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Moi, Tonya de Craig Gillespie : le patinage artistique côté cash et trash

Hasard du calendrier ? Volonté de marquer les esprits ? Quoi qu’il en soit, Moi, Tonya, sort sur les écrans français le jour où débutent à PyeongChang les épreuves féminines de patinage artistique. On ne peut faire guère mieux comme publicité.

Synopsis : En 1994, le milieu sportif est bouleversé en apprenant que Nancy Kerrigan, jeune patineuse artistique promise à un brillant avenir, est sauvagement attaquée. Plus choquant encore, la championne Tonya Harding et ses proches sont soupçonnés d’avoir planifié et mis à exécution l’agression…

Un peu d’histoire : retour sur le Hardigan-gate qui a passionné la planète

6 janvier 1994, Cobo Center de Détroit. La veille des championnats américains qualificatifs pour les Jeux Olympiques d’Hiver de Lillehammer (12 – 27 février), la patineuse américaine Nancy Kerrigan est agressée physiquement au sortir de la glace. Frappée au-dessus du genou par un bâton télescopique, elle ne peut participer à la compétition mais sera cependant aux JO.

A l’issue de l’enquête fédérale, l’entourage de sa compatriote Tonya Harding est suspecté et condamné : son ex-mari Jeff Gilloly, son auto-proclamé garde du corps Shawn Eckardt et les deux exécutants (Stant et Smith). Tous seront condamnés à des peines de prison plus ou moins longues. Quant à la patineuse, elle sera reconnue coupable de faux témoignage et les sanctions seront lourdes : 110 000 us$ d’amende, 500 heures de travaux d’intérêt général et une exclusion à vie de la fédération américaine de patinage.

Avec 127 millions de téléspectateurs, le programme court de danse sur glace, qui voit Kerrigan et Harding s’affronter, reste l’un des événements sportifs les plus jamais suivis sur le petit écran.
Un cirque médiatique sans précédent se met en place avec pas moins de 400 ‘journalistes’ débarquant à Lillehammer pour s’entasser dans la patinoire olympique.

Le palmarès aux JO 1994 est anecdotique : Kerrigan décrochera la médaille d’argent derrière l’ukrainienne Oksana Baiul et Harding se classera huitième.

Un parti pris assumé pour réhabiliter Tonya Harding ?

A l’annonce du projet, le film Moi, Tonya était décrit comme un biopic mais dès les premières vidéos, on s’est rendu compte que l’optique n’était pas/plus tout à fait celui-là.
A la sortie du film, on a plus à faire à une docucomédie mêlant faits réels et fictifs, un style qui s’est développé depuis le début des années 80 (Les dieux sont tombés sur la tête de Jamie Uys, 1980).

Moi, Tonya s’intéresse à la vie de Tonya Harding depuis ses débuts sur la glace (à 3 ans) jusqu’à sa chute après les JO, il ne se basera que sur le point de vue de deux protagonistes : Tonya Harding et Jeff Gilloly.

Le générique d’ouverture est d’ailleurs clair sur ce point puisqu’il prévient que le film est basé sur des entretiens « dénués d’ironie, violemment contradictoires et totalement sincères » avec Tonya Harding et Jeff Gillooly.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, si le film de Gillepsie se focalise sur la vie de Tonya Harding, le scénario de Steven Rogers n’est donc pas l’adaptation de l’autobiographie de Harding sortie en 2008 (The Tonya Tapes).

Ainsi, nous n’aurons pas les points de vue de deux autres acteurs marquants : LaVona Golden (la mère abusive de Tonya) et Shawn Eckardt (décédé en 2005). La victime Nancy Kerrigan n’aura pas davantage droit au chapitre.

C’est donc un récit forcément biaisé que nous proposent Gillespie et Rogers.

Un film qui pêche plus sur le fond que sur la forme

Pour autant, Moi, Tonya n’a pas pour vocation d’excuser Tonya Harding. Elle n’y est ni victime ni héroïne. Sous l’œil de Gillepsie, elle est présentée de manière cash. Elle détonne dans ce milieu artistique plus habitué au rose et aux patineurs bien sous tous rapports. C’est d’ailleurs ce que la fédération a toujours reproché à Harding : son côté cash, limite trash. Plus athlétique que ses concurrentes (à l’image de la française Surya Bonaly), Tonya Harding ne rentrait pas dans le moule. Et à chaque pas, on s’est bien assuré de le lui rappeler.

Malgré ça, le film de Gillepsie ne tombe jamais dans le pathos ni dans la victimisation de son personnage principal.

Certes elle a été élevée par une mère violente et abusive qu’elle a fui pour se retrouver mariée à un être tout aussi violent et abusif. Certes Tonya Harding n’a pas toujours pris les bonnes décisions. Mais elle les a prises avec les armes dont elle disposait ; elle a grandi avec le peu d’armes que son éducation (elle a arrêté l’école à 15 ans) lui avait donnés.

Et elle a dû affronter un emballement médiatique sans précédent qui l’a clouée au pilori, faisant d’elle à jamais la vilaine dans cette affaire (rappelons juste qu’elle n’a été reconnue coupable que de non dénonciation de délit). Si en 2018 nous sommes plus ou moins habitués à voir les médias couvrir en live les événements, l’affaire Harding/Kerrigan était une première. C’est la première fois que les télévisions campaient devant les habitations. Une première qui sera détrônée quelques semaines plus tard par l’affaire O.J Simpson et la poursuite de la Bronco sur l’autoroute. Un événement très bref dans le film de Gillepsie mais qui souligne bien la responsabilité d’une certaine presse dans le devenir de Tonya Harding.

La manière de filmer du réalisateur australien est pour beaucoup dans cette absence de victimisation. Craig Gillespie a en effet fait le choix de filmer au plus près de l’action. On est témoin par des plans serrés des violences subies, qu’elles soient verbales ou physiques. Et pour ajouter à cette volonté d’immersion, le fameux quatrième mur est brisé à de très nombreuses reprises, les personnages de Harding et Gilloly s’adressant directement aux spectateurs.

Côté décors et costumes, les équipes techniques ont fait un excellent travail avec une solide reconstitution de l’époque. Que ce soit dans les tenues des patineuses ou dans la vie de tous les jours, tout est très fidèle à l’époque. Une mention particulière pour la bande-son très rythmée qui accompagne bien l’action à l’écran.

Un duo d’actrices au top

Pour porter un tel film, il fallait une distribution douée.

Ce qui frappe en premier, c’est Allison Janney, plus qu’inspirée dans le rôle de LaVona. Une interprétation qui devrait logiquement lui valoir un Oscar le 4 mars prochain puisqu’elle a déjà remporté le prix de Meilleure actrice dans un second rôle à trois reprises (Screen Actors Guild Awards 2018, Golden Globes 2018 et British Academy Film Awards 2018). Une interprétation mesurée qui ne nous fait pas totalement détester le personnage.

Et dans le rôle de Tonya Harding, on retrouve l’australienne Margot Robbie (ex Harley Quinn dans Suicide Squad), méconnaissable et elle aussi en route pour l’Oscar. Si perruque et prothèses ont été nécessaires pour la faire ressembler à Tonya, elle parvient à disparaître derrière le rôle. On pouvait s’attendre à une caricature de la patineuse, il n’en est rien. On peut tout au plus lui reprocher une stature plus élancée que celle de Harding (1 mètre 68 vs 1 mètre 55) et de la camper de ses 15 à 24 ans alors qu’elle-même en a 27. Il aurait peut-être été judicieux de choisir une troisième actrice pour camper Tonya Harding adolescente (en sus de Mckenna Grace et Margot Robbie).

A noter que Robbie a donné de sa personne puisqu’elle a suivi un entraînement de cinq mois pour effectuer elle-même la majorité des séquences de patinage. A une (grosse) exception près : le triple axel lors de la compétition de 1991. Aucune patineuse n’étant disponible si près des JO de PyongChang, les effets spéciaux ont « collé » sur la prestation originale de Harding le visage de Robbie. Un montage qui se voit mais avec un budget limité de 11 millions de dollars, Moi, Tonya ne bénéficiait pas des mêmes largesses techniques que les blockbusters.

Aussi étonnant que celui puisse paraître, le personnage de Gilloly, instigateur principal de l’agression contre Kerrigan, est plus effacé. Si la composition de Sebastian Stan ne semble pas en cause, on aurait aimé un personnage plus tranché.

Moi, Tonya, un film à voir ?

Pour les plus de 30 ans qui ont vécu l’attaque et les JO de Lillehammer, le film de Graig Gillepsie a le mérite d’éclairer d’un jour nouveau les événements (un peu comme la série d’anthologie American Crime Story l’avait fait pour O.J Simpson) en ajoutant les éléments de contexte (environnement de Tonya Harding notamment).

Pour les plus jeunes spectateurs, difficile de les inciter à aller voir un film sur des événements aussi anciens, même si la discipline a bénéficié d’un important coup de projecteur suite à ces événements peu glorieux.

Le monde si parfait du patinage artistique en ressort égratigné et Tonya Harding quelque peu réhabilitée.

Et plus de 24 ans après les faits, il était temps …

Moi, Tonya : la bande-annonce

Moi, Tonya – Fiche technique

Titre original : I, Tonya.
Réalisateur : Craig Gillespie.
Scénario : Steven Rogers.
Interprétation : Margot Robbie (Tonya Harding), Allison Janney (LaVona Harding), Sebastian Stan (Jeff Gilooly), Paul Walter Hauser (Shawn Eckhardt), Julianne Nicholson (Diane Rawlinson), Mckenna Grace (Tonya Harding jeune), Caitlin Carver (Nancy Kerrigan), Bojana Novakovic (Dody Teachman).
Musique : Peter Nashel.
Photographie : Nicolas Karakatsanis.
Montage : Tatiana S. Rigel.
Producteurs : Bryan Unkeless, Margot Robbie, Tom Ackerley et Steven Rogers.
Maisons de production : LuckyChap Entertainment et AI Film.
Distribution (France) : Mars Films.
Récompenses : Meilleure actrice dans un second rôle pour Allison Janney (Screen Actors Guild Awards 2018, Golden Globes 2018 et British Academy Film Awards).
Durée : 120 minutes.
Genre : Drame, biopic, comédie.
Date de sortie : 21 février 2018.
USA – 2017

Auteur : Grae Leigh

Black Panther de Ryan Coogler : Critique du film Marvel

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Black Panther, un film enraciné dans l’histoire et dans la culture tribale africaine, transcende le genre des super-héros et devient lyrique avec son visuel simplement magnifique et sa distribution stellaire. Ryan Coogler, le réalisateur du drame indie Fruitvale Station et de Rocky Creed offre certainement l’un des meilleurs Marvel, s’inscrivant parfaitement dans le MCU post – Captain America : Civil War

Un des événements cinématographiques de cette année 2018, que dis-je, de ce XXIème siècle est sans aucun doute la sortie dans les salles de Black Panther, le héros félin de Wakanda qui a ému toute une communauté, pour ceux qui ont déjà eu la chance de le découvrir dans les salles obscures. (Il n’est pas trop tard pour les autres : courez dans votre cinéma le plus proche réserver des places !)

Après nous avoir teasé pendant de longs mois avec les images officielles sorties lors du dernier Comic-Con 2017, le public avait dans un premier temps pu découvrir T’Challa dans Captain America : Civil War. Et il est désormais aisé de conclure, pour ceux qui l’ont vu, que l’intrigue développée pour T’Challa dans Civil War a servi de prémisse à une toute autre intrigue, une toute autre histoire qui allait bouleverser beaucoup : l’histoire de Black Panther.

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Black Panther est tiré d’un comics inventé en 1966 par Stan Lee (script) et Jack Kirby (design). T’Challa, aka Black Panther, devient à la mort de son père, roi de Wakanda : une mystérieuse nation africaine immensément riche et hyper moderne (grâce à son intelligente exploitation du vibranium, le métal le plus puissant du monde) qui a su préserver sa culture ancestrale en protégeant religieusement ses frontières de toutes vies étrangères. La splendeur de cette nation afrofuturiste se retrouve en son roi, T’Challa. Moins félin que son alter ego, mais tout aussi grand par sa prestance, son courage, sa dévotion et sa grâce, le fils de T’Chaka rencontre malheureusement différents adversaires  (M’Baku, Ulysses Klaue, et Killmonger) lors de sa route pour le trône de Wakanda.

Toutefois, beaucoup plus emblématique, Erik « Killmonger » Stevens, est sans aucun doute le personnage le plus important de ce long métrage. C’est un ancien commando des forces spéciales décidé à venger la mort de son père. Impeccablement interprété par Michael B. Jordan (qui avait déjà tourné dans deux productions de Ryan Coogler – Fruitvale Station, Creed), Killmonger se détache particulièrement des autres personnages du dernier Marvel par sa complexité. Irrévérencieux, arrogant, et robuste, Killmonger est un personnage qui a du chien. Mais l’idéologie portée par Erik et qui constitue le fer de lance de l’intrigue Black Panther, s’avère plus troublante et plus profonde qu’il n’y paraît. Sympathique sous un certain angle, nihiliste sous un autre, Killmonger est un méchant qui attire notre empathie par son histoire au fur et à mesure qu’on la découvre. Orphelin dès le plus jeune âge, Erik a connu l’oppression vécue par sa communauté afro-américaine et souhaite renverser la balance en faisant de tous les opprimés du monde des oppresseurs, grâce à la technologie du vibranium.

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De fait, la dimension politique de Black Panther se retrouve dans ce personnage transversal et intrépide qui, à bien des égards, côtoie beaucoup la philosophie du mouvement des Black Panthers. Singulièrement intéressant à relever, Lee et Kirby ont créé le comics du super-héros félin dans la même période que s’est développé le parti politique des Black Panthers ; et à en croire le père de Spiderman, il s’agissait uniquement d’une coïncidence. On peut néanmoins faire un rapprochement entre les motivations de l’intrépide Killmonger et ceux du parti d’Angela Davis. A cela près qu’Erik est aussi porté par un désir de vengeance suite à un drame personnel qui l’a rendu amer et qui justifie presque toutes ses actions. L’identité aux multiples facettes d’Erik Stevens constitue un des succès du film, Killmonger devenant l’une des figures antagonistes de l’univers Marvel les plus abouties et réussies.

L’importance des femmes est aussi à souligner. Lors du rituel de passation de pouvoir, T’Challa, boit un breuvage qui lui permet de revoir le défunt T’Chaka. Lorsque le fils demande à son père comment il peut assurer un bon règne, la figure paternelle lui dit de s’entourer de personnes de confiance. Or, il est intéressant d’observer que ces personnes de confiance concernent exclusivement des femmes. Chacune ayant un rôle bien distinct (mère, sœur, intérêt amoureux, garde du corps), la force de caractère de ces femmes font d’elles et de leurs concitoyennes, la pierre angulaire de Wakanda. Et une mention spéciale est à faire à Letitia Wright qui interprète la sœur de T’Challa, Shuri, et Danai Gurira (Walking Dead) dans le rôle de la guerrière Okoye, dont les performances ont été particulièrement brillantes.

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Okoye fait partie de l’élite des forces spéciales des Dora Milaje, des femmes bodyguard et de la sécurité royale qui se distinguent par un style vestimentaire sans pareil, à en faire pâlir les amazones de Themyscira (l’île de Wonder Woman). Beaux, positifs, avancés, vibrants, les costumes créés pour le film ont un but identitaire. Le peuple de Wakanda se sert des vêtements comme un moyen de s’exprimer, pour maintenir l’ordre social et pour honorer les ancêtres. A la fois contemporaine et traditionnelle, la mode Wakandaise « a un côté mythique, lyrique, et somptueux ». On y retrouve le style touareg, zulu, ou bien encore maasaï pour ne citer qu’eux, mais aussi tout l’éclectisme, la modernité et la technicité attendus d’une production Marvel. Le chef d’œuvre opéré sur ces costumes est du à une femme, la costume designer Ruth Carter (nommée deux fois aux Oscars pour son travail dans Malcolm X et Amistad) qui explique qu’elle voulait « montrer au monde la beauté d’une robe tribale et la mettre en avant d’une manière moderne ». Cosmopolite, avant-gardiste et afro-futuriste, la mode africaine constitue à elle seule un diamant brut taillé spécifiquement pour Black Panther.

Étudié jusqu’au moindre détail, le film rencontre tout de même un gros bémol qu’il convient d’évoquer : les images de synthèse qui, souvent, paraissent inachevées en comparaison avec les blockbusters du même genre. Dure dure la comparaison avec les autres blockbusters Marvel. Mais, ce que l’on peut déjà clamer haut et fort, c’est que Black Panther est un film d’envergure désormais marqué dans les annales. Après Straight Outta Compton et Get Out, Black Panther prouve une fois de plus qu’une production cinématographique à dominante noire est « bankable ». Les chiffres en attestent d’ailleurs puisque le film de Coogler a réalisé plus de 192 millions de dollars en seulement trois jours de sortie en Amérique du Nord, ce qui en fait la 5ème plus grosse sortie de tous les temps et la deuxième production Marvel à avoir le mieux réussi au box office (derrière Avengers sorti en 2012). Que d’exploits ! Et ce n’est que le début à en croire la critique acclamante. Black Panther est un film novateur qui a excédé les attentes et fait évoluer tout un genre cinématographique, pour le plus grand bonheur d’une partie de la population mondiale qui, enfin, a un superhéros à son image. Chapeau bas Coogler et merci !

Synopsis : Après les événements qui se sont déroulés dans Captain America : Civil War, T’Challa revient chez lui prendre sa place sur le trône du Wakanda, une nation africaine technologiquement très avancée. Mais lorsqu’un vieil ennemi ressurgit, le courage de T’Challa est mis à rude épreuve, aussi bien en tant que souverain qu’en tant que Black Panther. Il se retrouve enchaîné dans un conflit qui menace non seulement le destin de Wakanda, mais aussi le monde entier…

Black Panther : Bande-annonce

Black Panther : Fiche Technique

Réalisateur : Ryan Coogler
Scénario : Ryan Coogler, Joe Robert Cole, basé sur Marvel Comics par Stan Lee, Jack Kirby
Distribution : Chadwick Boseman, Michael B. Jordan, Lupita Nyong’o, Daniel Kaluuya, Martin Freeman, Danai Gurira, Andy Serkis, Angela Bassett, Forest Whitaker, Winston Duke, Letitia Wright
Bande originale : Ludwig Göransson
Costumière : Ruth E. Carter
Maquilleur : Joel Harlow
Superviseur des effets visuels : Dan Sudick, Geoffrey Baumann
Budget : 200 millions USD
Genre : Film de super-héros
Distributeur France : The Walt Disney Company France
Production : Marvel Studio, Walt Disney Pictures
Date de sortie : 14 février 2018
Durée : 2h14mn
Nationalité américaine

Pour en savoir plus sur Black Panther

Altered Carbon de Laeta Kalogridis : la réussite SF de Netflix sur l’aliénation de l’immortalité

Avec ses allures de grands blockbusters hollywoodiens, la nouvelle série de Netflix, Altered Carbon, est une réussite. Même si le résultat n’est pas toujours très finaud, la série arrive parfaitement à faire cohabiter l’action gore du polar au questionnement existentialiste de l’univers SF esthétisé à outrance.

Dans son processus, Altered Carbon contient de nombreuses ressemblances avec American Gods de Bryan Fuller : loin d’être subtiles dans leur approche philosophique et passant par des sous intrigues à l’intérêt discutable, ces deux séries ont surtout l’avantage de présenter un environnement moderne, un acteur principal aussi athlétique que sombre, une esthétique aussi organique que pompeuse, et une imagerie trash sans tabou. Passant de ruelles pluvieuses illuminées par des néons criards aux demeures grandiloquentes d’une caste privilégiée, de scènes d’actions sanguinolentes aux effluves sexuelles crues, la série gagne en profondeur grâce à sa direction artistique et son visuel design digne de grands blockbusters SF. Sans toucher la perfection d’un Blade Runner 2049, l’univers est protéiforme, technologique, violent et détonne d’une certaine déliquescence.

Altered Carbon, le grand budget de Netflix, avec l’extravagance de ses CGI, pose de grandes questions sur le sens de la vie, notre condition à la mortalité, ce qui nous rend humain, comment la science et la religion peuvent se connecter. Le point central de la série est l’incarnation de la technologie via l’esprit et l’utilisation du corps. Au lieu d’être d’un énième erzast de Blade Runner ou de Ghost in The Shell, la création de Laeta Kalogridis qui adapte le roman de Richard K. Morgan, s’accapare le thème de l’immortalité : l’âme des gens est intégrée dans des « piles », des puces de sauvegarde de la conscience qui peuvent être transplantées dans n’importe quelle enveloppe corporelle. Tuer le corps ne suffit pas pour tuer l’humain.

Cette création permet donc à la population la plus riche de ne plus vieillir, de se servir de la technologie pour passer de corps en corps et de pousser leur désir fantasmatique encore plus loin dans la folie à l’instar de la richesse représentée dans Salo et les 120 jours de Sodome. On suit donc l’histoire de Laurens Brancroft, homme riche qui vient de se faire tuer et qui souhaite savoir qui a tenté de le tuer. Pour cela, il demande à Takeshi Kovacs, un soldat rebelle dont l’esprit est congelé depuis des années ; s’il réussit l’enquête et trouve le coupable, Brancroft lui donnera sa liberté. Cette étude de la corporalité de l’âme, ce portrait d’une humanité sans chair identitaire, où le corps n’est qu’un vêtement d’apparence, permet à la série de tirer sa singularité. Altered Carbon, au-delà de son postulat de polar existentialiste SF, est un récit sur la confusion des visages, la mécanisation des corps, la disparition des genres et l’imbroglio des sentiments humains : on pense à Cronenberg, Verhoeven, aux sœurs Wachowski.

Même si les rouages de la série sont parfois un peu grossiers, un brin tape à l’œil, un peu confus dans l’enchevêtrement à la fois des thématiques et de l’intrigue qui patauge avec parcimonie, Altered Carbon propose un éventail cyberpunk assez imposant de pistes scénaristiques, de personnages complexes (Quell ou Poe). Dans l’univers qui nous est proposé, la technologie n’est pas qu’une affaire médicale : elle est un vrai sujet de société qui amène une partie des citoyens à se rebeller pour dissoudre l’immortalité et la déshumanisation. Politique, religion, sentiment, mœurs de la société, corruption permettent donc de voir resurgir la question de la disparité entre les classes.

Là où Altered Carbon brille, non sans ironie et humour, c’est dans ses visuels futuristes et ses explorations thématiques de la nature de l’identité et de l’âme. Le paysage urbain de Bay City est à la fois morne et magnifique, à la fois gris et néon, à la fois au sol et dans les airs. La toile de fond narrative qui va de l’objection religieuse à la réimplantation des âmes dans le corps de quelqu’un d’autre jusqu’à l’impact sociétal des riches ayant le choix des corps les plus désirables, a des concepts impressionnants à utiliser comme point de départ d’une série qui n’a pas encore tout dit sur ses mystères. Vu la profondeur de champ que peut offrir cette série, et les concepts qui l’entourent, c’est à se demander vers quelle direction pourrait se tourner une éventuelle saison 2. On a déjà hâte.

Bande annonce – Altered Carbon

Fiche Technique – Altered Carbon

Créateurs : Laeta Kalogridis
Réalisation : Nick Hurran, Pete Hoar, Uta Briesewitz, Alex Graves
Scénario : Laeta Kalogridis,
Interprètes : Joel Kinnaman, Martha Higareda, James Purefoy
Société de production : Skydance Productions
Société de distribution : Netflix
Genre : Polar, SF
Durée : 10 épisodes de 50 minutes environ
Date de diffusion : 2 février 2018

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L’Apparition : une profession de foi qui manque de rythme mais pas d’ambition

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Entre thriller religieux et réflexion mystique sur la vérité, L’Apparition serait le versant français, moderne et quasi-documentaire du Silence de Martin Scorsese. Mais malgré un pitch prometteur et des acteurs irréprochables, Xavier Giannoli échoue à haranguer le spectateur dans un récit lénifiant, plombé par des facilités et une réalisation trop télévisuelle. Frustrant.

Contrairement aux apparences, L’Apparition ne traite pas du christianisme en tant que religion, celle-ci n’étant placée qu’au second plan du récit. Le long-métrage de Xavier Giannoli se veut être une réflexion assez cartésienne du phénomène religieux, au travers de son personnage principal, Jacques, un grand reporter travaillant à Ouest-France. Après la mort de son collègue photographe, le Vatican le contacte pour une enquête canonique. Une jeune femme de 18 ans, Anna, affirme avoir eu une apparition de la Vierge Marie, et le bouche-à-oreille va si loin que des milliers de pèlerins accourent pour se recueillir sur les lieux de l’apparition. N’étant pas pratiquant, les convictions terre-à-terre du journaliste vont se heurter à l’univers religieux.

Profession de foi

Des dissertations filmiques (La Dernière tentation du Christ, Silence) à l’adaptation formelle de la Bible (La Passion du Christ), le cinéma a souvent noué une relation fusionnelle avec la religion. Et parce qu’on dit souvent qu’une œuvre filmique témoigne de la profession de foi de son réalisateur, quoi de mieux que le 7e art pour traiter cette thématique au combien sensible dans toute société. Pourtant, l’Apparition ne semble pas susciter l’émoi des spectateurs, n’étant distribué que sur 200 copies en France. Il faut tout simplement comprendre que son réalisateur Xavier Giannoli, nommé plusieurs fois aux Césars du meilleur réalisateur (Marguerite, Quand j’étais chanteur), échoue à créer un récit percutant, enchaînant des situations cousues de fil-blanc.

Outre son rythme s’étirant à outrance vers l’ennui profond, L’Apparition souffre avant tout de personnages fonctions bien trop visibles à l’écran. Dès lors qu’on a compris leur point de vue et leur position face au récit, les situations deviennent hautement prévisibles, empêchant toute immersion comme s’évertue pourtant le vouloir son réalisateur. Mais avec une mécanique bien trop maniérée pour surprendre, cette lente histoire de quête pour la vérité perd automatiquement de son impact. La faute également à des situations non résolues, véritable frustration dans un récit aussi lénifiant. Autant de difficultés que le long-métrage a du mal à surmonter, préférant jouer sur une ambiance austère et nihiliste, montrant la déliquescence de la jeune femme presque victime de sa vision divine.

En quête de vérité

Malgré toutes ses faiblesses, avant tout liées à sa narration mollassonne, L’Apparition peut se vanter d’une ambiance assez singulière, lorgnant avec une certaine réussite du côté du mysticisme religieux et de la réflexion rationnelle du personnage de Jacques sur sa quête viscérale de la vérité. Sans être une révolution du genre, L’Apparition propose un point de vue étonnant dans son approche de la religion. C’est d’ailleurs dans son approche très terre-à-terre que le film trouve tout son intérêt, Xavier Giannoli ne tombant pas dans la complaisance vis-à-vis de ces adeptes de la foi. Dans son propre intérêt d’auteur, il questionne le spectateur dans ses convictions, aussi bien religieuses que raisonnées, tout en scrutant son propre rapport à cette Église. En ressort de surcroît une ambiance particulière, soutenu par la photographie soignée d’Eric Gautier, oscillant entre la chaleur de cette quête humaine et l’obscurité qui s’abat sur le personnage d’Anna.

Et malgré ces personnages parfois mal construits dans leur parcours, le casting reste sans reproche. Vincent Lindon y trouve l’un de ses meilleurs rôles depuis La Loi du marché, grâce à une justesse dont lui seul à le secret. On pourra aussi répéter ces louanges pour la révélation du film, Galatea Bellugi, jeune actrice française issus des planches du théâtre et aperçue au cinéma dans Réparer les vivants. En jouant le rôle d’une voyante qui perd pied face à la remise en cause de sa vision divine, l’interprète a tout d’une grande, et fera sûrement partie des révélations des prochains Césars.

Vous l’aurez compris, L’Apparition ne remplit pas toutes ses promesses. En dépit de son pitch et ses thématiques qui prêtent à embarquer le spectateur dans une réflexion sur ses convictions, Xavier Giannoli échoue à donner un souffle à son récit. Empli de facilités et de certaines incohérences, le long-métrage se contente de soigner sa photographie et de mettre en avant son excellent casting pour espérer faire passer la pilule. Mais c’est avec une certaine sympathie qu’on aborde la question de ce long-métrage intéressant et assez ambitieux, qui prouve le talent de son réalisateur à créer une ambiance si particulière. On regrettera finalement qu’il n’y ait pas apporté le soin nécessaire pour en faire autre chose qu’une introspection canonique.

Synopsis : Jacques est un reporter respecté pour un grand quotidien régional français. Journaliste talentueux et impartial, il est contacté par le Vatican qui l’engage pour une mission particulière : faire partie d’un comité chargé d’enquêter sur plusieurs apparitions de la Vierge Marie aperçue par une jeune fille Anna dans une petite ville du sud-est de la France. Alors que des milliers de pèlerins viennent se recueillir sur le lieu des apparitions présumées, Jacques rencontre la sensible et dévote Anna, partagée entre sa foi et les nombreuses sollicitations qu’elle reçoit, mais il découvre également les motivations cachées et les pressions à l’œuvre. Alors qu’il est confronté aux opinions opposées des membres du Clergé et les sceptiques du comité d’enquête, les croyances de Jacques vont être bouleversées…

L’Apparition – Bande annonce

L’Apparition – Fiche technique

Réalisateur : Xavier Giannoli
Scénario : Jacques Fieschi, Xavier Giannoli et Marcia Romano
Interprétation : Vincent Lindon (Jacques), Galatea Bellugi (Anna), Patrick d’Assumçao (Père Borrodine), Elina Löwensohn (Dr de Villeneuve)
Photographie : Éric Gautier
Montage : Cyril Nakache
Costumes : Isabelle Pannetier
Producteurs : Olivier Delbosc, Émilien Bignon
Maisons de production : Curiosa Films, Proximus, France 3 Cinéma, Gabriel Inc. et Memento Films Production
Distribution (France) : Memento Films Distribution
Budget : 5 millions d’euros
Durée : 127 min
Genre : Drame
Date de sortie (France) : 14 février 2018
France – 2018

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Gomorra saison 3 : Une entrée en matière suffocante pour la prise de pouvoir de Genny Savastano !

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La nouvelle saison de Gomorra faisait son grand retour sur les antennes de Canal + ce jeudi 15 février 2018. Les retrouvailles entre Genny Savastano et Ciro Di Marzio ont tenu leurs promesses dans ces deux premiers épisodes haletants qui dévoilent et dénoncent toujours un peu plus les pratiques de la mafia à l’échelle planétaire.

Après de longs mois d’attente, les téléspectateurs français ont donc pu enfin découvrir les épisodes inédits de la saison 3 de Gomorra sur les antennes de Canal +. Les « cliffhangers », les séquences chocs à la fin de chaque saison, avec un duel l’arme à la main, étaient à couper le souffle. Les vastes plaines des westerns spaghettis d’Almeria étaient en réalité remplacées par les quartiers du Nord de Naples. Ces séquences ont réservé de nombreuses surprises et ont eu des conséquences dramatiques sur les affrontements entre les clans Conte et Savastano et sur la hiérarchie au cœur de la famille Savastano.

Ces deux premiers épisodes de la saison 3 servent littéralement d’électrochocs. La conquête du pouvoir de Genny Savastano sera impitoyable. Cette entrée en matière de la nouvelle salve d’épisodes de Gomorra est à nouveau une véritable torture pour les nerfs des spectateurs attachés aux personnages emblématiques et aux rares survivants des affrontements pour les places de deals. La saison 1 et la saison 2 avaient déjà mis la barre très haut, après le film culte de Matteo Garrone. La saison 3 est bien partie pour renverser la table !

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Don Gennaro : le nouveau boss de Rome et de Naples !

Le fils de Don Pietro, Genny Savastano, abat donc ses cartes. Ses choix stratégiques, ses engagements et ses sacrifices prennent tout leur sens dans le début de cette troisième saison. Genny Savastano a en effet longtemps ourdi un plan machiavélique afin de revenir à Naples dans les meilleures conditions possibles. Sa renaissance au Honduras lui a permis de s’endurcir, de devenir un homme et d’être l’un des principaux fournisseurs de drogue en Europe lors de scènes clés dans les deux premières saisons. Sa passion amoureuse avec Azzurra a contribué à son épanouissement et à son rêve : fonder une famille et espérer en l’avenir. Son éloignement à Rome lors de la saison 2 a contribué à diversifier ses activités. Il a ainsi commencé à bâtir un nouvel empire du crime et à apprendre les ficelles du « métier » aux côtés de son beau-père, Don Giuseppe (un mafieux dans le bâtiment et les travaux publics).

Ces scénettes de la saison 2, qui ont permis d’enrichir la profondeur et la qualité des personnages de la série, vont servir en réalité d’effet domino dans le début de la saison 3. Genny Savastano, pour asseoir définitivement son pouvoir, va en effet devoir résoudre trois problèmes épineux, tous liés au château de carte scénaristique des saisons précédentes (ses relations au Honduras, son emprise mafieuse à Rome et le contentieux judiciaire que va devoir résoudre Patrizia avec Marinella pour le compte du clan Savastano dans les intérêts de Donna Annalisa « Chanel »).

Genny sera capable de se renier lui-même pour arriver à ses fins. Après avoir triomphé de son père, qui passait son temps à le rabaisser et qui ne souhaitait pas lui laisser les rênes du pouvoir, Don Gennaro ira même jusqu’à trahir ses proches dans une scène exceptionnelle avec le retour d’un personnage emblématique maudit ! Genny va mener la vie dure à son beau-père également, sur le plan des affaires, à sa sortie de prison.

Une réunion au sommet est d’ailleurs organisée afin de clarifier la situation à Naples et pour passer de nouvelles alliances. Malgré la situation alarmante, Genny rencontre et parvient à tenir tête à cet aréopage de mafieux intraitables et roublards (Don Aniello, Elia et Ferdinando Capaccio, Don Eduardo Arenella).

Sans votre père et avec vous à Rome, Secondigliano et Scampia sont des bombes à retardement. Elles peuvent exploser à tout moment. Sans un chef au Nord de Naples, ce sera l’anarchie.

Alors que les deux premières saisons pouvaient glorifier de manière involontaire et apporter un certain romantisme au quotidien des mafieux napolitains dans les quartiers sensibles de Naples, le début de cette troisième saison fait basculer les personnages principaux dans l’horreur. La réalité criminelle, la course au pouvoir, les manœuvres d’entrave à la justice, l’horreur des actes commis, les trahisons répétées font basculer la série dans un profond malaise en ce début de saison 3. Le prix à payer et le sens du sacrifice deviennent des poids très lourds à supporter au quotidien pour les différents protagonistes de la série. L’argent ne coule plus à flot, les soirées festives et le temps des romances sont oubliés. Chaque membre du Système a du pain sur la planche et des basses besognes à effectuer.

L’entrée en matière de cette saison 3 dévoile ainsi la part la plus sombre de la Camorra et de ses dirigeants. Gomorra s’incscrit encore un peu plus au panthéon des séries cultes avec ces nouveaux épisodes. A la manière de la trilogie Pusher de Nicolas Winding Refn ou de Breaking Bad, la série Gomorra, dans ce lancement de la saison 3, repousse les limites de l’horreur criminelle avec une séquence terrible d’atteinte à l’intégrité de cadavres, dans une supérette, inspirée des pires techniques des cartels sud-américains ! La mise en scène de cette séquence choc est particulièrement réussie à travers le personnage référent de Gegè, un ami de Genny, dont la vie bascule ce soir-là. Ce modeste comptable va se retrouver à faire une partie du « sale boulot » aux cotés de Genny et de son acolyte impitoyable du Honduras, Joaquin. La séquence est brute, âpre et fait particulièrement froid dans le dos. Le personnage du comptable sert un peu de bouée de sauvetage et de soupape aux téléspectateurs éprouvés.

Le scénario des deux premiers épisodes de la saison 3 permet de découvrir encore un peu plus la diversité des activités criminelles de la Camorra à Naples ou des organisations mafieuses à Rome. Le trafic de drogue à l’échelle internationale, les systèmes de sociétés écrans, les affaires dans l’immobilier, le basculement de citoyens ordinaires dans les griffes de la mafia comme le personnage du comptable Gegè, la pression exercée sur des témoins avant des procès ou des auditions par la police sont particulièrement bien rendus et permettent à la série de partir sur un très bon rythme.

« Ici, on ne vit pas. On meurt, c’est tout ! »

Le climat de suspicion et la tension sont également particulièrement bien rendus dans ces deux premiers épisodes étouffants, haletants et rythmés à la perfection. Naples est sur le point de voler en éclat après les mises sur la touche des deux grands parrains qui faisaient régner la loi, Salvatore Conte et Don Pietro Savastano. Les plus fidèles au clan historique des Savastano, comme Patrizia et son oncle Malamore, vont rapidement se retrouver dans un étau et sous la pression des sécessionnistes, qui gèrent les places de deals, et sous la menace des coups tordus de Genny, dans sa volonté farouche d’accéder au pouvoir, quel qu’en soit le prix à payer !

La série parvient également à réussir le tour de force de mettre en scène avec maestria la fin d’un cycle à travers les nombreuses séquences dédiées au boss des deux premières saisons. Les hommages réservés à Don Pietro Savastano comme la séquence du « convoi spécial » avec le discours de Malamore, la fresque dévoilée sur les tours des quartiers affiliés au clan ou les plans surréalistes dans l’abattoir, en ouverture de la saison 3, resteront gravés dans l’imaginaire des téléspectateurs.

Ces deux premiers épisodes lancent donc de la plus belle des manières la saison 3 de Gomorra. Reste à savoir si la disparition de certains personnages attachants et particulièrement charismatiques, au fur et à mesure des fusillades et des guerres de clans des deux premières saisons, ne va pas manquer cruellement lors de la suite de la saison. Les nouveaux protagonistes pourraient s’avérer très clivants pour les fans des deux premières saisons.

L’écriture de cette saison 3 est encore exceptionnelle, tant sur le plan du scénario que des dialogues. Certaines tirades resteront dans l’esprit des téléspectateurs comme les aveux terrifiants de Genny Savastano auprès de la femme avec laquelle il partage sa vie, Azzurra. La musique, toujours assurée par Mokadelic, est encore une fois l’atout majeur de ces prémices, haletants et éprouvants, de la saison 3.

Canal + va donc diffuser chaque jeudi soir deux épisodes de la saison 3 de Gomorra. Les épisodes sont également programmés avec des horaires différents sur Canal + Série et Canal + Décalé. Les amateurs de « binge watching » vont être aux anges. Comme la saison 3 est diffusée depuis le mois de novembre dernier en Italie (avec des cartons d’audience impressionnants), Canal + propose déjà de visionner l’intégralité des douze épisodes de cette saison 3 sur sa plateforme My Canal, accessible en ligne, sur smartphone, tablette, console de jeux  ou sur votre téléviseur. De belles nuits blanches en perspective dès ce week-end donc dans l’enfer de la mafia ! La suite des épisodes devrait entraîner Genny et ses acolytes loin de Naples. De nouveaux protagonistes, issus d’un clan rival, pourraient se montrer extrêmement menaçants après la chute de Conte et de Don Pietro.

Gomorra Saison 3 : épisodes 1 et 2 – Fiche Technique
Episode 1 : « Le mal-aimé »
Episode 2 : « Système sanglant »
Genre : Drame, Série policière
Réalisation : Claudio Cupellini
Directeur d’écriture : Leonardo Fasoli
Assistant réalisateur : Ciro Visco
Assistant réalisateur scène d’action : Enrico Rosati
Histoire : Stefano Bises, Leonardo Fasoli, Roberto Saviano
Développement des épisodes : Leonardo Fasoli, Maddalena Ravagli, Roberto Saviano
Scénario : Leonardo Fasoli, Maddalena Ravagli
D’après un livre et une idée originale de Roberto Saviano
Interprétation : Marco D’Amore (Ciro Di Marzio), Fortunato Cerlino (Don Pietro Savastano), Salvatore Esposito (Genny Savastano), Cristina Donadio (Annalisa « Chanel » Magliocca), Fabio de Caro (Malammore), Ivana Lotito (Azzurra Avitabile), Gianfranco Gallo (Giuseppe Avitabile), Cristiana Dell’Anna (Patrizia Santoro), Denise Capezza (Marinella), Giovanni Buselli (Capaebomba), Christian Giroso, Carlo Cerciello, Pasquale Esposito, Andrea Di Maria, Carlo Caracciolo, Nello Mascia, Alfredo Herrera, Edoardo Sorgente.
Distribution des rôles : Laura Muccino, Davide Zurolo (u.i.c.d.)
Producteurs : Riccardo Tozzi, Giovanni Stabilini, Marco Chimenz, Gina Gardini
Directrice de production : Alessia Sinistro
Délégué à la production : Gianluca Leoncini
Producteur exécutif : Matteo de Laurentis
Producteurs exécutifs Sky : Nils Hartmann, Roberto Amoroso, Sonia Rovai
Supervision artistique de la photographie : Ivan Casalgrandi
Directeur de la photographie : Vittorio Omodei Zorini
Montage : Patrizio Marone en collaboration avec Andrea Prosperi
Coordination des effets spéciaux : Luca Ricci
Coordinateur des cascades : Alessandro Borgese
Conception des décors : Paki Meduri
Décors : Alessandra Mura
Supervision des costumes : Veronica Fragola
Costumes : Susanna Mastroianni
Son : Alessandro Bianchi
Musique : Mokadelic
Pays d’origine : Italie
Chaîne de diffusion en France : Canal +
Nb. De saisons : 4
Nb. D’épisodes :  12
Format : 45 – 50 mn
Année de production : 2017

Phantom Thread : Chronique envoûtante d’une passion toxique

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Phantom Thread, drame intimiste étonnant aux accents hitchcockiens, expose la relation tumultueuse et passionnée entre un haut couturier londonien perfectionniste, M. Woodcock, et une jeune serveuse, devenue mannequin, au tempérament venimeux. Pour son dernier film, où la fusion amoureuse s’opère par un jeu pervers de pouvoir et de manipulation, Daniel Day-Lewis livre une nouvelle performance magistrale.

L’annonce de la fin de carrière du prodigieux acteur Daniel Day-Lewis, oscarisé à trois reprises, suscite bien des regrets dans le monde du cinéma. On ne pouvait cependant espérer de plus beaux adieux de la part de cet artiste exceptionnel, taillé presque sur mesure pour le rôle de Reynolds Woodcock. Phantom Thread est sa seconde collaboration avec le réalisateur Paul Thomas Anderson, après l’inoubliable et sanglant There Will be Blood.

Habitué à incarner des hommes torturés, Daniel Day-Lewis s’est toujours impliqué corps et âme dans ses interprétations, en se préparant pendant de longs mois et en vivant même à l’image de celui qu’il doit incarner. Ainsi, sur le tournage de My Left Foot, il refusait de quitter le fauteuil roulant de son protagoniste. Sur celui de Lincoln, il demandait à chacun de l’appeler « Président ». Pour Phantom Thread, il s’est imprégné de l’existence de grands couturiers d’époque, a appris à coudre et à reproduire des modèles. C’est précisément cette méthode d’identification totale à ces personnages, sans aucune prise de recul, qui rend l’acteur si impressionnant, tout en l’atteignant également personnellement.

phantom-thread-daniel-day-lewisBien que Daniel Day-Lewis envisage à l’avenir de se consacrer à la production et à la réalisation, cette très probable dernière occasion de l’admirer sur grand écran donne une dimension supplémentaire à Phantom Thread. Toujours phénoménal, l’acteur britannique reste un des favoris dans la course aux Oscars 2018. Verdict le 4 mars.

Avec Phantom Thread, son huitième film, Paul Thomas Anderson quitte les États-Unis pour le Londres des années 1950. Il s’inspire de la vie du couturier Cristobal Balenciaga, obsédé par son propre travail, en y ajoutant l’idée d’une romance complexe et venimeuse avec une muse bien mystérieuse.

Toute l’organisation de la maison et du travail de M. Woodcock fonctionne comme une pendule réglée à la seconde près. Reynolds, le créateur, dessine les modèles de vêtements féminins et supervise les défilés. Ses habitudes, qui doivent être scrupuleusement respectées, font de lui un véritable maniaque, parfois proche du dictateur. Éternel célibataire, il n’entretient que de courtes relations avec des jeunes femmes recrutées temporairement en qualité de mannequin. Sa grande sœur, Cyril, se charge de l’organisation matérielle et financière, ainsi que du personnel. Enfin, l’équipe de couturières travaille jour et nuit pour réaliser dans les délais les œuvres de Woodcock.

L’arrivée d’Alma, une jeune serveuse rencontrée par hasard, va progressivement bouleverser les innombrables routines quotidiennes bien rodées du grand couturier. Frontalement projetée dans un monde totalement inconnu, elle est bien décidée à le façonner par elle-même plutôt qu’à s’y soumettre. De la cuisson des asperges, scène mémorable du film, aux soirées surprises, en passant par le niveau sonore du petit déjeuner, la vie de Woodcock se transforme à un point tel qu’il ne la reconnaît plus. La muse, source d’inspiration et de création, s’impose paradoxalement comme une cause de destruction de l’univers de l’artiste.

phantom-thread-daniel-day-lewis-vicky-kriespLoin d’être une simple admiratrice, elle n’hésite pas non plus à remettre en question les choix artistiques de son compagnon, à le provoquer en cassant ses habitudes, et à le rappeler à l’ordre lorsqu’il ne lui porte pas assez d’attentions.

La ressemblance d’Alma avec la célèbre Rebecca d’Alfred Hitchcock est indéniable, qu’il s’agisse de son entrée soudaine dans la haute société, de son désir de diriger la Maison malgré la présence d’une ennemie potentielle, la sœur de Reynolds, ou de l’idée d’une surprise qu’elle veut faire à son amant avec la complicité de Cyril. Cette dernière, intrigante et proche d’une Mrs. Danvers, se confronte à Alma pour préserver sa propre influence sur le couturier.

Ce lien avec Hitchcock est renforcé par une atmosphère de huis clos à suspense. Alma et Reynolds ont chacun l’art de parfaitement cacher leur jeu. L’ancienne serveuse, complexée par son physique imposant, semblant innocente et fragile, se révèle somptueuse dans les robes du couturier et bien plus forte et intelligente qu’on aurait pu l’imaginer. A l’inverse, M. Woodcock, cherchant constamment à prouver aux autres sa puissance et sa résistance, n’échappe pas à de nombreuses faiblesses physiques comme mentales.

Toutefois, Phantom Thread reste le récit d’une passion, tantôt néfaste, tantôt bénéfique aux personnages. Le couple s’aime infiniment, mais à sa manière particulière, perverse, voire sadomasochiste. A force d’admiration comme de confrontation, deux individus de milieux et de tempéraments totalement différents, luttant pour s’imposer réciproquement, se retrouvent dans une position d’égalité et d’union parfaites. Chacun accepte de devenir la créature de l’autre : Alma en servant de modèle, à l’instar d’une véritable poupée à détailler et à habiller, Reynolds en acceptant de se retrouver à la seule merci d’une compagne aux petits soins. C’est donc par l’abandon total de soi, à la dépendance complète de l’autre, au risque de se perdre, que la fusion amoureuse s’opère.

phantom-thread-daniel-day-lewis-vicky-krieps-danse-ballonsDe façon surprenante, l’humour parvient aussi à se frayer un chemin dans le récit, pourtant profondément dramatique. Les névroses de Woodcock, les provocations outrancières d’Alma et le fonctionnement même du couple, détonnant et radical, instaurent une pointe de comique aussi subtile que savoureuse.

Au delà de son intrigue amoureuse, Phantom Thread ne néglige pas l’univers de la haute couture et présente des costumes somptueux. Les créations de Mark Bridges, qui a déjà travaillé sur les autres films de Paul Thomas Anderson et sur The Artist, permettent parfaitement de s’imprégner du style et de la mode de cette époque. Par ailleurs, la musique de Jonny Greenwood, également nommé aux oscars, participe beaucoup à l’atmosphère froide et cloisonnée de l’histoire.

Grâce à Phantom Thread, Paul Thomas Anderson enrichit son œuvre d’un film original et ambitieux sur la passion, au traitement innovant et à la mise en scène toujours impeccable. Sa dissection méthodique d’un amour vénéneux constate que si les sentiments nous font tous souffrir, l’amour demeure le seul mets empoisonné qui se consomme sans modération.

Phantom Thread – Bande annonce

Phantom Thread – Fiche technique

Réalisateur : Paul Thomas Anderson
Scénario : Paul Thomas Anderson
Interprétation : Daniel Day-Lewis (Reynolds Woodcock), Vicky Krieps (Alma), Lesley Manville (Cyril), Camilla Rutherford (Johanna), Brian Gleeson (Dr. Hardy)
Musique : Jonny Greenwood
Photographie : Paul Thomas Anderson
Montage : Dylan Tichenor
Costumes : Mark Bridges
Producteurs : Daniel Lupi, Megan Ellison, Paul Thomas Anderson, Joanne Sellar
Maisons de production : Annapurna Pictures, Focus Features, Perfect World Pictures
Distribution (France) : Universal Pictures International France
Récompenses : 2 nominations aux Golden Globes 2018 (meilleur acteur dans un film dramatique, meilleure musique), 6 nominations aux Oscars 2018 (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice dans un second rôle, meilleurs costumes, meilleure musique)
Budget : $ 35 000 000
Durée : 130 min
Genre : Drame
Date de sortie (France) : 14 février 2018
États-Unis – 2017

Pour plus d’information sur Phantom Thread

Philip K. Dick’s Electric Dreams : un potentiel gâché

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Philip K. Dick’s Electric Dreams, la nouvelle série de science fiction de Channel 4 et Amazon Video semblait très prometteuse. Elle a fait le pari d’adapter certaines œuvres du très célèbre romancier américain Philip K. Dick pour la télévision. Mais le résultat est mitigé…

Il est certain que vouloir adapter les nouvelles de K. Dick était très risqué, d’autant plus que l’auteur est culte dans son domaine. Surtout après l’excellente suite de Blade Runner (adaptation du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?). La promesse était belle autant pour les fans que pour les néophytes, mais n’est pas tenue totalement. Essayons de voir en quoi.

Etant une série d’anthologie, il était impératif d’avoir une cohésion d’ensemble entre tous les épisodes, bien qu’elle constituée d’une histoire différente à chaque fois, adaptée d’une nouvelle du romancier américain. Ce n’est pas vraiment le cas. Si certains épisodes tiennent très bien la route, comme le premier (The Hood Maker, nous suivrons l’ordre des épisodes diffusés par Channel 4), d’autres sont plus confus, voire pas convaincants du tout. C’est le cas de l’épisode 4, Crazy Diamond, dans lequel pourtant Steve Buscemi fait de son mieux pour sauver les meubles. Le scénario donne parfois l’impression de ne pas être exploité à son maximum, et cela est sûrement dû au médium même utilisé: la télévision. En effet, les épisodes durent environ 50 minutes chacun, ce qui oblige les scénaristes à condenser l’histoire. Il arrive même parfois que la fin soit expédiée trop rapidement. Le deuxième épisode, Impossible Planet, bénéficie d’une intrigue très intéressante, et est très bien fait mais la fin arrive d’un seul coup, et nous laisse sans explications. Mais peut-être est-ce une volonté de la production de laisser les spectateurs interpréter le scénario à leur convenance.

Un autre défaut qui saute aux yeux : le manque de budget quant aux effets spéciaux. Bien que passables, parfois ils donnent une impression de fausseté à l’univers. Cela lui fait perdre en crédibilité. C’est fortement dommage car la série perd en cachet. Néanmoins il faut nuancer car tout cela est rattrapé par la réalisation efficace des différents réalisateurs.

Un point appréciable cependant: les thématiques traitées sont très intéressantes. L’épisode 5, Real Life, explore par exemple la psyché humaine en se demandant jusqu’où l’on pourrait aller pour devenir quelqu’un d’autre. L’épisode 6, Human Is, peut-être le meilleur, parle du changement de personnalité et de notre amour face à notre loyauté. Force est de constater que les questions que soulèvent les nouvelles de Philip K. Dick sont bien retranscrites dans la série, en interrogeant la société du futur et notre rapport aux nouvelles technologies. A l’image de la série anglaise Black Mirror, elle explore des thèmes peu traités dans les œuvres plus conventionnelles, tout en restant une bonne œuvre de SF.

Mais la force de la production est d’avoir su intégrer de grands acteurs dans son casting, rendant le tout appréciable malgré les différents défauts évoqués. Quel plaisir de retrouver Bryan Cranston, Steve Buscemi, ou la chanteuse Janelle Monáe, des personnes que l’on adore, en somme ! Ils confèrent à leurs personnages un aspect indéniablement humain et attachant. Ainsi l’on a envie de suivre le contrôleur de train, incarné par Timothy Spall dans The Commuter, dans la ville imaginaire dans laquelle il échappe à son quotidien.

Voilà. Philip K. Dick’s Electric Dreams est une série au potentiel gâché. Une série qui a indéniablement des défauts, mais qui malgré tout a aussi de beaux points positifs. Une série qui rayonne de par son casting flamboyant. A découvrir pour ses acteurs.

Philip K. Dick’s Electric Dreams: Bande Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=RtX_LVwEJhA

Philip K. Dick’s Electric Dreams : Fiche Technique

Réalisation: Julian Jarrold, David Farr, Tom Harper, Marc Munden…
Scénarios: Matthew Graham, Jack Thorne, Tony Grisoni, Ronald D. Moore… tous basés sur les nouvelles de Philip K. Dick.
Acteurs principaux: Bryan Cranston, Steve Buscemi, Juno Temple, Timothy Spall…
Production: Lynn Horsford, Rupert Ryle-Hodges, Dan Winch
Producteurs délégués: Ronald D. Moore, Bryan Cranston, Michael Dinner, James Degus…
Premier épisode: Diffusé à l’origine le 17 Septembre sur Channel 4
Nombre de saisons: 1
Nombre d’épisodes: 10
Durée: 50 minutes
Genre: Science-fiction
Chaîne d’origine: Channel 4 mais disponible sur Amazon Video

Mother! et Les Proies sont disponibles en DVD & Blu-Ray

Deux des longs-métrages les plus passionnants de l’année débarquent DVD. D’un côté, l’iconoclaste et dévastateur Mother! de Darren Aronofsky, et de l’autre Les Proies le drame récompensé de Sofia Coppola.

Un des films les plus décriés de l’année est désormais disponible en Bluray/DVD depuis le 23 janvier. Il s’agit du dernier long-métrage de Darren Aronofsky (Noé, Black Swan, Requiem for a dream). Terriblement malsain pour certains, grandiose pour d’autres, Mother! a divisé la critique et le public. Était-ce évitable ? Le parti pris est radical et offre une immersion anxiogène dans l’intimité d’un couple porté par Jennifer Lawrence et Javier Bardem. L’œuvre devient rapidement une métaphore sur l’environnement et l’impact néfaste de l’homme sur la planète. A cela s’ajoute un propos biblique qui traverse le film et renforce son propos humaniste. Mother! ne peut faire l’unanimité et ici réside sa force : c’est un véritable choc psychologique qui joue avec tous les sens du spectateur. Que le film soit brillant ou lamentable, on n’en sort définitivement pas indemne. Retrouvez notre critique du film ici.

Un peu plus académique, Les Proies de Sofia Coppola est une relecture du film éponyme de Don Siegel sorti en 1971. Le film conte le drame intimiste d’un soldat blessé, en pleine guerre de sécession, recueilli dans un pensionnat de jeunes filles. Le DVD du long-métrage est disponible depuis le 2 janvier 2018. Récompensé au Festival de Cannes par le prix de la mise en scène, Les Proies brille d’abord par son casting impeccable : Nicole Kidman, Elle Fanning, Kirsten Dunst et Colin Farrel. Le film s’éloigne des éléments les plus terribles de l’œuvre originale (racisme, inceste..) pour se concentrer sur l’ambiguïté et la tension qui relient les personnages. Retrouvez notre critique du film ici.

Caractéristiques techniques DVD et Blu-Ray du film Mother!

mother-sortie-bluray-dvdImage : 16/9 1.78:1
Audio : Anglais, Français, Italien et Espagnol Dolby Digital AC3
Surround 5.1
Sous-titres : Anglais, Danois, Français, Italien, Espagnol
Durée : 1h56
Caractéristiques techniques du Blu-ray™:
Image : 16/9 1.78:1
Audio : Anglais Dolby Atmos, Anglais (audiodescription), Français, Allemand, Italien, Japonais et Espagnol Dolby Digital AC3
Surround 5.1
Sous-titres : Anglais (sourds et malentendants), Arabe, Malaisien, Chinois, Mandarin, Tchèque, Danois, Néerlandais, Estonien, Finnois, Français, Allemand, Grec, Hébreu, Hindi, Hongrois, Islandais, Italien, Japonais, Coréen, Letton, Lituanien, Norvégien, Portugais, Roumain, Slovaque, Espagnol, Suédois, Thaï et Turc
Durée : 2h01 – Bonus DVD et Blu-ray™ : Mother! la spirale infernale/ Le maquillage dans Mother !

Caractéristiques techniques DVD et Blu-Ray du film Les Proies.

sortie-dvd-bluray-les-proiesImage : 16:9 1.66:1 / Durée : 1h29
Audio : Anglais, Français et Italien Dolby Digital 5.1, Anglais
(bonus audio) Dolby Digital 2.0
Sous-titres : Anglais (sourds et malentendants), Néerlandais,Français et Italien
Caractéristiques techniques du Blu-ray™ :
Image : 16:9 1.66:1 / Durée : 1h33
Audio : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1, Français et Italien DTS
Digital Surround 5.1, Anglais (bonus audio) Dolby Digital 2.0
Sous-titres : Anglais (sourds et malentendants), Néerlandais, Français et Italien
Bonus DVD et Blu-ray™ : Un changement de perspective / Un style du sud

Bande-annonce : Mother!

Bande-annonce : Les Proies

https://www.youtube.com/watch?v=4hkmdX5dL6E

 

Johnny Guitare, le western revisité par Nicholas Ray

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Mercredi 14 février ressort sur nos écrans Johnny Guitare, western féministe et anti-maccarthyste fortement imprégné par la personnalité de son réalisateur, le grand Nicholas Ray.

Synopsis : un homme arrive dans le saloon tenu par Vienna, une femme forte qui s’est installée ici en espérant une forte hausse de la valeur de son terrain suite à l’arrivée du chemin de fer. Emma, riche propriétaire terrienne, veut (au minimum) expulser Vienna en l’accusant de protéger Dancin’Kid, qui a la réputation d’être un bandit. Le frère d’Emma vient d’être tué et tous les regards se tournent vers le Kid.

A l’origine, Johnny Guitare n’a été conçu que pour Joan Crawford, dont il fallait faire repartir la carrière. De fait, beaucoup, à la sortie du film, sont passés à côté de ce chef d’œuvre du western qui doit surtout sa qualité à la maîtrise de Nicholas Ray.

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Les lieux communs du western…

Johnny Guitare est un western et, en cela, il remplit parfaitement le contrat. Il y a des bandits, une attaque de diligence et de banque, une chevauchée, des fusillades, un groupe de lyncheurs, etc. Et surtout, on y retrouve le conflit qui est au centre d’une grande partie des films du genre, celui des riches propriétaires terriens qui s’opposent à ceux qui voudraient réduire leur puissance. Parmi les motivations qui animent Emma, il y en a deux qui sont essentielles : la jalousie (elle est amoureuse du Kid et ne supporte pas qu’il soit l’amant de Vienna) et la volonté de ne pas partager ses terres.

L’arrivée du chemin de fer est aussi un lieu commun du genre (comment, de nos jours, ne pas penser à Il était une fois dans l’Ouest, bien évidemment ?). Ici, il est d’emblée associé à la violence. Pour le chemin de fer, on fait exploser la montagne à grands coups de dynamites. Et pour conserver son petit bout de terrain, qu’elle souhaite transformer en gare, Vienna risque d’être obligée d’avoir recours à la violence.

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…revus par Nicholas Ray

Mais si on regarde Johnny Guitare plus en détail, on se rend facilement compte que Nicholas Ray s’amuse à jouer avec les codes du genre. Le plus flagrant, bien entendu, est le rôle accordé aux personnages féminins. Ici, les femmes ne sont pas des faire-valoir dont le rôle serait de mettre en lumière la virilité des héros. Tout le scénario tourne autour de Vienna : le Kid est amoureux d’elle et jaloux de Johnny, Emma est jalouse d’elle, son saloon est vu comme une menace par les propriétaires terriens des environs, McIvers veut carrément inventer des lois pour pouvoir l’exclure. Vienna s’habille en pantalons et porte un ceinturon avec un colt, dont elle sait très bien se servir.

Face à elle, l’autre personnage féminin, Emma, est elle aussi d’un caractère bien trempé. Elle donne des ordres aux hommes autour d’elle, y compris au marshall. D’ailleurs, les personnages masculins du film se démarquent par leur puérilité (dans le meilleur des cas), voire leur lâcheté. La bande de Dancin’Kid est constituée de gamins qui passent leur temps à se chamailler.

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Des personnages en quête de respectabilité

Au milieu de tout cela, Johnny Guitare apparaît comme une figure décalée d’anti-héros. Au début, il assiste à l’attaque de la diligence sans remuer le petit doigt. Ensuite, il s’intercale entre les hommes d’Emma et la bande du Kid, qui menaçaient de s’entre-tuer, et il désamorce la situation très tendue en jouant un air de guitare.

Ces personnages se révèlent être typiques du cinéma de Nicholas Ray. Le réalisateur s’est approprié les codes du western pour en faire un film personnel. Dans le premier plan du film, Johnny va à contre-courant, seul : tout est déjà là. Vienna est un personnage typique de Nicholas Ray également, une marginale en quête de respectabilité, rejetée par ceux qui représentent « la bonne société » ou les institutions. On retrouve encore ces caractéristiques chez Turkey, le plus jeune de la bande du Kid, personnage fragile qui se façonne une image de dur à cuire, comme le fera James Dean (qui avait admiré Johnny Guitare) quelques années plus tard dans La Fureur de vivre, ou comme Les Amants de la nuit (la première réalisation de Ray). Enfin, le scénario cherche des explications (qui ne sont pas excuses, cependant) aux actions des bandits qui, normalement, devraient être les méchants de l’histoire.

Finalement, Ray s’amuse, à travers ses personnages, à inverser les lieux communs du western. Le marshall est du côté des méchants, de même que tous ceux qui représentent la loi. Le législateur lui-même est dans l’illégalité, puisqu’il crée des lois uniquement pour arriver à ses fins personnelles. A ce titre, beaucoup ont interprété Johnny Guitare comme une attaque déguisée contre le MacCarthysme, Vienna représentant les victimes de la chasse aux sorcières menacés d’être expulsés de chez eux par des lois iniques. La présence au générique de Ward Bond dans le rôle de McIvers (le personnage qui exige l’expulsion de Vienna) semble confirmer cette hypothèse, l’acteur (un des seconds rôles fétiches de John Ford) faisant partie d’un groupe d’extrême-droite particulièrement virulent lors de la chasse aux sorcières (Nicholas Ray affirme d’ailleurs que l’acteur n’a jamais vraiment compris son rôle dans le film).

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La violence comme une fatalité

De plus, Ray insuffle une dimension tragique à son film (ce qui est une autre caractéristique de son cinéma). Les événements s’enchaînent inexorablement. Dès le début, on sait que le pire est à prévoir, et le spectateur a l’impression qu’une fatalité s’abat sur les personnages.

Cette fatalité, c’est celle de la violence. Emma et McIvers sont dans le monde de la violence, là où Vienna et Johnny essaient d’en sortir (là aussi, c’est un thème typique de Nicholas Ray : ses personnages sont victimes de la violence ambiante).

Mal accueilli à sa sortie, Johnny Guitare est pourtant un très grand film. Certaines scènes sont particulièrement marquantes, comme la séquence du saloon, au début du film, ou la chevauchée au milieu des explosions. Le cinéaste parvient à maintenir son film sous une tension permanente et n’a pas son pareil pour filmer la violence. Les quelques plans du duel entre Johnny et Bart sont, à ce titre, absolument remarquables (même si, là aussi, le cinéaste s’amuse avec un des lieux communs du western, le duel dans la rue, coupant le combat par des plans de dialogue entre Vienna et le Kid). Enfin, la psychologie des personnages est approfondie et leurs rapports sont complexes, sans compter les différentes interprétations du film (psychanalytique, politique, etc.). L’air de rien, Johnny Guitare est un film personnel, typique du cinéma de Nicholas Ray, ce réalisateur dont l’influence fut prépondérante sur des cinéastes comme Wenders ou Tarantino.

Johnny Guitare : bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=BO0wocjD_Ys

Johnny Guitare : fiche technique

Titre original : Johnny Guitar
Réalisateur : Nicholas Ray
Scénario : Philip Yordan, Ben Maddow, Nicholas Ray, d’après le roman de Roy Chanslor
Interprètes : Joan Crawford (Vienna), Sterling Hayden (Johnny Logan, dit Johnny Guitare), Mercedes McCambridge (Emma Small), Scott Brady (Dancin’Kid), Ward Bond (McIvers), Ernest Borgnine (Bart Lonergan), John Carradine (Tom)
Musique : Victor Young
Montage : Richard L. Van Enger
Photographie : Harry Stradling
Producteur : Nicholas Ray
Société de production : Republic Pictures Corporation
Société de distribution : Republic Pictures Corporation
Genre : western
Date de sortie initiale en France : 10 novembre 1954
Date de reprise : 14 février 2018
Durée : 110 minutes

États-Unis – 1954

Les 15 meilleures scènes de sexe au cinéma

Vous n’êtes pas d’humeur romantique pour la Saint-Valentin ? Vous ne supportez plus cette météo froide et neigeuse ? Faisons grimper la température avec notre top 15 des scènes de sexe les plus caliente du cinéma !

Il existe tellement de scènes de sexe marquantes, intéressantes, puissantes, excitantes que nous avons évidemment bien été obligés de sélectionner les fameuses scènes. Nous avons alors procédé à un sondage pour que les rédacteurs mettent en avant les scènes qu’ils voulaient défendre à tout prix. Nous avons également échangé afin de mieux cerner les films qui devaient entrer à tout prix dans cet article. Le but n’est évidemment pas de présenter des scènes qui nous émoustillent (en tout cas pas uniquement…), chaque rédacteur défendra l’importance des scènes de sexe dans le film, ce qu’elles signifient dans le récit, ce qu’elles impliquent pour les personnages… Dans le cadre de cet article, certains films paraissent indispensables aux yeux de la plupart des rédacteurs et plus globalement des cinéphiles (Nymphomaniac, Love…), d’autres sont certainement plus surprenantes par leur « confidentialité » (Possession…). Sensuelles, bizarres, érotiques, drôles… nous avons voulu vous proposer un classement varié tout comme l’est le sexe dans notre vie. Et c’est toujours un excellent moyen de vous donner envie de voir ou de revoir ces films qui ont marqué le cinéma pour différentes raisons et pas uniquement grâce au sexe.

 

15/ Crash

Réalisé par David Cronenberg.

Avec James Spader, Holly Hunter, Rosanna Arquette, Deborah Kara Unger et Elias Koteas.

Synopsis : James et Catherine Ballard, un couple dont la vie sexuelle s’essouffle quelque peu, vont trouver un chemin nouveau et tortueux pour exprimer leur amour grâce aux accidents de voiture. A la suite d’une violente collision, ils vont en effet se lier avec des adeptes des accidents…

On en retient quoi ? : « J.G Ballard désignait son livre comme le premier roman pornographique ayant un rapport avec la technologie. Il fallait donc bien un cinéaste comme David Cronenberg pour mettre en scène l’érotisme singulier de Crash. Le canadien adepte de la transformation des corps trouve ici un terreau fertile pour filmer ses obsessions. Parlant de paraphilie, faisant cohabiter la mort et la jouissance, Crash met en scène non seulement une fusion des corps, mais également une fusion du corps et du métal. Les nombreuses scènes de sexe qui ponctuent le film dégagent un potentiel érotique rarement atteint au cinéma. Malgré leur froideur mécanique, elles témoignent d’une obsession de la part de leurs protagonistes, celle d’une jouissance interdite. Au travers d’un gourou énigmatique en la personne de Vaughn, Ballard et sa femme découvrent une nouvelle facette de leur sexualité qui culmine dans un climax fascinant au sein d’un car wash. »  Par Maxime Thiss

https://www.youtube.com/watch?v=GXfZBMu4OPU

14/ A l’Ombre de la Haine

Réalisé par Marc Foster.

Avec Billy Bob Thornton, Halle Berry, Heith Ledger et Dante Beze.

Synopsis : Dans une petite ville du sud des Etats-Unis, Hank Grotowski, comme son père Buck avant lui, travaille au quartier des condamnés à mort au sein de la prison locale. Son fils Sonny y fait également ses débuts. Hank a depuis longtemps appris à être distant et froid, tandis que Sonny fait preuve d’une grande sensibilité. Tous deux sont en charge de l’exécution capitale de Lawrence Musgrove, un Noir dont le passe-temps favori est de dessiner des portraits. Sa femme Leticia et son fils Tyrell viennent régulièrement lui rendre visite. A la suite de tragiques événements, Hank et Leticia vont être amenés à faire connaissance. Cette rencontre va bouleverser leur existence.

On en retient quoi ? : « Parmi le propos froid et pessimiste du film, une scène résonne comme une véritable libération de l’ambiance pesante et froide du film, alors que les corps et âmes des deux personnages principaux se rencontrent. Tout semble les opposer : Leticia Musgrove (incarnée par Halle Berry), femme de couleur, élève seule son jeune garçon de 10 ans. Son mari se fait exécuter sur la chaise électrique à la prison où travaille Hank Grotowski (incarné par Billy Bob Thornton), éduqué dans la rigueur par un père raciste, et chargé d’accompagner le condamné au cours de sa dernière journée. Le destin les rapprochera lorsque leurs deux garçons respectifs meurent : l’un se suicide, l’autre se fait heurter par une voiture qui prend la fuite. Particulièrement longue (un peu moins de 4 minutes), la scène de sexe qui nous intéresse ici intervient peu de temps après les événements, alors que Hank et Leticia évoquent leurs actions en tant que parents. La scène est brute, avec comme seul accompagnement les gémissements de nos protagonistes, les claquements de leur chair qui s’entrechoque et le grincement du canapé complice de leur acte. Véritable exutoire de leurs vies, le coït des deux personnages est aussi un moyen pour eux, comme pour le spectateur, de retrouver le souffle que le développement du film force de retenir. Sentiment renforcé par la symbolique des images courtes entrecoupant l’action : celles d’un oiseau en cage que Leticia libère. »  Par Jean-Pierre Horckman

13/ L’Empire des Sens

Réalisé par Nagisa Oshima.

Avec Eiko Matsuda, Tatsuya Fuji, Aoi Nakajima et Hiroko Fujino.

Synopsis : 1936, dans les quartiers bourgeois de Tokyo. Sada Abe, ancienne prostituée devenue domestique, aime épier les ébats amoureux de ses maîtres et soulager de temps à autre les vieillards vicieux. Son patron Kichizo, bien que marié, va bientôt manifester son attirance pour elle et va l’entraîner dans une escalade érotique qui ne connaîtra plus de bornes.

On en retient quoi ? : « Parmi les films qui ont fait scandale par leur représentation de la sexualité, L’Empire des sens, du Japonais Nagisa Oshima, est une référence. Inspiré d’une histoire vraie, le film montre un couple qui va s’adonner à des actes sexuels non simulés, ce qui causera son interdiction au Japon ainsi qu’une plainte contre le cinéaste pour obscénité. Ce qui est, en partie, l’objectif du réalisateur, qui a passé sa carrière à secouer le conformisme nippon et à s’opposer à l’image trop lisse du Japon. Mais plus que cela, Empire des sens est aussi l’histoire de deux êtres qui vont laisser libre cours à leur passion, une passion qui va les entraîner à se couper du monde et de la réalité, à rechercher toujours plus de plaisir, jusqu’à atteindre les limites du corps. Non content de bouleverser la société japonaise, Oshima filme une passion absolue, jusqu’au-boutiste, métaphysique. »  Par Hervé Aubert

12/ Watchmen – Les Gardiens

Réalisé par Zack Snyder.

Avec Patrick Wilson, Jackie Earle Haley, Malin Akerman, Matthew Goode, Jeffrey Dean Morgan, Billy Crudup et Carla Cugino.

Synopsis : Aventure à la fois complexe et mystérieuse sur plusieurs niveaux, Watchmen – Les Gardiens – se passe dans une Amérique alternative de 1985 où les super-héros font partie du quotidien et où l’Horloge de l’Apocalypse -symbole de la tension entre les États-Unis et l’Union Soviétique- indique en permanence minuit moins cinq. Lorsque l’un de ses anciens collègues est assassiné, Rorschach, un justicier masqué un peu à plat mais non moins déterminé, va découvrir un complot qui menace de tuer et de discréditer tous les super-héros du passé et du présent. Alors qu’il reprend contact avec son ancienne légion de justiciers -un groupe hétéroclite de super-héros retraités, seul l’un d’entre-eux possède de véritables pouvoirs- Rorschach entrevoit un complot inquiétant et de grande envergure lié à leur passé commun et qui aura des conséquences catastrophiques pour le futur. Leur mission est de protéger l’humanité… Mais qui veille sur ces gardiens ?

On en retient quoi ? : « Dans l’outrance généralisée – mais toujours intelligente – que propose Zack Snyder dans son Watchmen (2009), la scène de sexe entre les personnages du Hibou et du Spectre Soyeux ne déroge pas à la règle. Une séquence de répit pour nos héros qui s’octroient un moment de calme avant la tempête, où les effusions sexuelles précèdent les effusions de sang à venir. À bord de leur vaisseau, surplombant la ville comme pour mieux signifier que ce moment d’intimité est hors du temps, mais surtout de l’espace, le couple fait tomber le masque. Au sens littéral, puisqu’ils se dévêtissent à la vitesse de l’éclair, mais surtout métaphorique car ils n’avaient jamais réussi à franchir le pas sans leur uniforme derrière lequel ils se cachent, tout en se sentant enfin eux-mêmes. Le tout est orchestré sur fond d’un « Hallelujah » de Leonard Cohen désacralisé, détruit par cet acte ô combien pécheur, mais révélateur de leur mal-être et de leur quête identitaire. Pourtant, l’alchimie semble parfaite, et il ne manquait qu’un gros bouton rouge déployant un geyser de flammes sorties d’entre les yeux du hibou mécanique pour sublimer ce tableau volontairement grossier, devant lequel on hésite entre s’offusquer et crier au génie. »  Par Jules Chambry

11/ Possession

Réalisé par Andrzej Zulawski.

Avec Isabelle Adjani, Sam Neill, Margit Carstensen et Heinz Bennent.

Synopsis : Rentrant d’un long voyage, Marc retrouve à Berlin sa femme Anna et son fils, Bob. Mais rapidement, il se rend compte que le comportement de sa femme a changé. Prise de violentes crises, elle quitte le domicile. L’amie du couple, Annie, révèle à Marc le nom de l’amant d’Anna, Heinrich. Lorsqu’elle disparaît, Marc engage un détective qui découvre bientôt qu’Anna s’est réfugiée dans une étrange demeure où semble se cacher une créature surgie des ténèbres.

On en retient quoi ? : « Tomber sur sa femme en plein ébats avec son amant, voilà quelque chose de très désagréable. Ce n’est d’ailleurs pas Sam Neill qui vous dira le contraire, surtout quand on voit la tronche de l’amant de sa compagne. Dans Possession, Zulawski parle d’un couple qui périclite au sein d’une ville, elle-même tiraillée en deux. Entre les éructations lyriques et hystériques du couple, une scène marque particulièrement les esprits. C’est celle de Mark le mari trompé qui se retrouve dans cet appartement insalubre et découvre l’adultère de sa femme, Anna de ses yeux. Un adultère consommé non pas avec un autre homme, mais une bête tentaculaire et visqueuse. C’est à ce moment là et l’image de l’angélique Isabelle Adjani pénétrée par ce monstre que le titre Possession prend toute son ampleur, et laisse le pauvre Sam Neill impuissant devant cette vision cauchemardesque annonçant un avenir funeste. » Par Maxime Thiss

10/ Hypertension

Réalisé par Mark Neveldine et Brian Taylor.

Avec Jason Statham, Amy Smart, Jose pablo Cantillo et Efren Ramirez.

Synopsis : Chev Chelios est un tueur à gages qui n’a pas rempli un banal contrat : la veille, il a en effet raté sa cible. Et ce matin-là, Chev est réveillé par un coup de téléphone de bien mauvais augure. A l’autre bout du fil, le malfrat Ricky Verona lui apprend qu’il a été empoisonné dans son sommeil et qu’il ne lui reste qu’une heure à vivre…
Désormais, Chelios ne doit surtout pas rester immobile – sous peine de mourir d’un instant à l’autre : il lui faut stimuler son adrénaline pour empêcher le poison de provoquer un arrêt cardiaque. Dans une terrible course contre la montre, Chev parcourt les rues de Los Angeles, n’hésitant pas à affronter ceux qui osent se mettre en travers de sa route. Il n’a dorénavant d’autre choix que de trouver l’antidote lui permettant d’échapper à une mort certaine…

On en retient quoi ? : « Probablement ce qui se rapproche le plus du plaisir coupable dans cette liste. Hypertension (Crank) met Jason Statham dans une situation aussi délirante que grotesque. Victime d’un empoisonnement, le tueur à gage doit, s’il veut survivre, remonter son taux d’adrénaline à intervalle régulier. Après moult situations dopantes à base d’action et d’humour cartoon, la logique des deux réalisateurs culmine dans cette séquence de coït à la beauferie assumée. Assumant le jusqu’au boutisme grotesque de son corps de héro d’action, Statham s’en donne a cœur joie dans ce petit moment de débilité crasse. Tout de même malins dans leur démarche, Neveldine et Taylor jouent avec la posture voyeuriste d’un public faussement outré qui en redemande. Astucieux, même si un peu gênant avec du recul. »  Par Vincent B. 

9/ Nymphomaniac

Réalisé par Lars Von Trier.

Avec Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgard, Stacy Martin, Shia Labeouf, William Defoe et Uma Thurman.

Synopsis : La folle et poétique histoire du parcours érotique d’une femme, de sa naissance jusqu’à l’âge de 50 ans, racontée par le personnage principal, Joe, qui s’est auto-diagnostiquée nymphomane. Par une froide soirée d’hiver, le vieux et charmant célibataire Seligman découvre Joe dans une ruelle, rouée de coups. Après l’avoir ramenée chez lui, il soigne ses blessures et l’interroge sur sa vie. Seligman écoute intensément Joe lui raconter en huit chapitres successifs le récit de sa vie aux multiples ramifications et facettes, riche en associations et en incidents de parcours.

On en retient quoi ? : « L’œuvre de Lars Von Trier est remplie de scènes de sexe crues, parfois loufoques. Elle explore en effet l’apprentissage sexuel de Joe, auto-diagnostiquée nymphomane. Le réalisateur offre une vision nihiliste mais néanmoins intéressante de ce thème, en le représentant comme nul autre. Nous retiendrons par exemple la scène de sa première fois, avec son premier – et seul – amour, qui reviendra comme un écho beaucoup plus tard dans le film. Un écho sombre qui s’éteindra cruellement, revenant hanter la protagoniste principale des chiffres 3+5… »  Par Flora Sarrey

https://www.youtube.com/watch?v=p_LEq5ALHNM

8/ Love

Réalisé par Gaspar Noé.

Avec Karl Glusman, Aomi Muyock et Klara Kristin.

Synopsis : Un 1er janvier au matin, le téléphone sonne. Murphy, 25 ans, se réveille entouré de sa jeune femme et de son enfant de deux ans. Il écoute son répondeur. Sur le message, la mère d’Electra lui demande, très inquiète, s’il n’a pas eu de nouvelles de sa fille disparue depuis longtemps. Elle craint qu’il lui soit arrivé un accident grave. Au cours d’une longue journée pluvieuse, Murphy va se retrouver seul dans son appartement à se remémorer sa plus grande histoire d’amour, deux ans avec Electra. Une passion contenant toutes sortes de promesses, de jeux, d’excès et d’erreurs…

On en retient quoi ? : « Il y a quelque chose de divin dans la manière que Gaspar Noé a de filmer les corps en extase. Une poésie visuelle. Un opéra tragique dont la voix ferait trembler les cœurs. Les couleurs magnifiques, souvent rouges, mettent en scène une passion débordante. Violence et sensualité se mêlent pour proposer au public quelque chose de rarement vu au cinéma. La caméra de Gaspar Noé filme l’alchimie naturelle des corps sans artifice, sans jeu ni simulation. Les scènes de sexe ont le mérite d’être réalistes mais surtout de sublimer l’acte. Comme à son habitude, le réalisateur flirte avec les tabous pour offrir au cinéma ce qu’il y a de plus beau. Des coïts de couple aux plans à trois, il choisit souvent de capturer les scènes d’en haut pour faire de ce qui se déroule sur nos yeux, un tableau rempli de désir. Quand on sait que le film suit autant les méandres d’une relation que ceux des corps nus, on ne peut que d’autant plus apprécier cette fresque sexuelle aussi mélancolique que romantique. Que Gaspar Noé continue à être provocateur si c’est pour porter sur grand écran de tels chefs d’oeuvre visuels.»  Par Gwennaëlle Masle

7/ Moonlight

Réalisé par Barry Jenkins.

Avec Alex R. Hibbert, Ashton Sanders, Trevante Rhodes et Mahershala Ali.

Synopsis : Après avoir grandi dans un quartier difficile de Miami, Chiron, un jeune homme tente de trouver sa place dans le monde. Moonlight évoque son parcours, de l’enfance à l’âge adulte

On en retient quoi ? : « Moonlight est un drame intime d’une extrême délicatesse, en témoigne sa scène de sexe. Sur une plage de Miami, sous un clair de lune aux reflets bleus, Chiron a sa première expérience sexuelle avec un ami d’enfance, Kevin. D’abord sur la défensive, ayant peur de dévoiler son homosexualité, l’adolescent laissera finalement tomber sa tête sur l’épaule de son premier amour. En choisissant de ne montrer les deux garçons que de dos ou alors juste la main de Chiron qui se referme sur le sable, le film préserve ainsi la délicatesse de ce premier émoi amoureux de même que la pudeur de ce personnage si réservé et délivre une scène d’une beauté bouleversante. »  Par Perrine Mallard

https://www.youtube.com/watch?v=fC0OyHMpP1I

6/ Mulholland Drive

Réalisé par David Lynch.

Avec Naomi Watts, Laura Harring, Justin Theroux et Ann Miller.

Synopsis : A Hollywood, durant la nuit, Rita, une jeune femme, devient amnésique suite à un accident de voiture sur la route de Mulholland Drive. Elle fait la rencontre de Betty Elms, une actrice en devenir qui vient juste de débarquer à Los Angeles. Aidée par celle-ci, Rita tente de retrouver la mémoire ainsi que son identité.

On en retient quoi ? : « Dans Mulholland Drive, la scène d’intimité partagée entre Betty et Rita cristallise la tension sexuelle qui les relie. Betty aide Rita à se souvenir de qui elle est, et les deux vont vivre une aventure inédite ensemble. Le moment semble irréel, comme suspendu dans le temps, caractéristique du rêve qu’elles sont en train de vivre. La musique d’Angelo Badalamenti sublime le tout et la réalisation discrète de David Lynch renforce la beauté de l’instant. »  Par Flora Sarrey

5/ Basic Instinct

Réalisé par Paul Verhoeven.

Avec Michael Douglas, Sharon Stone, Jeanne Tripplehorn et George Dzundza.

Synopsis : Nick Curran, inspecteur de police à San Francisco, enquête sur le meurtre d’une star du rock, Johnny Boz, tué de trente et un coups de pic à glace par une inconnue alors qu’il faisait l’amour. Nick apprend que le chanteur fréquentait Catherine Tramell, riche et brillante romancière. Au cours de son enquête, il s’aperçoit que les parents de Catherine sont morts dans un accident suspect, que son professeur de psychologie a été assassiné dix ans plus tôt à coups de pic à glace et qu’enfin, une de ses meilleures amies a, en 1956, tué ses trois enfants et son mari.

On en retient quoi ? : « Le public se souvient de manière implicite et quasi instantanée de la scène de l’interrogatoire : Sharon Stone, face à des policiers à cran, habillée d’une robe moulante, croisant et décroisant ses jambes, laissant entrevoir l’absence de sous-vêtement. Pourtant, il ne faut pas réduire Basic Instinct à cette seule scène, aussi culte soit elle. Car dans ce thriller érotique empli de tension sexuelle, les scènes torrides ne se limitent pas qu’à une glorification des corps. Bien sûr, la scène « maîtresse » entre Douglas et Stone, d’une sensualité et douceur sans égal, est la définition même de l’érotisme, de la manifestation d’une passion charnelle. Mais il ne faut pas pour autant oublier la brutalité et la bestialité du coït à la limite du viol entre le personnage principal et Jeanne Tripplehorn, la relation du début se terminant dans un bain de sang, ou tout simplement une danse explicite entre Stone et une autre demoiselle. Paul Verhoeven, grand professionnel des intrigues malsaines où le spectateur ne peut ni s’appuyer ni s’accrocher au moindre repère dit moralement bon, a encore frappé ! »  Par Kévin Beluche

4/ A History of Violence

Réalisé par David Cronenberg.

Avec Viggo Mortensen, Maria Bello, Ed Harris et William Hurt.

Synopsis : Tom Stall, un père de famille à la vie paisiblement tranquille, abat dans un réflexe de légitime défense son agresseur dans un restaurant. Il devient alors un personnage médiatique, dont l’existence est dorénavant connue du grand public…

On en retient quoi ? : « *spoiler alert* Edie (Maria Bello) et Tom Stall (Viggo Mortensen) mènent une vie tranquille dans une petite ville de l’Indiana. Soudain, un événement inattendu vient bouleverser leur routine et fait resurgir le passé de Tom Stall, qui est en réalité Joey Cusack, un ancien chef de gang. Quand la vérité éclate, Edie se sent trahie : elle a épousé un criminel, et réalise que toute sa vie est un mensonge, une vaste imposture. Une dispute décisive éclate : Edie frappe son mari, Tom prend violemment sa femme dans les escaliers, l’étrangle. Ils se battent, puis l’affrontement se transforme en scène de sexe enragée où transparaît leur passion, mais aussi toute l’ambiguïté de la situation : d’un côté, Tom la retient car il l’aime et redoute de la perdre, mais il montre son vrai visage et laisse sa nature s’exprimer, cette violence viscérale. Il tombe le masque. De l’autre, Edie le rejette mais ne peut pas résister car elle l’aime aussi, mais le hait, justement car elle est condamnée à l’aimer. Comment pardonner, comment réparer ? Cette scène, qui est à la fois une scène de rupture et de réconciliation, cristallise tous les enjeux de l’intrigue et exprime à la perfection le basculement d’un couple dans une spirale infernale où toute forme de communication semble impossible. Magistral. »  Par Marushka Odabackian

3/ Team America – Police du Monde

Réalisé par Trey Parker et Matt Stone.

Avec Trey Parker, Matt Stone, Phil Hendrie et Kristen Miller.

Synopsis : Team America est une unité d’élite qui se bat sous toutes les latitudes pour assurer notre sécurité. Apprenant qu’un dictateur mégalo s’apprête à livrer des armes de destruction massive à une organisation terroriste, le groupe se lance une fois de plus dans la bataille…

On en retient quoi ? : « Tourné intégralement avec des pantins comme seuls protagonistes, Team America se veut un grand doigt levé à la face des blockbusters d’action américain. Il faut dire que ses réalisateurs, Trey Parker et Matt Stone (qui sont également les créateurs de la cultissime série South Park) sont des habitués de la subversion et de la satire. Aussi est-il évident qu’une scène de sexe dans un tel film se doive d’être exceptionnelle autant que subversive pour marquer les esprits ; de la même manière que les scènes de sexe centrales des blockbusters servent à réveiller et exciter les spectateurs pour la suite du film. Préparez-vous donc à un montage de deux minutes de plans montrant les deux personnages principaux du film, Gary Johnston et Lisa, dans toutes les positions qui vous viennent à l’esprit en ce moment. Mais qui dit Matt Stone et Trey Parker, dit aussi insolence et humour cinglant.. Aussi, après avoir vu deux pantins passer du missionnaire à la petite cuillère, en passant par la levrette, l’amazone et le 69, aurez-vous le plaisir de les voir culminer dans la scatophilie. La séquence, sublimée par une chanson ô combien satirique de Trey Parker « Only a Woman », s’achève sur de belles paroles d’amour. Une conclusion parfaite pour une séquence crescendo humoristique culte. » Par Jean-Pierre Horckman

https://www.youtube.com/watch?v=P38zPRV7kY0

2/ Black Swan

Réalisé par Darren Aronofsky.

Avec Natalie Portman, Mila Kunis, Vincent Cassel et Winona Ryder.

Synopsis : Rivalités dans la troupe du New York City Ballet. Nina est prête à tout pour obtenir le rôle principal du Lac des cygnes que dirige l’ambigu Thomas. Mais elle se trouve bientôt confrontée à la belle et sensuelle nouvelle recrue, Lily…

On en retient quoi ? : « Une scène de sexe entre femmes, et entre deux bombes qui plus est, c’est le summum de l’action érotogène. Une telle scène est visible dans Black Swan de Darren Aronofsky, un des films marquants de l’année 2010. Le Cygne noir (Mila Kunis) et le Cygne blanc (Natalie Portman) donnent de leur personne dans une scène qui dure plus de 2 minutes. Amies dans la vie, les deux actrices ont avoué avoir eu encore plus de mal à la tourner, cette fameuse scène. Mais Aronofsky étant Aronofsky, les choses ne sont jamais aussi limpides. C’est l’art et non pas la gaudriole qui est toujours au centre de son propos, ou plus précisément les affres de l’artiste, et il nous en a encore fait une démonstration gratinée avec le récent Mother. Du coup, ce qu’on croit voir n’est pas ce qui est vraiment. Ou pas tout à fait. L’ensemble de la fameuse scène est nimbé d’une tension psycho-névrotique où l’une des deux protagonistes a des hallus en plein climax, tandis que l’autre a une sorte de regard maléfique digne des pires série B pour ados. Sauf si on la regarde hors contexte, comme dans le cadre d’un site porno, par exemple, le potentiel érotique de cette scène s’en trouve alors diminué. »  Par Beatrice Delassale

https://www.youtube.com/watch?v=i1VHbJ1EF-0

1/ Her

Réalisé par Spike Jonze.

Avec Joaquin Phoenix, Amy Adams, Olivia Wilde, Rooney Mara et Scarlett Johansson.

Synopsis : Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l’acquisition d’un programme informatique ultramoderne, capable de s’adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de ‘Samantha’, une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…

On en retient quoi ? : « Her est une réflexion belle et sincère sur la nature de l’amour entre êtres humains, le vrai. Et si nous ne devions retenir qu’une seule séquence teintée d’érotisme, notre choix se porterait sans aucun doute sur la scène 2.0 du film. Il s’agit du moment où les deux protagonistes, Theodore et Samantha, font pour la première fois l’amour virtuellement. A la fois belle et profondément dérangeante, cette séquence nous montre les deux amants partageant un moment d’intimité maximale, simplement grâce à la voix. Cette séquence résume parfaitement toute la trame de ce drame romantique. Une expérience sexuelle unique, qui révèle en un instant, toute la solitude de l’homme. »  Par Mégane Bouron

 

Ric Roman Vaughn : réalisateur sous haute tension

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Alors que l’excellent Shot Caller vient tout juste de débarquer dans les rayons DVD/Blu-Ray, Cineseries a voulu profiter de l’occasion pour mettre un petit coup de projecteur sur son réalisateur, Ric Roman Waugh. Un nom qui ne dira surement rien à la plupart d’entre vous, y compris à ceux qui ont eu l’occasion de voir l’un de ses films précédents. Pourtant, en l’espace de trois films bien espacés sur une petite dizaines d’années, le bonhomme a parvenu à poser les jalons d’une voix et une patte immédiatement reconnaissables dans le paysage cinématographique U.S. Avant qu’il ne parte faire n’importe quoi pour Millénium films avec le futur Angel has Fallen, retour sur la filmo d’un cinéaste trop rare.

On pourrait mesurer la crise traversée par le cinéma «mid-section » aux U.S.A à l’aune des cinéastes passant totalement sous le radar, noyés dans les catalogues de VOD pléthoriques au sein desquels il est quasiment impossible de faire valoir sa singularité. Ric Roman Waugh est de ceux-là. Depuis une petite dizaine d’années maintenant, le monsieur (ex-cascadeur de son état) bâtit une œuvre dont les qualités évidentes et la cohérence indiscutable aurait dû interpeller. Pourtant, ni Felon, ni Infiltré et ni Shot Caller aujourd’hui n’ont semble-t-il incité grand-monde à plisser les yeux pour lire le nom du réalisateur crédité au générique, et encore moins à consulter sa fiche IMDB. Il faudra probablement attendre la sortie d’Angel has fallen (troisième opus de la saga initiée par La chute de la Maison-Blanche) pour avoir l’occasion de lire quelques lignes sur le réalisateur « qui avait fait le truc là avec The Rock » en parlant d’Infiltré. Ce qui est, pour parler poliment, fort dommage.

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Ric Roman Waugh et Dwayne Johnson, sur le tournage d’Infiltré.

Interdit à la TV

Après deux films passés à la trappe (Exit en 1996 et In the shadows en 2001, le premier étant signé du pseudo Alan Smithee), Ric Roman Waugh met véritablement en place son univers avec Felon en 2008. A partir de là, son cinéma tournera autour de tout ce que l’Amérique n’aime pas mettre en avant. Les QHS qui alimentent la violence des détenus, les narcos qui pullulent dans les rues et derrière les commerces aux allures tranquilles, les flics borderlines qui essaient de les arrêter, les fraternités aryennes dont la chaîne de commandement commence en prison pour terminer dans les caravanes de méthadone des banlieues white trash… Bref, tout ce qui peut prospérer derrière la façade avenante d’un pays et former une société de l’ombre, un monde dans un monde qui fonctionne selon des codes que ne possèdent pas les Average Joe amenés à arpenter malgré eux ces territoires interdits. Il y a quelque chose de profondément Kafkaïen chez Waugh, dont les héros, parfaites incarnations des images d’Epinal d’une Amérique qui se lève tôt, travaille dur et réussit socialement, voient brutalement leurs univers se dérégler du tout au tout à la faveur d’un événement fondateur. Le meurtre involontaire d’un cambrioleur, qui envoie le personnage de Stephen Dorff en prison dans Felon. Le fils de Dwayne Johnson dans Infiltré victime d’une erreur judiciaire et de l’acharnement du procureur, qui le force à mettre sa vie et son entreprise en danger. Un accident de voiture qui contraint le cadre sup’ incarné par Jaime Lannister (euh pardon, Nikolaj Coster-Waldau) à rejoindre un gang neonazi pour survivre dans le pénitencier dans lequel il doit purger sa peine avec Shot CallerAutant d’individus lambda qui n’avaient rien demandé à personne, subitement jetés dans les mâchoires d’un système ubuesque qui les bouffe corps et biens, sans leur ménager d’issue.

Car c’est là que réside toute la valeur du travail de Waugh par rapport à ses confrères. Si le cinéma américain ne manque pas de réalisateurs/scénaristes désireux d’explorer ce que l’Amérique peut compter de marges underground, peu peuvent se targuer de pouvoir le faire à sa façon. C’est-à-dire sans filtre auteurisant susceptible de fournir des clés de lecture pour comprendre une réalité avec laquelle il n’entretiendrait qu’un rapport théorique; sans thématique oralisée toutes les cinq minutes pour rendre ce qu’il filme plus supportable par rapport à la zone de confort d’un spectateur qui se rassure en intellectualisant ce qu’il regarde; sans le spectre d’influences filmiques cannibalisant la réalité qu’il essaie de mettre à jour. Et donc sans le prisme médiatique sur lequel la société spectacle fait son beurre,  à force d’infotainment et de reportages dits en immersion qui prennent soin de rester à la surface. Bref, tout ce qui confronte le public à un monde auquel la majorité n’est pas habituée sans jamais lui lâcher la main. Ric Roman Waugh, lui, ne traite pas son spectateur en enfant qu’on emmène au zoo:  il le fout dans la cage aux lions et jette la clé à la flotte. Dans une société de transparence généralisée ou les réalités se déréalisent à force d’exposition, les films du réalisateur sonnent comme des piqures de rappel et d’effroi, brutales et sans concessions.

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Le vétéran garde un oeil sur le nouveau

Et si c’était moi ?

A cet égard, il convient de rappeler le premier acte de Felon pour mesurer le sentiment d’oppression qui s’empare de nous alors que le héros joué par Stephen Dorff, se retrouve propulsé de façon toujours plus en avant dans le cauchemar pénitentiaire. De fil en aiguilles et de coïncidences en absurdités, le héros finit par appartenir à un monde dont il n’avait pas connaissance, ou du moins dont il n’avait pas conscience. La crédibilité de sa situation, l’impuissance face à sa descente aux enfers est précisément ce qui suscite l’identification au personnage. Plus encore que sa relation avec sa femme et sa fille, c’est l’angoisse viscérale et universelle de sentir le sol sur lequel on marche tous les jours se dérober sous nos pieds, de voir le contrat social rousseauiste partir en fumée. Ce sentiment d’être confiné à l’intérieur d’un espace sans frontière morale, de se retrouver à la merci de la loi de la jungle et des fauves qui y évoluent, sans y être préparé.

De fait, les films de Ric Roman Waugh sont des expériences profondément sensitives dans leurs propensions à épurer la fiction des éléments susceptibles de jeter une bouée au spectateur désireux de se raccrocher à ses certitudes. Son cinéma a pour vocation de nous laisser seul face à cette question : « Et si c’était moi ? ». L’empathie chez Waugh fonctionne avant tout sur la peur primale engendrée par la situation des personnages, résonnant ainsi de ce que notre inconscient a refoulé en espérant ne jamais y être confronté. Sa mise en scène est à l’avenant, reprenant à son compte les canons formels en vigueur depuis Paul Greengrass lorsqu’il s’agit de faire vrai en émulant les codes du documentaires (caméra à l’épaule, montage très cut, cadrages cassant la distance avec les protagonistes…). Ainsi, sa réalisation élimine toute tentation de subjectivité dans son récit (en apparence) pour mieux mettre en exergue le contraste entre son personnage principal et l’univers dans lequel il se retrouve projeté. Ses films accentuent l’inquiétude dans cette volonté d’adopter un regard quasi anthropologique pour mettre en évidence les mailles du réseau que le spectateur (et le personnage) ne voient jamais. Ce faisant, la démarche de Ric Roman Waugh peut renvoyer sous certains aspects au cinéma de Michael Mann, qui partage avec lui cette propension à observer un système à travers un objectif macroscopique pour en définir les tenants et les aboutissants. A la différence toutefois que le cadre narratif et les ambitions thématiques et formelles sont moindres chez Waugh, qui n’a pas l’envergure conquérante du réalisateur de Miami Vice. Chez lui, ce système est constamment ramené au fil rouge de cet individu broyé par la machine, qui découvre à côté de chez lui un monde dont il ne découvrait pas l’existence. Et comme chez Mann, Waugh dévoile des visages que l’on jamais et transfigure des acteurs que l’on pensait connaître (Val Kilmer, Barry Pepper, Jeffrey Donovan…).

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Dwayne Johnson pas très à l’aise dans les réunions tupperware

Instinct de survie

De fait, ce sentiment qui s’exprime particulièrement dans le traitement de ses personnages. Dans une interview récente, David Fincher relatait la remarque que lui avait faite un ami concernant sa fabuleuse série Mindhunter : « D’habitude, dans les séries TV, les personnages sont toujours confrontés à une situation qu’ils sont les plus à même de résoudre. Pas chez toi. ». On pourrait dire la même chose des films de Ric Roman Waugh, dont les personnages ne sont jamais taillés pour la situation qu’ils vont affronter, ni ne trouvent leur place dans le récit à la faveur d’aptitudes préalables. Comme par exemple de Tim Robbins dans Les évadés, qui finira par mettre ses talents de comptable à profit pour gagner sa place dans le pénitencier. A l’inverse, quand Waugh fait appel à Dwayne Johnson pour jouer le père de famille d’Infiltré ce n’est pas sur la base ni de son passif de héros bigger than life ni de sa carrure hors norme. Il suffit d’une scène au cours de laquelle le rocher se fait tabasser par quelques thugs anonymes pour nous faire comprendre que la panoplie d’action hero du monsieur ne sortira pas du vestiaire. Contraint de fricoter avec des gangsters sous surveillance judiciaire pour sauver le fils qu’il a délaissé d’une longue peine de prison, Johnson n’est jamais dans le film le personnage qu’on a pris l’habitude de voir sur grand-écran. Même si son personnage finit par jouer du fusil pour sauver sa peau, jamais son attitude ne se révèle déterminante pour la grande histoire. Certes, il finit par sauver son fils de prison, mais son action ne remet pas en question le système dans lequel il évolue, à l’instar de Felon. Tout The rock qu’il est, il ne peut agir que sur son petit monde, sans vraiment faire trembler les fondements d’un édifice qui se poursuivra sans lui.

Toutefois, ne nous méprenons pas : aussi impréparés soient-ils, les personnages de Ric Roman Waugh finissent toujours par s’adapter à leur environnement. Seulement, ce processus qui ne s’effectue jamais dans un mécanisme narratif qui justifie des talents que le héros parvient à recycler dans cette réalité. Chez Waugh, la résilience des personnages est constamment ramenée à leurs instincts primaires. Instinct de conservation pour protéger les leurs, et se retrouver dans les situations peu enviables dans lesquelles ils sont contraints d’évoluer. Instinct de survie dans lequel ils arrivent à puiser ce que leur nouveau chez-eux exige de leur part. Il s’agit là encore d’un sentiment purement viscéral, qui les amène à s’aventurer dans des zones profondément enfouies dans l’animal social, qui altèrent profondément leur être. Il n’y a jamais de retour en arrière chez Waugh, même lorsque le déroulement des choses débouche sur un happy-end de façade. Comme le dit Val Kilmer à Stephen Dorff dans Felon « Tu n’es plus le même, accepte-le ». C’est peut-être la partie la plus transgressive de son cinéma, celle de dire que notre identité et notre essence sont deux choses différentes, l’une étant dépendante de facteurs hautement aléatoires. Si Felon et Infiltré se concluaient sur des dénouements qui permettaient de relativiser la noirceur du propos, le cinéaste se donne pour la première fois les moyens d’aller jusqu’au bout de son idée dans Shot Caller. Car contrairement aux précédents, le personnage principal refuse de retourner dans le giron familial, malgré l’insistance de sa femme. A la fois pour la protéger de son nouveau milieu, mais aussi de lui-même, alors qu’il est devenu l’un des piliers d’une organisation criminelle de grande ampleur.

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John Bernthal et Nikolaj Coster-Waldau, sur la voie de la réinsertion

Roi sans couronne

Il convient d’ailleurs de terminer sur ce dernier film, qui réduit le programme vendu par sa bande-annonce (soit la transformation d’un M. Tout le monde lors de son passage dans une prison de haute sécurité) à sa portion finalement congrue (environ une demi-heure de métrage). Soucieux de ne pas se répéter, Waugh n’essaie pas de refaire Felon, qui avait déjà bien traité de la question en 2008. Pour la première fois dans la carrière du réalisateur, le personnage ne rentre pas dans la jungle pour en ressortir à la fin. Ici, Jacob Harlon, désormais surnommé « Money » reste là dans ce milieu qui finit par vampiriser son identité (jusqu’à ses tatouages, marquages sociales et judiciaires révélateurs de sa position hiérarchique dans ce monde, à l’instar de Viggo Mortensen dans Les promesses de l’aube). De fait, Shot Caller emprunte moins au genre du « prison flick » qu’au film de gangster, contant une authentique ascension criminelle à travers la transformation du personnage de Coster-Waldau. Au travers de cette trajectoire narrative inattendue, Waugh bouscule pour la première fois les limites de son cinéma et s’aventure même sur le terrain de la mythologie. Car ce n’est plus des sociétés parallèles que doivent arpenter les personnages, mais un royaume de l’ombre dont la conquête constitue la seule possibilité de survie pour le héros, contraint de devenir roi pour ne pas tomber victime. Au détour de quelques images saisissantes (ces détenus mis à l’isolement dans des cages installés sur des terrains s’étendant à perte de vues et surveillées par des gardiens),Waugh parvient même à cristalliser visuellement un propos ancré dans une réalité délétère, mais qui prend une toute autre ampleur à l’aune de la trajectoire du personnage principal. Ce faisant, Shot Caller comme les précédents films du cinéaste (mais de façon plus prononcée, jusqu’au-boutisme oblige) ne fait pas le portrait d’une Amérique malade, dont l’utopie se dispute aux vices. C’est sa nature même que dépeint Waugh, qui sort sa dimension profondément chaotique des marges dans lesquelles elle s’exprime pour en faire un élément fondateur du territoire.

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Les comités de bienvenue, c’est plus ce que c’était

On le voit, l’évolution qui ne contrarie en rien l’essence du cinéma de Vaughn, dont les ambitions n’altèrent en rien l’intégrité peu soucieuse de rassurer le spectateur (on est moins sûr en revanche de la manière dont il va réussir à préserver ça dans Angel has fallen…) Car si le personnage bouleverse le système, c’est pour en prendre les commandes. Pas pour le changer ni le faire imploser, mais le diriger à l’aune de celui qu’il est devenu. L’irréversible n’est jamais d’une nature conciliante, et l’humain est la seule donnée qui n’est pas inaltérable dans le paradigme. C’est ça, la réalité de Ric Roman Waugh.

Death House : le film d’horreur indépendant au casting phénoménal débarque le 23 février aux USA

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Death House, le film d’horreur indépendant du réalisateur américain B. Harrison Smith (Camp Dread, Garlic and Gunpowder), s’apprête à bénéficier d’une sortie dans les salles de cinéma, lors du week-end du 23 février 2018, aux USA.

Les prisonniers du pénitencier de haute sécurité du film Death House ont donc vu leur peine prolongée ! La sortie de ce long-métrage d’horreur indépendant, signé Harrison Smith, était en effet initialement prévue pour le 26 janvier 2018 aux Etats-Unis. A la fin du mois de décembre 2017, les équipes du film ont donc annoncé une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise était le décalage de la date de sortie du film dans les salles obscures américaines. La bonne concernait l’extension du nombre de salles et de villes ciblées.

Les fans d’horreur, de cinéma de genre et des grands classiques des années 1980 et 1990 pourront donc découvrir Death House dès le vendredi 23 février 2018 au cinéma aux USA. Le film sera visible dans un grand nombre de salles, dans les multiplexes Regal Cinemas et CineMark. Death House sera notamment projeté à New York, Los Angeles, Houston, Philadelphie, Chicago, Atlanta, San Diego, Detroit, Minneapolis, Seattle, Denver, Miami, Orlando, Cleveland, Baltimore, Las Vegas, Washington, San Antonio ou bien encore Phoenix. Plus d’une centaine de copies sont prévues à travers tout le pays. Cette sortie en salles est menée en partenariat avec Hannover House et Medallion Releasing. Des soirées prestigieuses et une avant-première avec le fameux tapis rouge seront d’ailleurs programmées aux dates suivantes : le 22 février au Bruin Regency à Los Angeles, le 23 février au Regal E-Walk à New York et le 24 février au Stroud Mall Cinemark en Pennsylvanie. Death House va également bénéficier d’une sortie en vidéo et en vidéo à la demande en partenariat avec Sony Pictures Home Entertainment à partir du mois de juin 2018 aux USA !

Si vous souhaitez soutenir le cinéma indépendant américain, et que vous n’en pouvez plus des licences de super-héros à la manière de Jodie Foster, si vous sentez que les films d’horreur récents s’essoufflent et que vous voulez replonger avec nostalgie dans les franchises cultes de votre adolescence grâce aux acteurs légendaires de cette période bénie aux USA, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire, si vous résidez en Amérique ou si vous avez le bonheur de vous trouver en vacances sur le territoire américain à cette période ! La séance de Death House risque de s’apparenter à une sacrée session d’ascenseur émotionnel et à une véritable montagne russe horrifique ! Le long-métrage a été classé « » !

Harrison Smith a voulu porter avec Death House un projet original et de qualité avec un jeu d’acteur digne. Le réalisateur a tenu à rendre un hommage poignant à Gunnar Hansen avec ce long-métrage. L’inoubliable interprète de Leatherface dans le tout premier Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, Gunnar Hansen, est en effet à l’origine de l’idée du film. Il a malheureusement été emporté par un cancer en novembre 2015. Le film est produit par Rick Finkelstein et Steven Chase pour le compte d’Entertainment Factory.

Il sera intéressant de savoir et de découvrir à travers le making-of et les commentaires audio comment Harrison Smith est parvenu à réunir et à convaincre tous les participants de ce casting exceptionnel. Death House regroupe de véritables légendes vivantes du cinéma de genre aux yeux de tous les mordus d’horreur :  Kane Hodder (Vendredi 13 : VII, VIII, Jason va en enfer, Jason X), Tony Todd (Candyman), Dee Wallace (E.T., Hurlements), Barbara Crampton (Re-Animator, From Beyond), Debbie Rochon (Terror Firmer, Tromeo and Juliet), Adrienne Barbeau (The Fog, Creepshow), Bill Moseley (Massacre à la tronçonneuse 2, The Devil’s Rejects), Michael Berryman (La Colline a des yeux), Lloyd Kaufman (les studios Troma), Sid Haig (La maison des 1 000 morts, The Devil’s Rejects), Vernon Wells (Mad Max 2, Commando), Felissa Rose (Massacre au camp d’été), Kenny Ray Powell, Cody Longo, Cortney Palm, Lindsay Hartley (Smallville), R.A. Mihailoff (Massacre à la tronçonneuse 3), Beverly Randolph (Le retour des morts-vivants) ou bien encore Sean Whalen (Twister, Le sous-sol de la peur).  Death House tendrait donc, avec son casting hallucinant, à confirmer l’adage : « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures » !

Harrison Smith et les équipes de The Dorkening ont dévoilé il y a quelques mois que des contacts avaient bien eu lieu avec d’autres légendes de l’horreur mais que des problèmes de calendrier et des obligations de tournage avaient empêché les comédiens Robert Englund, Bruce Campbell et Bianca Bradey de rejoindre l’équipe de Death House. Ils pourraient participer en revanche aux suites éventuelles si leurs emplois du temps respectifs le permettaient à l’avenir !

De nombreuses rédactions ont pu laisser un faux espoir aux fans, qui attendaient un film de monstres légendaires avec Death House, en relayant des informations erronées au sujet des premiers échos du projet. La seule surprise, dévoilée il y a de nombreux mois dans la bande-annonce, sera la présence d’un Leatherface au féminin, qui devrait être incarnée par Debbie Rochon (effets gores garantis). Ce personnage déjanté devrait servir d’hommage à Gunnar Hansen et à sa participation dans le cultissime Hollywood Chainsaw Hookers de Fred Olen Ray.

Les spectateurs suivront donc l’immersion surréaliste de deux jeunes agents du FBI dans les entrailles d’une prison fédérale qui accueille les pires criminels de la planète, au cœur de la fameuse « zone 51 ». Les prisonniers les plus violents seraient maintenus sous contrôle par l’intermédiaire d’un système de réalité virtuelle qui leur donne l’illusion d’étancher leur soif de meurtre et leur pulsion de mort.  L’établissement pénitentiaire abrite en son sein une porte sur l’Enfer. La plupart des prisonniers ne tarderont pas à créer une émeute. Nos deux agents du FBI, le personnel scientifique et sécuritaire de la prison et les rares détenus qui ont encore une part d’humanité devront alors faire face à des entités démoniaques capables des pires atrocités.

Le but ultime serait d’établir une nouvelle franchise avec Death House qui s’étalerait sur six films. Le site d’Imdb a d’ailleurs laissé filtrer la mise en chantier du prequel de Death House : Dawn of 5 Evils.

On croise les doigts donc pour le succès commercial de Death House, le film d’Harrison Smith, au box-office américain. Si ce long-métrage s’avérait être une véritable claque horrifique, Death House pourrait donc être un coup de pied dans la fourmilière à Hollywood, face aux productions horrifiques récentes, essoufflées et trop calibrées, qui ne bénéficient pas de la magie et de l’impact fascinant des œuvres des années 1970, 1980 et 1990 comme Phantasm, Re-Animator, From Beyond, Vendredi 13, La colline a des yeux, Candyman ou Massacre à la tronçonneuse.

Les cinéphiles, adeptes du bis et des séries B, peuvent néanmoins se réjouir du « revival » pour les légendes du genre à Hollywood avec les récents projets, même s’ils sont assez inégaux, comme Hellraiser : Judgment, Cult of Chucky, Leatherface et le futur Halloween. Des problèmes épineux de droits sont d’ailleurs malheureusement venus gâcher d’autres belles idées ces dernières années comme un nouvel épisode de Vendredi 13 ou une saison entièrement remise au goût du jour des Contes de la crypte, sous l’égide de M. Night Shyamalan.

Interpellé par nos soins sur Twitter, les équipes de Death House ont même réussi à combler les fans de films de genre en Europe ! Death House devrait bien bénéficier effectivement d’une sortie en salles ou d’une sortie commerciale en DVD, Blu-Ray ou en vidéo à la demande dans le courant de l’année 2018 vraisemblablement.

Verdict donc pour Death House dans les salles américaines lors du week-end du 23, 24 et 25 février 2018. La société Terror Threads distribue le merchandising officiel du film à découvrir sur cette page. Selon le communiqué de presse, le film sera visible avec près d’une centaine de copies aux Etats-Unis dans les multiplexes « Regal Entertainment Group, Cinemark / Century Group, Malco Theatres, Harkins, Marcus, B&B [et] Megaplex Theatres ».

https://twitter.com/DeathHouseMovie/status/947092614871908352

https://twitter.com/DeathHouseMovie/status/952569574356148224

Bande-annonce de Death House, un long-métrage de Harrison Smith : 

https://www.youtube.com/watch?v=ypGZoGSpSEA