Sortez vos écouteurs… Notre playlist des meilleures comédies musicales !

Choisir parmi pléthore de comédies musicales pour en sélectionner les meilleures œuvres relève d’un défi presque impossible. Certaines nous font hurler de rire, d’autres pleurer,  tandis qu’une belle majorité nous donne envie de taper du pied et de danser dans la rue. Et si on choisissait nos comédies musicales comme on choisit d’écouter nos chansons ? La plus bouleversante, la plus motivante.. Plongez dans notre playlist des meilleures comédies musicales.

La plus culte –  The Rocky Horror Picture Show

Était-il seulement imaginable de parler de comédie musicale sans citer celle qui, depuis sa sortie, ne cesse de motiver un véritable culte parmi ses fans ? Et pour cause, The Rocky Horror Picture Show, pourtant vieux de 44 ans déjà, reste toujours aussi original et détonnant. Transgressif : pour avoir mis en scène des personnages opposés à la morale de l’époque, et – comment l’oublier – pour avoir montré et mis en valeur la pansexualité. Rock ‘n’Roll : pour ses morceaux extrêmement rythmés et dansants, et la présence au casting de Meat Loaf, époustouflant chanteur d’opéra rock. Historique même : pour avoir été le premier film de la carrière du génialissime Tim Curry, dont la prestation en tant que dr. Frank-n-Furter est toujours aussi mythique et référencée. Tim Curry racontera même avoir rencontré le prince Charles et la princesse Diana grâce à ce rôle : la jeune princesse lui confiant alors que The Rocky Horror aurait « complété son éducation ». Le film n’avait pourtant pas motivé les foules lors de sa sortie en salle. C’est par le bouche à oreille et les fameuses séances de minuit qu’il s’est créé une image quasiment divine aux yeux des cinéphiles adeptes de cinéma de genre. Plus que culte, The Rocky Horror Picture Show pourrait aussi être la plus transgressive, sexy et inoubliable des comédies musicales.

Jean-Pierre Horcksmans

La plus cinéphile – Chantons sous la pluie

En plus d’être l’une des comédies musicales les plus connues et intemporelles du septième art, Chantons sous la pluie est en même temps un film qui célèbre son propre medium en proposant à la fois une ode à l’art cinématographique et une critique salée des rouages de son industrie. Plongeant le récit dans le Hollywood du début du parlant, alors que l’opinion publique y était défavorable et les producteurs frileux, le film de Stanley Donen est un perpétuel hommage à l’usine à rêves – et deviendra lui-même, ironiquement, un monument auquel de nombreux autres films rendront hommage. En effet, les séquences chantées et dansées permettent aux personnages de parcourir tantôt les décors de studios en train d’être confectionnés (dans Make ’em laugh), tantôt les salles de cours de diction (Moses supposes), les petites scènes de quartier (Fit as a fiddle), de passer à l’intérieur même du film fantasmé (la cultissime Broadway melody), ou d’en sortir dans un pluvieux retour au réel (Singin’ in the Rain). Et puis, bien sûr, au regard de la thématique du film, de faire de l’ultime scène musicale un véritable sketch sous forme de quiproquo vocal en jouant sur le play-back. Même si le cinéma est l’art de la tromperie, Chantons sous la pluie dévoue indiscutablement toute sa sincérité à ce spectacle d’illusions.

Jules Chambry

La plus sentimentale – Un jour à New York

Un jour à New-York a bouleversé la mode des comédies musicales à Broadway d’abord, puis à Hollywood. D’abord parce que c’est la première fois qu’un compositeur de musique classique (en l’occurrence Leonard Bernstein) fait une comédie musicale (qui est, en fait, l’adaptation d’un ballet qu’il avait composé à la demande du chorégraphe Jerome Robbins ; les deux hommes seront aussi à l’origine de West Side Story). Ensuite, en surtout, le film, co-réalisé par Stanley Donen et Gene Kelly, ouvre la voie aux grandes comédies musicales de la MGM des années 50. Désormais, il y n’a plus ces grands tableaux chorégraphiques orchestrés par le génial Busby Berkeley, mais des morceaux musicaux répartis tout au long du film autour des acteurs principaux et qui forment autant de morceaux d’anthologie. Quant au casting, il est prestigieux, puisque le film réunit Gene Kelly et Frank Sinatra. Comme d’habitude avec Bernstein, la musique épouse les émotions des personnages, depuis la joie débordante des marins en permission jusqu’à la tendre balade sentimentale dans la ville de son enfance (When you walk down Mainstreet with me), en passant par l’humour (avec, entre autres, le personnage de la chauffeuse de taxi).

Hervé Aubert

https://www.youtube.com/watch?v=oGD05aBX2qc

La plus émouvante – Hair 

La grande force du film tient en deux faits : sa date et le choix de son réalisateur. Hair a été réalisé en 1979, dix ans après le succès de la comédie musicale sur les planches, mais surtout à une époque socialement, économiquement et politiquement opposée. Ensuite, le choix de Milos Forman est idéal. Le cinéaste tchèque a passé sa carrière à décrire des personnages qui s’affranchissaient des règles sociales de leur temps, quitte à être rejetés (parfois violemment) ou rappelés à la triste réalité. Tout cela confère à Hair une ambiance unique. La musique fait parfaitement revivre l’ère hippie, sans jamais tomber dans la facilité ou la caricature, mais en montrant avec lucidité la richesse et les limites d’un mode de vie alternatif et utopique. Le casting est remarquable (et l’on regrette que Treat Williams n’ait pas eu une carrière à la hauteur de son talent). Mais ce qui fait de Hair un grand film, c’est la réalisation de Forman, qui donne à la comédie musicale un air à la fois nostalgique et lucide, comme le rêve d’une innocence perdue. L’ensemble se clôt par un Let the sunshine in d’anthologie, qui constitue une formidable montée en tension dramatique.

Hervé Aubert

https://www.youtube.com/watch?v=tuUUg8aKT2U

La plus macabre Sweeney Todd : le Diabolique Barbier de Fleet Street

Réalisé en 2007 par Tim Burton, adaptant la comédie musicale du même nom de Stephen Sondheim – LE compositeur iconique de Broadway – le film met en scène un barbier en quête de vengeance dans le Londres du XIXe siècle, après 15 ans d’exil injustifiés. Avec un scénario ayant tout d’une tragédie grecque, par son lyrisme exacerbé et son final en apothéose, servi par une direction artistique crasseuse, tout de noir et blanc (ce qui n’est pas sans rappeler les classiques de l’horreur qu’affectionne le réalisateur) sublimé par le rouge du sang versé par la frénésie meurtrière du protagoniste ; Sweeney Todd se veut une comédie musicale particulièrement noire pour un public adepte de thriller et d’horreur. Après tout, qui a dit que les comédies musicales devaient respirer la joie de vivre ? On y retrouve évidemment l’univers gothique caractéristique et adulé de Burton, ainsi que ses acteurs fétiches dans les rôles principaux : Johnny Depp et Helena Bonham Carter, nous rappelant leurs talents respectifs dans le jeu et le chant. Ils remporteront d’ailleurs plusieurs récompenses suite à leurs prestations, dont l’Empire Award de la meilleur actrice et le Golden Globe du meilleur acteur.

Jean-Pierre Horcksmans

La plus passionnée – Moulin Rouge

Sublime, intense et remplie de passion, c’est comme ça qu’est la relation des deux protagonistes du film de Baz Luhrmann. Souvent dans l’excès et pourtant, les couleurs et l’énergie visuelle rendent compte d’une seule et même chose : le feu qui irrigue Satine et Christian. D’un tango sur Roxanne de The Police à des déclarations endiablées au rythme de nombreuses chansons d’amour, la passion transperce l’écran jusqu’au cœur du spectateur. Parfois trop, parfois superficiels et pourtant, les sentiments débordent et l’on se laisse embarquer dans la flamme de leur amour. Moulin Rouge est la définition de la passion débordante, aussi destructrice que puissante, de deux êtres qui s’aiment démesurément et contre tout. Et si la couleur rouge apparaît dès le titre du film, elle est omniprésente durant toute sa durée, pas de hasard quand le film parle de l’Amour. Truth. Beauty. Freedom and Love.

Gwennaëlle Masle

La plus obsédante – Mary Poppins 

En 1964, les studios Disney adaptent le roman Mary Poppins de Pamela L. Travers. Un vingt-troisième long-métrage haut en couleurs, plein d’entrain, dont le succès s’est récemment traduit par la réalisation d’une suite moins attrayante (Mary Poppins : le retour). L’histoire pourtant extraordinaire de cette nounou tombée du ciel, aussi énergique qu’énigmatique, qui parvient, grâce à sa magie et sa joie de vivre, à faire renaître le bonheur au sein d’une famille, est loin de composer l’élément le plus marquant de cette œuvre picturale. Ce que l’on retient de Mary Poppins, ce sont des images obsédantes, entremêlant réalité et animation dans un univers à l’imaginaire foisonnant. Un véritable trip visuel en somme, presque psychédélique, où dansent les manchots et s’évadent les chevaux de manège. Des chansons aussi, entêtantes au point de nous habiter des semaines durant. Comment ne pas fredonner l’air envoûtant de « Chem-cheminée. Chem-cheminée. Chem-chem chéri » ou s’exercer secrètement à la prononciation du célèbre «supercalifragilisticexpialidocious » ? Si les personnages comme l’intrigue du film ne tiennent pas vraiment en haleine, Mary Poppins conserve ainsi le don peu commun de nous en mettre plein les yeux et les oreilles.

https://www.youtube.com/watch?v=2BduV7k5W-o

La plus motivante – Flashdance :

Qu’il s’agisse de Fred Astaire faisant des claquettes ou Julie Andrews chantant dans les prés, les comédies musicales américaines classiques nous ont appris à ne pas nous trop inquiéter du sort de leurs personnages. Et pourtant, quand Alex (incarnée par Jennifer Beals, dont on peut dire que la suite de la carrière n’a pas été flamboyante) a appris à danser, ce n’est pas tant que le suspense nous a pris aux tripes, mais ce happy end, qui a su être enthousiasmant comme peu de films avant lui. Cette réussite était le fruit d’une inoubliable chorégraphie dans la scène finale mais aussi et surtout du contexte social dans lequel Lyne a ancré son histoire. Pittsburgh était à l’époque le symbole de la désindustrialisation américaine, et donc de la précarité vers laquelle s’enfermait tout le nord des États-Unis, gravement touché par la crise économique du début des années 80. Y voir cette jeune femme faire preuve de tant de détermination pour réussir son audition, pourtant jugée inaccessible, était donc davantage que le délire d’une midinette, mais bel et bien une allégorie de l’échelle sociale vers laquelle chacun devait se diriger. Et donc un modèle à suivre pour tous.

Julien Dugois

La plus vulgaire – South Park, le film

La plus vulgaire. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le Guinnessbook qui, l’année suivant sa sortie, a répertorié pas moins de 399 jurons en 81 minutes, soit près de 5 à la minute. Un record encore jamais atteint depuis. Ce qui est une bonne nouvelle. D’ailleurs, connaissant le goût tout particulier de Matt Stone et Trey Parker pour les irrévérences en tous genres, il faut se douter que cette improbable performance était l’une de leurs motivations en écrivant ce long-métrage. Davantage que de se faire nominer pour l’Oscar de la meilleure chanson, comme ça a été le cas pour la chanson « Blame Canada », ne l’oublions pas. A peine deux ans après le début la série, les deux compères ont donc réussi à cumuler leur art du politiquement incorrect à des musiques parfaitement respectables, mais aussi à un scénario passionnant qui réussissait à offrir une apparition à tous leurs personnages, pour le plus grand plaisir de leurs fans de la première heure. Ceux-là même qui affirment d’ailleurs que la qualité de leur série n’a fait depuis que peu à peu décliner.

Julien Dugois

La plus nanardesque – Parking

Quand on dit Jacques Demy et Michel Legrand, on pense forcément à Les Parapluies de Cherbourg ou Les Demoiselles de Rochefort, mais bizarrement on cite moins souvent Parking. Pourtant, cette relecture du mythe d’Orphée avec Francis Huster en pseudo rock star à bandana et gros pulls informes, et Jean Marais peinturluré de bleu en Hadès vaut le détour. Il y a dans un premier temps cette prestation neurasthénique de Francis Huster qui ne sait même plus s’il veut un café ou non. Il y a aussi ces dialogues complètement habités tels que « J’ai pas envie de mourir, la preuve je meurs de faim ». Il y a Eurydice qui visiblement n’a pas fait français LV1 et qui débite des paroles incompréhensibles. Mais surtout, il y a un paquet de tubes monumentaux comme « Célébration », « Bonheur de vivre » ou « Entre vous deux » chantés avec une conviction sans pareil de la part de Huster. Parking a surtout été une véritable révélation, nous montrant qu’on a beau avoir une Palme d’or, cela ne nous empêche pas de nous vautrer royalement dans un nanar intersidéral, mais plus impressionnant encore, on a découvert que Francis Huster est encore plus mauvais chanteur qu’il n’est mauvais acteur.

Maxime Thiss

 

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

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Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

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Dans Michael, Antoine Fuqua laisse les archives parler : les vrais enregistrements de « Don’t Stop ’Til You Get Enough », « Billie Jean », « Beat It » ou « Thriller » envahissent le film sans aucune modification. Une BO événement qui sort le 24 avril 2026 en même temps que le long-métrage.

BO 15 avril 2026 : Juste une illusion, Le Réveil de la Momie, Good Luck, Have Fun, Don’t Die

La musique de film a souvent pour mission d’accompagner le changement. Ces trois sorties du 15 avril lui demandent plutôt de l’incarner. Que ce soit le piano instable et multidirectionnel de Gogo Penguin dans l’intime comédie dramatique de Nakache et Toledano, les résonances graves et interminables de Stephen McKeon dans la relecture horrifique de La Momie, ou le chaos assumé et anti-numérique de Geoff Zanelli chez Gore Verbinski, chaque partition refuse l’illustration évidente pour devenir le moteur même de la métamorphose des personnages.