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Chéri de Stephen Frears : Le dandy et la courtisane

Avec Chéri, Stephen Frears renoue avec la tradition des adaptations littéraires. 20 ans après Les liaisons dangereuses, il revient aux histoires d’amours contrariées dans une bourgeoisie feutrée, et signe un film joliment précieux et désuet en portant à l’écran la romance entre une courtisane sur le déclin et un jeune dandy désabusé.

Synopsis : Paris, début du XXème siècle. Léa de Lonval, une riche courtisane parisienne sur le déclin, s’apprête à mettre fin à sa carrière. A la demande de son amie Charlotte Peloux, elle aussi ancienne courtisane, Léa accepte de prendre sous son aile Fred « Chéri » Peloux, son fils de 19 ans, un jeune dandy habitué à la décadence de la vie parisienne. Rapidement, Léa et Chéri se retirent des mondanités et optent pour une vie plus simple en Normandie. Mais après six ans d’amour, leur relation prend fin : Charlotte a arrangé un mariage d’intérêt pour son fils. Léa et Chéri parviendront-ils à s’oublier ? 

Luxe, calme et volupté

Chéri se caractérise avant tout par la beauté de ses décors et de sa mise en scène, qui retraduit parfaitement l’ambiance du Paris baroque de 1900, avec ses lieux en vogue (Maxim’s, le Grand Hôtel de la plage à Biarritz), et qui reconstitue à merveille la beauté des hôtels particuliers, des résidences champêtres, des fiacres, des rues et des jardins de cette France glamour et huppée, d’une autre époque. Les costumes sont savamment travaillés, et il émane du film une forme d’élégance nonchalante, une fraîcheur, une douce négligence. Les tenues vaporeuses de Léa (Michelle Pfeiffer), les habits chics d’un Chéri (Rupert Friend) qui traîne sa lassitude avec un dandysme irrésistible, l’agencement luxueux des intérieurs sont tant d’éléments qui font que le spectateur prend plaisir à évoluer dans un tel environnement. Cela rappellerait presque les quelques vers de Baudelaire de l’Invitation au Voyage : « Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxecalme et volupté ».  Pourtant, on ne peut s’empêcher de remarquer que le film brosse aussi un portrait outrancier des cocottes et autres courtisanes engoncées dans une fausse distinction film-cheri-pfeiffer-stephen-frearsvulgaire et surfaite, où règnent les breloques en tous genres, les riches étoffes aux mille couleurs, les plantes exotiques suffocantes, les odeurs de parfum capiteux : cette opulence et ce mauvais goût contribuent à faire de Chéri une satire qui tourne subtilement en dérision les habitudes et les mœurs de ces parvenues, ces bourgeoises d’un autre temps fardées de rose et coiffées de perruques poudreuses. Entre grâce et lourdeur, Stephen Frears décrit avec un humour très discret les travers de ces dames du monde dont la méchanceté, la prétention et la fourberie n’ont d’égal que les oripeaux dont elles se parent. Cette mascarade, régie par des codes tacites, se ressent efficacement sans que rien ne soit jamais vraiment pointé du doigt : Frears maîtrise son propos avec une sagesse qui lui évite de tomber dans la caricature et qui permet aux personnages d’exister en dehors des clichés qu’ils incarnent. Une peinture sociale malicieuse qui amuse autant qu’elle séduit.

Entre faux-semblants et superficialité

Chéri est un film dont la trame se tisse tout en sous-entendus et en non-dits, ce qui rend le résultat imperceptiblement tordu. Pour garder les apparences, Léa refuse d’admettre au monde qu’elle, grande séductrice, a eu la faiblesse de tomber amoureuse, et Chéri, qui se réfugie derrière un détachement insolent, nie lui aussi les sentiments qu’il éprouve à l’égard de celle qu’il surnomme affectueusement « Nounoune ». Pourtant, ces deux âmes esseulées passeront six ans ensemble, dans la campagne normande, à profiter des plaisirs simples loin des mondanités et des artifices de la vie parisienne. Mais le bonheur ne dure jamais : Charlotte Peloux, mère de Chéri etchéri-frears-pfeiffer-bates elle-même ancienne courtisane et rivale de Léa, rappelle son fils à l’ordre et organise une réunion en grandes pompes pour annoncer ses fiançailles prochaines avec Edmée, fille illégitime d’une autre courtisane, pourvue d’une fortune importante : dans ce milieu, tout le monde sert ses intérêts avant tout, l’argent prime. Sous des faux-semblants et des sourires aussi forcés que superficiels, tout ce petit monde complote et échafaude des plans pour se faire des coups bas dans cette bataille d’ego entre ces séductrices déchues qui n’ont de cesse de se tirer dans les pattes. L’hypocrisie de ce microcosme cache en réalité des rivalités profondes entre ces héroïnes qui vivent dans le souvenir de leur gloire fanée. C’est donc dans cette atmosphère viciée que Léa apprend que l’objet de son amour va lui être arraché, des mains de celle qui le lui avait pourtant confié en premier lieu. Mais dans ce cercle où les apparences sont primordiales, comment maintenir la face ? Alors que Léa va jouer la carte de l’indifférence joyeuse pour éviter que le vernis craque, Chéri, lui, va tenter de s’accommoder de la situation, même si les deux amants souffrent en secret, jusqu’à choisir, chacun de leur côté, l’exil. Rumeurs, ragots et suppositions hasardeuses vont alors bon train parmi les courtisanes qui bavassent entre elles, dans un écrin de superficialité qui étouffe tout sur son passage. Comment vivre, lorsque l’on doit réprimer ses sentiments ? A partir de là, cet univers dans lequel Léa se sentait pourtant chez elle va lui sembler insupportable. Serait-ce un chagrin d’amour ?

Un amour tragique

Cela nous amène au dernier aspect de Chéri : le récit d’un amour contrarié entre deux amants que tout sépare, notamment à cause de leur différence d’âge importante : Chéri a 19 ans, Léa en a au moins 50. C’est une couguar avant l’heure. L’un commence sa vie et fait son entrée dans le monde ; quand l’autre s’en retire et fait sa révérence. Union impossible mais également impensable : cela ferait trop jaser, ce serait le scandale. Et puis, n’était-ce pas une passade, histoire de batifoler ? Malheureusement, là où Chéri et Léa n’auraient pas dû s’attacher, naît en fait un amour fusionnel et passionné qui les conduira tous deux au désarroi et à la déprime profonde : Léa se sent vieille, seule et mal-aimée, indésirable et flétrie, isolée dans sa cage dorée, avec pour seule consolation ses souvenirs et le faste de ses bijoux. Pour ne pas se couvrir de honte, elle fait croire à qui veut l’entendre qu’elle a tourné la page et qu’elle s’est trouvé un nouvel homme. Chéri, lui, sape son mariage, néglige sa jeune épouse et noie son chagrin dans l’alcool et les sorties nocturnes, perdu et déboussolé. Pourtant, lorsque les deux amants finissent chéri-frears-friend-pfeifferpar baisser la garde et retomber dans les bras l’un de l’autre, les retrouvailles tournent court, et la réalité les rattrape à nouveau : Chéri veut faire sa vie avec une femme de son âge et s’interroge sur la nature de son amour pour Nounoune, tandis que Léa ne supporte pas d’être rejetée une seconde fois. Cloués sur place par le carcan des conventions, immobilisés par le regard de toute une société et condamnés à la séparation par le destin, Léa et Chéri n’ont d’autre choix que de se quitter pour honorer leur rang et obéir une fois de plus aux faux-semblants qui réglementent leur monde. Maudits et écrasés par le poids d’un contexte dont ils sont victimes, ils finiront tragiquement. Cet amour tourmenté nous touche par sa délicatesse, sa douceur et sa grâce, mais ne nous transporte pas malgré la douleur que connaissent les héros. A cause d’une atmosphère trop travaillée et d’une ambiance feutrée qui frise parfois l’ennui, Frears ne nous émeut pas autant qu’on l’aurait voulu.

En conclusion, Chéri est une belle réussite qui brosse avec grâce et malice le portrait d’un Paris baroque de tous les excès où l’hypocrisie régnait en maître et où les apparences primaient sur la sincérité et les sentiments. Satire sociale douce-amère qui vire du comique au tragique, Chéri est un film lent, parfois poseur, qui se contemple et qui nous invite au voyage, délicatement, avec une mélancolie toute féminine.

Chéri : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=jI–A8RvoEo

Chéri : Fiche Technique

Réalisateur : Stephen Frears
Scénario : Christopher Hampton, d’après le roman homonyme de Colette
Casting : Michelle Pfeiffer (Léa de Lonval) ; Rupert Friend (Fred « Chéri » Peloux) ; Kathy Bates (Charlotte Peloux) ; Felicity Jones (Edmée)
Photographie : Darius Khondji
Montage :  Lucia Zucchetti
Décors : Alan MacDonald
Costumes : Consolata Boyle
Musique : Alexandre Desplat
Producteur(s) : Bill Kenwright, Thom Mount
Production : UK Film Council, Miramax Films, Pathé
Distributeur : Pathé
Genres : Romance, drame, adaptation littéraire, film d’époque
Durée : 1h 32min
Date de sortie : 8 avril 2009

Nationalités : France, Grande-Bretagne, Allemagne

Dark Matter : trou noir pour l’équipage !

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Dark Matter est une série de bonne facture avec une écriture cohérente, des révélations maîtrisées et des personnages attachants, malgré un potentiel pas totalement exploité.

Synopsis : Des personnes se réveillent les uns après les autres dans un vaisseau spatial, sans aucun souvenir de qui ils sont. Pour s’en sortir, ils s’appellent par des numéros en fonction de l’ordre dans lequel ils se sont réveillés. Petit à petit, ils parviennent à obtenir des informations sur leur identité ou leur passé. Mais la méfiance est de mise, alors qu’ils ne peuvent compter que les uns sur les autres pour survivre dans un univers dangereux. Cette équipe hétéroclite instable va rapidement se retrouver prise à partie entre de puissantes corporations qui luttent pour s’accaparer les ressources des planètes colonisées.

Inspirations diverses

Dark Matter fait partie de ces nouvelles séries de space opera commandées par SyFy ces dernières années (comme the expanse et killjoys), chaîne qui a décidé de réinvestir dans ce genre.

A priori rien de bien nouveau dans le concept, et la série fait indéniablement penser à d’autres œuvres du même style, rappelant les grandes heures de Stargate, ainsi que quelques touches de Firefly. Difficile également de ne pas y voir un point de ressemblance avec Continuum pour son futur marqué par la dictature de corporations puissantes et amorales, impression renforcée par la présence d’un même acteur au casting (Roger Cross, 6). Pour la ressemblance avec Stargate, cela n’a toutefois rien d’étonnant puisque l’on y retrouve les mêmes producteurs (Joseph Malozzi et Paul Mullie). Le design du vaisseau est d’ailleurs assez proche de la dernière déclinaison de la franchise.

La série exploite plusieurs idées de science fiction, comme des clones commandés mentalement à distance, des androïdes très humanisés, des hommes artificiellement améliorés, des armes de destruction planétaire, des inventions courbant l’espace-temps, de quoi apporter un minimum de satisfaction aux amateurs de science-fiction.

Dès la saison 2 et de manière plus marquée à la saison 3, la série tend à exploiter des thèmes plus que classiques, comme le voyage dans le temps et les mondes parallèles. Un classicisme un peu regrettable tant ces thèmes se retrouvent déjà dans nombre de séries, et semble trahir une certaine facilité dans le choix des histoires. Ce genre d’histoire, qui suggère que la technologie humaine est mûre pour le voyage temporel ou entre les dimensions, sort la série de la catégorie réaliste dans laquelle elle pouvait encore prétendre appartenir à ses débuts.

Ressort scénaristique habilement employé

La perte de mémoire est un ressort souvent employé, et pas seulement en science-fiction, pour son potentiel en termes de mystères et de révélation. Et c’est ce qui fait le potentiel de la série : les membres découvrent petit à petit, par bribes, qui ils étaient et leurs motivations, pour se rendre vite compte que tout n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît.
En effet, même si dans leur vie oubliée ils constituaient un équipage, tous n’étaient pas là pour les mêmes raisons. Certains avaient réellement commis des actes criminels ; d’autres étaient accusés à tort, mais, pour survivre ou se venger, ils n’en sont pas moins devenus dangereux et prêt-à-tout pour accomplir leurs buts.

Cette ignorance et ces incertitudes rendent très difficile l’instauration d’une confiance, alors qu’ils se retrouvent tous dans la même situation et ne peuvent compter que les uns sur les autres. Comment en effet se reposer sur des personnes que l’on ne connait pas, des personnes potentiellement dangereuses qui plus est ? La révélation que la perte de mémoire n’était pas un accident mais un acte volontaire à priori commis par un membre de l’équipage renforce cette paranoïa. Une confiance qui apparaît pourtant indispensable, puisqu’ils sont seuls dans un monde dangereux dont ils ne connaissent plus rien.

Des personnages plus complexes qu’il n’y paraît

Si de prime abord les personnages pouvaient paraître assez lisses et stéréotypés, entre le bourrin détestable, le guerrier muet, ou la petite ingénieuse bizarre, la suite les rend plus ambigus et les plus retors ne sont pas forcément ceux que l’on pourrait croire. Le personnage du bourrin détestable par exemple (3, Anthony Lemke) s’il donne l’impression de pouvoir les trahir à la première occasion, semble être plus attaché qu’il n’y parait et ses fâcheuses habitudes relèvent plus d’une grande gueule que d’un mercenaire sans foi ni loi. La leadeuse autoproclamée (2, Melissa O’Neil) semble prendre à cœur l’intérêt de l’équipage, quitte à leur mentir ou les manipuler. Et derrière son mutisme et sa maîtrise de soi, que cache l’homme aux sabres (4, Alex Mallari), est-il du genre à se soucier d’autrui ou ne suit-il que ses propres intérêts ?

La série semble avoir voulu effectuer quelques tentatives pour renouveler le casting et apporter de nouvelles têtes, mais sans aller jusqu’au bout et force est de constater que chaque nouveau personnage introduit ne reste finalement pas longtemps sur le vaisseau.

Continuité marquée

Aux questions des personnages s’ajoutent des éléments du vaisseau à la fonction encore inconnue. Un pendentif, une porte fermée, un cadavre non identifié, ou d’étranges rêves qui semblent être les souvenirs des autres…

A propos des mystères, c’est un point positif de la série : ils ne trainent pas en longueur. Ainsi la révélation du rôle de l’équipage est donnée dès le premier épisode, laissant à chacun la tâche de digérer la nouvelle et de chercher plus tard son rôle exact et ses motivations. Quand des personnes gardent un secret, il finit par être rapidement révélé, sans servir de remplissage où l’on s’attarde sur les efforts de la personne concernée pour le cacher. L’histoire avance ainsi à chaque épisode.

Les intrigues de chaque personnage sont ainsi développées en parallèle. Le scénario est donc assez riche, mais une intrigue globale parvient toutefois difficilement à se dessiner. Il faut attendre la fin de la saison 2 et la saison 3 pour commencer à voir apparaître un fil directeur.

L’univers

Si la série se concentre sur le vaisseau, elle en dévoile au sein de la première saison progressivement un peu plus sur les forces en présence : l’Autorité Galactique, des rebelles terroristes, les corporations, leurs exactions et les rivalités entre elles, mais aussi des empires comme celui des Ishida, peuple d’origine asiatique ayant gardé des traditions de combat à l’épée au milieu de technologies avancées. Un univers qui semblait assez prometteur, mais que les saisons suivantes n’ont malheureusement pas vraiment contribué à étoffer d’avantage.

Le budget paraît assez limité, et si se concentrer sur le vaisseau a l’avantage de réduire les coûts et de les concentrer sur les décors extérieurs, comme les stations spatiales, il n’y a guère de quoi être impressionné. Les planètes ne paraissent pas bien exotiques, et l’aspect carton-pâte du vaisseau se devine. Mais le budget d’une série, nouvelle qui plus est, n’est pas celui d’un film, et il serait sans doute déraisonnable d’en demander d’avantage. Et ce n’est pas grand chose, mais des tableaux de paysages extraterrestres dans les salles constituent des petits détails sympathiques.

Est-ce ce classicisme ou ce potentiel non totalement exploité qui n’auront pas permis de fidéliser le nombre de spectateurs escomptés ? Toujours est-il que SyFy a décidé d’annuler la série au terme de 3 saisons, la laissant terminer sur le genre de fin à suspens typiquement frustrant des séries inachevées. Si la chaîne spécialisée dans la science-fiction semble avoir décidé de renouer avec le genre du space opera dont elle s’était débarrassée, elle n’est en tout cas pas prête de se débarrasser de son habitude d’annuler ses productions prématurément…

Bande-annonce : Dark Matter

Fiche technique : Dark Matter

Création : Joseph Mallozzi, Paul Mullie
Production : Joseph Mallozzi, Paul Mullie, Jay Firestone, Vanessa Piazza
Acteurs principaux : Marc Bendavid (1, Jace Corso) ; Melissa O’Neil (2, Portia Lin) ; Anthony Lemke (3, Marcus Boone) ; Alex Mallari Jr (4, Ryo Ishida) ; Jodelle Ferland (5, Emily Kolburn) ; Roger Cross (6, Griffin Jones) ; Zoie Palmer (l’androïde)
Musique : Benjamin Pinkerton
Genre : Science-fiction
Chaîne d’origine : Space, Syfy
Nombre de saisons : 3
Épisodes : 39 épisodes de 43 minutes
Diffusion : 2015 – en production

Pays d’origine : Canada

Seven Sisters de Tommy Wirkola : Une solide dystopie

Seven Sisters vient redorer le blason de la dystopie, après ses fresques adolescentes, avec un divertissement solide et accrocheur mais peu nuancé dans ses réflexions.

Synopsis : 2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparaît mystérieusement…

Depuis quelques années déjà, la science-fiction dystopique est réduite à des œuvres adolescentes dont la plupart  sont des adaptations au cinéma de romans young adults. On pense à Hunger Games, Divergente et encore bien d’autres qui ont fini par réduire un genre passionnant à des films et réflexions qui, en venant à se ressembler, finissent par se confondre pour au final ne plus rien apporter d’original et de pertinent. Donc quand un film à portée plus adulte comme Seven Sisters sort sur les écrans, il y a de quoi être intrigué en espérant qu’il apportera un vent de fraîcheur à un genre qui a fini par ne plus faire que du surplace. Dirigé par Tommy Wirkola qui avait déjà réalisé le très oubliable Hansel & Gretel : Witch Hunters mais qui s’était surtout démarqué par ses jubilatoires Dead Snow, succulentes comédies à base de zombies nazis dont le deuxième film se payait même le luxe d’être supérieur à son aîné, Seven Sisters laisse présager être entre de bonnes mains avec son postulat de départ intriguant et qui intéresse par son procédé de la multi-performance avec Noomi Rapace qui ne joue pas un mais sept rôles différents.

WhatHappenedToMonday-noomi-rapace-Review-movie-Seven-SistersSeven Sisters repose d’ailleurs beaucoup sur cette performance, que ce soit du point de vue technique que sur les épaules de l’actrice. Gérer un acteur qui joue sept rôles simultanément au sein d’un même décor est un exercice délicat à opérer en temps normal, car il faut naviguer entre les doublures, les ajouts numériques mais surtout retourner une scène plusieurs fois pour chacun des rôles menés par l’acteur. Mais ici, Seven Sisters ne se contente pas seulement de mettre en scène ses personnages autour d’une table pour les faire dialoguer, mais va aussi les faire interagir lors de scènes d’actions. Techniquement irréprochable, on ne voit jamais les artifices lors de ces séquences musclées qui se montrent savamment mises en scène par leur lisibilité, mais aussi une brutalité plutôt bienvenue qui impressionne par la difficulté que ces scènes ont dû représenter lors du tournage. Tommy Wirkola fait donc un très bon travail avec la réalisation de son film. Il arrive à construire un univers dystopique crédible et cohérent notamment dans sa représentation de la surpopulation. Les rues grouillent de monde et il appuie sa mise en scène par un sentiment d’étouffement qui fait souvent son petit effet. La pauvreté croissante qui donne aux décors des airs post-apocalyptiques, le contrôle intensif de la population qui confine au despotisme etc… Il crée un monde qui se rapproche facilement du nôtre et qui parait plus que plausible.

seven-sisters-noomi-rapace-film-review Seven Sisters apparaît étincelant dans sa forme et son interprétation, car le casting est ici impeccable avec, en tête, une impressionnante Noomi Rapace. Elle arrive à apporter un trait de caractère, une gestuelle et un phrasé différents à chacun de ses personnages avec subtilité et sans tomber dans la caricature que certains rôles auraient pu apporter. Cependant, le bât blesse au niveau de l’écriture parfois légère du film. Beaucoup trop prévisible dans son intrigue et muni de personnages parfois caricaturaux, Seven Sisters en vient à manquer de nuances et flirte avec le manichéisme. Pourtant le scénario a l’air d’avoir conscience d’évoluer dans un univers qui n’est ni noir ni blanc mais composé de zones de gris car il apporte des motivations concrètes et même valables à ceux qui font figure d’antagonistes, mais jamais il ne creuse la réflexion et ne questionne le bien fondé des actes. Surtout que ceux qui font office de mains armées chargées de traquer les sœurs sont pour le coup très stéréotypés dans leur fonction de méchant. L’ensemble reste quand même plus intelligent que la plupart des œuvres d’anticipation que l’on a pu voir ces dernières années dans cette optique de divertissement, et il nous gratifie d’une fin plus habile qu’escompté et de quelques réflexions plutôt bienvenues. Reste que le scénario a souvent recours aux facilitées pour excuser le développement de ses intrigues. Le récit a aussi du mal à gérer son suspense, mais compense par une gestion assez subtile de la tension, principalement à travers la frontalité avec laquelle il aborde le destin de certains personnages qui surprend. Les divertissements qui font si peu de cadeaux à leurs protagonistes se font de plus en plus rares.

Seven Sisters est un film de science-fiction particulièrement réussi et rafraîchissant dans son genre. Plus adulte et frontal dans sa violence et ses réflexions, il apparaît plus concret et crédible que les récentes dystopies pour ados dont nous a gratifié le cinéma US. Pourtant le scénario tombe dans les facilités et la prévisibilité de son récit mais cela reste des défauts peu gênants face à la maîtrise et l’efficacité qui se dégage de l’ensemble. Tommy Wirkola emballe son film avec beaucoup de savoir-faire et, même s’il favorise le divertissement aux questionnements, il arrive quand même à garder une place pour ces derniers. Le résultat manque de nuances mais pas forcément d’intelligence. Le tout est en plus tenu par un très bon casting, de quoi faire de ce Seven Sisters la bonne surprise cinématographique  de cette rentrée.

Seven Sisters : Bande-annonce

Seven Sisters : Fiche Technique

Titre original : What Happened to Monday
Réalisateur : Tommy Wirkola
Scénariste : Max Botkin, Kerry Williamson
Casting : Noomi Rapace, Glenn Close, Willem Dafoe, Marwan Kenzari, Christian Rubeck, Pål Sverre Valheim Hagen, Tomiwa Edun, Cassie Clare…
Compositeur : Christian Wibe
Directeur de la photographie : Jose David Montero
Monteur : Martin Stoltz
Genres : Science fiction, Thriller
Date de sortie : 30 août 2017
Durée : (2h 04min)
Distributeur : SND
Année de production : 2017

Nationalités américain, britannique, français, belge

Death House : La date de sortie en salles enfin dévoilée aux USA !

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Les fans de cinéma de genre et de films bis un peu fauchés qui font le bonheur des dvd thèques attendent avec beaucoup d’impatience et de curiosité le film Death House. Cette plongée infernale dans une prison de haute sécurité va réveiller la fibre nostalgique des mordus d’horreur ayant vécu l’âge d’or des productions horrifiques au temps béni des VHS.

Le réalisateur Harrison Smith, le producteur Rick Finkelstein et la comédienne Felissa Rose viennent de dévoiler ce dimanche 03 septembre la date officielle de sortie dans les salles obscures américaines de l’arlésienne du cinéma de genre indépendant qui réunit une pléiade de légendes vivantes du genre horrifique.

Death House va donc bel et bien bénéficier d’une sortie dans les salles de cinéma aux Etats-Unis le 26 janvier 2018. Le film devrait être classé R. Death House sera visible dans les multiplexes de l’enseigne Regal Movies aux USA. Cette chaîne dispose de 566 cinémas à travers 43 états américains pour un total de plus de 7 000 écrans. Death House sera projeté sur 100 écrans aux USA lors de sa sortie en salles !

Les fans vont donc devoir patienter encore quelques mois de plus. Les prévisions tablaient en effet sur une sortie pour l’automne, la période d’Halloween ou bien encore les fêtes de fin d’année. L’équipe du film et les distributeurs ont privilégié la prudence et une fenêtre de sortie plus clémente pour un succès au box-office. Death House ne devrait donc pas pâtir de la « concurrence » de l’automne avec Ça ou des risques de thromboses horrifiques pour Halloween 2017 avec Jigsaw, Creep 2 ou The Cult of Chucky. Le long-métrage d’Harrison Smith évitera également le tsunami généré par le huitième épisode de Star Wars dans les multiplexes en décembre prochain.

Un score honorable au box-office américain permettrait aux équipes du film de lancer véritablement la franchise Death House, prévue sur six longs-métrages. Ce projet et l’idée originale du film étaient portés par Gunnar Hansen, l’acteur ayant incarné Leatherface dans le film culte de Tobe Hooper, Massacre à la tronçonneuse. Gunnar Hansen a malheureusement été emporté par un cancer en novembre 2015.

Deux agents du FBI vont devoir surmonter leurs pires cauchemars lors d’une émeute au cœur d’une prison fédérale secrète. La dangerosité des détenus pourrait bien être liée à une emprise démoniaque ! L’établissement carcéral abriterait une porte vers l’Enfer !

Le casting repose sur une idée de génie. Harrison Smith est parvenu à réunir de très nombreux comédiens légendaires aux yeux des fans de films d’horreur : Kane Hodder, Barbara Crampton, Dee Wallace, Tony Todd, Bill Moseley, Adrienne Barbeau, Michael Berryman, Felissa Rose ou bien encore Sid Haig sont à l’affiche de Death House. Bruce Campbell et Robert Englund pourrait participer aux prochains volets de cette nouvelle franchise selon des confidences du réalisateur Harrison Smith auprès de l’équipe du show The Dorkening.

Death House vient de remporter ce week-end le prix du meilleur film et le prix du public au Central Florida Film Festival (CENFLO).

Espérons que les distributeurs français ne seront pas trop frileux ou que les équipes du PIFFF ou de Panic X Chroma arrivent à convaincre Harrison Smith de faire une escale dans cette bonne vieille Europe pour des projections de Death House en France en décembre 2017 (dates du PIFFF) ou en janvier et en février 2018.

White Girl Problems : Danielle Macdonald de Patti Cake$ dans une comédie grinçante

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La comédienne Danielle Macdonald, véritable révélation du film Patti Cake$, est annoncée sur un nouveau projet cinématographique. La jeune actrice sera à l’affiche de White Girl Problems.

Selon des informations de Variety et de Deadline Hollywood, la comédienne australienne Danielle Macdonald sera bientôt  à l’affiche de White Girl Problems, l’adaptation du roman éponyme de Babe Walker, publié en 2012. La star de Patti Cake$ va incarner le rôle principal de cette comédie selon des informations de Variety, relayées récemment par la rédaction d’Allocine. Ce projet, annoncé depuis de nombreux mois, aurait été confié à la réalisatrice Lauren Palmigiano, qui était auparavant scénariste et productrice exécutive pour la plateforme en ligne Funny or Die. Selon des indications d’Imdb, White Girl Problems pourrait être confié à la scénariste et réalisatrice Nahnatchka Khan.

White Girl Problems s’intéresse à la destinée d’une jeune femme très influente sur les réseaux sociaux. Son existence va basculer lors d’une frénésie d’achats incontrôlables pour la coquette somme de près de 250 000 dollars en une seule journée. Elle sera alors contrainte de suivre une cure de désintoxication suite à ce dérapage et cette fièvre d’achats compulsifs. La jeune femme va alors décider de se lancer dans l’écriture de ses mémoires. Elle évoquera notamment les difficultés rencontrées à son travail ou la haine qu’elle éprouve pour son cheval.

Sur le plan scénaristique, l’ouvrage de Babe Walker a été adapté pour les besoins du septième art par Scott Miles et Alisha Brophy (auteurs et réalisateurs de courts-métrages comme How the Donald Stole Christmas et Snowdin : The Elf That Takes on the NSA, Northpole Surveillance Agency).

Elizabeth Banks et Max Handelman vont produire White Girl Problems via Brownstone Productions. Le film est également produit par Lionsgate. Le casting complet et la date de sortie éventuelle n’ont pas encore été dévoilés.

Danielle Macdonald crève l’écran dans Patti Cake$ de Geremy Jasper, toujours actuellement en salles dans l’Hexagone. White Girl Problems pourrait définitivement lancer la carrière de la jeune comédienne australienne à Hollywood. Danielle Macdonald était parvenue ces dernières années à décrocher des petits rôles dans de nombreuses séries télévisées comme American Horror Story, Pretty Little Liars, Toolies ou bien encore 2 Broke Girls.

Patti Cake$, Wind River, Bonne Pomme… : Les films à voir ou pas

Seven Sisters, Petit Paysan, Le Prix du Succès, Villeperdue, 7 Jours pas plus, Histoires de la plaine, Lou et l’île aux sirènes, Gabriel et la montagneChaque semaine, une dizaine de nouveaux titres se partagent l’affiche. Que faut-il voir au cinéma ?

Wind River, de Taylor Sheridan. Polar américain, avec Jeremy Renner, Elizabeth Olsen, Kesley Asbille (1h50).

L’une des bonnes surprises de la semaine c’est Wind River de Taylor Sheridan. Le scénariste du tétanisant Sicario se mue derrière la caméra pour un nouveau thriller glacial, dans les étendues enneigées du Wyoming. Fort d’un duo hollywoodien (Jeremy Renner et Elizabeth Olsen) à la hauteur du projet, ce long métrage démarre timidement avant de retrouver la brutalité qui caractérise son auteur. Wind River reste captivant dans son ensemble et remplit son contrat sans transcender son genre mais avec une force admirable. Peut-être le film américain de cette fin d’été.

https://www.youtube.com/watch?v=Ahudr9Kc6j4

Le Prix du Succès, de Teddy Lussi-Modeste. Comédie dramatique française, avec Tahar Rahim, Roschdy Zem, Maïwenn (1h32).

Histoire de fratrie, de succès et véritable pamphlet contre un monde qui va toujours trop vite, Le Prix du Succès narre l’histoire de Brahim, de sa réussite et de sa chute auprès d’un frère ultra-protecteur et violent. Un film tendu (dès son impressionnante première scène) porté par des interprètes très bien dirigés et à l’aise dans leurs rôles de félins qui s’observent et s’attaquent dont Tahar Rahim et Roschdy Zem.

Patti Cake$, de Geremy Jasper. Comédie dramatique américaine, avec Danielle Macdonald, Bridget Everett, Mamoudou Athie (1h48)

Patti Cake$ souffre d’un aspect ‘white trash’ quelque peu outrancier et poussif : misère noire, cas sociaux, vie de galère. Le trait est un peu gros, et le scénario suit un développement assez classique, avec des passages obligés et des étapes attendues, qui ne sortent pas des sentiers battus. Rien de révolutionnaire, donc. En revanche, sur le fond, le message est pertinent, la misère affective, les difficultés financières, le système de santé qui pousse les gens à s’endetter, la souffrance d’être différent… Les problématiques étaient efficacement posées. Le style musical « rap de la zone » et le mélange des genres est agréable et innovant, sans oublier l’héroïne charismatique et attachante dont le combat pour exister est émouvant, elle pousse un coup de gueule qui vient des tripes, elle chante ses rêves, ses désillusions, sa haine, sa frustration et ses envies. C’est authentique. Au final, le résultat n’est certes pas parfait, loin de là, mais Patti Cake$ reste un bon film de hip-hop qui nous prend par les sentiments.

Bonne Pomme, de Florence Quentin. Comédie française avec Gérard Depardieu, Catherine Deneuve, Chantal Ladesou (1h41)

Contre toute attente, Bonne Pomme fait plutôt rire. Soyons clairs, le scénario bancal s’apparente plus à un prétexte et l’histoire est purement anecdotique. Mieux vaut ne pas s’attacher aux enjeux, car ils sont assez factices. Mais, si on choisit d’appréhender le film comme une petite comédie estivale légère qui joue sur le comique de situation et les personnages, cela fonctionne plutôt bien, les répliques sont marrantes et Deneuve livre une performance vraiment drôle. Bonne Pomme passe gentiment le temps et fleure bon la France des petits villages (un poil caricaturé mais sympathique). Ça s’oublie aussitôt mais, pourquoi pas, pour quelques heures d’été supplémentaires…

Seven Sisters, de Tommy Wirkola. Thriller d’anticipation avec Noomi Rapace, Glenn Close, Willem Dafoe​ (02h04)

Après un diptyque Dead Snow sanglant et jouissif, Tommy Wirkola s’essaie à un cinéma de SF, plus proche de la série B efficace que du film métaphysique. Et quelle surprise que cet original objet produit par Netflix qui donne la possibilité à Noomi Rapace (Millenium, Prometheus) de se multiplier par sept. L’occasion de livrer différentes interprétations et de crever l’écran dans un scénario audacieux qui n’hésite pas à aller à contre-courant de nos attentes. Divertissant mais inégal, on omettra de mentionner les incohérences narratives pour rester focalisé sur le rythme tendu et efficace de ce thriller qui tourne à plein régime. Willem Dafoe et Glenn Close sont discrets mais ils apportent le charme nécessaire à un long métrage qui offre ce qu’on attend de lui : une bonne dose de divertissement teintée d’une réflexion ouverte sur la surpopulation mondiale.

Petit Paysan, de Hubert Charuel. Drame du terroir avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Bouli Lanners (1h30)

Révélation du Festival du film francophone d’Angoulême, le premier long-métrage d’Hubert Charuel, Petit paysan, raconte les difficultés du métier de paysan à travers l’historie de Pierre, un éleveur de vaches laitières incarné par Swann Arlaud (déjà vu dans Une Vie, Baden Baden ou Les Anarchistes) confronté à une épidémie touchant son exploitation. Un polar social du terroir ancré dans l’actualité (épidémies de vache folle, fièvre aphteuse…) flirtant avec les frontières du fantastique. Une fiction agricole poignante, à la mise en scène réaliste rendant hommage aux héros de la terre.

 

Wind River de Taylor Sheridan : Once upon a time in the Mountain West

Western moderne et mécanique où la motoneige et les SUV remplacent les bons vieux chevaux, revenge movie ou simple thriller conventionnel, Wind River est tout cela à la fois, sobre et enlevé, poétique et violent. Une belle surprise de fin d’été.

Synopsis : Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu’il découvre le corps d’une femme en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue élucider ce meurtre. Fortement lié à la communauté amérindienne, il va l’aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature…

Wild Horses

Quand dans une première scène, un film présente une jeune femme hors d’haleine, pieds nus, qui court dans la neige la plus épaisse pour fuir quelque chose de manifestement horrible, et que cette scène assez violente est présentée sur fond d’une voix off qui déclame un poème, alors on sait que ce film va nous captiver par l’existence même de ces nombreuses facettes. C’est précisément le cas de Wind River, le premier film réalisé par Taylor Sheridan, un acteur américain pas très convaincu ni très convaincant, mais un scénariste doué, et plus que ça, car c’est celui-là même qui a écrit le Sicario de Denis Villeneuve et le Hell or High Water (Comancheria) de David McKenzie.

Wind River est ce genre de métrage que l’on ne peut pas classer dans une case. Si le cinéaste lui-même le définit comme un western moderne, avec la motoneige en guise de fier destrier et la solitude comme leitmotiv, il est aussi un film noir, un revenge movie et surtout un vrai thriller old school avec une technique narrative des plus classiques, certains diraient trop classique, avec par exemple ce flashback surprenant mais bien amené vers le dernier tiers du film.

Se déroulant dans la réserve de Wind River, Wyoming (délocalisée en Utah pour des raisons de budget), que le réalisateur connaît très bien pour l’avoir fréquentée très régulièrement de sa vingtaine à sa trentaine, le film met en scène la mort de Natalie (Kelsey Asbille), une jeune indienne qui est retrouvée un matin gisant dans la neige maculée du sang qui a semblé sortir par grands jets de sa bouche. Celui qui l’a découverte, c’est Cory Lambert (impressionnant Jeremy Renner), un gars taciturne des Eaux et Forêts, pisteur chasseur de grands prédateurs.

Envoyée par le FBI pour qualifier ce décès très suspect, Jane Banner (Elizabeth Olsen) est une bleue coriace mais un peu dépassée par l’environnement extrêmement hostile : la neige et le froid à n’en plus finir, le manque de moyens de la police tribale qui devait l’épauler, le fond d’hostilité des Indiens qui ont du ressentiment envers les blancs (« Why is it that whenever you people try to help us, you always insult us first, huh? » dira par exemple à juste titre Martin (excelle Gil Birmingham), le père de la victime, à Jane qui s’adressait à lui d’une manière peut-être maladroite). Elle s’adjoint donc les services de Cory, un homme qui connaît la montagne comme sa poche et qui a un pied dans chaque communauté, puisque son ex femme est de la réserve et que son fils est un métis Arapahoe.

Le film a une dimension sociale non négligeable ; le discours de Sheridan est très empathique envers les Indiens qui apparaissent comme de vrais laissés-pour-compte, abandonnés du gouvernement, dans un pays du chacun pour soi (« This isn’t the land of waiting for back up. This is the land of you’re on your own. » dira Ben (Graham Greene), le chef de la police tribale à une Jane bien naïve qui compte sur des renforts inexistants). Les acteurs ne sont pas des indiens en carton pâte « made in Hollywood », mais de bons professionnels dont l’appartenance à une réserve n’est pas une anecdote, mais une vraie identité. La mise en scène du cinéaste permet cependant que le manichéisme ne prenne pas le dessus, à quelques dérapages près, comme cette scène assez graphique avec la mère de la victime qui pousse le bouchon de son discours peut-être un peu trop loin.

Le film est très justement casté, et les personnages sont suffisamment caractérisés pour susciter notre intérêt, même si les personnages féminins sont trop en retrait pour notre goût. Wind River est porté essentiellement par Jeremy Renner qui joue magnifiquement les lonesome cowboys, à l’instar d’un Clint Eastwood dont Sheridan se dit d’ailleurs un adepte fervent de sa mise en scène. Porteur d’une tragédie que le scénario révèlera assez vite, son personnage est à la fois proche et éloigné de celui de Lee Chandler, interprété par Casey Affleck dans Manchester by the Sea : proche par le mutisme, éloigné par la sorte de sagesse qu’il a adoptée face à la douleur. Dans tous ces instants intimes, à hauteur d’homme, où on est presque dans le murmure, Sheridan se révèle excellent et montre qu’il n’a pas usurpé le prix de la mise en scène glané à la section Un certain Regard du dernier Festival de Cannes.

En revanche, il patine un peu dans les scènes d’action, prenant exemple sans y parvenir vraiment sur Denis Villeneuve (les vrombissements assourdissants des motoneiges, le ballet des grosses SUV à la rencontre du mal vers Ciudad Juárez pour Sicario, vers les cimes enneigées dans Wind River). Mais Sheridan n’arrive pas à tirer réellement parti du magnifique écrin de neige de son film lors de ses scènes d’action un peu cafouilleuses, ce que Tarantino a par exemple mieux réussi avec ses Huit Salopards.

Wind River clôture ce que Taylor Sheridan appelle sa « trilogie de la frontière » : une frontière non pas géographique, mais sociale, entre le visible et l’invisible, essentiellement aux yeux de ses concitoyens qu’il souhaite déciller : les victimes de la drogue dans Sicario, celles de la crise des subprimes dans Comancheria, les tribus indiennes délaissées dans Wind River, et les violences qui s’ensuivent dans tous les cas. Sheridan est un scénariste remarquable, extrêmement documenté, factuel mais empathique ; Wind River a montré qu’il peut aussi être un réalisateur très prometteur.

Wind River – Bande annonce

Wind River – Fiche technique

Titre original : Wind River
Réalisateur : Taylor Sheridan
Scénario : Taylor Sheridan
Interprétation : Kelsey Asbille (Natalie), Jeremy Renner (Cory Lambert), Julia Jones (Wilma), Teo Briones (Casey), Apesanahkwat (Dan Crowheart), Graham Greene (Ben), Elizabeth Olsen (Jane Banner), Tantoo Cardinal (Alice Crowheart), Eric Lange (Dr. Whitehurst), Gil Birmingham (Martin), Althea Sam (Annie)
Musique : Nick Cave & Warren Ellis
Photographie : Ben Richardson
Montage : Gary Roach
Producteurs : Basil Iwanyk, Peter Berg, Matthew George, Wayne Rogers
Maisons de production : Thunder Road, Film 44, Acacia Filmed Entertainment, Savvy Media Holdings
Distribution (France) : Metropolitan FilmExport
Récompenses : Prix de la mise en scène, Section Un certain Regard – Festival de Cannes 2017
Budget : 11 000 000 USD
Durée : 126 min.
Genre : Thriller, action
Date de sortie : 30 Août 2017
UK, Canada, USA – 2017

Presque adultes, saison 1 : la mini-série ratée des Youtubeurs

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Diffusée tous les samedis soirs durant tout cet été sur TF1, la courte série Presque Adultes réunit les trois plus grands Youtubeurs français : Norman, Cyprien et Natoo.

Synopsis : Jeunes trentenaires, les youtubeurs Norman, Cyprien et Natalie sont confrontés dans leur quotidien au passage à l’âge adulte.

On tape souvent sur les Youtubeurs dès qu’ils veulent sortir du web. Norman Thavaud (qui est aussi devenu humoriste sur scène) s’en était pris plein la figure à la sortie du film de Maurice Barthélémy Pas très normales activités. Natoo, elle, a récemment joué dans Le Manoir qui s’est fait descendre en flèche par la critique. Etait-ce alors une bonne idée de réunir Norman, Cyprien et Natoo à la télévision ?

On gardait un semblant d’espoir en apprenant les présences de Julien Josselin et Florent Bernard (plus connu sous le nom de FloBer) parmi l’équipe de scénaristes. Josselin fait partie du trio d’humoristes du web Suricate qui avait diffusé sur Youtube le surprenant long-métrage (oui, insistons bien sur ce terme) Les Dissociés. Quant à FloBer, il est dans l’équipe de Golden Moustache. Hélas, Josselin et Bernard ne sauvent pas non plus les meubles.

Le projet part pourtant d’une bonne intention même si le sujet n’a absolument rien de révolutionnaire. Etre adulte, ce n’est pas simplement avoir un âge : c’est continuer à grandir, à accepter de sortir de l’adolescence. Après un générique dynamique (peut-être une des seules choses positives de la série), chaque épisode commence par un procédé assez didactique : un des trois personnages principaux clame en voix-off « être adulte, c’est…. ». Nathalie, Cyprien et Norman comprennent qu’ils sont en train de devenir des adultes en se confrontant à des situations du quotidien : les enfants (des autres), la mort (d’un oncle dont on se fout bien), la santé (une simple mammographie de routine) etc. Prendre ses responsabilités tout en gardant son âme d’enfant et d’adolescent semble être le dilemme des personnages et de n’importe quelle autre personne de leur génération. Edgar Wright posait finalement cette question dans Le Dernier Pub avant la fin du Monde pour ne citer que cet exemple : il s’agit d’une question éternelle et même générationnelle.

Hélas, on ne sait pas trop comment on doit regarder ces dix petits épisodes. Les acteurs et scénaristes sont issus du monde de l’humour, pourtant on rit rarement. Ont-ils voulu faire une mini-série humoristique comme on pourrait s’y attendre ? Admettons alors qu’on attendait la bande à Cyprien sur leur registre habituel : cela peut expliquer une première déception. Avec un peu plus de recul et en acceptant qu’il ne s’agit pas d’un pur produit humoristique, que penser alors de son côté dramatique peut-être un peu plus « inattendu » ? Avec un format ne dépassant pas les cinq minutes, ce qui justifie aussi pourquoi le spectateur lambda s’attendait éventuellement à découvrir une traditionnelle petite série humoristique. Il est alors difficile de traiter de sujets plus sérieux qui sont simplement que survolés.

Enfin, est-ce tout simplement un objet télévisuel ? Difficile de ne pas totalement établir un lien avec ce que l’on voit sur Internet notamment sur les propres chaînes de Norman, Cyprien et Natoo (le personnage de cette dernière, tellement caricatural dans sa représentation de l’ « ado » attardée, est très agaçant), qui, au niveau de l’interprétation, sont clairement plus à l’aise sur Internet. Même s’il y a une part fictionnelle, le fait que les trois acteurs jouent leurs propres rôles de youtubeurs ne fait que renforcer notre scepticisme sur cette série pas totalement adaptée pour la télévision. On y verrait presque une part de narcissisme qui dérange nécessairement. A noter au passage que les épisodes sont proposés sur Youtube deux semaines après la diffusion télévisuelle. On se demande finalement si cela n’avait pas davantage plus sa place sur cette plateforme que sur TF1 à une heure de grande écoute, même si cela n’aurait pas non plus changé la médiocrité même de ce programme qui ne trouve jamais son équilibre, ni entre les différents médias, ni dans son ton.

Presque adultes : Bande-annonce

Presque adultes : Fiche Technique

Créateurs : Cyprien Iov et Norman Thavaud
Réalisateurs : Antoine Garceau
Interprètes : Cyprien Iov, Natoo, Norman Thavaud…
Sociétés de production : Mixicom
Diffusion : TF1
Format : 10 épisodes de 6 minutes

France – 2017

American Gods : Bordel de dieux !

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Malgré tous ses atouts et toutes ses qualités, la série American Gods n’est pas la claque attendue. Par abus d’images kitsch, Bryan Fuller dénature finalement l’œuvre qu’il devait adapter.

Dès sa parution, le roman fleuve de Neil Gaiman (comme ses autres œuvres) aura tapé dans l’œil des producteurs d’Hollywood. Road trip atypique prenant la forme d’une déambulation punk à travers l’Amérique, l’ouvrage provoque la collision étonnante entre un panthéon mythologique décrépi (mythologies viking, romaine etc.) et un animisme post-moderne étonnant. A partir d’une guerre entre anciens et nouveaux dieux (Internet, les médias, l’argent) se détache un récit initiatique non dénué d’une dimension philosophique. Un unique roman qui offre déjà une matière assez dense le rendant d’office inadaptable pour le cinéma (ce qui était un peu voulu par l’auteur). Mais avec le boom d’HBO et « l’âge d’or » des séries qui pointe le bout de son nez dans les années 2000, l’idée refait surface.

Le développement sera néanmoins chaotique. Malgré le soutien de Tom Hanks au début, HBO finit par jeter l’éponge. La chaîne Starz (Black Sails, Outlander), toujours prête à marcher dans le sillon de sa grande sœur, récupère les droits et se paye Bryan Fuller, tout juste sorti d’Hannibal. En renfort arrive Michael Green, créateur de la prometteuse Kings (annulée trop tôt) tandis que Gaiman promet de suivre la chose de très près. Les fans ont l’air convaincu, le budget et la liberté créatrice sont là. Aucune raison de s’inquiéter donc.

gillian-anderson-est-david-bowie-dans-serie-starz-american-gods-show-tvEt pourtant une fois les 8 épisodes terminés l’ensemble laisse un goût amer. Si elle n’est pas la purge qu’avait été The Strain ou Under the dome (autres adaptations littéraires en séries), American Gods n’est pas pour autant la claque espérée. Dès le pilote un problème de taille se pose : si les fans du livre arrivent en terrain conquis, les autres qui espéraient découvrir un univers riche rongent leur frein en attendant d’apprendre quelque chose de concret. Donc soit nous connaissons le déroulé des événements (peu de surprises), soit on n’y entend goutte à cette rencontre improbable entre un ancien détenu, un arnaqueur mystique et un leprechaun autour d’un bar en forme de crocodile. Autant dire que les choses ne sont pas très bien engagées.

Dire que cela ne s’améliore pas ensuite serait mentir. American Gods a ses qualités, à commencer par un casting alléchant. Autour de Ian McShane (John Wick, Deadwood) et Ricky Whittle (The 100) se construit un panthéon de seconds rôles honorables : une Gillan Anderson carnavalesque à souhait, un Peter Stormare crasseux, un Crispin Glover multipolaire et même un Orlando Jones (Evolution, Sleepy Hollow) affable et spectaculaire. Mais toutes ces tronches ne font que défiler à l’écran, offrant le temps de quelques minutes une performance électrisante, avant de disparaître aussi vite. Cette exhibition de vedettes a au moins l’intérêt de maintenir éveillé en venant ça et là dynamiter une écriture qui a bien du mal à cacher sa difficulté a appréhender un roman complexe.

american-gods-ricky-whittle-Shadow-Moon-emily-browning-show-tvCar le livre de Gaiman est certes dense dans ses thématiques, mais reste au final un roman unique. Malgré ses 600 pages de texte qui se lisent d’une traite, on est loin de la longueur de Game of Thrones ou Outlander. L’effet Hobbit se fait donc rapidement ressentir. A la fin de cette première saison, seuls quelques chapitres introductifs seront adaptés et il faudra attendre le dernier épisode pour commencer à discerner une trame ou un objectif à atteindre pour les personnages. Autant dire que c’est long et qu’il faut meubler tout ça à grand coup de scènes « cultes ». Fort de son expérience sur Pushing Daisies et Hannibal, Bryan Fuller a donc toute latitude pour multiplier les séquences oniriques numériques qu’il affectionne. Sauf que le risque d’une forme qui écrase le fond avec ses gros sabots n’est jamais loin. Ainsi, ce que la série développe en imagerie kitsch, elle le perd en force narrative. Certaines séquences marquent (le vagin de Bilquis) d’autres dérapent vers le mauvais goût (les marshmallows géants, la colère de Pâques). Reste alors en tête une succession de moments plus ou moins bigarrés dont le sens global semble constamment nous échapper…

Mais malgré tout, c’est dans ses infidélités au matériau de base qu’American Gods trouve parfois son salut. Le développement surprenant de deux personnages secondaires, Laura (Emily Browning) et Mad Sweeney (Pablo Schreiber) offre un appel d’air salvateur dans cet étalage prétentieux de philosophie de bazar et d’images numériques. Le duo mal assorti fait des étincelles, à tel point que la série atteint son pic émotionnel dans cet épisode un peu à part qui nous raconte les origines du leprechaun. On se retrouve dans la situation gênante où l’histoire d’une émigrée anglaise (également jouée par Browning) du XVIIIe est plus intéressante que tous ces dieux à peine capables de faire des effets spéciaux corrects. Et c’est un peu triste.

american-gods-saison-1-mythologieLes producteurs nous promettent une suite plus furieuse, ce qui prête à sourire car en l’état, faire plus lent aurait été un exploit. L’avantage c’est qu’il reste encore beaucoup de matière à adapter et peut être que la suite vaudra le détour. Mais en attendant, American Gods ressemble tout de même un peu à une adaptation bâclée sortie un peu trop vite (ce qui étonne vu le temps de développement) pour convaincre les spectateurs. L’ensemble à des airs d’un (très) long pilote de luxe où aucun enjeux n’est vraiment posé pour un suspense réduit à une peau de chagrin. Dans le même genre de l’ésotérisme punk on préféra Preacher qui, derrière son empilage de séquences grotesques, a tout de même deux ou trois choses à dire, contrairement à Fuller et Green qui, en multipliant les effets de style outranciers et vains, confondent esbroufe et mise en scène et semblent oublier de raconter une histoire…

American Gods : bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=oyoXURn9oK0

American Gods : fiche technique

Création : Michael Green et Bryan Fuller
Réalisation : David Slade
Scénario : Neil Gaiman, Michael Green et Bryan Fuller
Casting : Ricky Whittle Ombre Moon (Shadow Moon en VO), Ian McShane : Voyageur (M. Wednesday en VO), Emily Browning (Laura Moon), Pablo Schreiber (Sweeney le Dingue/ le Leprechaun), Crispin Glover : M. Monde (M. World en VO)…
Genre : fantasy, action, drame
Chaîne d’origine : Starz
Nb. de saisons 1
Durée : 59-63 minutes
Production : FremantleMedia; Living Dead Guy Productions
Diff. originale 30 avril 2017 – en production
Site web http://www.starz.com/series/americangods

États-Unis – 2017

Les films de l’été : La Gloire de mon père d’Yves Robert

Tout le mois d’août, les rédacteurs de CinesSeriesMag vous font découvrir les meilleurs films de l’été. Aujourd’hui, nous nous rendons dans la Provence du début du vingtième siècle avec La Gloire de mon père d’Yves Robert.

Sortie en 1990, l’œuvre est l’adaptation du roman autobiographique de Marcel Pagnol.

Consacré par 4 nominations aux Césars, La Gloire de mon père est une véritable réussite tant par son admirable fidélité à l’ouvrage originel que par sa signature tout à fait singulière.

Il met en scène la famille du jeune Marcel Pagnol et leurs vacances dans le massif du Garlaban, sur les hauteurs de la ville d’Aubagne et alterne ainsi entre leurs dialogues diégétiques et la voix-off de Jean Pierre Darras qui nous livre le récit originel, les mots tels que Pagnol lui-même les a écrits à l’âge de 62 ans.

Un véritable journal intime cinématographique à la fois léger et profond, puissant et fragile, juste et maladroit, ponctué d’humour et de poésie. Un récit intérieur et personnel qui paradoxalement ne résonne jamais aussi fort que lorsqu’il est partagé à travers le cinéma.

Nombreuses sont les œuvres qui, en prenant de l’âge, perdent peu à peu leurs qualités. Alors qu’elles étaient parfois brillantes lors de leur sortie, le temps accomplit son travail et certaines disparaissent inéluctablement. Ainsi, si certains films vieillissent mal, d’autres au contraire parviennent à conserver toute leur justesse émotionnelle. La gloire de mon père, appartient à cette dernière catégorie. Malgré le poids des années, il n’a rien perdu de sa capacité à émouvoir.

La force de l’œuvre originelle et, par conséquent, de son adaptation cinématographique réside dans la simplicité de son récit. Elle repose sur l’illustration de jours heureux de vacances, sur l’insouciance de l’enfance et la quête de liberté et de reconnaissance. La réalisation d’Yves Robert s’accorde parfaitement à cela. On ne retrouve ni extravagances, ni mouvements de caméras particuliers, ni effets stylisés. Il filme simplement la beauté du paysage qui s’offre à nous. La lumière aveuglante et le chant des cigales incessant s’occupent du reste. Le jeune Marcel, sensible et innocent, tombe amoureux de la garrigue, et nous aussi.

Ce récit évanescent, qui semble hors du temps et de l’espace, nous emmène dans un cadre idyllique, et révèle la grandeur d’âme de l’auteur qui porte un regard nostalgique sur sa jeunesse et particulièrement ses rapports à la figure paternelle.

Les acteurs, tantôt gouailleurs, tantôt délicats, s’immiscent parfaitement dans les costumes de ce début de siècle et réussissent le pari de dépeindre une société tout entière à eux seuls. Par ailleurs, ils ne se résument pas à cela. En effet, chaque personnage, conçu tout en aspérités se révèle bien plus intéressant qu’il n’y paraît de prime abord. On découvre en eux des émotions qui nous ressemblent et surtout nous rassemblent tant elles semblent naturelles.

Enfin, pour couronner le tout, la musique du très célèbre compositeur Vladimir Cosma vient épouser l’ensemble pour ne le rendre que plus lumineux et  flamboyant. Il parvient avec simplement deux thèmes principaux et récurrents à exprimer la pure nostalgie avec une facilité déconcertante, et à décupler la force des émotions du film tout entier.

En résulte un long métrage qui capte parfaitement l’essence même de l’ouvrage autobiographique de Marcel Pagnol et qui sublime ce dernier en y ajoutant des éléments exceptionnels à l’instar de la musique, de la pureté des images, de l’accent des acteurs qui résonne à nos oreilles.

Une œuvre qui nous rendrait presque nostalgique, mais sans la moindre mélancolie, d’une époque que nous n’avons pourtant pas connue.

Un œuvre qui s’inscrit à jamais dans le patrimoine culturel d’une région symbolisée par le soleil et les vacances d’été.

Une œuvre qui marquera à jamais le cinéma français et qui continuera des années durant à bouleverser nos cœurs épris de sincérité et en quête de liberté.

La gloire de mon père : bande-annonce

La gloire de mon père : Fiche technique

Réalisateur : Yves Robert
Scénario : Yves Robert, Louis Nucéra et Jérôme Tonnerre d’après l’œuvre de Marcel Pagnol
Casting : Philippe Caubère, Nathalie Roussel, Julien Ciamaca, Victorien Delamare, Didier Pain, Jean-Pierre Darras : Voix du narrateur (Marcel Pagnol âgé)…
Directeur de la photographie : Robert Alazraki
Montage : Pierre Gillette
Décors : Jacques Dugied
Producteur : Alain Poiré
Musique : Vladimir Cosma
Genres : Comédie dramatique, Aventure
Durée : 1h 45min
Date de sortie : 29 août 1990

Nationalité : français

Auteur : Clement Faure

Darren Aronofsky : Portrait d’un cinéaste choc

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À l’occasion de la sortie de Mother! le 13 septembre 2017, revenons sur le réalisateur Darren Aronofsky et sur ses films aux personnages complexes tournés vers la noirceur. Portrait de ce cinéaste sans concession.

D’excellents débuts:

Quand il sort Pi en 1998, tout fraîchement diplômé du prestigieux American Film Institute, Darren Aronofsky connaît le succès directement. Sa pellicule Affiche-Pi-Aronofsky-film-Darren-aronofskygagne le prix de la mise en scène au festival de Sundance. Alors qu’il avait peiné à rassembler les 60 000 dollars nécessaires à sa production, le film en rapporte plus de 3 millions. Très inspiré par Eraserhead de David Lynch, le film en noir et blanc se concentre sur la quête d’un mathématicien fou autour du nombre Pi. Le film marque le début du style Aronofsky: cuts rapides avec de nombreux inserts, le personnage en proie à des hallucinations, la mise en scène est oppressante et la bande originale marque le début de la collaboration de l’artiste avec Clint Mansell (qui reviendra travailler sur les œuvres suivantes).

Grâce à ce triomphe, il en profite pour sortir Requiem for a dream un an après, d’après une œuvre de Hubert Selby Jr. Le film s’impose comme un classique instantané. L’histoire suit quatre personnages et leurs addictions, jusqu’à leur descente aux enfers. Le film est choquant et encore plus percutant grâce au style propre au réalisateur, déjà présent dans Pi: des inserts, un montage rapide et la musique, culte, de Mansell. C’est un nouveau succès puisque le film remporte de nombreux prix et est aussi nommé aux Oscars pour la performance de Ellen Burstyn. C’est dans ce contexte qu’Aronofsky s’impose comme un réalisateur international et talentueux.

Un passage à vide:

C’est alors que la Warner Bros. lui propose d’adapter le Comics de Frank Miller, Batman: Year One en film. Mais les différends artistiques entre le studio et le réalisateur font que le projet n’aboutira jamais. En effet Aronofsky voulait faire une oeuvre très réaliste et sombre, comme il l’explique ci dessous.

« Je pense que Warner a toujours su que c’était une vision qui ne leur conviendrait pas. Je le pense sincèrement car quand tu as des enfants de 4 ans qui achètent des produits Batman et que tu prends le risque de sortir un film comme celui-là, l’incompatibilité est totale. »

Il décide ensuite de s’attaquer à un projet ambitieux: The fountain, qui est un enfer de production qu’il met 6 ans à réaliser. En effet il a dû changer d’acteurs principaux en plein milieu de la production à cause de différends artistiques. Les rôles devaient à l’origine être tenus par Brad Pitt et Cate Blanchett et non Hugh Jackman et Rachel Weisz. L’histoire est celle d’un homme qui essaie à tout prix de sauver sa femme, au travers de trois réalités. Esthétiquement le film est superbe et se montre comme un poème onirique aux tons jaunes, mais il divise la critique. Certains lui reprochent son scénario invraisemblable, là où d’autres y voient de la profondeur et un support analytique. Dans tous les cas le film est un échec commercial et plonge le réalisateur dans une période de doute. Aronofsky confie d’ailleurs dans une interview qu’il choisit « toujours un pari risqué » et que chercher à porter un tel projet lui fait dépenser « énormément d’énergie ».

Retour au succès:

Affiche-the-foutain-aronofsky-filmSuite à cet échec, il se remet en question et travaille sur un projet moins personnel: The Wrestler, dont il n’a pas écrit le scénario.  Le long-métrage sort fin 2008 et signe le retour de Mickey Rourke, ayant délaissé les plateaux de tournage pendant plusieurs années. Il y joue un catcheur qui est forcé de prendre sa retraite suite à des problèmes de santé et qui essaie de survivre avec un job alimentaire. C’est le premier film du réalisateur dont le personnage ne souffre pas de psychose ou d’hallucinations. En outre il change son style pour une mise en scène plus sobre, ce qui plaît au public et aux critiques puisqu’il remporte un Lion d’or à la Mostra de Venise, et un Golden Globe pour l’acteur principal.

Il est pressenti pour réaliser le remake de Robocop de Paul Verhoeven, mais suite à la crise financière du studio MGM, il décide de tourner son projet Black Swan à la place.Affiche-black-swan-film-Darren-aronofsky

C’est ainsi que le film sort en 2010, porté par un joli trio d’acteurs: Natalie Portman en tête, avec Mila Kunis et Vincent Cassel. Ils incarnent une troupe de danse s’entraînant pour jouer le Lac des Cygnes, avec des rivalités. Les personnages sont symboliques (chacun représente un personnage du ballet dans l’histoire) et, selon le style de Darren Aronofsky, en proie à des psychoses intérieures. Il signe un retour à ses réalisations précédentes car la mise en scène redevient oppressante et sombre. Encore une fois le projet est couronné de succès puisque Natalie Portman gagne l’Oscar de la meilleure actrice pour le rôle, et le film gagne lui-même beaucoup de prix.

En 2014, il décline la réalisation de Wolverine: Le Combat de l’immortel pour faire Noé, péplum biblique traitant de l’épisode du Déluge et de l’Arche de Noé. C’est un très gros succès au box-office, mais les critiques sont mitigées. En France le film fait plus d’un million d’entrées.

Si Aronofsky a su conquérir son public, force est de constater que la critique l’aime moins quand il s’attaque à des projets très (trop?) ambitieux. Reconnaissable à son style choc, il a réussi à s’imposer comme le réalisateur à suivre. Alors a quelle sauce va-t-il nous manger avec son prochain film, Mother!, qui sort le 15 septembre? Seul l’avenir nous le dira…

Filmographie du cinéaste natif de Brooklyn Darren Aronofsky

2017 : Mother!
2016 : Evel Knievel
2014 : Machine Man
2014 : Noé
2011 : Black Swan
2011 : Hobgoblin – Saison 1
2008 : The Wrestler
2006 : The Fountain
2000 : Requiem for a Dream adapté du roman « Last Exit to Brooklyn » d’Hubert Selby Jr.
1998 : Pi
1993 : Protozoa Court métrage
1991 : Fortune Cookie Court métrage
1990 : Supermarket Sweep Court métrage

Une programmation riche et variée pour la dixième édition du FEFFS

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Cela va faire 10 ans que le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg fait partie intégrante de la rentrée culturelle de la capitale alsacienne. Pour l’occasion, Daniel Cohen, directeur artistique du festival, a décidé de marquer le coup et a donc effectué la première conférence de presse de l’histoire du festival ce mercredi 30 août. Au programme, la liste des films présentés dans les diverses catégories, un point sur les rétrospectives et les événements qui auront lieu à Strasbourg en parallèle  du festival.

Depuis 10 ans le FEFFS s’efforce de présenter des films venant de tous horizons, que cela soit d’Asie ou d’Europe, des premiers films ou les nouveaux travaux de réalisateurs expérimentés. Cette 10ème édition ne déroge pas à la règle et propose une programmation riche et variée de 53 films se répartissant en 4 catégories. La plus importante étant la compétition internationale composée de 13 films qui vont se disputer le prestigieux Octopus d’or. Dans ces 13 films, on retrouve des longs métrages ayant déjà fait leurs preuves dans quelques festivals comme La Mise à mort du cerf sacré de Yorgos Lanthimos déjà présenté à Cannes, tout comme le film du hongrois Kornel Mundruczo (déjà lauréat de l’Octopus d’or en 2014 pour White Dog), Jupiter’s Moon. Horizons variés donc car l’on retrouve en compétition, le film coréen A Day dont le pitch fait penser à une version horrifique d’Un jour sans fin ; un premier film brésilien de nature post-apocalytpique, Earth and Light, mais également le dernier film de Joachim Trier lui aussi habitué Cannois, qui revient sur le grand écran avec un thriller  fantastique norvégien, Thelma. La France ne sera pas en reste, et l’on retrouve 1 an après le phénomène Grave, une nouvelle co-production Franco-Belge et pas des moindres puisqu’il s’agit d’une adaptation d’un polar de Manchette par le duo Cattet/Forzani, connus pour leurs façons d’exprimer leurs amours pour le bis italien au travers d’expérimentations très sensorielles.

affiche-ca-ouverture-feffsC’est le très attendu Ça, adapté de Stephen King qui ouvrira les hostilités, tandis que The Tragedy Girls s’occupera de la clôture.  Du côté des crossovers, là aussi du beau monde avec une coproduction franco-anglaise déjà présentée à Cannes, A Prayer before Dawn, tout comme le film coréen The Villainess qui promet de l’action bien musclée. La section crossovers  met en avant un brassage des genres : on y retrouvera aussi un film américain de nunsploitation, un film fantastique espagnol à la dimension sociale ou Super Dark Times, un film mettant en avant un groupe d’adolescents dérivant vers la psychose. En ce qui concerne l’une des catégories préférées des festivaliers, les cultissimes Midnight Movies permettant de finir les longues journées sur des barres de rire, on retrouve là encore des pellicules de tous bords. Seront présentés par exemple la suite du mythique Meatball Machine, film japonais mélangeant ultra-gore et cyberpunk, le retour de l’équipe derrière New Kids Turbo dans un film qui s’annonce tout aussi trash, ou encore l’œuvre déroutante de Flying Lotus ayant déjà fait sensation à Sundance, Kuso. Les courts métrages seront une nouvelle fois à l’honneur avec comme à l’accoutumée trois compétitions : française, internationale et animation. 3 séances spéciales sont aussi à noter. Un documentaire sur le légendaire George Romero qui nous a quitté il y a peu de temps, 78/52 un film revenant sur la genèse de la scène de douche culte de Psychose et enfin le film d’animation Zombillenium dans une séance tous publics.

william-friedkin-invite-honneur-feffsLe FEFFS laisse également une place de choix à l’histoire du cinéma dans sa programmation. Pour cela deux rétrospectives auront lieu. La première renvoie à la sublime affiche de cette édition et se nomme Humans 2.0. Elle met en avant le cinéma de science-fiction qui s’intéresse aux cyborgs, intelligence artificielle et autres clones. Au programme des films allant de 1927 avec le grand Metropolis de Fritz Lang à 2008 et The Clone returns home, un film japonais rare. On retrouvera des films cultes de la S-F parmi lesquels Robocop, Existenz, Tetsuo ou encore Terminator 2 qui sera présenté en 3D. L’autre rétrospective sera quant à elle consacrée à l’invité d’honneur de cette édition, le grand William Friedkin. Le réalisateur américain reviendra d’ailleurs sur sa carrière au cours d’une master class, suivie de la version restaurée de Sorcerer qui fête cette année ses 40 ans. Une occasion de redécouvrir sur grand écran également The French Connection, L’Exorciste ou encore Police fédérale Los Angeles.  Bien évidemment nous n’oublierons pas la fameuse nuit excentrique qui promet encore une nuit blanche de folie avec au programme du nanar top niveau : L’homme-puma, Le ninja blanc et Les Prédateurs du futur.

Pour finir, un petit tour d’horizon des autres événements qui auront lieu autour du FEFFS. On dénombrera pas moins de 10 événements pour fêter cette décennie d’existence. Ce sera par exemple l’occasion de voir Les Aventuriers de l’arche perdue sur grand écran à côté de la cathédrale, de voir Christine lors d’un Drive-in sur le parking des Halles ou encore les Dents de la mer 2 sur un écran gonflable situé sur le bassin d’Austerlitz. Les jeux vidéo seront encore mis à l’honneur au travers de l’Indie Game Contest ainsi que de plusieurs conférences et du rétro-gaming. La Zombie Walk sera elle aussi de retour, tout comme la Grüselnacht au Musée Alsacien.

Daniel Cohen et son équipe ont donc mis les petits plats dans les grands afin de nous offrir une programmation particulièrement riche qui devrait ravir tous les festivaliers, et faire de la ville de Strasbourg un gigantesque terrain de jeu culturel du 15 au 24 septembre.

Film d’ouverture : Ça de Andy Muschietti (USA, 2017)

Film de clôture : Tragedy Girls de Tyler Macintyre ( USA, 2017)

Compétition internationale :

  • Animals de Greg Zglinski (Autriche, Suisse, 2017)
  • The Crescent de Seth A. Smith ( Canada, 2017)
  • A Dark Song de Liam Gavin (Irlande, 2016)
  • Dave made a maze de Bill Watterson ( USA, 2016)
  • A Day de Seon-ho Jo ( Corée du Sud, 2017)
  • Double Date de Benjamin Barfoot ( Royaume-Uni, 2017)
  • Earth and Light de Renné França ( Brésil, 2017)
  • The Endless de Justin Benson et Aaron Moorhead ( USA, 2017)
  • La Lune de Jupiter de Kornel Mundruczo (Hongrie, 2017)
  • Kaleidoscope de Rupert Jones ( Royaume-Uni, 2016)
  • Mise à mort du cerf sacré de Yorgos Lanthimos ( Grèce, 2017)
  • Laissez bronzer les cadavres de Hélène Cattet et Bruno Forzani ( France, Belgique, 2017)
  • Thelma de Joachim Trier (Norvège, 2017)

Compétition crossovers :

  • Bitch de Marianna Palka (USA, 2016)
  • Fashionista de Simon Rumley (USA, 2016)
  • The Little Hours de Jeff Baena ( USA, 2016)
  • Most Beautiful Island de Ana Asensio ( Espagne, 2017)
  • A Prayer before Dawn de Jean-Stéphane Sauvaire ( France, Royaume-Uni, 2017)
  • Super Dark Times de Kevin Phillips (USA, 2017)
  • The Villainess de Byung-Gil Jung ( Corée du Sud, 2017)

Midnight Movies : 

  • 68 Kill de Trent Haaga (USA, 2017)
  • Game of Death de Sébastien Landry et Laurence Baz Morais ( Canada, France, 2017)
  • Kuso de Flyng Lotus ( USA, 2017)
  • Lowlife de Ryan Prows ( USA, 2017)
  • Mayhem de Joe Lynch ( USA, 2017)
  • Meatball Machine Koduku ( Japon, 2017)
  • Prey de Dick Maas ( Pays-Bas, 2016)
  • Ron Goossens, Low Budget Stuntman de Steffen Haars et Flip van der Kuil ( Pays-Bas, 2017)

Séances spéciales :

  • Zombillenium de Arthur de Pins et Alexis Ducord ( France, 2017)
  • 78/52 de Alexandre O. Phillipe ( USA, 2017)
  • George A. Romero for President de Jean-Jacques Bernard ( France, 2011)

Rétrospective Humans 2.0 :

  • Metropolis de Fritz Lang ( Allemagne, 1927)
  • Saturn 3 de Stanley Donen ( Royaume-Uni, 1980)
  • Robocop de Paul Verhoeven ( USA, 1987)
  • Terminator 2  de James Cameron ( USA, 1991)
  • Tetsuo de Shinya Tsukamoto ( Japon, 1989)
  • Ghost in the Shell de Mamoru Oshii ( Japon, 1995)
  • Multiplicity de Harold Ramis (USA, 1996)
  • Bienvenue à Gattaca de Andrew Niccol ( USA, 1997)
  • ExistenZ de David Cronenberg ( Canada, 1999)
  • The Clone Returns Home de Kanji Nakajima ( Japon, 2008)

Rétropsective William Friedkin :

  • The French Connection (1971)
  • L’Exorciste ( 1973)
  • Sorcerer ( 1977)
  • Cruising ( 1980)
  • Police Fédérale Los Angeles ( 1985)
  • Bug (2006)
  • Killer Joe ( 2012)

Rétrospective Dick Maas :

  • L’Ascenseur ( 1983)
  • Amsterdamned ( 1988)

La Nuit Excentrique :

  • L’homme puma de Alberto De Martino (Italie, 1980)
  • Le Ninja Blanc de Sam Firstenberg ( USA, 1987)
  • Les Prédateurs du Futur de Ruggero Deodato ( Italie, Phillipines, 1983).