Critique Série : South Park Saisons 1 à 19

South Park s’empare de l’actualité politique, sociale et culturelle, pour la déformer, et proposer une vision souvent…particulière.

Synopsis : Stan, Kyle, Cartman et Keny sont 4 enfants qui grandissent dans South Park, ville du Colorado qui n’a rien d’une petite ville tranquille, et se retrouve bien souvent le théâtre d’événements hors-normes et de diverses catastrophes.

South Park est une série crée par Trey Parker et Matt Stone, deux étudiants du Colorado. A l’origine un puis deux courts métrages représentant les futurs personnages, ce fut d’abord la Fox qui leur demanda de concevoir une série, avant de la refuser. Et c’est finalement Comedy Central, malgré quelques réticences, qui passa commande.

Des références nombreuses

La série fait beaucoup référence aux films voir aux séries, telle la cassette maudite à rendre à tout prix au vidéoclub (seigneur des anneaux), un délire onirique dans l’univers visuel de Metal Hurlant, et sans oublier la parodie hilarante de Game of Thrones, dans laquelle deux clans s’affrontent et tente de s’allier les différents groupes de l’école.

Dans un univers de l’absurde

Dans South Park, tout se passe à l’envers. Il est plus cool de participer à la chorale que de faire du basket, les mexicains traversent la frontière pour fuir la crise économique et retourner chez eux, les riches dont discriminés, ou encore la théorie du complot du 11 septembre est propagé par le gouvernement lui-même.

Dans South Park, la Terre n’est qu’une téléréalité pour divertir des extra-terrestres vicieux, Jésus forme avec les prophètes d’autres religions une équipe de super-héros, Saddam Hussein veut envahir le Canada et entretient une liaison avec un Diable, Dieu a une tête d’éléphant et le père noël cache une mitrailleuse dans son dos.

La ville doit affronter des calamités diverses, comme une invasion de zombies, de dindes mutantes, de vieillards vindicatifs, ou encore de réfugiés du futur.

Conspirations et événements surnaturelles rythment ainsi la vie des habitants de South Park où il ne serait définitivement pas conseillé de passer ses vacances, ni même de passer tout court.

Et dans cet univers de l’absurde où tout peut arriver, il y a Cartman, le terrible Cartman. Fervent ennemi des juifs, hippies et roux, cet odieux manipulateur hors-pair s’est avéré capable de devenir le leader de pirates somaliens, de rendre folle super Nanny, et carrément de dompter un démon infernal !

Avec ses compagnons Stan, Kyle et Kenny les quatre enfants vivent des aventures hors-normes, au cours desquelles Kenny ne manquera pas de mourir très souvent de causes diverses et parfois très insolites.

Le reste des personnages, enfants comme adultes, n’est pas en reste, que ce soit l’immature Randy, le souffre-douleur Butters, ou le perturbé Garrison, qui ne cessera de changer de préférence sexuelle, et même de sexe…
L’incapacité des enfants à comprendre le monde est souvent source de situations burlesques. Pour autant ces derniers apparaissent bien souvent plus censés que leurs parents, au comportement inapproprié et irrationnel, souvent responsables des calamités qui s’abattent sur la ville. Ainsi la réaction des policiers et autres militaires est souvent disproportionnée, n’importe quel événement anodin est transformé en événement sensationnel, une petite manifestation pouvant être traité comme une émeute générale.

Enfin, la série prend un malin plaisir à égratigner les stars, tel Tom Cruise, Paris Hilton, ou encore Mel Gibson, d’ailleurs tous rassemblés contre la ville dans le 200ième épisode.

Prétexte à une critique acide de notre monde

Des élections à la guerre contre le terrorisme, de la mode au sans gluten à l’écologie, tous les sujets d’actualités y passent. Les épisodes sur Facebook et World of Warcraft sont même devenus cultes.

Un humour qui sert souvent une satire de la société ou de la politique américaine, avec une réflexion incitant à la tolérance sur la religion, l’homosexualité, les handicapés, toutes les minorités diverses. Avec toujours cette volonté de rester neutre, même si pour certains sujets il est toujours possible de questionner l’absence de parti pris (l’écologie par exemple, plus souvent moqué qu’encouragé). Ainsi à propos de la religion, si la série en dénonce souvent les dérives, elle rappelle qu’il y a aussi des bons côtés.

South Park peut justement rebuter par son côté violent et vulgaire, mais ce serait dommage de s’arrêter à cet aspect. La série ne tombe en effet nullement dans la provocation  gratuite, et utilise l’humour, qu’il soit noir ou graveleux, de manière intelligente pour mieux tourner en dérision notre société.

Qui comme la société évolue

Commencé au début par la technique du stop motion avec du papier découpé, les épisodes finissent par être produits grâce à l’animation par ordinateur, ce qui prend nettement moins de temps que les procédés traditionnels de dessin animés. Durant les premières saisons, il faut 3 semaines pour produire un épisode avant sa diffusion. A compter de 2013 avec l’agrandissement de l’équipe, il faut moins d’une semaine. Une façon de procéder qui offre l’avantage de coller au plus près de l’actualité. Parker et Stone font eux-mêmes la voie de la plupart des personnages masculins.

La série aura beaucoup changé depuis ses débuts. Il est loin le temps où Kenny mourrait à chaque épisode (la raison de ses résurrections sera même révélée). Vexé des attaques contre la scientologie, le doubleur du Chef, Isaac Hayes, quitta la série, conduisant à la mort de son personnage.

Au côté provocant des débuts s’est développée une critique toujours plus acéré du système, délaissant quelques running gags qui avaient tant marqués les spectateurs de l’époque (« je vous emmerde et je rentre à ma maison ») pour évoluer sans lasser un public qui a grandi et quitté la cours de récréation.

Mais il y a des éléments qui ne changent pas, les créateurs tiennent en effet à conserver la même identité graphique : 2D, figues géométriques simples et couleurs primaires.

Passant à des saisons courtes de 13 puis 10 épisodes, grâce à son concept autorisant tous les délires, ses sources d’inspiration inépuisable, South Park ne se montre jamais à court d’idées, contrairement à des séries comme les Simpsons qui peuvent peiner à remplir leurs vingtaines d’épisodes par saison.

Malgré un concept parfois poussé trop loin

Toutefois, la série tend parfois à pousser l’absurde trop loin, se lançant dans des délires sans queue ni tête ni point de départ apparent, ce qui fait que l’effet comique tombe alors à plat.

Comme toutes les séries, certains épisodes s’avèrent dispensables et certaines saisons sont  plus inspirées que d’autres. Et bien que la plupart du temps utilisés intelligemment, il arrive que le gore ou le vulgaire ne soient pas toujours bien justifiés.

South Park est une véritable perle d’irrévérence, d’humour caustique et absurde, associée à une critique pertinente sur notre société, toujours sous le prisme de la dérision. Si elle pousse parfois le concept un peu trop loin au risque de ne plus être drôle et de tomber dans le vulgaire, elle reste toujours une référence en la matière, même 19 ans après.

 South Park, saison 19 : Clip promotionnel

 South Park : Fiche Technique

Creation: Trey Parker, Matt Stone
Scénaristes : Trey Parker, Matt Stone, Pam Brady, Nancy Pimental, Norman Lear
Doublage (VO) : Trey Parker, Matt Stone, Isaac Hayes
Production: Trey Parker, Matt Stone, Anne Garefino
Musique : Primus
Chaîne d’origine: Comedy Central
Genre: Animation, comédie
Format : 263 épisodes de 20 minutes sur 19 saisons
Réseau de diffusion : Canal +, Comedie!, Jimmy, Game One
Etats-Unis – 1997

 

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William
Williamhttps://www.lemagducine.fr/
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