tant spatial que dramaturgique, et bien sûr spirituel.

Madame Bovary (1991), de Claude Chabrol : entre fidélité et vacuité

Madame Bovary est peut-être l’œuvre de littérature française la plus célèbre, et néanmoins ses adaptations cinématographiques n’ont jamais été à la hauteur de sa popularité. En 1991, Claude Chabrol tente sa chance avec dans le rôle titre, Isabelle Huppert. Malgré une volonté de rester proche du texte, le film échoue à saisir l'essence du roman, à savoir : extraire du médiocre une forme de pathétisme, et finalement de beauté.

Rêves (1990), d’Akira Kurosawa : contes oniriques sur l’homme et la nature

Rêves est un film testamentaire. Au seuil de ses 80 ans, maître Akira Kurosawa dresse un bilan de vie sous forme de rêves épars. Une œuvre étrange, à la fois sombre et colorée, parfois douce et utopiste, parfois triste et pessimiste. Une façon d’aborder ses peurs, ses espoirs, ses passions, et plus largement sa vision du monde de façon intime et originale.

Les Carnets d’Ozu (1933-1963) : le journal intime d’un réalisateur passionnant, réédité chez Carlotta

En fin d’année dernière, les éditions Carlotta accouchaient d’un petit miracle pour tout cinéphile, a fortiori amateur de cinéma japonais et du grand réalisateur que fut Yasujirô Ozu : plus de 1000 pages de carnets personnels du cinéaste, sorte de journal intime couvrant les trente dernières années de sa vie – et la quasi-totalité de sa carrière cinématographique. Une relique précieuse.

Je suis un aventurier (1954), d’Anthony Mann : nouvelle édition DVD/Blu-Ray d’un sombre western en Technicolor

Sidonis Calysta nous gratifie d’une nouvelle édition d’un des tout meilleurs westerns issus de la collaboration entre un réalisateur, Anthony Mann, et un acteur, James Stewart : The Far Country, ou Je suis un aventurier. Le film, sorti en 1954, vient de s’offrir, le 12 février dernier, une toute nouvelle édition DVD/Blu-Ray digne de ce nom.

Honeyland, de Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov : un rayon de miel et de vie, en DVD/Blu-Ray

Honeyland est un diamant brut, rugueux, parfois austère mais d’une sincérité totale. Un documentaire contemplatif et immersif, laissant la parole aux seules images pour conter la vie d'une apicultrice vivant seule avec sa mère dans les montagnes macédoniennes. Une œuvre émouvante et magnifique, à découvrir absolument en DVD/Blu-Ray aux éditions KMBO.

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