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Date de sortie Avatar 2 The Way of Water

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C’est en 2006 que James Cameron a fait part de son intention de faire Avatar une franchise. Le réalisateur a déclaré que si le premier film était un succès, il espérait faire deux suites. Les deuxième et troisième parties devaient initialement sortir respectivement en 2014 et 2015, mais depuis, les dates de première ont été reportées huit fois. Et maintenant, enfin, la glace a commencé à fondre et la première approche à un rythme très rapide, mais que pouvons-nous attendre du film lui-même ? Vous trouverez ci-dessous les réponses a toutes vos questions. L’expert de CasinoEnLigneFr, Christophe Gignac, a essayé de faire de cet article un concentré d’informations utiles.

avatar2

Date de sortie Avatar 2

Le deuxième volet de la superproduction de science-fiction tant attendue sera dévoilé très prochainement. La première internationale est prévue pour le 15 décembre 2022. Treize ans ont passé depuis la sortie Avatar 2 du premier film, mais le projet légendaire de James Cameron reste dans les mémoires. Et enfin, le créateur de Titanic a ravi les fans en annonçant la poursuite de son incroyable projet. Dans la nouvelle histoire, Sully et sa bien-aimée Neytiri défendront ensemble Pandora.

Pourquoi si longtemps ?

Cameron cite plusieurs raisons pour lesquelles sortie avatar 2 a dû attendre si longtemps avant sa sortie. Lorsque James pensait encore aux suites, il voulait que chaque partie ait une intrigue distincte et complète, tout en servant de chapitre supplémentaire dans une histoire unique et transversale. Cameron voulait d’abord écrire tous les scripts et ensuite faire les deux films en parallèle. Puis le nombre de suites a doublé, mais le désir de pré-écrire l’histoire entière du début à la fin est resté inchangé.

En 2013, Cameron a annoncé la création d’une équipe chargée de mettre ses idées sous forme finie :

  • John Friedman, a écrit le scénario de la deuxième partie.
  • Rick Jaffa et Amanda Silver ont écrit le troisième.
  • Shane Solerno, a écrit le scénario du quatrième. 

Avant de distribuer les tâches à l’équipe, Cameron a réuni les quatre membres de l’équipe dans la salle des scénarios et a fait un brainstorming sur l’ensemble de l’intrigue principale, du début à la fin. Il a fallu environ quatre ans pour travailler sur les scénarios – Cameron n’a pas annoncé qu’ils étaient prêts avant février 2017.

Le deuxième problème était l’absence de la bonne technologie. Cameron a déclaré dès le début qu’au moins deux des suites se dérouleraient dans les océans de Pandora. Il allait tourner toutes les scènes d’eau dans et sous l’eau – un énorme réservoir de 3,5 millions de litres a été construit pour filmer La voie de l’eau. Mais lorsque les travaux ont commencé, la technologie de capture de mouvement ne permettait pas de filmer sous l’eau. Il a fallu 18 mois pour trouver une solution.

Il est bon que la technologie moderne permette des solutions non conventionnelles, car il serait dommage de ne pas voir une si belle incarnation du thème aquatique. Le monde sous-marin fascine et séduit encore car il est très peu exploré. Il n’est donc pas étonnant qu’ils essaient de la dépeindre et de l’illustrer dans des films, des séries télévisées ou des livres. Il n’est pas surprenant que de nombreux jeux d’arcade aient également été produits sur ce thème. La machine à sous Razor Shark du studio Push Gaming, par exemple. Ce jeu d’argent populaire est présent sur de nombreuses ressources de qualité.  

Lorsque le nombre de suites a doublé, Cameron a abandonné le tournage en parallèle des quatre films – seuls les deuxième et troisième volets sont entrés en production à l’automne 2017. Malgré cela, le tournage a duré trois ans et, alors que le processus touchait à sa fin, le COVID-19 est intervenu, entraînant la suspension du tournage en Nouvelle-Zélande pendant plusieurs mois.

Avatar 3, 4, 5 ?

Le troisième Avatar a été filmé en parallèle avec le deuxième. Cameron a déclaré l’année dernière que la troisième partie était terminée à 95%. La date de sortie Avatar 3 est fixée au 20 décembre 2024.

Et puis il y a les variations possibles. Cameron assure que le sort des quatrième et cinquième volets dépend entièrement du succès des deux premières suites. Si le « Chemin de l’eau » et « Avatar 3 » récoltent un box-office comparable aux recettes du film original, ils seront autorisés à se développer.

Tournage des enfants pour le quatrième film

Il est vrai que Cameron semble être en avance sur son succès. Dans une interview, il a laissé échapper qu’il avait déjà tourné pour le quatrième film quelques scènes impliquant des enfants acteurs. Au moment où le tournage des quatre films commencera officiellement, ils seront clairement des adolescents.

Conclusion

Il y a presque 13 ans, le film de science-fiction de James Cameron, Avatar, sortait sur les écrans. Le réalisateur a travaillé sur ce projet pendant plus de 10 ans. Il n’est donc pas surprenant que le film ait eu un tel impact et soit toujours en tête des classements. Mais pendant toutes ces années, les fans ont fantasmé sur une suite au film emblématique et se sont demandés quand sortie avatar 2. Enfin, le travail sur le film touche à sa fin et nous avons pensé vous dire à quoi les fans peuvent s’attendre.

Guest post

Martyrs : du body horror à la mystique

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Martyrs ne laisse pas indifférent puisqu’il offre l’expérience de body-horror la plus clivante qui soit : entre codes du genre et tentative d’élévation à un propos sans doute un peu intello. Martys est-il autre chose qu’une débauche hystérique de sadisme gratuit ?

La French Frayeur.

Les années 2010 sont une sorte de renaissance pour Canal + qui après au moins une décennie d’errance parvient enfin à stabiliser son modèle économique qui lorgne sur les grands studios américains tout en laissant une large place à la créativité maison, le fameux « esprit Canal ». Si l’on connaît cette fraîcheur du terroir, notamment dans le registre bien franchouillard de la comédie, la chaîne cryptée a pendant un bref moment sponsorisé et favorisé l’émergence d’un cinéma de genre à la française sous le label de la « French Frayeur ». Il s’agissait de jeunes auteurs cultivés dont la cinéphilie allait piocher aussi bien dans les classiques que s’abreuver aux blockbusters américains léchés, tels Predator ou Alien. Production généreuse, auteurs créatifs formant comme une bande ; les ingrédients étaient réunis pour donner naissance à un style à la fois audacieux et novateur d’autant plus inattendu que l’horreur française, hormis quelques vieux titres oubliés, n’avait pour ainsi dire jamais existé. Dommage qu’autant de passionnés n’aient pu faire durer le plaisir même si certains comme Alexandre Aja et son excellent Haute Tension ont pu continuer leurs carrière aux Etats-Unis, terre d’élection du cinéma de genre.

Entre thriller et terreur, la proposition esthétique de la French Frayeur consiste en une reprise originale des codes des films de genre dont les réalisateurs sont fans et qui restent connus entre tous, le tout lié par une sauce nappante typique de la cuisine française. La recette est cristallisée dans ce film séminal à bien des égards qu’est Le Pacte des Loups. Ainsi, Les Rivières Pourpres de M. Kassovitz singe (comme tant d’autres) l’esthétique sombre de Seven de Fincher à la lumière blafarde des dérives sectaires bien françaises. Haute Tension adopte quant à lui la narration à première vue classique d’un slasher en milieu rural, une sorte de Halloween dans la Creuse, pour finalement exploser dans un twist des plus déconcertants et étrangement satisfaisant. Parmi ces quelques réussites (auxquelles il faut ajouter l’excellent Frontières de Xavier Gens, qui lui aussi parcourt le trauma bien français de la collaboration pendant les années de plomb), aucun pourtant ne frappe comme peut le faire Martyrs de Pascal Laugier qui a fait ses armes en réalisant l’excellent making-of du Pacte des Loups. Comment décrire Martyrs quand le thème même du film repose sur l’incapacité des mots à communiquer l’insoutenable ? Sur l’indicibilité comme expérience intérieure comme dirait G. Nataille dont le film s’inspire décidément ?

Le choc, l’horreur, le trauma ; l’histoire de Martyrs articule ces trois émotions de manière quasi linéaire. On suit Lucie, fille qui s’est échappée de tortionnaires d’enfants, après un séjour à l’hôpital psychiatrique où elle se lie d’amitié avec Anna. Lorsqu’on la retrouve, c’est pour sonner à la porte d’une maison cossue où une famille ordinaire prend le petit-déjeuner dans une ambiance chaleureuse et détendue ; la table est mise, le café est chaud et les discussions complices vont bon train. C’est alors que la véritable énergie du film s’engouffre en une déflagration glaçante par le trou du canon scié que tient Lucie : s’enchaînent après ce massacre familial cris, pleurs, mutilations, hallucinations effroyables jusqu’à la détonation finale, d’un revolver cette fois, qui conclut cet étrange saut dans l’atrocité la plus violente.

La construction narrative.

Piochant à tous les sous-genres de l’horreur – à tous les râteliers diront certains, Martyrs est construit en deux parties bien distinctes qui ne se répondent que trop mal mais qui suivent les deux protagonistes féminins. La première partie centrée sur Lucie expose à grands coups de cris et de manière ultra rapide l’impossibilité de sa vengeance, c’est-à-dire en fait la puissance inextinguible de son trauma. Le massacre de la famille, bien loin de l’apaiser, ne fait que resurgir les pires images de sa mémoire tourmentée. Mais précisément, ces images ne sont pas visibles par le spectateur qui regarde cette première partie comme devant la courte scène de prologue ; on sent que quelque chose de dramatique et d’horrifique se joue, mais on reste perplexe car on ne peut que deviner ou imaginer avec difficulté ce qu’elle a pu subir – parce que c’est précisément inimaginable. Prélude à ce qui va suivre, le réalisateur joue avec nos nerfs.

La seconde partie vient en réalité combler nos attentes et nos désirs visuels en mettant en scène la source même du trauma de Lucie, cette fois-ci destinée à sa chère amie Anna. Un châtiment d’autant plus gratuit que la présence d’Anna n’était justifiée dans cette maison que par sa tentative – vaine évidemment – d’aider Lucie. S’ensuit alors ce qui n’est qualifiable autrement que comme une séquence longue, pénible, à la limite de l’invisible ( c’est le propos même du film) de torture au sein même de cette maison décidément bien étrange, marquant le film de l’alliance esthétiquement hétéroclite entre le home invasion et le torture-porn. Anna est en effet livrée sans qu’elle puisse résister à une sorte de secte mystérieuse, composée exclusivement de bourgeois impavides et impersonnels, pour être séquestrée au sous-sol (le film dans une catabase assumée se rapproche des souterrains – monde de l’invisible, de l’inavouable et bien sûr de la mort) et torturée jusque mort s’ensuive. Sans détour, la séquestration ici n’est au service que de l’exposition visuelle de la douleur infligée à Anna. Un jeu sadique de la part du réalisateur qui s’amuse à torturer son personnage et nous avec, dans une version grossièrement francisée de l’esthétique de Haneke ? Sans doute, mais le propos tenu pour gratuit du film n’en demeure pas moins intellectuellement intéressant et à refuser de le voir, on fait de cette œuvre, pour le coup, une débauche de douleur véritablement gratuite.

Film de genre et réflexion métaphysique.

Or, et c’est le lot commun des films d’horreur, et pourquoi pas des films de genre tout court, que de précisément transcender leurs codes esthétiques ( l’aspect genré de leur genre) pour susciter ou délivrer un sens qui ne peut s’y réduire. Si Martyrs choque, percute, violente, traumatise, c’est aussi (et peut-être surtout) pour cela. A l’articulation du film, passant du calvaire de Lucie à Anna, le monstre narratif se charge d’exposer dans un monologue court et implacable de Mademoiselle, qui semble chapeauter l’entreprise de la secte, les motivations de cette étrange société. Ces riches quidams ne sont que le prolongement de la famille massacrée par Lucie et figurent tout aussi bien l’avatar d’un cinéma français figé et mortifié dans les poncifs éculés de la comédie familiale et dérisoire. Mais ils se rattachent aussi à un autre tropisme bien connu des classes populaires et donc du genre populaire qu’est l’horreur : si les élites sont en haut, font partie de la high society, c’est qu’ils ont bâti leur irrésistible ascension sur quelque crime contre les gens d’en bas – ainsi le film classique Society de Brian Yuzna. Ici, ils sont peu bavards et moins gourmands mais sont persuadés qu’au seuil de la mort, dans l’expérience la plus atroce de la douleur qui confine au reniement de l’humanité, dans cet espace infime entre désintégration et vie, où l’on est pas tout à fait mort mais déjà plus vivant, se situe l’expérience métaphysique de l’après-vie. Bref, dans la culmination de la douleur peut s’expérimenter l’altérité radicale de la vie ; mais puisque le sujet de l’expérience ( au sens scientifique) n’ a pas trépassé, il peut revenir de cet étrange voyage, et tel Ulysse ou Dante, faire le récit de ce qu’il a vu. En sorte que la motivation de la secte est parfaitement claire quoique farfelue et outrageusement insupportable. Comme dans une sorte de christologie inversée, le torturé trouve un sens à sa souffrance en ce qu’elle constitue le moyen de rapporter aux autres ce qu’ils ne peuvent par définition pas vivre. Là où le sadisme reparaît, c’est que tout cela se passe bien entendu de l’accord de l’intéressée et l’on comprend qu’il faut que ce soit forcé pour que l’expérience puisse réussir, qu’il y ait un sens à l’existence humaine là où manifestement elle s’est retirée. Lucie puis Anna sont donc des martyrs au sens originel du terme, non parce que leur souffrance est incommensurable mais parce que leur calvaire témoigne d’une vérité plus haute et plus fondamentale que leur souffrance ( « martyrs » voulant dire en grec ancien « témoins »), celle d’un au-delà par définition invisible et inaccessible. Le spectateur est donc rendu à la satisfaction outrancière de sa pulsion scopique, bien connue au cinéma y compris comme principe de mise en scène au moins depuis Fenêtre sur Cour de Hitchcock ; le spectateur impuissant jouit en même temps qu’il se dégoûte de l’insoutenabilité des images. Le plaisir visuel est donc dérivé d’une souffrance feinte d’autant plus irrespirable qu’elle est gratuite mais il s’agit là du principe même, peut-être, de tout plaisir visuel au cinéma. Le plaisir voyeuriste de voir la vie des gens par le trou de serrure de la caméra. Là où P. Laugier est original ce n’est donc même pas dans la radicalisation de cette donnée essentielle au septième art (à la place du meurtre de la voisine d’en face, une succession ininterrompue et cauchemardesque de tortures), mais plutôt dans l’esthétique filmique qui consiste à accoler à un genre considéré comme bas – ici l’horreur- une expression plus haute et assumée quitte à frôler le ridicule comme en témoignent l’accueil plutôt froid de Martyrs en 2008. Dans une sorte de court-circuit de l’esthétique bourgeoise – ici représentée par la secte et Mademoiselle, le sujet appartenant à la culture haute est parfaitement réapproprié par la culture basse, le genre en l’occurrence, qui trouve ici sa terre d’élection sous forme de terre promise. Quoi de mieux qu’un film d’horreur pour représenter l’outrage incommunicable de l’expérience du martyr, ici élevé à une réflexion toute bataillienne.

L’intériorité de l’expérience.

Car en effet, les gars de la French Frayeur sont cultivés et à l’inattendue référence à Hegel dans Frontières ( Un personnage cite La Phénoménologie de l’esprit « l’esprit est un os » avant de fracasser le crâne de sa victime à la hache) semble comme répondre la référence à G. Bataille en toile de fond de Martyrs. Que dit Bataille notamment dans ce qu’il appelle « le non-savoir » ? Le non-savoir est au contraire de la théorie et de la philosophie classique un rapport non-discursif à tout ce qui s’exempte de la discipline inhérente à la sphère économico-rationnelle- ce qui relève de l’excès, du sacré, de l’érotisme, de la violence, de la mort- et c’est là ce qui nous offre, selon lui, le rapport le plus profond au réel. Car il y a une réalité qui n’est pas rationnelle, celle qui échappe à l’appropriation intellectuelle (le savoir) ou matérielle (le travail). Une réalité non opératoire, qui ne donne lieu à aucune œuvre, à aucun progrès- qui se donne comme destruction bien plus que comme construction, et c’est elle qui échappe depuis toujours à la philosophie et la condamne de ce fait à être une pensée en chaire, une théorie de doctes et de professeurs, séparés de la dimension la plus décisive de nos existences- de la mort sans retour, que rien ne compense dans le progrès de la raison, de la sexualité déliée de ses impératifs biologiques et sociaux de reproduction, de la violence, indifférentes au sort de nos sociétés, du sacré dont les rites nous paraissent désormais si étranges et barbares que nous en avons perdu la clé. De quoi attiser la convoitise la plus abjecte de la classe qui n’a plus rien d’autre à faire – et à voir – pour occuper son temps.

Si donc le film n’est clairement pas exempt de défauts, il a l’immense mérite de mener l’hypothèse bataillienne jusqu’au bout car le dénouement qu’on ne révélera pas ici, nous offre l’expérience ultime du martyr qui se retranche dans l’impossibilité de tout discours, (bien que le penseur lui-même en fit des livres). Ce dénouement qu’on prendra à juste titre comme d’abord un refus vengeur laisse échapper le sens le plus profond du film qui est de rendre le sacré au sacré en le distinguant une fois pour toute du profane crassement bourgeois – « le plus profond, c’est la peau » disait cet autre camarade de Bataille qu’est Deleuze. S’il y a donc du sadisme dans Martyrs c’est celui-là : nous faire effleurer le secret ; assez pour en avoir le goût et le pressentiment mais trop peu pour que son retrait ne soit pas vécu sur le mode de la déception. L’expérience de l’après-vie doit rester une fois pour toutes invisible et intérieure.

Martyrs : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=DxAlL8jjE0w

Fiche technique : Martyrs

Réalisation : Pascal Laugier.
Scénario : Pascal Laugier.
Actrices principales : Mylène Jampanoï, Morjana Alaoui.
Sociétés de production : Canal +, Wild Bunch, Eskwad.
Pays de Production : Canada, France.
Genre : Horreur
Durée : 100 minutes.

Programme du 26ème Festival du film « Les Œillades » à Albi

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Du 22 au 27 novembre se tiendra à Albi la 26ème édition du Festival du film francophone Les Œillades ayant pour thème la création cinématographique au féminin. Au programme : 29 avant-premières prestigieuses dont 11 longs-métrages en compétition pour le Prix du Public, une sélection de courts-métrages, une section « Reprises » pour redécouvrir les œuvres qui ont marqué l’année 2022, mais aussi une invitation à l’acteur Jérémie Renier et des films de patrimoine d’Alice Guy et Agnès Varda. Le festival proposera également trois expositions photographiques dédiées aux actrices et réalisatrices d’hier et d’aujourd’hui, une table ronde animée par la journaliste et critique Véronique Le Bris ainsi que des séances de dédicace d’ouvrages sur le cinéma.

Les femmes s’emparent des Œillades

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Affiche du festival

Pour sa 26ème édition, le festival du film francophone d’Albi met les femmes à l’honneur et fait la part belle aux réalisatrices, débutantes ou confirmées, parmi lesquelles Christèle Alves MeiraMaryam Touzani, Emmanuelle Nicot, Lise Aloka, Romane Gueret, Marie Kreutzer et Dinara Droukarova. L’occasion de retracer le parcours de femmes cinéastes mais aussi de questionner leur pratique, leur écriture artistique, leur vision du monde, leur message universel.

Trois expositions photographiques illustreront la thématique du cinéma au féminin. D’Agnès Varda à Jane Campion en passant par Céline Sciamma, « Les femmes s’emparent du cinéma » présentée par Arte rendra visible l’apport des femmes à l’histoire du septième art, tandis que « Futures », série de portraits d’actrices signés Mathilde Marc, proposera une réflexion sur l’apparence des femmes de plus de cinquante ans dans la fiction et les préjugés auxquels elles font face aujourd’hui encore.

Figure féminine emblématique de la Nouvelle Vague, la cinéaste Agnès Varda fera l’objet d’une séance spéciale avec la projection de son autodocumentaire Les plages d’Agnès récompensé par un César en 2009.

Enfin, Les Œillades rendront hommage à Alice Guy, véritable pionnière de l’industrie cinématographique, en diffusant quatre courts-métrages datant de sa période américaine, en présence de la journaliste, critique et auteure Véronique Le Bris. Spécialiste de la place des femmes au cinéma et fondatrice du Prix Alice Guy, elle animera également une table ronde intitulée « état des lieux » en compagnie de la réalisatrice québécoise Geneviève Albert, de la photographe Mathilde Marc et de la compositrice Béatrice Thiriet.

Invitation à l’acteur Jérémie Renier

Jérémie Renier, invité d’honneur du festival, dans Ailleurs si j’y suis de François Pirot.

Invité d’honneur de cette 26ème édition des Œillades, l’acteur belge Jérémie Renier présentera le nouveau film de François Pirot, Ailleurs si j’y suis, lequel aborde la crise de la quarantaine à travers le personnage d’un homme qui décide de changer de vie en répondant à l’appel de la forêt. L’acteur reviendra, lors d’une autre rencontre exceptionnelle, sur son rôle de gendarme normand abattant accidentellement un agriculteur en colère dans le bouleversant Albatros de Xavier Beauvois sorti l’année dernière.

Les films en compétition

Les Œillades ont pour but d’offrir un panorama des films francophones qui seront à l’affiche début 2023. Cette année, vingt-neuf longs-métrages dont dix-sept réalisés par des femmes ont été sélectionnés ; onze d’entre eux concourront pour le Prix du Public.

En ouverture du festival, l’actrice Carmen Kassovitz viendra présenter Tempête de Christian Duguay, l’adaptation du roman de Christophe Donner portée par Mélanie Laurent et Pio Marmaï. Le réalisateur Sylvain Desclous défendra quant à lui De grandes espérances, drame réunissant Rebecca Marder, Benjamin Lavernhe et Emmanuelle Bercot.

Parmi les films en compétition, figurent également le biopic musical Divertimento réalisé par Marie-Castille Mention-Schaar, le drame Grand Marin de Dinara Drukarova, la comédie romantique 16 ans de Philippe Lioret (invité avec l’actrice Sabrina Levoye), mais aussi La Ligne de Ursula Meier avec en vedette Valeria Bruni Tedeschi, Arrête avec tes mensonges tiré du roman éponyme de Philippe Besson avec Victor Belmondo, Le Bleu du caftan (Maroc) de Maryam Touzani, Noémie dit oui (Québec) de Geneviève Albert, Sous les figues (Tunisie) d’Erije Sehiri et Les Pires de Lise Akoka et Romane Gueret.

Autres avant-premières attendues, Annie Colère et Les Cyclades tous deux interprétés par Laure Calamy ; Le Lycéen mis en scène par Christophe Honoré avec Juliette Binoche et Vincent Lacoste dans les rôles principaux ; le documentaire Loup y es-tu? réalisé par Clara Bouffartigue ; L’Astronaute de Nicolas Giraud incarné par Mathieu Kassovitz et le film d’époque Corsage (Autriche) de Marie Kreutzer.

Cette édition témoigne également du dynamisme et de la diversité d’un cinéma belge qui célèbre la jeunesse avec Dalva, premier long-métrage d’Emmanuelle Nicot, ou encore la comédie Habib, la grande aventure de Benoît Mariage, dans laquelle Bastien Ughetto campe un acteur débutant qui enchaîne les petits films sans envergure.

Par ailleurs, le public albigeois pourra découvrir Le Tourbillon de la vie d’Olivier Treiner, La Grande Magie de Noémie Lvovsky et Alma Viva (Portugal) de Cristèle Alves Meira…

Comme toujours, les projections seront suivies de débats en compagnie d’acteurs, réalisateurs et producteurs. François Pirot, Olivier Peyon, Geneviève Albert et Alex Beaupain ont confirmé leur participation aux Œillades.

https://www.youtube.com/watch?v=S6hBtA6xNKs

Les séances reprises

La section « reprises » donnera l’occasion de revoir ou de rattraper une sélection de fictions, documentaires et films d’animation déjà sortis en salles. Nous retrouverons notamment, Chronique d’une liaison passagère réalisé par Emmanuel Mouret, Tori et Lokita des frères Dardenne, L’Origine du mal de Sébastien Marnier, Close de Lukas Dhont, Le Sixième enfant de Léopold Legrand, Trois nuits par semaine de Florent Gouëlou ou encore Les Secrets de mon père de Véra Belmont.

Trois séances de dédicace

Autre rendez-vous à ne pas manquer, les auteur(e)s Véronique Le Bris (« Cent grands films de réalisatrices »), Louis Héliot (« Ces Belges qui font le cinéma français ») et Laurence Doumic (« Philippe R.Doumic : l’oeil du cinéma ») viendront à la rencontre du public albigeois afin de dédicacer leurs ouvrages respectifs.

Les projets avec les scolaires

Le festival mène depuis de nombreuses années des actions envers les élèves des écoles primaires, collèges et lycées du Tarn. Les jeunes des écoles Saint-Exupéry et Claude Nougaro d’Albi projetteront leurs courts-métrages. Les collégiens travailleront cette année sur le film Aya réalisé par Simon Coulibaly Gillard.

Un stage d’analyse filmique autour du classique de Fellini, I Vitelloni (1953) est proposé aux lycéens à option cinéma et audiovisuel de la région. Cette année encore, les étudiants de L3 Lettres modernes de l’INU Champollion effectueront un suivi journalistique du festival avec la rédaction du quotidien « L’Œilleton ».

DU 22 AU 27 NOVEMBRE, salle Arcé, Cinémas des Cordeliers et Lapérouse. Le programme complet est à retrouver ici. Sévan Lesaffre

Any Day Now, de Hamy Ramezan : des Iraniens en Finlande

Sorti en France l’an dernier, Any Day Now est le premier long métrage d’Hamy Ramezan. S’inspirant d’un épisode de sa propre vie, le réalisateur finlandais d’origine iranienne raconte le quotidien d’un couple et ses deux enfants qui ont fui le régime des mollahs pour la bucolique Finlande. Un film lumineux aux personnages attachants, édité en DVD par Urban Distribution.

Des exilés à Helsinki

De la capitale iranienne on ne verra rien. Les premiers plans d’Any Day Now nous présentent les membres de la famille Mehdipouri  alors qu’ils sont déjà arrivés en Finlande depuis quelques temps. Installés dans un foyer de migrants dans la banlieue d’Helsinki, les parents et leurs deux enfants, Ramin et Donya, partagent un petit studio en attendant de trouver mieux mais surtout de voir leur demande d’asile enfin acceptée. La première tentative s’est soldée par un refus mais il leur reste un dernier recours. C’est dans cette situation de grande incertitude que la rentrée des classes s’effectue. Le scénario s’attache alors aux deux enfants et à la façon dont ils vont vivre l’intégration via l’école.

Film d’apprentissage

C’est sur le fils, Ramin, que l’attention se porte en priorité, lui auquel le réalisateur prête ses propres souvenirs. Ramin qui se voit investi d’une lourde responsabilité, celle de traducteur des courriers administratifs, porteurs le plus souvent de mauvaises nouvelles.  Mais c’est d’abord l’entrée au collège et ses péripéties amicales et amoureuses qu’Hamy Ramezan se plait à raconter. D’autant que Ramin s’acoquine avec un camarade aussi blond que lui est brun et avec lequel il va en quelque sorte faire les 400 coups. Ainsi, l’acclimatation à ce nouveau pays se fait-il par l’école et par la nature, le film faisant la part belle aux escapades dans la forêt scandinave, aux baignades et parties de pêche dans les torrents.

Des personnages résolument positifs

Les autres personnages ne sont pas en reste, à commencer par les figures féminines. La petite sœur, pétillante de vie et surtout la mère, magnifiquement interprétée, qui forme avec son mari un couple complice et uni face aux difficultés. S’il évite le pathos, le film n’élude pas pour autant la précarité des situations. Ainsi, l’épée de Damoclès de l’expulsion revient-elle en boucle avec les courriers administratifs ou lorsque deux policiers font irruption dans la classe. Mais Any Day Now reste résolument optimiste et doux, à l’image du titre original, Ensilumi, emprunté à la langue finnoise et qui signifie « première neige ». Ici, les premiers amours, les premiers espoirs, la vie qui redémarre.

Bande annonce : Any Day Now

Fiche technique :

  • Titre : Any Day Now
  • Titre original : Ensilumi
  • Réalisation : Hamy Ramezan
  • Scénario : Hamy Ramezan et Antti Rautava
  • Musique : Tuomas Nikkinen
  • Photographie : Arsen Sarkisiants
  • Montage : Joona Louhivuori
  • Production : Emilia Haukka et Jussi Rantamäki
  • Société de production : Elokuvayhtiö Oy Aamu
  • Société de distribution : Urban Distribution (France)
  • Pays : Drapeau de la Finlande Finlande
  • Genre : Drame
  • Durée : 82 minutes
  • Dates de sortie :
    • Finlande : 16 octobre 2020
    • France : 8 décembre 2021

Contenu :

– 1 DVD – Digipack

– Bonus : 2 courts métrages de Hamy Ramezan

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The descent, au cœur de l’abîme

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Après la sortie de deux courts-métrages et celle de l’estimé Dog soldiers, en 2002, le Britannique Neil Marshall revient 3 années plus tard avec The Descent. Derrière le titre, lapidaire, une œuvre franchissant à coups de piolets tous les écueils du cinéma de genre pour devenir une œuvre culte, un véritable chef d’œuvre mettant en scène les enfermements physiques et psychologiques dans l’attendrissant écrin de la série B d’horreur.

Synopsis : En plein milieu du massif des Appalaches, six jeunes femmes se donnent rendez-vous pour une expédition spéléologique. Soudain, un éboulement bloque le chemin du retour. Alors qu’elles tentent de trouver une autre issue, elles réalisent qu’elles ne sont pas seules. Quelque chose est là, sous terre, avec elles… Quelque chose de terriblement dangereux décidé à les traquer une à une..  

L’enfermement masculin

The Descent commence en plein air, dans des espaces rêvés où le rafting est une activité du dimanche comme une autre : une rivière sauvage, une épaisse forêt. 3 jeunes femmes hurlent de plaisir et défient l’écume des eaux vives jusqu’aux plus calmes, où à l’arrivée un père de famille et une petite attendent une mère et une compagne. Dans la scène suivante, l’enfermement commence à se construire par petites touches autour de regards gênants, tacites, dessinant une gêne qu’on sait reconnaître, presque clichée : le malaise règne dans cette présentation idéalisée, construisant entre l’héroïne, sa meilleure amie et son mari un manège à trois enserrant déjà la bouffée de nature dans un champ scénaristique très conventionnel. Les images respirent, pas les personnages, surtout l’homme. Le premier enfermement de The Descent, dessiné finement, est celui du mâle, le vrai, taciturne, renfermé sur lui-même, refusant d’avouer à sa compagne, incarnée par Shauna Mac Donald, l’infidélité que le spectateur a devinée malgré lui. Une seconde après, sec scénaristiquement, fluide graphiquement, dans un accident de la route glaçant et surprenant, le mari meurt, l’enfant aussi. Auraient-ils pu vivre si cet homme n’avait pas été contrarié par ce qu’il refusait d’avouer ? Retenir des sentiments revient à pourrir, tuer à petites doses ou à grands flots de tristesse. Quand Sarah se réveille en plein hôpital et endeuillée, les lumières la suivent dans un long couloir et s’éteignent derrière elle pour l’attraper dans un brouillard de noir. L’effet visuel, s’il est saisissant, a été vu des dizaines de fois, dans l’excellente saga The Grudge  par exemple mais reprend le fil tissé dès les premières minutes. Les espaces ne sont qu’illusoires, rien ne peut laisser cette héroïne respirer de nouveau.

L’enfermement comme un deuil

Neil Marshall monte dans le projet après un Dog Soldiers apprécié mais décrié globalement pour son manque de sérieux. Le groupe de militaires paumés pendant un exercice dans une forêt voisine a séduit, mais voir des gros bras hyper virilisés, dignes des héros des actioners à la grande époque du cinéma américain pendant l’ère Reagan affronter un loup garou n’avait pas troublé tous les repères du film de genre, aussi gourmant soit-il. Pour The Descent, le cinéaste a exigé que le groupe de spéléologistes descendant dans une grotte inexplorée pour une thérapie de groupe soit exclusivement constitué de femmes. Le scénario reconstruit sur ces bases et cette intuition, il a dû réapprendre à les filmer et surtout les écouter. Comment parlent-elles, comment fonctionne ce groupe inconnu qu’il ne connaissait pas, lui comme beaucoup d’autres ? Ainsi, The Descent raconte aussi comment le regard masculin redécouvre un monde inexploré qu’il n’a jamais cherché à connaître dans tous ses aspects, déjà en 2005. Un enfermement se dessine, 6 aventurières dans une grotte. Au-delà d’une métaphore un peu balourde sur les symboliques masculines et féminines dans la nature, la construction de cet implacable huis clos est le plus bel hommage au deuil de personnages de femmes que les hommes n’ont pas voulu dessiner, écrire ou mettre en scène, pris eux-mêmes dans des étaux mentaux depuis plusieurs générations. Et il est poignant qu’un homme réalise les aventures de ces héroïnes devant s’enfermer pour en sortir.

Une belle enceinte

Raconter le deuil d’une mère dans un espace clos a de quoi donner du travail à beaucoup de psychologues, mais d’autres films de genre ont choisi ce parti pris, à commencer par Alien, le film matriciel, où le vaisseau devient un corps suintant, accouchant lui-même du monstre. The Descent dessine l’espace sombre, rougeâtre, rieur du fœtus qu’il ne cherche pas à cacher. C’est ce qui en fait un film féminin, non pas seulement par la seule mention de ses personnages, dont d’autres se seraient contentés, mais ici et c’est fondamental par sa structure même. On ne gravit pas de montagnes, on ne cherche ni la surenchère, ni à aller plus loin, mais l’intériorité comme un espace cinématographique rarement imaginé avec autant de sens auparavant dans le cinéma de genre. Le deuil est un sentiment à expulser, évacuer, tout comme les remords : mais pour cela il faut accepter de le regarder dans les yeux.

Il fait trop sombre là-dedans

Quand la bande-son exceptionnelle de David Julyan, rappelant les grandes heures d’Howard Shore évoque à grands coups de nappes éthérées les espaces mentaux dans lequel The Descent opère réellement, la mise en scène s’acharne à coincer de plus en plus ses protagonistes dans des cadres défiant toute idée cinématographique. Un casque sur le nez masquant la moitié du visage, des lumières aveuglantes, une veine entre deux grottes s’effondrant sur elles-mêmes, rien n’apparaît littéralement filmable dans ces territoires-là. On n’imaginerait même pas comment une comédienne pourrait s’épanouir engoncée de la sorte. Depuis, d’autres expérimentations plus ou moins réussies ont repoussé ces limites, Buried en tête, mais en 2005, même finalement reconstitué en studio, le paysage de The Descent se construit autour d’un refus des espaces conquis par le cinéma et de tous ses repères. Las, on oublie presque que ce survival se raccroche à quelques repères visuels et scénaristiques en incluant des monstres aveugles apparaissant au bout d’une petite heure, après avoir boulotté quelques autres mineurs qui eux étaient venus dans une optique de conquête masculine, prompte à rouler des mécaniques sur les photos. Les héroïnes de The Descent, elles, sourient sur la photo de groupe qu’elles prennent avant de partir. Le plaisir est au centre de tout, au départ, pour nourrir un récit à 6 têtes cloîtré mais ouvrant les esprits. Et malgré l’affreuse fin « heureuse » américaine, tuant l’idée même de cet enfermement jusqu’auboutiste, sans même évoquer la sinistre suite réalisée en 2009 par Jon Harris, The Descent matérialise l’étouffement de ces personnages de femmes dans des carcans qui n’ont jamais été à leur hauteur. Quand le cinéma de genre a décidé, il y a bientôt 20 ans maintenant, de poser ses piolets dans ce coin-là, c’était donc sous la houlette de Neil Marschall, pour affronter un de ses démons bien plus terrifiants que les crawlers aveugles régnant dans ces caves. Il en est ressorti un souffle vivifiant dans un film de morts esthétiques, stylisées, martyrisées et sacrifiées de femmes pour autre chose que leurs gloires personnelles et leur processus d’héroïsation. D’autres films sortiront, plongeant leur regard dans les abîmes en se rappelant que si le cinéma sort d’une chambre fermée, c’est aussi pour apprendre à mieux emprisonner le réel, des instants suspendus enfermant pour l’éternité dans des photos ou sur des bobines les plus belles des libérations.

Fiche technique

Réalisation : Neil Marshall
Scénario : Neil Marshall
Décors : Simon Bowles
Costumes : Nancy Thompson
Photographie : Sam McCurdy
Montage : Jon Harris
Musique : David Julyan
Production : Christian Colson
Société de production : Celador Films
Sociétés de distribution : Pathé Distribution (Royaume-Uni), La Fabrique de films (France), Lionsgate (États-Unis), eOne (Canada)
Budget : 3 500 000 de livres1
Pays d’origine : Royaume-Uni
Format : couleur – 2.35 : 1 – Dolby EX 6.1 – 35 mm
Genre : horreur
Durée : 100 minutes
Film interdit aux moins de 16 ans en France et au Québec

Distribution

Shauna Macdonald (VF : Nathalie Régnier) : Sarah Carter
Natalie Mendoza (VF : Karine Foviau) : Juno « June » Kaplan
Alex Reid (VF : Danièle Douet) : Elizabeth « Beth » O’Brien
Saskia Mulder (VF : Annabelle Roux) : Rebecca Vernet
MyAnna Buring (VF : Nathalie Spitzer) : Samantha « Sam » Vernet
Nora-Jane Noone (VF : Stéphanie Lafforgue) : Holly
Oliver Milburn (VQ : Frédéric Paquet) : Paul Carter
Molly Kayll : Jessica Carter

Bande annonce

Au Musée des Jouets de Montauban, des objets intemporels mais en mutation permanente

Entre une majestueuse grue Meccano, un peloton de coureurs cyclistes miniatures et une imposante maquette circassienne, le Musée des Jouets a de quoi attiser notre curiosité. Ça tombe plutôt bien : toutes les interrogations nées de nos pérégrinations muséales trouvent des réponses circonstanciées auprès des bénévoles qui encadrent et enrichissent une visite pour le moins passionnante.

Légèrement en retrait du centre historique de Montauban, à quelques minutes à peine de la Place nationale, le Musée des Jouets accueille plusieurs dizaines de milliers de pièces dans un vaste espace de 600m2 où cohabitent jeux en bois, maquettes de toutes sortes, collections de trains électriques, bibliothèque, aires ludiques, petits soldats, voitures miniatures, poupées, bateaux à vapeur ou encore éléments de construction Meccano. Né de la volonté d’un ancien ingénieur d’Airbus, le Musée des Jouets aurait pu voir le jour à Toulouse, où Gérard Misraï projetait d’instaurer une Cité du jouet nantie de sa collection personnelle, comprenant à l’époque quelque 20 000 pièces. Ne parvenant pas à mener à bien ce dessein originel, c’est finalement à Montauban que se sont installés, au grand plaisir de ses visiteurs, le musée et son association à but non lucratif, la Cité des enfants. Une soixantaine d’adhérents, tous bénévoles, s’emploient quotidiennement à y exposer et contextualiser des milliers d’objets retraçant plus d’un siècle de jeux. Ainsi, aux modèles standardisés issus des chaînes de montage industrielles se juxtaposent, souvent accompagnés d’écriteaux explicatifs, des créations artisanales uniques, offertes au musée par des collectionneurs sensibles à son projet culturel et associatif.

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Crédits : Musée des Jouets

Contrairement à la plupart des institutions patrimoniales, le Musée des Jouets permet au visiteur de procéder à des essais, de manipuler certains objets et d’assister à des démonstrations (trains électriques, systèmes Meccano, bateaux propulsés par jet de vapeur…). Particulièrement affables et passionnés, ses bénévoles accompagnent volontiers les plus curieux, gracieusement, pour leur narrer l’histoire de certaines pièces ornant les étagères du musée. Se dévoilent tour à tour sous les yeux de ceux qui arpentent ses allées des soldats de papier créés à la suite d’un manque de métal après la Seconde guerre mondiale, un ours Teddy baptisé ainsi en hommage à Theodore Roosevelt, des maquettes sophistiquées provenant de l’Académie des miniatures d’Albi ou encore des poupées allemandes des années 1950, inspirées des femmes modernes de l’époque, telles que Brigitte Bardot ou Marilyn Monroe, et bientôt récupérées par Mattel pour dessiner puis lancer les célèbres Barbie.

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Crédits : Musée des Jouets

La visite apparaît doublement instructive : elle témoigne non seulement du caractère immémorial du jeu mais aussi des points de rupture ingénieuriaux survenus au cours du siècle passé. Car à la continuité objectivée à la faveur des Lego, des Meccano, des voitures miniatures ou des petits soldats se mêlent des mutations industrielles liées à la sécurité et la prévention. Le Musée des Jouets possède en effet dans sa riche collection des jeux à parties contondantes, des dinettes électriques en tôle, des ateliers à marteaux lourds et scies coupantes… Si l’on peut observer une perpétuation de l’objet dans sa représentation et son usage, il a cependant parfois subi une authentique révolution au regard de ses processus de fabrication et de contrôle. De nouveaux matériaux (en plastique, le plus souvent) et de nouvelles formes (surtout angulaires) se sont ainsi démocratisés afin de se conformer aux nouvelles prescriptions de sécurité.

Tandis que les adultes papillonnent çà et là, redécouvrant parfois, sous un jour nouveau, les jouets de leur enfance, les plus jeunes ont tout le loisir d’investir un espace de jeu leur étant entièrement dédié. Il ne faudrait surtout pas occasionner la moindre frustration dans le chef de nos petites têtes blondes : regarder et apprendre, c’est bien, tester et s’amuser, c’est encore mieux !

Le Musée des Jouets, 770 Boulevard Blaise Doumerc, 82000 Montauban

Arras Film Festival : Family Life avec les films The quiet girl, Les Miens, Reste un peu

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Comme le disait Orelsan, la famille c’est que des emmerdes. Des repas qui n’en finissent pas avec des gens qu’on est obligé de voir, de l’argent jeté par les fenêtres à Noël et aux anniversaires, des névroses dont on ne se débarrasse jamais vraiment. Et accessoirement des films boursouflés chargés comme la dinde du réveillon qui accablent plus qu’ils ne libèrent le spectateur de son quotidien. Ca tombe bien, c’est aussi le thème de ce troisième jour de l’Arras Film Festival.

Reste un peu de  Gad Elmaleh

Dans la catégorie « Je fais un film parce que je peux le faire », Gad Elmaleh a demandé à son chef op de faire des heures sup pour filmer son autofiction. Reste un peu parle de lui, Gad qui revient des States pour se convertir au catholicisme sans le dire à ses parents. Évidemment le secret est vite éventé, la mère juive se sent en concurrence avec la vierge Marie, le père est dans tous ses états, et le fils ne sait plus s’il doit faire trempette dans l’eau du baptême. Voilà voilà. La religion, c’est un sujet de société mais pas un film en soit. Elmaleh en représentation dit tout haut ce qu’il ne pense pas derrière la caméra, filme ses parents et ses potes en train de chercher leurs mots, et met en scène sa psychanalyse au frais du spectateur et les dix euros que lui ont coûté sa place de cinéma.

Les Miens de Roschdy Zem

Plus intéressant bien qu’inabouti, Les Miens prend lui aussi les outils du cinéma-vérité (logique avec Maïwenn en co-scénariste) pour raconter comment une famille se retrouve confrontée à sa dysfonctionnalité après l’accident du frère incarné par Sami Bouajila. Sur un personnage timide et effacé qui tourne 36 fois sa langue dans sa bouche avant de parler, Bouajila de la Tourette se met à sortir ses quatre vérités en trois mots à un casting pléthorique. C’est clairement la meilleure partie du film, parce que disruptive et même cathartique, dans un genre souvent plombé par ses rushs de dialogues raccordés au petit bonheur la chance au montage. Décidément l’un des meilleurs acteurs français, Bouajila en mode « tape qu’un coup » vise le KO sur un crochet verbal ou un uppercut du regard, sans chercher les combinaisons dans lesquelles se perdent ses proches.

Puis, Roschy Zem l’acteur s’impose au film de Roschdy Zem réalisateur en recentrant le récit sur son personnage wonder-boy qui reconnecte avec le vrai sens de la vie au contact de son frère handicapé. Une variation de Rain Man caméra à l’épaule qui ne s’imposait pas, et ne cohabite pas bien avec la première.

C’est un peu le même souci rencontré par Neneh Superstar, qui ne décide jamais vraiment quel film il doit raconter. Celui qui croise le film danse et d’entrainement, où une gamine de la Courneuve, surdouée et noire intègre le centre de formation de l’opéra de Paris, et se heurte aux bâtons que lui met dans les roues une vieille institution, et surtout une prof qui avance le racisme à visage découvert. Dans l’autre la dite marâtre mue en freak défiguré par la haine d’elle-même et de ses origines maghrébines, et pousse à l’échec la fillette qu’elle devrait prendre sous son aile. A l’écran, Maïwenn insuffle une souffrance palpable à son personnage qui transpire à l’écran et confère un beau relief à son personnage. Pas suffisant néanmoins pour faire la jonction entre deux films qui fonctionnent bien séparément mais se marient moyennement bien ensemble, et génèrent des lags dans le récit parfois rédhibitoire. Ce malgré une frontalité dans le traitement du racisme qui impose au spectateur révolté le stoïcisme contraint qui s’impose à ses personnages le subissent. Néanmoins, le film constitue une vitrine de choix pour ses acteurs, particulièrement pour Steve Tientcheu, daron sûr qui tient les murs et enveloppe le cadre comme Jean Gabin. Et surtout l’incroyable Oumy Bruni Garrel, tornade de charisme qui met le spectateur dans sa poche dès sa première apparition. Une graine de superstar que l’on est assurément appelé à revoir.

The quiet girl de Colm Bairéad 

Enfin, on terminera cette journée avec quelques mots sur un film dont on vous implore à genoux de guetter la sortie française. Carton monstre sorti de nulle part qui a brisé quelques records en Irlande, The Quiet Girl fait partie qui rappellent pourquoi le cinéma. L’histoire est toute simple : une gamine mutique est envoyée par sa famille rongée par les non-dits passer un été à la campagne chez les cousins de sa mère. On vous venir : la petite va s’éveiller à la vie et à la parole entourée d’amour et d’eau fraiche. Et oui, mais pas tout à fait. Car si la petite va s’épanouir, le film continue de respecter le silence qui devient le moyen de communication élevé par lesquels communiquent les personnages. Le spectateur se laisse absorber par le grand écran dans ces espaces mentaux que seuls des personnes très proches et très aimantes peuvent partager.

The quiet girl est une expérience méditative et spirituelle au sens premier du terme, qui nous fait entendre la musique de l’âme quand se taisent les bruits du monde. Le réalisateur Colm Bairéad ne dit rien qui n’est plus important que le silence, et ne bouge sa caméra qu’en une seule occasion : lorsque la petite fille s’élance pour crever l’abcès qui existait encore avec ses parents de cœur. KO debout, des carafes d’eau dans les pupilles et le for intérieur apaisé : on sort du film débarrassé d’un poids qu’on ne pensait même pas trimballer. Puissance.

Arras Film Festival : Apocalypse soon avec les films Couleurs de l’incendie, En plein feu, Plus que jamais

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Le coup d’envoi est donné, les athlètes viennent de quitter la ligne de départ pour s’élancer sur la piste : le marathon de l’Arras Film Festival 23ème du nom a démarré, et comme de coutume il se court à l’allure d’un sprint. Pas le temps de niaiser, ni de regretter le verre de trop de la veille. C’est dans le dur qu’on se découvre des super-pouvoirs, et c’est en persistant qu’on apprend à s’en servir. Faire un festival, c’est comme entrer dans la salle de l’esprit et du temps dans Dragon Ball Z : une bulle temporelle dans laquelle on entre simple mortel, et dont on ressort Super-Sayien.

Un sentiment d’urgence débordé par celui qui anime les films présentés aujourd’hui. Car Couleurs de l’incendie et En plein feu l’annoncent : la maison brule, et il est trop tard pour s’inquiéter. Dire cela ce n’est même pas céder à la tentation du jeu de mot facile (quoique), mais prendre acte de la juxtaposition matinale de deux films qui travaillent une même idée du cinéma en étant situé chacun à l’opposé du spectre.

Couleurs de l’incendie de Clovis Cornillac

Clovis, roi des francs

Quatrième film en tant que réalisateur de Clovis Cornillac et adaptation éponyme du roman de Pierre Lemaitre, Couleurs de l’incendie fait partie de ces montagnes que le commun des cinéastes est condamné à regarder en contre-plongée. Dense, peuplé d’intrigues et de sous-intrigues et d’autant de personnages qui entrecroisent la petite et la grande histoire sur plusieurs années, Couleurs de l’incendie pèse son poids en doliprane et en nuit blanches pour ses instigateurs.

Le résultat n’en est que plus évident, la gourmandise de cinéma de Cornillac se conjuguant à l’ambition du récit et sublime le parcours de l’héroïne incarnée par Léa Drucker. Riche héritière broyée et ruinée par les associés de son défunt père dans l’entre-guerre, Madeleine commence le film à terre se rélève en gagnant dans la  gagnant ses gallons de justicière qui sème les graines de sa vengeance jusqu’au bureau du IIIème Reich. Mata Hari rencontre Beatrix Kiddo et Cornillac explose les coutures du film d’époque pour offrir un moment de cinéma en majuscule qui se permet jusqu’à un détour par l’imagerie steampunk. La partition de Couleurs de l’incendie multiplie les instruments, mais le réalisateur et son orchestre parviennent à faire des si avec des ré sans (presque) aucune fausses notes. Acteur passé derrière la caméra sur le tard, Cornillac a la réalisation dans le sang, la générosité du cinéaste qui fait confiance dans la capacité du spectateur à investir pour s’abandonner spectateur aux images qu’il déploie sur l’écran. Une conception de cinéma totale à la candeur revendiquée, qu’il ne faut pas confondre avec de la béatitude. Car Cornillac a suffisamment le sens de l’histoire et des histoires pour imprimer le fantôme du présent entre les plans, et mettre l’air du temps en état d’alerte sans enfoncer des portes ouvertes.

En plein feu de Quentin Reynaud

Le fils de l’homme

Solide postulant au carré VIP du « Nos réalisateurs français ont du talent », Quentin Reynaud vient d’ajouter un argument de poids pour sa candidature avec En plein feu. En essayant de fuir un gigantesque feu de forêt qui menace leur habitation, un père et son fils se retrouvent coincés face au monstre dans un embouteillage. « Pourquoi ils ne sortent pas de la voiture ? » est la première question susceptible de venir à l’esprit du spectateur même moyennement averti. Quentin Reynaud y répond avec un sens du hors-champ shyamanalesque, qui mise sur la capacité du spectateur à se projeter sur la base d’informations savamment distillées au compte-goute. Des bribes de flash info à la radio, une fumée qui s’épaissit, des véhicules qui s’entassent : avant même d’avoir compris, il est déjà trop tard. L’étau se referme sur les protagonistes, le véhicule se transforme en sarcophage.

L’humanité se résume soudainement là, dans cet espace vital qui se rétrécit à vue d’œil alors que la planète est en feu. L’allégorie n’a pas besoin de plus pour être explicite. Ça requiert une maitrise du médium supérieure à la moyenne, et des acteurs susceptibles d’investir les silences et les non-dits. Ca tombe bien : entre l’épaisseur ronde d’André Dussolier et la fragilité émaciée d’Alex Lutz, Reynaud manipule une alchimie d’éléments qui imprime à l’écran l’histoire racontée à quart de mots entre un père et son fils. On regrettera que la seconde partie de ce Gravity dans les flammes se termine comme le Gerry de Gus Van Sant : une errance  dans les limbes qui n’est plus que symbolique du deuil que le personnage de Lutz doit cautériser face à la mort. Dommage.

Plus que jamais d’Emily Atef

La mort ne lui va pas si bien

De deuil, il en aussi question dans Plus que jamais, portait d’une Vicky Krieps atteinte d’une maladie quasiment incurable, qui choisit la solitude et l’isolement au grand dam de son conjoint incarné par le défunt Gaspard Ulliel. Comment inclure le public dans le drame d’un personnage qui exclut tout le monde de son drame ? La question est passionnante, mais malheureusement la réalisatrice Émily Atef ne trouve jamais vraiment de réponses. « Les vivants ne peuvent pas comprendre les morts », et le spectateur en bonne santé en est pour ses frais. La caméra ne lâche pas son actrice, mais la mise en scène instaure une distance entre nous et elle qui ne s’estompe jamais durant les deux longues heures que dure le film.

Bref, encore une fois l’Arras Film Festival nous prouve une chose : il y a un cinéma français qui se porte bien, pour peu que l’on arrête de parler de celui qui va mal.

 

A l’Ouest rien de nouveau et les horreurs de la guerre, sur Netflix

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Edward Berger propose une nouvelle adaptation du roman d’Erich Maria Remarque, A l’Ouest rien de nouveau, un des plus célèbres romans sur la Première Guerre mondiale. Diffusée sur Netflix, cette belle et douloureuse adaptation est plus fidèle à l’esprit qu’à la lettre du roman.

A quelques jours de la commémoration du 104ème anniversaire de l’armistice de 1918, A l’Ouest rien de nouveau, diffusé sur Netflix, se présente comme une nouvelle et très belle adaptation du roman pacifiste d’Erich Maria Remarque publié en 1923. Aux commandes, on trouve Edward Berger, cinéaste allemand qui, auparavant, avait réalisé, entre autres, plusieurs épisodes de la série The Terror, d’après Dan Simmons.
Les qualités et les défauts du film sautent aux yeux dès les premières minutes.
D’un côté, A l’Ouest rien de nouveau propose une véritable immersion au cœur des tranchées. La scène d’ouverture est très parlante : nous suivons un jeune soldat allemand terrifié par l’assaut à venir, face à des ennemis d’autant plus terrifiants qu’ils sont quasiment invisibles. Un soldat trop jeune, totalement inexpérimenté, que, visiblement, rien ne préparait à cette horreur de devoir tuer ou être tué, va devoir s’extraire de l’abri tout relatif de la tranchée pour se ruer vers une mort quasi-certaine. La scène est à la fois spectaculaire par sa mise en scène totalement immersive, et profondément humaine, insistant sur la pression et la terreur que subissent des millions de jeunes hommes.
Cette scène insiste aussi sur l’aspect déshumanisant de la guerre, caractéristique qui se retrouvera dans l’ensemble du film. Les soldat, des hommes avec leur famille, leurs amis, leurs désirs, leur envie de vivre, se retrouvent transformés en chair à canon, puis en cadavres auxquels on ne fait même plus attention tant ils parsèment chaque mètre carré de terrain boueux. Des corps entassés les uns sur les autres, balancés dans des fosses communes après avoir extrait tout ce qui pouvait être utile : l’uniforme, les bottes, tout ce qui pourra servir au suivant. La guerre devient une usine de mort où les régiments viennent se faire tuer à la chaîne. Cet aspect déshumanisant se retrouve dans l’ensemble du film, tout étant fait pour que les personnages perdent toute identité, toute personnalité.
L’enfermement est un des leitmotivs esthétiques du film. Les personnages sont tous prisonniers, n’ayant aucune solution pour s’en sortir. Même lorsqu’il ne s’agit pas d’une tranchée, les protagonistes se trouvent visuellement enfermés dans une forêt, une rue, un bâtiment. Ainsi, bien avant d’être sur le front, on peut voir Paul, l’un des protagonistes du film, parcourir les rues d’une petite ville du Nord de l’Allemagne, et cette rue est filmée exactement comme les tranchées, enserrée dans des murs qui bouchent tout horizon, coupent toute vue et enferment le personnage. Les moments où ils se trouvent dans un vaste espace, ils sont écrasés dans un plan large qui les réduit à l’état d’un vague point sur l’horizon. Quant au ciel, il est soit absent, soit bouché.
Du point de vue de ces jeunes hommes, la guerre apparaît comme une fatalité qui leur tombe dessus, une machine infernale qui ne leur laisse aucune liberté. Depuis le discours officiel qui va les galvaniser pour qu’ils s’engagent jusqu’à la marche vers les tranchées, les personnages ne sont libres d’aucun choix. Montrer le chaos, l’enfer du front en ouverture donne une vision plus sombre encore de l’engagement de ces jeunes Allemands, qui partent vers la guerre en blaguant, en chantant joyeusement et en étant convaincus qu’en deux semaines ils seront à Paris. C’est un sentiment de fatalité qui s’abat sur le film, encore renforcé par une musique certes un peu lourde mais efficace. La fatalité d’une jeunesse qui file en chantant vers sa mort quasi certaine.

Placer la grande majorité de l’action du film au mois de novembre 18, à quelques jours, voire quelques heures, de l’armistice, renforce le caractère absurde et inhumain du déchaînement de violence auquel on assiste. Ce sentiment d’absurdité est encore plus fort lorsque l’on voit que l’Etat-major allemand sait que tout est perdu et que la perpétuation de ces massacres est vaine.
Le film se construit alors sur un contraste entre le quotidien des soldats sur le front et la vie des diplomates qui négocient l’armistice dans le train, à Compiègne. Les scènes avec ces diplomates insistent trop lourdement sur cette opposition entre l’opulence et le bien-être des uns et le sort terrible que subissent les autres. Le constant aller-retour entre les deux situations, entre le chaos et la sérénité, est trop flagrant, trop insistant. C’est sans doute là le défaut majeur du film, défaut que l’on oublie facilement face à toutes les qualités de cette nouvelle adaptation d’A l’Ouest rien de nouveau.

Visuellement, A l’Ouest rien de nouveau nous offre un spectacle remarquable. On pourrait considérer que ce souci esthétique, cette volonté de faire des images parfois superbes, ne rend pas assez compte des conditions infectes de la vie dans les tranchées, des maladies, des parasites, etc. Mais, d’abord, Edward Berger ne prétend jamais au réalisme dans son film. Et ensuite, l’esthétique très travaillée a son rôle : transformer le front en un enfer rempli de visions apocalyptiques baignées dans la lumière irréelle et mouvante des fusées éclairantes ou des torches humaines.
Ainsi, Berger emploie beaucoup de clairs-obscurs sous-éclairés, comme si le monde ne parvenait pas à émerger des ténèbres (et la fin de la guerre n’est en rien une promesse de retour à la lumière, puisque l’on entend déjà des propos comme « la social-démocratie est la fin de l’humanité », propos tenus par un général allemand et qui préfigurent la suite des événements).
Cela est aussi renforcé par le jeu des regards, très important dans le film. Edward Berger filme souvent ses personnages de face, en gros plan, insistant sur leur regard, sur l’horreur qui s’y lit, rappelant inévitablement ce qu’avait fait Elem Klimov dans Requiem pour un massacre. C’est donc une caractéristique de toutes les guerres qui est montrée là : son horreur.

A l’Ouest rien de nouveau : bande annonce

A l’Ouest rien de nouveau : fiche technique

Titre original : Im Westen nichts Neues
Réalisation : Edward Berger
Scénario : Edward Berger, Lesley Paterson, Ian Stokell
Interprétation : Felix Kammerer (paul Bäumer), Albricht Schuch (Stanislaus Katczinsky), Aaron Hilmer (Albert Kropp), Moritz Klaus (Franz Müller)
Photographie : James Friend
Montage : Sven Budelmann
Musique : Volker Bertelmann
Production : Edward Berger, Daniel Marc Dreifuss, Malte Grunert
Sociétés de production : Amusement Park Films, Rocket Science, Sliding Down Rainbows Entertainment
Société de distribution : Netflix
Date de sortie : 28 octobre 2022
Durée : 148 minutes
Genre : drame
Allemagne – 2022

Note des lecteurs3 Notes
4

H6R3 : Shakespeare in love

Vous aimez le théâtre de Shakespeare ? Vous pensiez qu’il était impossible de jouer, coup sur coup, et dans leur intégralité, Henry VI et Richard III ? Vous vous trompez. Thomas Jolly et ses équipes l’ont fait. C’était en juin 2022 au Théâtre Le Quai à Angers. De cette création pharaonique est née H6R3, une série documentaire en huit épisodes réalisée par Thomasz Namerla. A la clé : une œuvre dense qui relate, avec force et humour, le travail acharné d’une troupe qui (ré)affirme que le théâtre doit être un art révolutionnaire.

Looking for Richard (and Henry)

Qu’est-ce H6R3 ? Est-ce le nom d’une nouvelle molécule pour médicament ? La suite de THX 1138, le célèbre film de science-fiction de Georges Lucas ? Ni l’un ni l’autre. Vous donnez votre langue au chat ? Ce mystérieux acronyme fait référence au théâtre de Shakespeare. H6 renvoie à la pièce Henry VI tandis que R3 évoque celle de Richard III. Celle-ci constitue le dernier maillon historique d’une œuvre monumentale, qui avec les trois parties d’Henry VI, forme ce qu’on appelle la première tétralogie du dramaturge anglais. Pour comprendre la portée de l’ensemble. Souvenons-nous que Henri VI et Richard III regroupe à eux deux dix-neuf actes, plus de deux cents personnages et quelque dix mille vers. Excusez du peu.

S’attaquer à telle œuvre monstre aurait pu en effrayer plus d’un. Il y a huit ans, un metteur en scène du nom de Thomas Jolly révolutionnait le Festival d’Avignon. Son adaptation d’Henry VI, d’une durée de dix-huit heures, s’affirmait déjà comme un pari (réussi). L’œuvre est parachevée par la troupe quatre ans plus tard, avec la création de Richard III. Le temps a passé. Thomas Jolly est aujourd’hui devenu un artiste que l’on ne présente plus. Son nom constitue actuellement l’antonomase du théâtre français. S’il est aujourd’hui respecté, le metteur en scène est, cependant, resté fidèle à son art – et à Shakespeare. Il a, en effet, choisi le Centre National Dramatique Le Quai d’Angers, dont il est l’actuel directeur, pour mettre en scène, vingt-quatre heures durant, et dans son intégralité, la tétralogie shakespearienne.

De-là pouvons-nous enfin mettre fin à l’énigme initiale. Pour accompagner ce projet gargantuesque, qui d’autre que l’invention des frères Lumières ? Si le théâtre a souvent été un objet cinématographique, l’inverse n’est toujours vrai. Le septième art est, certes, un habitué de la captation théâtrale. Rares sont les séries documentaires qui reviennent sur les coulisses d’une création sur les planches, surtout lorsque celle-ci dure une journée, et porte le sceau jollyien et shakespearien. H6R3 est un mélange de théâtre filmé, de captation cinématographique et de série enjouée qui tente de capter, en huit épisodes, l’aventure inédite d’une troupe animée par la passion du jeu (et de la vie qui l’accompagne).

L’important, c’est le théâtre (et la famille)

« Comment développer de l’imaginaire chez le spectateur ? », demande l’une des comédiennes face caméra. « Sans le perdre », pourrait-on ajouter. Voilà posé en peu de mots le dilemme qui sied à toute adaptation théâtrale, mais aussi à toute captation cinématographique. Aborder Shakespeare constitue bien souvent un casse-tête, sinon un sacerdoce bien connu des metteur.se.s en scènes. Impossible n’est pas Thomas Jolly, rétorquerons-nous. L’exigence et l’exhaustivité qui habitent son projet relèvent plusieurs défis.

Citons tout de go celui posé par Boileau dans L’Art Poétique (1674). « Qu’en un lieu, en un jour, un seul fait accompli tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli. », disait l’homme de lettres, voilà plus de trois siècles. Cette règle des trois unités, qu’on nous a tant martelée à l’école, lors de leçons sur les bases de la tragédie classique, consiste à renforcer l’illusion théâtrale en réduisant le fossé entre action et représentation. La crainte de perdre le public devrait donc être – en théorie – le cadet des soucis de la troupe. L’unité de lieu favorise une immersion qui encourage l’identification du spectateur au personnage. Pourtant, en pratique, les choses s’avèrent autrement plus compliquées. Car, si Boileau est contenté, Shakespeare attend encore de voir son public comblé – et son théâtre comble. Comment faire du théâtre un lieu de vie ? Comment pallier l’angoisse de la salle vide – et du bide ? Ce sont ces interrogations existentielles, discussions et autres débats artistiques que capte la caméra de Thomasz Namerla.

La familia grande

Le théâtre est un art (du) collectif. Si un réalisateur peut assumer plusieurs casquettes, allant de l’écriture du scénario à celle du montage, un metteur en scène peut difficilement se passer de sa compagnie. Ici, elle se nomme La Piccola Familia (traduisez « petite famille » en italien). H6R3 ne raconte pas seulement l’avènement d’une immense création théâtrale. La série relate, avant tout, le quotidien d’une troupe de théâtre animée par la volonté de créer quelque chose de grandiose, dont la géniale démesure se fait l’écho scénique de l’œuvre shakespearienne. Le séquençage sériel permet de prendre toute la mesure du travail titanesque livré par la troupe depuis une décennie. Depuis le découpage de la pièce à l’étiquetage des costumes, tout est détaillé, exposé, montré.

En résulte une série drôle, intelligente et instructive qui donne à voir autant qu’à entendre ce qu’est une création théâtrale. Dans Faits et croyances (1840), Victor Hugo rappelle qu’« une pièce de théâtre, c’est quelqu’un. C’est une voix qui parle, c’est un esprit qui s’éclaire, c’est une conscience qui avertit. » H6R3 réaffirme, à sa suite, qu’une pièce de théâtre, c’est (avant tout) le miroir d’une troupe. C’est sa voix qui parle, son esprit qui s’éclaire, c’est sa conscience artistique qui (nous) avertit. 

Bande-annonce – H6R3

Fiche technique – H6R3

Série documentaire diffusée les jeudis en 2è partie de soirée le 24 novembre (épisodes 1 et 2), le 1er décembre (épisodes 3 et 4), le 8 décembre (épisodes 5 et 6). Rediffusions les vendredis le 25 novembre, les 2 et 9 décembre et du 13 au 15 décembre à 9.10 sur France 3 Pays de la Loire.
Disponible en replay sur france.tv

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« Qatar, le lustre et l’Orient » : le territoire des loups

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La collection « Encrages » des éditions Delcourt accueille Qatar, le lustre et l’Orient, de Victor Valentini et Emmanuel Picq. Les auteurs y reviennent sur l’histoire de ce petit territoire désertique coincé entre l’Arabie saoudite et l’Iran, dans un Moyen-Orient divisé où les appétits des uns entrent souvent en contradiction avec les positions des autres.

Il n’est pas une journée sans que la caisse de résonance médiatique ne rappelle à notre bon souvenir les dessous de l’organisation de la Coupe du monde de football au Qatar. Les uns reprennent les chiffres du Guardian sur le nombre de travailleurs étrangers morts sur les chantiers, les autres mettent l’accent sur la corruption et les arrangements tacites ayant présidé à la désignation de Doha comme pays organisateur ou insistent à dessein sur les enjeux environnementaux sous-jacents. D’autres rédactions, plus rares, se penchent sur la dimension géopolitique qui entoure l’événement, sur l’évolution du droit social local ou sur les réseaux occidentaux que se sont offerts, à coups de milliards, les Qataris, bien aidés par le fonds d’investissement QIA. Mais avec Qatar, le lustre et l’Orient, le scénariste Victor Valentini et le dessinateur Emmanuel Picq se montrent un peu plus ambitieux : ils apportent une lumière profuse sur des questions historiques et contextuelles trop souvent passées sous silence – on notera toutefois, dans un même registre, la parution d’un excellent hors série du Canard Enchaîné intitulé « Qatar, l’envers du décor ».

Adoptant la forme d’une bande dessinée non romanesque, mais très documentée, Victor Valentini et Emmanuel Picq racontent la genèse, l’ascension et les lignes de tension d’un pays qui, après été sous la coupe des Ottomans et des Britanniques, a dû attendre 1971 pour acquérir définitivement son indépendance – au moment de la fin du protectorat britannique et tandis que se formaient parallèlement les Émirats arabes unis. D’une économie dépendant de la perle, puis traversant une crise profonde dans les années 1940, le Qatar est devenu une puissance économique parfois insolante, du fait de réserves de gaz parmi les plus importantes au monde. On trouve ainsi, aujourd’hui, des traces de participation qatarie chez Volkswagen, EADS, Lagardère, Miramax ou encore Total. Le soft power ne saurait cependant s’en contenter, raison pour laquelle furent actés l’achat du PSG, les rapprochements économico-diplomatiques avec la France (notamment sous Nicolas Sarkozy, où les relations bilatérales furent idylliques) ou encore la création et la promotion d’Al Jazeera, sur les ruines de l’ancienne antenne arabe de la BBC.

Dans un album où les cartouches ont une importance significative, la monarchie absolue qatarie se voit peu à peu mise à nue. Les alternances politiques souvent douloureuses (et parricides), la nécessité de se placer sous l’égide d’un grand frère protecteur (britannique, américain), les dissensions avec les voisins arabes, l’eau et les services publics gratuits comme facteurs de légitimité, le rôle intérieur et international de la mère du prince héritier Moza al-Missned, l’occidentalisation de la péninsule, le blocus organisé par des pays rivaux, les révoltes arabes et le soutien au frérisme figurent tous en bonne place dans le récit. Les auteurs reviennent aussi sur la création de l’État d’Israël, de l’OPEP et du Conseil de coopération du Golfe, sur les chocs pétroliers, la guerre Iran-Irak ou encore le 11 septembre et ses conséquences, tant militaires que diplomatiques. Car ce minuscule confetti, à peine perceptible sur la carte du monde, est partie prenante dans toute une série d’événements parmi les plus notables de l’ère contemporaine. Le tout entre une convention fiscale avantageuse signée avec la France et une guerre au Yémen doublée d’un drame humanitaire. Tout cela méritait bien un examen attentif et approfondi. Victor Valentini et Emmanuel Picq s’y attellent avec succès.

Qatar, le lustre et l’Orient, Victor Valentini et Emmanuel Picq
Delcourt/Encrages, novembre 2022, 96 pages

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« Kiss the Sky » : du rififi au riff

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Jean-Michel Dupont et Mezzo publient le premier tome de Kiss the Sky aux éditions Glénat. Ils s’y penchent sur les premiers pas du jeune Jimi Hendrix dans un microcosme musical qui fait alors figure, pour lui, d’échappatoire…

Si sa carrière internationale a tôt été entravée par une mort précoce, survenue à l’âge de vingt-sept ans, Jimi Hendrix a néanmoins eu le temps de marquer durablement de son empreinte le monde de la musique, au point d’être régulièrement cité parmi les guitaristes les plus talentueux de l’histoire. Mais le chemin vers le succès ne fut pas sans obstacle pour cet Afro-américain d’ascendance amérindienne. Le scénariste Jean-Michel Dupont et le dessinateur Mezzo, déjà réunis à l’occasion de l’album Love in Vain, qui portait sur un autre guitariste mythique décédé à 27 ans (Robert Johnson), narrent ainsi l’enfance à la Dickens de James Marshall Hendrix, ainsi que ses premiers pas, peu glorieux, sur scène et dans l’industrie musicale.

Fils d’une mère alcoolique et d’un père mobilisé qu’il ne verra pas avant ses trois ans, le jeune Hendrix grandit dans un foyer hautement dysfonctionnel, marqué du sceau de l’adultère et de la rancœur. Dans un noir et blanc fort à propos et à l’aide de traits fins et très personnels, ce premier volume de Kiss the Sky revient amplement sur les déboires vécus par le futur guitariste durant son enfance et son adolescence. Baladé de foyer en foyer, entretenant une relation complexe avec une mère démissionnaire et un père pouvant se montrer aussi attentionné qu’absent, il est tour à tour rejeté par l’école et l’armée, qui le poussent un peu plus à embrasser la carrière musicale dont il rêve. Cette épopée vers la célébrité ne se fera pas sans heurts, entre vols d’instruments, contrats précaires ou non honorés, crises d’orgueil et déconvenues…

Jean-Michel Dupont et Mezzo ne manquent pas de dévoiler l’abnégation sans faille du jeune Jimi Hendrix, capable de rebondir sans cesse dans l’épreuve. Ils le mettent en vignettes dans des solos enfiévrés pour aussitôt raconter ses évictions successives à la suite d’un car raté (souvent à cause des femmes) ou des tensions induites par la jalousie (parce qu’il volait régulièrement la vedette à d’autres artistes). Son itinéraire musical, qui passe par BB King, Curtis Mayfield, Sam Cooke ou Little Richard, est cependant formateur, en plus de constituer un formidable baromètre des forces alors en présence. Mais Jimi va s’abîmer plus souvent qu’à son tour, ce qui le rendra amer face au succès précoce d’un certain Eric Clapton… Aussi, en reprenant chaque étape de son étonnant parcours, Kiss the Sky va échafauder le portrait d’un artiste longtemps maudit, et irrémédiablement tourmenté.

Somptueux sur le plan graphique, l’entreprise pèche cependant quelque peu en négligeant certains personnages secondaires et en focalisant son propos davantage sur les événements de la vie de Jimi Hendrix que sur ses reliefs psychologiques. Ainsi, après une ouverture menée d’une main de maître, les auteurs passent surtout en revue les collaborations qui s’initient puis périclitent, les moments de flottement qui en découlent, mais en délaissant parfois trop ostensiblement la chair humaine escomptée quand on se penche sur une telle personnalité. Bien entendu, tout cela n’est qu’une question de gradation et n’enlève rien aux qualités, bien réelles, d’un album qui devrait ravir tout amateur de musique.

Kiss the Sky, Jean-Michel Dupont et Mezzo
Glénat, octobre 2022, 88 pages

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