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Les meilleurs films de sous-marins : le top de la rédaction

Alors que Le Chant du Loup vient d’accoster dans les salles françaises, le Mag du ciné en a profité pour pointer son périscope sur ce genre underground (ou plutôt underwater) qu’est le  film de sous-marins. Au travers de plusieurs titres emblématiques choisis avec soin par la rédaction, opérons une plongée au sein d’un univers qui côtoie autant le film de guerre que le film d’aventure.

Si les voitures, avions ou autres bateaux ont souvent été les stars de longs-métrages en tous genres, un outsider a également réussi à tirer son épingle du jeu. Le sous-marin a, par ses caractéristiques si particulières, su conquérir le 7ème art au travers d’œuvres diverses et variées. De par sa nature submersible, le sous-marin est avant tout un moyen d’explorer les profondeurs, et ce n’est pas ce cher James Cameron qui nous fera dire le contraire. Mais il s’agit aussi d’une puissante machine de guerre capable de démarrer une véritable apocalypse nucléaire. À travers cela, le sous-marin devient un objet cinématographique à part entière, qu’il soit soviétique ou allemand, qu’il ressemble à une Lotus Esprit, qu’il serve à contacter un peuple extraterrestre ou à voyager 20000 lieues sous les mers. Il est donc temps d’effectuer le grand plongeon en compagnie du capitaine Némo, de Marko Ramius ou encore de James Bond, pour découvrir notre top des meilleurs films de sous-marins.

Abyss de James Cameron (1989)

Par Ariane

A 20 000 lieues des traditionnels films de sous-marins reposant sur le suspense de combats navals ou l’atrocité réaliste de drames humains, Abyss mise sur la découverte imprévue d’un univers enfoui, aussi mystérieux que fascinant. Afin de secourir l’équipage de l’USS Montana, un sous-marin nucléaire lanceur d’engin ayant coulé dans des circonstances inexpliquées, la marine américaine décide d’utiliser comme base Deepcore, une plateforme de forage expérimentale située à plus de 500 mètres sous la surface de la mer. La mission de sauvetage, sur fond de guerre Froide, tourne rapidement à un huis-clos angoissant dans lequel s’immiscent des êtres, aux origines indéfinissables, dont la forme prend celle de lumières roses dansantes ou de masses d’eau inquiétantes. La réalisation du film constituait à l’époque un véritable défi technique qu’Abyss a largement relevé en proposant des effets spéciaux particulièrement impressionnants et innovants sur les liquides, qui lui ont d’ailleurs valu l’Oscar de cette catégorie en 1989. Grâce à eux et à une photographie sublime, James Cameron nous invite à un voyage sensoriel immersif dans les profondeurs des océans comme dans les tréfonds de l’âme humaine, aussi effrayée qu’attirée par l’inconnu et assoiffée d’une vérité ineffable.

A la poursuite d’Octobre Rouge de John McTiernan (1990)

Par Maxime

En portant pour la première fois à l’écran, le héros des romans de Tom Clancy, Jack Ryan, le cinéaste John McTiernan ne savait pas encore qu’il allait donner ses lettres de noblesse au film de sous-marin. Adepte des lieux uniques, McT troque  cette fois-ci la luxuriante jungle d’Amérique Centrale et la Nakatomi Plaza pour les couloirs exigus des sous-marins soviétiques et américains. Suivant le sous-marin Octobre Rouge dirigé par le charismatique Marko Ramius (pour lequel Sean Connery s’essaie au russe) voulant passer à l’Ouest , le film prend place en pleine Guerre Froide et retrace une lutte acharnée entre les deux parties. Cette chasse pour l’Octobre Rouge entre américains et soviétiques se transforme alors sous la caméra de John McTiernan en une véritable partie d’échecs où chaque sous-marin devient un pion, et chaque décision un coup qui s’avère crucial pour la suite des événements. La science de la mise en scène de McTiernan fait une nouvelle fois des merveilles, offrant un sommet de suspense, tout en focalisant son action sur l’intérieur des sous-marins. En misant plus sur le cérébral que sur le spectaculaire, il laisse la vedette aux différents membres d’équipages, tout en mettant l’accent sur la communication et le langage plutôt qu’à ces torpilles aux effets spéciaux repoussant. Il faut dire que le bonhomme est bien aidé par une leçon de découpage ainsi qu’une partition toujours épique de Basil Poledouris faisant de À la poursuite d’Octobre Rouge, le film traitant de la Guerre Froide le plus haletant depuis Point Limite de Sydney Lumet.

20.000 Lieues sous les mers de Richard Fleischer (1954)

Par Jules

20.000 Lieues sous les mers est la première grosse production des studios Disney en matière de film live. Avec son budget conséquent pour 1954, de 5 millions de dollars, ses techniciens et décorateurs hors-pairs (dont certains ayant travaillé sur Boulevard du crépuscule quelques années plus tôt), et ses vedettes hollywoodiennes menées par Kirk Douglas et Peter Lorre entre autres, cette adaptation du roman éponyme de Jules Verne se voulait ambitieuse. Aux commandes : Richard Fleisher, qui choisit le CinemaScope afin de donner plus de réalisme et d’amplitude au légendaire sous-marin qu’est le Nautilus. Tournées en studio, dans des bassins artificiels géants ou bien en mer au large de la Jamaïque, les séquences sous-marines sont saisissantes et révolutionnaires d’un point de vue technologique, pour l’époque. Le Nautilus lui-même est une prouesse mécanique, conçu par Harper Goff à qui l’on doit également la conception du parc Disney Land, et reconstruit à l’échelle en restant fidèle à la description qu’en fait Jules Verne dans son livre, pour une structure dépassant les soixante mètres ! Face au Nautilus, le calmar géant du mémorable affrontement, lui aussi plus vrai que nature de par la minutie et le gigantisme mis à l’œuvre, et qui mobilise à chaque instant 28 personnes pour s’animer et offrir un spectacle démesuré. Si l’esthétique rustique et très carton-pâte a inévitablement vieilli depuis plus d’un demi-siècle, 20.000 Lieues sous les mers façon Disney conserve un charme intemporel et force le respect devant les moyens employés pour élever le film à la hauteur mythologique de son matériau d’origine. Un grand moment de divertissement adressé à tous les publics.

Das Boot de Wolfgang Petersen (1984)

Par Hervé

En signant Das Boot, Wolfgang Petersen (futur réalisateur de L’Histoire sans fin et de Troie) réalise la référence en matière de film de sous-marins. Pendant les presque cinq heures de la version intégrale, il plonge son spectateur au cœur d’un équipage de sous-mariniers allemands durant la Seconde Guerre Mondiale. Deux qualités frappent avant tout : la reconstitution, particulièrement soignée, et l’humanité du film. Petersen refuse le spectaculaire pour se concentrer sur ses personnages et leur vie quotidienne dans cet endroit réduit, avec des moments de grande tension dramatique et d’autres, plus chaleureux, drôles ou tragiques. Lors des combats, le réalisateur joue énormément sur les hors-champs, augmentant ainsi de façon considérable le suspense. Chaque personnage est caractérisé avec soin et attention, et les gros plans sur leurs visages en disent plus long sur l’angoisse générée par le conflit que de nombreux discours. La musique signée Klaus Doldinger renforce encore cet aspect tragique de l’histoire. Tous les éléments sont réunis pour faire de Das Boot un chef d’œuvre.

L’espion qui m’aimait de Lewis Gilbert (1977)

Par Benjamin

Certains pourraient se demander le pourquoi de la présence de L’espion qui m’aimait dans cette sélection de grands films de sous-marins. Le choix est évident. Premièrement, le bad guy du film, Stromberg, veut faire de la planète un énorme océan. Continents noyés, la civilisation vivrait dans des cités sous-marines. Stromberg est persuadé que la clef de notre survie se trouve sous l’eau. Mégalo mais pragmatique, il a déjà posé une première pierre à son projet fou avec Atlantis, base sous-marine qu’il a créée, dont l’architecture évoque un crabe au design rétro-futuriste steampunk. Pour l’affronter, le héros James Bond a reçu de Q – l’éternel bonhomme des technologies improbables de l’univers de 007 – une magnifique Lotus qui peut passer d’une conduite route à un mode de déplacement sous-marin qui lui permettra aussi d’affronter des dangereux plongeurs dans le plus grand des conforts. Et le travail des sous-marins ne s’arrête pas là. En effet, Bond et ses alliés verront leurs submersibles « avalés » et enfermés par l’un des pétroliers super-technologiques de Stromberg – à la manière des astronefs par le spaceship de Spectre dans On ne vit que deux fois (1967) du même réalisateur Lewis Gilbert. Le réalisateur réussit à y filmer une bataille de grande ampleur (plus réussie que celle de la base volcan de son Bond précédent) notamment grâce au décor grandiose de Ken Adams où les corps s’affrontent sur des passerelles, sur le pont de sous-marins, pour chuter dans l’eau contenue par le bâtiment de Stromberg. La séquence, à la fois grandiloquente en terme d’espace et claustrophobique en terme d’expérience guerrière – sans oublier le suspense tiré des enjeux véritablement mis en images (la fuite des sous-marins alliés avant l’explosion du bâtiment ; la poursuite de Stromberg vers Atlantis et la mise à mal de son plan de destruction du monde) – constitue un des sommets de la saga. Avec son sous-marin automobile, sa base géante secrète, ses submersibles nucléaires et son plan machiavélique d’un monde sous l’eau, L’espion qui m’aimait est bel et bien un grand film du genre.

USS Alabama de Tony Scott (1995)

Par Guillaume

On aurait tort de mésestimer la contribution de Tony Scott au genre qui nous intéresse. D’abord parce renouant pour la quatrième fois avec Jerry Bruckheimer, Scott marque son territoire et revendique sa paternité sur cette esthétique 90’s associée aux productions du mogul. A titre d’exemple, la quasi-totalité des plans précédant l’immersion du sous-marin semblent avoir été repris tels quels par Michael Bay dans Rock un an plus tard. Surtout, le genre offre un terrain rêvé à Scott pour faire mentir ceux qui résumaient son style à ses élans les plus pompiers . Par essence abstrait et intellectuel, le film de sous-marin astreint à un certain ascétisme le cinéaste qui ne peut se livrer au spectaculaire démonstratif de son « film d’avions » (Top Gun) ou son « film de voitures » (Jour de Tonnerre). Coincé entre quatre murs avec ses personnages, Scott a ainsi tout loisir de se concentrer sur les rapports de force qui vont stimuler le récit. Le résultat est un modèle de construction narrative et d’élaboration formelle. De façon quasi-subliminale, le réalisateur trace progressivement la ligne de démarcation qui sépare les deux camps menés respectivement par les formidables Gene Hackman et Denzel Washington. Une changement de valeur de plans lors d’un dîner entre officiers suffit à cristalliser le conflit entre les personnages et suspendre le sort du monde à leur querelle d’ego. Plutôt que de distribuer les bons points et les mauvais points, Scott oppose les certitudes des protagonistes avec l’incertitude factuelle à laquelle ils sont confrontés, utilise son espace d’action pour cimenter leur confrontation et magnifie les seconds rôles à l’aune de leur capacité à se transcender au contact de la grande histoire.
Le résultat est non seulement un incontournable du genre, mais aussi une étape charnière dans la mue opérée par le réalisateur depuis Revenge. Avant David Fincher, Tony Scott était ainsi celui qui a donné au formalisme clip/pub ses lettres de noblesse dans le storytelling classique. USS Alabama marque ce moment chez le cinéaste où l’essentiel passe par ce que le spectateur imprime sans forcement le remarquer.

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