Une programmation riche et variée pour la dixième édition du FEFFS

Cela va faire 10 ans que le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg fait partie intégrante de la rentrée culturelle de la capitale alsacienne. Pour l’occasion, Daniel Cohen, directeur artistique du festival, a décidé de marquer le coup et a donc effectué la première conférence de presse de l’histoire du festival ce mercredi 30 août. Au programme, la liste des films présentés dans les diverses catégories, un point sur les rétrospectives et les événements qui auront lieu à Strasbourg en parallèle  du festival.

Depuis 10 ans le FEFFS s’efforce de présenter des films venant de tous horizons, que cela soit d’Asie ou d’Europe, des premiers films ou les nouveaux travaux de réalisateurs expérimentés. Cette 10ème édition ne déroge pas à la règle et propose une programmation riche et variée de 53 films se répartissant en 4 catégories. La plus importante étant la compétition internationale composée de 13 films qui vont se disputer le prestigieux Octopus d’or. Dans ces 13 films, on retrouve des longs métrages ayant déjà fait leurs preuves dans quelques festivals comme La Mise à mort du cerf sacré de Yorgos Lanthimos déjà présenté à Cannes, tout comme le film du hongrois Kornel Mundruczo (déjà lauréat de l’Octopus d’or en 2014 pour White Dog), Jupiter’s Moon. Horizons variés donc car l’on retrouve en compétition, le film coréen A Day dont le pitch fait penser à une version horrifique d’Un jour sans fin ; un premier film brésilien de nature post-apocalytpique, Earth and Light, mais également le dernier film de Joachim Trier lui aussi habitué Cannois, qui revient sur le grand écran avec un thriller  fantastique norvégien, Thelma. La France ne sera pas en reste, et l’on retrouve 1 an après le phénomène Grave, une nouvelle co-production Franco-Belge et pas des moindres puisqu’il s’agit d’une adaptation d’un polar de Manchette par le duo Cattet/Forzani, connus pour leurs façons d’exprimer leurs amours pour le bis italien au travers d’expérimentations très sensorielles.

affiche-ca-ouverture-feffsC’est le très attendu Ça, adapté de Stephen King qui ouvrira les hostilités, tandis que The Tragedy Girls s’occupera de la clôture.  Du côté des crossovers, là aussi du beau monde avec une coproduction franco-anglaise déjà présentée à Cannes, A Prayer before Dawn, tout comme le film coréen The Villainess qui promet de l’action bien musclée. La section crossovers  met en avant un brassage des genres : on y retrouvera aussi un film américain de nunsploitation, un film fantastique espagnol à la dimension sociale ou Super Dark Times, un film mettant en avant un groupe d’adolescents dérivant vers la psychose. En ce qui concerne l’une des catégories préférées des festivaliers, les cultissimes Midnight Movies permettant de finir les longues journées sur des barres de rire, on retrouve là encore des pellicules de tous bords. Seront présentés par exemple la suite du mythique Meatball Machine, film japonais mélangeant ultra-gore et cyberpunk, le retour de l’équipe derrière New Kids Turbo dans un film qui s’annonce tout aussi trash, ou encore l’œuvre déroutante de Flying Lotus ayant déjà fait sensation à Sundance, Kuso. Les courts métrages seront une nouvelle fois à l’honneur avec comme à l’accoutumée trois compétitions : française, internationale et animation. 3 séances spéciales sont aussi à noter. Un documentaire sur le légendaire George Romero qui nous a quitté il y a peu de temps, 78/52 un film revenant sur la genèse de la scène de douche culte de Psychose et enfin le film d’animation Zombillenium dans une séance tous publics.

william-friedkin-invite-honneur-feffsLe FEFFS laisse également une place de choix à l’histoire du cinéma dans sa programmation. Pour cela deux rétrospectives auront lieu. La première renvoie à la sublime affiche de cette édition et se nomme Humans 2.0. Elle met en avant le cinéma de science-fiction qui s’intéresse aux cyborgs, intelligence artificielle et autres clones. Au programme des films allant de 1927 avec le grand Metropolis de Fritz Lang à 2008 et The Clone returns home, un film japonais rare. On retrouvera des films cultes de la S-F parmi lesquels Robocop, Existenz, Tetsuo ou encore Terminator 2 qui sera présenté en 3D. L’autre rétrospective sera quant à elle consacrée à l’invité d’honneur de cette édition, le grand William Friedkin. Le réalisateur américain reviendra d’ailleurs sur sa carrière au cours d’une master class, suivie de la version restaurée de Sorcerer qui fête cette année ses 40 ans. Une occasion de redécouvrir sur grand écran également The French Connection, L’Exorciste ou encore Police fédérale Los Angeles.  Bien évidemment nous n’oublierons pas la fameuse nuit excentrique qui promet encore une nuit blanche de folie avec au programme du nanar top niveau : L’homme-puma, Le ninja blanc et Les Prédateurs du futur.

Pour finir, un petit tour d’horizon des autres événements qui auront lieu autour du FEFFS. On dénombrera pas moins de 10 événements pour fêter cette décennie d’existence. Ce sera par exemple l’occasion de voir Les Aventuriers de l’arche perdue sur grand écran à côté de la cathédrale, de voir Christine lors d’un Drive-in sur le parking des Halles ou encore les Dents de la mer 2 sur un écran gonflable situé sur le bassin d’Austerlitz. Les jeux vidéo seront encore mis à l’honneur au travers de l’Indie Game Contest ainsi que de plusieurs conférences et du rétro-gaming. La Zombie Walk sera elle aussi de retour, tout comme la Grüselnacht au Musée Alsacien.

Daniel Cohen et son équipe ont donc mis les petits plats dans les grands afin de nous offrir une programmation particulièrement riche qui devrait ravir tous les festivaliers, et faire de la ville de Strasbourg un gigantesque terrain de jeu culturel du 15 au 24 septembre.

Film d’ouverture : Ça de Andy Muschietti (USA, 2017)

Film de clôture : Tragedy Girls de Tyler Macintyre ( USA, 2017)

Compétition internationale :

  • Animals de Greg Zglinski (Autriche, Suisse, 2017)
  • The Crescent de Seth A. Smith ( Canada, 2017)
  • A Dark Song de Liam Gavin (Irlande, 2016)
  • Dave made a maze de Bill Watterson ( USA, 2016)
  • A Day de Seon-ho Jo ( Corée du Sud, 2017)
  • Double Date de Benjamin Barfoot ( Royaume-Uni, 2017)
  • Earth and Light de Renné França ( Brésil, 2017)
  • The Endless de Justin Benson et Aaron Moorhead ( USA, 2017)
  • La Lune de Jupiter de Kornel Mundruczo (Hongrie, 2017)
  • Kaleidoscope de Rupert Jones ( Royaume-Uni, 2016)
  • Mise à mort du cerf sacré de Yorgos Lanthimos ( Grèce, 2017)
  • Laissez bronzer les cadavres de Hélène Cattet et Bruno Forzani ( France, Belgique, 2017)
  • Thelma de Joachim Trier (Norvège, 2017)

Compétition crossovers :

  • Bitch de Marianna Palka (USA, 2016)
  • Fashionista de Simon Rumley (USA, 2016)
  • The Little Hours de Jeff Baena ( USA, 2016)
  • Most Beautiful Island de Ana Asensio ( Espagne, 2017)
  • A Prayer before Dawn de Jean-Stéphane Sauvaire ( France, Royaume-Uni, 2017)
  • Super Dark Times de Kevin Phillips (USA, 2017)
  • The Villainess de Byung-Gil Jung ( Corée du Sud, 2017)

Midnight Movies : 

  • 68 Kill de Trent Haaga (USA, 2017)
  • Game of Death de Sébastien Landry et Laurence Baz Morais ( Canada, France, 2017)
  • Kuso de Flyng Lotus ( USA, 2017)
  • Lowlife de Ryan Prows ( USA, 2017)
  • Mayhem de Joe Lynch ( USA, 2017)
  • Meatball Machine Koduku ( Japon, 2017)
  • Prey de Dick Maas ( Pays-Bas, 2016)
  • Ron Goossens, Low Budget Stuntman de Steffen Haars et Flip van der Kuil ( Pays-Bas, 2017)

Séances spéciales :

  • Zombillenium de Arthur de Pins et Alexis Ducord ( France, 2017)
  • 78/52 de Alexandre O. Phillipe ( USA, 2017)
  • George A. Romero for President de Jean-Jacques Bernard ( France, 2011)

Rétrospective Humans 2.0 :

  • Metropolis de Fritz Lang ( Allemagne, 1927)
  • Saturn 3 de Stanley Donen ( Royaume-Uni, 1980)
  • Robocop de Paul Verhoeven ( USA, 1987)
  • Terminator 2  de James Cameron ( USA, 1991)
  • Tetsuo de Shinya Tsukamoto ( Japon, 1989)
  • Ghost in the Shell de Mamoru Oshii ( Japon, 1995)
  • Multiplicity de Harold Ramis (USA, 1996)
  • Bienvenue à Gattaca de Andrew Niccol ( USA, 1997)
  • ExistenZ de David Cronenberg ( Canada, 1999)
  • The Clone Returns Home de Kanji Nakajima ( Japon, 2008)

Rétropsective William Friedkin :

  • The French Connection (1971)
  • L’Exorciste ( 1973)
  • Sorcerer ( 1977)
  • Cruising ( 1980)
  • Police Fédérale Los Angeles ( 1985)
  • Bug (2006)
  • Killer Joe ( 2012)

Rétrospective Dick Maas :

  • L’Ascenseur ( 1983)
  • Amsterdamned ( 1988)

La Nuit Excentrique :

  • L’homme puma de Alberto De Martino (Italie, 1980)
  • Le Ninja Blanc de Sam Firstenberg ( USA, 1987)
  • Les Prédateurs du Futur de Ruggero Deodato ( Italie, Phillipines, 1983).

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Toy Story 5 tire la corde vers l’infini et au-delà

"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?

The Christophers : le prix des âmes

Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.

Le Cuirassé Potemkine : cent ans de rage intacte

Cent ans après, "Le Cuirassé Potemkine" revient en salles avec une musique inédite signée Pet Shop Boys. Chef-d'œuvre du cinéma muet, le film d'Eisenstein n'a rien perdu de sa puissance subversive. La rage de ceux qu'on écrase n'a pas de date de péremption.

Ma famille chérie : entre tornade émotionnelle et grâce cassavetienne

Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.

L’affaire Zanetti : Confessions d’une meurtrière

Dans un centre pénitentiaire italien, Elisa Zanetti, condamnée pour le meurtre de sa sœur, entame des entretiens avec un criminologue qui ravivent un passé familial trouble. Entre huis clos oppressant, flashbacks maîtrisés et performances intenses, le film interroge la portée réelle d’un travail de reconstruction face à un crime irréparable.

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.