L’Aveu (1970) et Etat de siège (1972) de Costa-Gavras : la Guerre froide sous différentes latitudes

Suite de la réédition du catalogue Costa-Gavras par Arte, avec ces deux nouveaux sommets du cinéma politique, sortis dans une décennie 1970 qui en fut riche. Si les relations entre les deux blocs de la Guerre froide connaissent à l’époque un dégel relatif, le cinéaste d’origine grecque ne baisse pas la garde, poursuivant inlassablement son entreprise de révélation et de dénonciation. L’Aveu et État de siège représentent même le versant le plus frontal du cinéma politique de leur auteur, les faits relatés n’étant pas encadrés par un procédé narratif que l’on pourrait qualifier de « divertissant ». Remarquablement documentés, écrits, mis en scène et interprétés, les deux œuvres éclairent ainsi une époque révolue. En négatif, ils exacerbent aussi la faiblesse consensuelle du cinéma « engagé » actuel. Côté édition, en revanche, le spectateur devra se contenter de miettes… 

Si Costa-Gavras possède une des filmographies politiques les plus riches, ce sont logiquement les œuvres dont l’époque et les faits traités sont les plus proches de son vécu, de son expérience personnelle, qui laissent une impression indélébile, encore aujourd’hui. A contrario, ses derniers films, s’ils traitent toujours de thématiques socio-politiques brûlantes, nous paraissent les plus faibles, comme si ce cinéaste né à une autre époque ne parvenait plus à appréhender avec la même acuité critique ce monde qui change si vite : la question des réfugiés dans Éden à l’ouest (2009), la finance internationale dans le catastrophique Le Capital (2012) et la crise de la dette grecque dans son dernier long-métrage en date, Adults in the Room (2019).

Même s’il signa encore des réalisations très abouties par la suite (Missing/1982, Music Box/1989, Amen./2002, Le couperet/2005), c’est indiscutablement au cours de la décennie 1970 que le cinéaste mit en scène ses œuvres politiques les plus brillantes, étant à l’époque engagé à fond dans ces sujets qu’il maîtrisait par conséquent parfaitement. Une série d’œuvres introduite bien sûr par le fameux Z (1969), considéré encore aujourd’hui par bien des spécialistes comme le magnum opus de son auteur. Ce film avait pour particularité de présenter une critique politique ciblée (le régime des colonels grecs) sous le vernis narratif d’une enquête menée par un rare magistrat vertueux. A travers ses deux longs-métrages suivants L’Aveu et État de siège, Costa-Gavras confirma sa prédilection pour les sujets politiques (il ne s’y était pas frotté avant Z), tout en « épurant » le procédé narratif pour faire de la dénonciation politique le sujet même du film. Tous deux inspirés de faits réels – aujourd’hui quelque peu oubliés, ce qui en accentue l’intérêt – et très documentés, ces œuvres similaires à bien des égards ont pour vocation de s’attaquer sans distinction aux deux blocs de la Guerre froide. Ou plus précisément, à la corruption de leurs idéaux, à la terrifiante absurdité à laquelle ont abouti les louables intentions initiales, dans cette guerre qui n’a de froid que le nom.

L’Aveu (1970) : « Lénine, réveille-toi ! Ils sont devenus fous. » 

Synopsis : À Prague en 1951, un haut responsable politique tchécoslovaque se retrouve accusé d’espionnage au profit des États-Unis. Tout est fait pour lui extorquer des aveux de crimes politiques qu’il n’a pas commis. 

Si Z s’attaquait à la dictature d’extrême-droite, Costa-Gavras et son scénariste Jorge Semprún, pourtant eux-mêmes d’obédience communiste, tiennent à prouver avec leur opus suivant qu’ils souhaitent dénoncer le totalitarisme en tant que tel, quelle qu’en soit la coloration politique. L’Aveu est adapté du livre du même nom d’Artur London. Ancien vice-ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie, London y relatait son implication dans les procès de Prague (novembre 1952), dont il fut un des trois seuls rescapés. Ces parodies de procès, organisées en 1952 dans la plus pure tradition stalinienne et solidement encadrées par des « conseillers » soviétiques, fut l’occasion pour le président Klement Gottwald, confronté à de grandes difficultés et craignant lui-même d’être éliminé, de purger le parti communiste tchécoslovaque de plusieurs membres haut placés. Parmi les quatorze accusés figurait en effet le secrétaire général du parti – et rival de Gottwald – Rudolf Slánský. Ayant subi des tortures, privations et humiliations durant les mois précédant les procès, tous les accusés plaidèrent coupable.

Artur London est interprété à l’écran par le comédien fétiche de Costa-Gavras, Yves Montand. Très impliqué dans le film, ce dernier perdit 15 kg pour illustrer dans sa chair les mauvais traitements qui furent infligés à London lors de ses interrogatoires. Montand, ancien compagnon de route du parti communiste, qualifia lui-même son engagement total dans le film comme un « acte d’expiation ». On pourrait tirer une observation analogue au sujet du cinéaste et du scénariste du film. A la faveur de la déstalinisation décidée par Krouchtchev, les années 1970 furent en effet l’époque où bon nombre de révélations et de témoignages accablants (Soljenitsyne publie L’Archipel du Goulag en 1973) dessillèrent enfin les yeux de bon nombre d’admirateurs du « paradis socialiste ». Une prise de conscience dont le film se fait l’écho, alors que les dernières images montrent le graffiti « Lénine, réveille-toi ! Ils sont devenus fous. » sur une façade de la ville…

L’Aveu est également l’occasion pour le cinéaste d’origine grecque et son chef opérateur Raoul Coutard, qui accompagna plusieurs figures de la Nouvelle Vague dont Godard et Truffaut, d’inaugurer une forme originale que Costa-Gavras conservera sur plusieurs longs-métrages. Celle-ci est caractérisée par des angles atypiques déplaçant souvent le personnage en bord de cadre, une multiplication des échelles de plan et un montage usant finement d’ellipses et d’une temporalité fluide. La répétition est érigée en principe de mise en scène : répétition des visages (Montand est presque de tous les plans, Simone Signoret, qui incarne son épouse, héritant d’un rôle très secondaire), répétition des décors carcéraux, répétition des dialogues. Un choix particulièrement bien adapté au récit, constitué d’interrogatoires à répétition, où l’on pose les mêmes questions ad nauseam, jusqu’à obtenir la réponse désirée et non la vérité. L’Aveu parvient ainsi à rentrer dans la tête du spectateur, à lui faire ressentir le calvaire d’Artur London. Rarement une charge contre la perversité du système totalitaire communiste a-t-elle atteint une telle efficacité. Le propos est par ailleurs assumé jusqu’au bout, la dénonciation est aussi réaliste que féroce : les accusations dont London fait l’objet, tellement fluctuantes (trotskyste, titiste, anarchiste, impérialiste…) qu’elles en perdent toute substance, les techniques de lavage de cerveau, la torture psychologique et les humiliations jusqu’à la perte totale de sens, l’acceptation de l’individu de se soumettre à l’appareil du parti, celui-là même qui les détruit mais qui constitue désormais leur dernier repère, etc.

Sans effets de manche, sans devoir recourir à la violence graphique, avec des moyens modestes, le film illustre la perversité d’un système politique parfaitement huilé, justifiant ses objectifs les plus vils et sa fuite en avant par des logiques doctrinales particulièrement malléables. Le ver était dans le fruit idéologique. En effet, on ne peut s’empêcher de rapprocher l’appel au souvenir de Lénine aperçu sur les murs de la cité à la complainte de Liouda (Ioulia Vyssotskaïa) dans Chers camarades ! (Andreï Kontchalovski/2021), qui se persuade que si Staline était encore vivant, tous ces débordements n’auraient pas lieu… L’Aveu reste ce chef-d’œuvre du cinéma engagé, une charge anticommuniste dont l’impact a largement tenu tête à l’usure du temps.

Etat de siège (1972) : le pré carré américain

Synopsis : En Uruguay, dans les années 70, un membre d’une organisation humanitaire est enlevé par un groupe de révolutionnaires.

Costa-Gavras persiste et signe dans son long-métrage suivant, même si la cible a changé, puisqu’il s’agit ici des États-Unis, dont l’ingérence dans les pays latino-américains, considérés par la superpuissance comme son « pré carré », est considérable au cours des années 60 et 70. Il faut en effet se rappeler qu’à la suite de la révolution castriste en 1959, les Etats-Unis se lancent dans une lutte sans merci contre le communisme afin d’éviter que le « péril rouge » ne se propage jusqu’à ses frontières. Les années 1970 verront ainsi l’établissement de juntas anticommunistes dans la plupart des états d’Amérique latine : au Brésil en 1964, en Bolivie en 1971, au Chili et en Uruguay en 1973 et en Argentine en 1976 – le Paraguay étant quant à lui déjà dirigé par le général Stroessner depuis le coup d’état de 1954. Une stratégie couronnée de succès, qui finit pourtant par se retourner contre le champion de la démocratie lors de la fameuse affaire Iran-Contra dans les années 80, qui révélera le rôle joué par les États-Unis dans le financement de régimes dictatoriaux en Amérique centrale (Nicaragua, Guatemala, Salvador).

A l’instar du film précédent, État de siège est un film très documenté et basé sur une histoire vraie, celle de Dan Mitrione, un policier américain envoyé en Uruguay en 1969 en tant que conseiller de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), une des nombreuses officines qui, sous couvert d’une mission louable, servirent de cheval de Troie dans les pays où les États-Unis défendaient des intérêts ou poursuivaient des objectifs géopolitiques. Comme il l’avait fait auparavant au Brésil, Mitrione enseigna à la police uruguayenne des techniques de torture. L’objectif ? Soutenir le gouvernement dans sa lutte contre les Tupamaros, un mouvement de guérilla d’extrême-gauche (aujourd’hui rentré dans la légalité et participant au gouvernement du pays). Mitrione fut enlevé par les Tupamaros fin juillet 1970, sa libération étant conditionnée par celle de 150 prisonniers politiques. Devant le refus des autorités uruguayennes, Mitrione fut exécuté.

L’Aveu et État de siège présentent bien des points communs. Tout comme celle d’Artur London, l’histoire de Dan Mitrione (renommé dans le film Philip Michael Santore) est un symbole, utilisé dans le cadre d’une dénonciation politique plus large. Les deux œuvres ont également en commun d’innombrables scènes d’interrogatoire à forte teneur politique, mais aussi les choix de mise en scène et le jeu avec les temporalités, décrits plus haut. Enfin, on retrouve dans les deux cas Yves Montand dans le rôle principal. De victime résiliente et finalement miraculée de la torture communiste, il se mue ici en bourreau ordinaire, dont l’apparence et le comportement ne trahissent aucune cruauté. Un fonctionnaire persuadé de faire un travail honnête et nécessaire. Dans les deux cas, le film est totalement ancré dans son époque, dont il anticipe même certains événements : L’Aveu sort en pleine déstalinisation mais alors que le communisme se radicalise partout (guerre du Vietnam, guerre civile cambodgienne, révolution culturelle en Chine, écrasement de la contestation en Europe avec notamment le printemps de Prague en 1968, etc.). Quant à État de siège, si le récit se situe en Uruguay (même si ce n’est pas explicitement mentionné), le film a été tourné au Chili durant la brève parenthèse socialiste de Salvador Allende… juste avant le coup d’état de Pinochet en 1973 (que Costa-Gavras appréhendera dans son film Missing/1982). Quant à l’Uruguay, il basculera dans la dictature lorsque l’armée dissoudra le Congrès, fin juin 1973. Bref, l’histoire ne fit que confirmer la réalité de ce que dénonce le film…

Comparer les deux longs-métrages nous oblige tout de même à reconnaître que L’Aveu est supérieur à son successeur, dont le sujet est tout aussi intéressant mais qui se révèle moins réussi comme objet filmique, car très verbeux et au rythme laborieux, sans parler du suspense qui est désamorcé dès le début du film.

SUPPLEMENTS

Nous avions déjà pointé le manque d’intérêt des suppléments proposés par Arte dans le cadre de notre article consacré à Z, ceux de Compartiment tueurs échappant heureusement à cette tendance. La même déception est hélas au rendez-vous de ces deux films, présentés ici dans leur version restaurée par Criterion en 2015. Arte a manifestement pour habitude de ne pas produire de suppléments, ces derniers étant donc limités à des documents d’archives liés au sujet du film. Après tout, pourquoi pas. Encore faut-il disposer de matériau présentant un intérêt quelconque, ce qui n’est pas vraiment pas le cas ici…

Comme complément à L’Aveu, le court-métrage Jour de tournage (11 min) de Chris Marker, présentant quelques images behind the scenes du film, constitue la pièce « maîtresse », du moins pour les cinéphiles jusqu’au-boutistes ou les fans acharnés du cinéaste. Les deux autres extraits, de quelques minutes chacun, consistent en une interview télévisée d’Artur London et un reportage didactique d’époque (1952) sur les procès de Prague. Des sujets intéressants sur le papier, mais forcément datés et, surtout, bien trop courts…

Du côté d’État de siège, le bilan est encore plus maigre : un nouvel extrait d’actualités d’époque concernant l’enlèvement de Dan Mitrione, une bribe d’entretien avec Costa-Gavras, et une nouvelle bande d’actualités concernant la sortie chahutée du film aux États-Unis, où une projection spéciale organisée au John F. Kennedy Center à Washington fut annulée (l’œuvre a heureusement été réhabilitée depuis lors). Bref, le moins que l’on puisse dire est que l’achat de ces deux films s’impose exclusivement au vu de leurs indiscutables qualités intrinsèques, et non des suppléments contenus dans ces éditions Blu-ray/DVD…

Note concernant les films

4

Note concernant l’édition

2.5

Festival

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