The Walking Dead, une série de Frank Darabont & Robert Kirkman : Critique saison 7

Et c’est reparti pour six mois d’attente avant de retrouver la série créée par Frank Darabont et Robert Kirkman, The Walking Dead, qui vient de s’achever aux Etats-Unis. Et si l’amour que l’on voue à cette série ne nous l’interdisait pas, on pourrait qualifier de lamentable cette saison.

the-walking-dead-rick-grimes-andrex-lincoln-serie-robert-kirkman-show-tvAprès le dénouement salvateur de Glenn qui se trouvait finalement sous une benne à ordures à la fin du mid-season, The Walking Dead saison 6, s’était terminée sur un cliffhanger à la fois décevant et choquant : on se demandait qui avait fait connaissance avec Lucille. Six mois plus tard, au début de cette saison 7, on apprenait que la malheureuse rencontre concernait Abraham et Glenn. Une mort fatale pour nos deux héros qui, pour beaucoup, ne méritaient pas une fin aussi mal construite d’un point de vue narratif. Alors, la question était de savoir si le showrunner de la série, Scott Gimple, allait se rattraper – ou en tout cas essayer – avec une saison 7 détonante où ENFIN la bande à Rick Grimes se vengerait. Que nenni. The Walking Dead saison 7 est restée à la hauteur du cliffhanger saboté de la saison 6.

Composé d’épisodes filler (en anglais), à comprendre des épisodes où l’arc narratif ne fait pas avancer l’histoire mais semble ne servir qu’à faire un épisode de plus sans volonté aucune de produire un contenu de qualité, de poids, de valeur. L’excellence n’est-elle pas recherchée à chaque fois dans l’art visuel ? Il semblerait que pas forcément au vu de cette saison au rythme particulièrement lent. Et c’est là où le bât blesse. On savait que The Walking Dead était une série dont l’action était parfois parsemée d’épisodes lents mais ces épisodes souvent indépendants de l’histoire (en exemple, l’épisode « Here’s not Here » consacré à Morgan et sa rencontre fortuite avec Eastman, l’épisode « Still » de la saison 4 sur le binôme Beth et Darryl ou l’épisode « The Grove » saison 4 sur Carol et Tyreese et leur périple avec les petites Mika, Lizzie et Judith) restaient intéressants et formidables à voir. Mais ça, c’était avant, dans la mesure où, alors qu’on marchait avant à pas mesuré, on marche dorénavant au pas.

the-walking-dead-morgan-ezekiel-the-kingdom-serie-robert-kirkmanAlors, une perte de temps cette saison 7 ? Pas vraiment. En effet, alors que nos héros ont passé la majorité de leur temps à pleurer la mort de leurs camarades et à s’apitoyer sur leur sort tout en tremblant rien qu’à la pensée de la nouvelle terreur du quartier, Negan, cette saison fut aussi l’occasion de nous présenter des nouvelles communautés : le Sanctuaire où vivent Negan et ses sous-fifres, les Saviors ; le Royaume d’Ezekiel où Morgan et Carol trouvent refuge ; Oceanside composée de « wannabe » valkyries qui accueillent pendant un temps Tara ; et les Scavengers de l’intrépide Jadis. On connaissait déjà le groupe des Wolves, disparu du jour au lendemain sans laisser de traces (Heath où es-tu passé ?) à la mort de leur leader Owen lors de l’épisode « No Way Out », et la colonie du Hilltop avec le charismatique Paul « Jesus » Rovia dont on savait qu’on en apprendrait plus pendant cette saison. Or, il va falloir dorénavant aussi compter sur toutes ces autres communautés pour conter le nouveau paysage de The Walking Dead.

La promesse d’une insurrection à l’encontre de Negan et son groupe est renforcée au fur et à mesure des épisodes, avec notamment la découverte de certaines de ces nouvelles colonies sous le joug de l’homme à la batte barbelée. Toutefois, il est désormais aisé de dire que cette saison a manqué à sa promesse avec un épisode final où le combat tant attendu n’eut aucun impact tendant à assouvir la soif de vengeance suite à la mort d’Abraham et Glenn et l’humiliation vécue. Certains diraient qu’on a été chanceux de ne pas vivre un nouveau cliffhanger loupé mais la narration de cette fin de saison a raté le coche et cela mérite d’être relevé. Après la mort de nos deux héros, 15 épisodes plus tard, c’est un personnage certes de poids mais définitivement secondaire qu’on voit mourir : Sasha. La belle avale le poison concocté par Eugene afin de ne pas servir d’arme dans la stratégie de menace du machiavélique Negan. Elle se sacrifie pour ses amis mais sa mort n’émeut malheureusement pas et n’est pas une surprise, surtout que l’on savait déjà que Sonequa Martin-Green avait un nouveau show en production sur CBS, Star Trek : Discovery, d’où son départ. La trahison de Jadis des Scavengers ne surprend pas non plus, opportuniste jusqu’à la moelle, on ne pouvait que s’attendre à une bassesse de la sorte de sa part.

the-walking-dead-rick-negan-andrew-lincoln-jeffrey-dean-morgan-serie-robert-kirkmanL’intrigue autour de Negan n’en serait donc qu’à son début. Il est suggéré et même normal que son personnage soit présent pendant un certain nombre de saisons. Même le gouverneur, autre grand vilain de cette série, a fait plus d’une saison. Toutefois, Negan semble intouchable et l’effroi qu’il insuffle sur son passage suffit à étouffer toutes formes de rébellion à son encontre. Fort d’une interprétation mesurée de Jeffrey Dean Morgan, Negan, le tyran au sourire narquois se prend néanmoins d’ « affection » tout au long de cette saison pour certains personnages. Ses préférés, Daryl et Carl se retrouvent d’ailleurs à cette occasion sous le feu des projecteurs du radar Negan, et font partie des « veinards » qui voient l’intérieur du Sanctuaire. Le premier en tant que prisonnier/esclave, le second en tant qu’invité d’honneur.

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Il est d’ailleurs intéressant d’observer le développement de nos héros. Certains se retrouvant beaucoup plus grandis suite à la récente tragédie du début de saison comme Maggie, Carl et Michonne, tandis que d’autres semblent souffrir de PTSD : Rosita, Sasha, Daryl et Rick. Et le chemin parcouru par chacun d’entre eux afin de se remettre du traumatisme vécu, les mènera à s’accorder sur un point : la vengeance a sonné. Concernant Sasha qui tire sa révérence cette saison, on observe que ce n’était pas la première fois (à la mort de son frère Tyreese et à celle de Bob) que des idées suicidaires lui traversaient l’esprit et le fait qu’elle soit partie de ce monde en offrant un angle d’attaque surprise à sa bande, lui prodigue une fin noble. Eugène quant à lui reste fidèle à lui-même. Il n’a jamais prétendu être un dur à cuir et assume être un lâche…intelligent. Le scientifique ira toujours où l’herbe est plus verte après moults analyses et pronostics. Toutefois, sa dernière conversation avec Sasha laisse suggérer qu’une rédemption est possible pour lui. La désormais martyre lui dit qu’elle croit toujours en lui. Et ça, de la bouche de la compagne de son ancien ami, Abraham, ça devrait valoir quelque chose. Ainsi, celui qui aime désormais proclamer être un Negan rejoindra-t-il les rangs de la résistance contre son maître avec Dwight ? Ce dernier termine justement cette saison en repenti, proposant ses services au camp d’Alexandria. Devenu l’ennemi juré de Daryl lorsqu’il tuait Denise avec son arbalète, Dwight aura cependant du chemin à faire afin de se faire pardonner aux yeux du motard, et surtout de Tara.

the-walking-dead-sasha-abraham-sonequa-martin-green-michael-cudlitz-serie-robert-kirkmanUne saison beaucoup plus lente que les précédentes donc, mais un point reste inchangé dans la narration de The Walking Dead : le combat entre le bien et le mal. Quand Aaron rencontre Rick et son groupe au début de la saison 4, l’ancien policier lui dit « We are the walking dead », parfaitement conscient que les humains survivants de cet apocalypse sont en fait les véritables dangers de cette série. Les zombies sont d’ailleurs une espèce en voie de disparition au fur et à mesure des saisons. Relégués au second plan, comme une image de fond ou un moyen de fournir à l’occasion des scènes d’action grandioses, les zombies se révèlent être moins dangereux que les humains. L’Enfer ici c’est littéralement les autres. D’un méchant à un autre, nos héros enchaînent les guerres avec des communautés. Negan, dernier méchant, n’échappe pas à la règle et nous pousse à nous demander ce que les producteurs de la série ont encore en réserve pour nous d’ici la fin, surtout quand on sait que Scott Gimple disait lors du PaleyFest à Los Angeles que The Walking Dead pouvait encore continuer 20 ans.

En tout cas, pour l’instant, comme un phénix qui renaît de ses cendres, la bande d’Alexandria s’en va en guerre contre le vil Negan et nos pop-corn attendront la rentrée prochaine pour être dévorés. En espérant que les producteurs de la série apprennent de leurs erreurs et écoutent les plaintes et lamentations des fans du show.

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The Walking Dead saison 7 – Bande Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=wGm2zwg_-NY

The Walking Dead saison 7 – Fiche technique

Création : Frank Darabont, Robert Kirkman
Réalisation : Gwyneth Horder-Payton, Gregory Nicotero, Ernest Dickerson
Scénario : Charlie Adlard, Frank Darabont, Robert Kirkman, Tony Moore, Gregory Nicotero
Interprétation : Andrew Lincoln (Rick), Norman Reedus (Daryl), Steven Yeun (Glenn), Chandler Riggs (Carl), Melissa McBride (Carol Peletier), Lauren Cohan (Maggie Greene), Danai Gurira (Michonne), Lennie James, Sonequa Martin-Green(Sasha Williams), Alanna Masterson (Tara Chambler), Michael Cudlitz (Abraham Ford), Josh McDermitt (Dr Eugene Porter), Christian Marie Serratos (Rosita Espinosa), Seth Gilliam (Gabriel Stokes),  Ross Marquand (Aaron), Austin Nichols (Spencer Monroe), Tom Payne (Paul « Jesus » Rovia), Austin Amelio (Dwight), Xander Berkeley (Gregory), Jeffrey Dean Morgan (Negan), Khary Payton (le roi Ezekiel).
Effets spéciaux : KNB EFX, Gregory Nicotero, Stargate Studios
Musique : Bear McCreary
Production : Robert Kirkman, Frank Darabont, David Alpert, Charles H. Eglee, Gale Anne Hurd, Gregory Nicotero
Genre : horreur, drame, science fiction
Diffusion originale : 23 octobre 2016 – 2 avril 2017
Format : 16 épisodes de 44 minutes.

Etats-Unis – 2016

Festival

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