Philip K. Dick’s Electric Dreams : un potentiel gâché

Philip K. Dick’s Electric Dreams, la nouvelle série de science fiction de Channel 4 et Amazon Video semblait très prometteuse. Elle a fait le pari d’adapter certaines œuvres du très célèbre romancier américain Philip K. Dick pour la télévision. Mais le résultat est mitigé…

Il est certain que vouloir adapter les nouvelles de K. Dick était très risqué, d’autant plus que l’auteur est culte dans son domaine. Surtout après l’excellente suite de Blade Runner (adaptation du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?). La promesse était belle autant pour les fans que pour les néophytes, mais n’est pas tenue totalement. Essayons de voir en quoi.

Etant une série d’anthologie, il était impératif d’avoir une cohésion d’ensemble entre tous les épisodes, bien qu’elle constituée d’une histoire différente à chaque fois, adaptée d’une nouvelle du romancier américain. Ce n’est pas vraiment le cas. Si certains épisodes tiennent très bien la route, comme le premier (The Hood Maker, nous suivrons l’ordre des épisodes diffusés par Channel 4), d’autres sont plus confus, voire pas convaincants du tout. C’est le cas de l’épisode 4, Crazy Diamond, dans lequel pourtant Steve Buscemi fait de son mieux pour sauver les meubles. Le scénario donne parfois l’impression de ne pas être exploité à son maximum, et cela est sûrement dû au médium même utilisé: la télévision. En effet, les épisodes durent environ 50 minutes chacun, ce qui oblige les scénaristes à condenser l’histoire. Il arrive même parfois que la fin soit expédiée trop rapidement. Le deuxième épisode, Impossible Planet, bénéficie d’une intrigue très intéressante, et est très bien fait mais la fin arrive d’un seul coup, et nous laisse sans explications. Mais peut-être est-ce une volonté de la production de laisser les spectateurs interpréter le scénario à leur convenance.

Un autre défaut qui saute aux yeux : le manque de budget quant aux effets spéciaux. Bien que passables, parfois ils donnent une impression de fausseté à l’univers. Cela lui fait perdre en crédibilité. C’est fortement dommage car la série perd en cachet. Néanmoins il faut nuancer car tout cela est rattrapé par la réalisation efficace des différents réalisateurs.

Un point appréciable cependant: les thématiques traitées sont très intéressantes. L’épisode 5, Real Life, explore par exemple la psyché humaine en se demandant jusqu’où l’on pourrait aller pour devenir quelqu’un d’autre. L’épisode 6, Human Is, peut-être le meilleur, parle du changement de personnalité et de notre amour face à notre loyauté. Force est de constater que les questions que soulèvent les nouvelles de Philip K. Dick sont bien retranscrites dans la série, en interrogeant la société du futur et notre rapport aux nouvelles technologies. A l’image de la série anglaise Black Mirror, elle explore des thèmes peu traités dans les œuvres plus conventionnelles, tout en restant une bonne œuvre de SF.

Mais la force de la production est d’avoir su intégrer de grands acteurs dans son casting, rendant le tout appréciable malgré les différents défauts évoqués. Quel plaisir de retrouver Bryan Cranston, Steve Buscemi, ou la chanteuse Janelle Monáe, des personnes que l’on adore, en somme ! Ils confèrent à leurs personnages un aspect indéniablement humain et attachant. Ainsi l’on a envie de suivre le contrôleur de train, incarné par Timothy Spall dans The Commuter, dans la ville imaginaire dans laquelle il échappe à son quotidien.

Voilà. Philip K. Dick’s Electric Dreams est une série au potentiel gâché. Une série qui a indéniablement des défauts, mais qui malgré tout a aussi de beaux points positifs. Une série qui rayonne de par son casting flamboyant. A découvrir pour ses acteurs.

Philip K. Dick’s Electric Dreams: Bande Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=RtX_LVwEJhA

Philip K. Dick’s Electric Dreams : Fiche Technique

Réalisation: Julian Jarrold, David Farr, Tom Harper, Marc Munden…
Scénarios: Matthew Graham, Jack Thorne, Tony Grisoni, Ronald D. Moore… tous basés sur les nouvelles de Philip K. Dick.
Acteurs principaux: Bryan Cranston, Steve Buscemi, Juno Temple, Timothy Spall…
Production: Lynn Horsford, Rupert Ryle-Hodges, Dan Winch
Producteurs délégués: Ronald D. Moore, Bryan Cranston, Michael Dinner, James Degus…
Premier épisode: Diffusé à l’origine le 17 Septembre sur Channel 4
Nombre de saisons: 1
Nombre d’épisodes: 10
Durée: 50 minutes
Genre: Science-fiction
Chaîne d’origine: Channel 4 mais disponible sur Amazon Video

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Biberonnée au cinéma depuis toujours, je suis passionnée par les films danois et asiatiques. Egalement férue de littérature et rock'n'roll.

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