Série Under the Dome : Saison 1 Critique

C.B.S. a eu du flair en s’emparant des droits Dôme (titre original: Under the Dome), un roman d’horreur de Stephen King, un gros succès d’édition.

L’auteur a depuis longtemps l’habitude de voir ses ouvrages adaptés soit sur grand, soit sur petit écran. Les augures étaient plutôt bons pour cette nouvelle série Under The Dome, C.B.S. laissant filtrer ce qu’il fallait d’indices pour attirer le chaland. La première vraie bonne surprise a été l’apparition du nom de Dean Norris dans le rôle de Big Jim Rennie. Même s’il n’a pas la surcharge pondérale adéquate (aspect important du personnage dans le roman), cet acteur a une « gueule » idéale de grand prédateur. Une autre rumeur rassurante annonçait que le King lui-même serait associé au scénario, les fans du roman et de son auteur pouvaient donc dormir tranquilles…

Jusqu’à ce qu’une légère odeur de roussi commence à se répandre dans l’air, mettant en alerte les sens des moins sceptiques quant à la réalisation de ce projet : il allait y avoir plus d’une saison, d’Under The Dome ! Certes, le roman est long, mais de là à en faire une adaptation télévisée de plus d’une saison, si courte soit-elle, sentait l’exploitation d’un filon avant même la diffusion du premier épisode. Puis il y a eu cette interview du King, dans laquelle il annonçait une fin pour la série différente et meilleure que celle du livre. Il reniait donc son propre travail (un comble) et semblait sacrifier son bébé au plus offrant.

Il en fallait pourtant pas plus pour refroidir ceux qui, pleins d’illusions, ont aimé le livre, Under The Dome et rêvaient de voir ses personnages prendre vie. Les illusions ont tenu environ la moitié du premier épisode, diffusé en juin 2013 et qui respectait à peu près le roman. Dès l’épisode 2, tout a été oublié, ne restaient plus qu’un dôme et quelques personnages, le reste du livre passé à tabac par des scénaristes sans scrupules pour ce qui fut un succès de librairie, jetant à la poubelle une bonne partie de l’histoire. Mais ce qui frappe quand on achève cette première saison, à part ce refus d’en voir une deuxième, c’est surtout la façon dont les caractères des personnages ont été affadis, édulcorés, passés à l’eau de javel. L’intention aurait été louable s’il avait été question de les rendre ambiguës mais non, ils ont juste perdu de leur saveur.

Cette férocité qui marque souvent les œuvres de Stephen King est passée au recyclage du politiquement correct. Les personnages les plus violents sont transformés en agneaux. Certaines scènes atroces passent par pertes et profits. Big Jim et son fils Junior, duo infernal habité par une soif de violence et de pouvoir, deviennent presque sympathiques et à la fin de cette première saison, Junior (le psychopathe du livre) n’a encore tué personne. Pour qui a lu le livre, le traitement infligé aux personnages de Junior (Alexander Koch pourtant très prometteur dans le rôle), Big Jim ou même Barbie, tient de la simple profanation. D’un roman d’horreur, faisant du Dôme, un accessoire de terreur qui s’installe dans la petite Ville de Chester’s Mill, dans le Maine, on se retrouve avec une série fantastique de consommation courante. 

La saison 2 d’Under The Dome débutera aux Etats-Unis le 30 juin 2014 et retrouvera probablement un public qui n’a pas dû lire le livre et donc pas pu faire la comparaison. Les autres, ceux qui ont perdu tout espoir dans cette suite, iront lire le nouveau roman du King et prieront pour qu’on arrête de les adapter, ou alors qu’on confie les futurs projets à des metteurs en scène eux-mêmes fans du plus grand et prolifique écrivain contemporain. Cette série ne pourra finalement être approuvée que par ceux qui n’ont jamais lu et ne liront jamais le livre, ou alors ils ne l’ont pas compris.

Synopsis: Les habitants d’une petite communauté se réveillent un matin, coupés du monde et piégés dans la ville à cause d’un immense dôme transparent. Certains tenteront, de manière dissimulée, de tirer profit de cette situation inquiétante et inexpliquée, afin de prendre le pouvoir. Mais une résistance va s’organiser autour d’un vétéran de la guerre en Irak, pour empêcher ces personnes malveillantes de parvenir à leur fin.

Fiche technique : Under The Dome

Basée sur un roman de Stephen King et développée par Brian K. Vaughan
Saison 1: 13 épisodes de 43 minutes, diffusée sur CBS à partir du 14 Juin 2013
Interprète: Mike Vogel, Rachelle Lefevre, Natalie Martinez, Britt Robertson, Alexander Koch, Dean Norris, Nicholas Strong, Colin Ford, Jolene Purdy et Aisha Hinds.

 Auteur de la critique Under the Dome Saison 1 : Freddy M.

Festival

Cannes 2026 : Sheep in a box, laisser partir

Avec "Sheep in the Box", Kore-eda déplace la science-fiction vers un territoire intimiste : celui du deuil, du manque et de ce qu’il reste à aimer quand l’enfant n’est plus là. À travers la présence troublante d’un double artificiel, le cinéaste japonais compose une fable douce et mélancolique sur des parents qui apprennent, enfin, à revenir à la vie.

Cannes 2026 : Colony, entre deux terminus

À Cannes 2026, "Colony" marque le retour de Yeon Sang-ho au film de zombies avec un spectacle généreux, ludique et imparfait, porté par quelques belles fulgurances de chaos.

Cannes 2026 : Club Kid, la renaissance d’un père

Pour son premier film, John Firstman propose une histoire attachante et pleine d'humour sur fond de soirées gays new-yorkaise. Dans "Club Kid", il incarne un père abîmé qui tâche de se reprendre en main lorsqu'un fils inconnu surgit dans sa vie. Une bulle de bonheur qui rappelle que nos proches donnent du sens à notre existence.

Cannes 2026 : Sanguine, à cœur et à sang

Présenté en Séance de Minuit à Cannes 2026, Sanguine de Marion Le Corroller s’attaque au corps épuisé par le travail en le faisant basculer dans le body horror. Porté par Mara Taquin et par une vraie envie de cinéma, ce premier long-métrage impressionne par son énergie, sans encore trouver la mutation radicale qu’il promet.

Newsletter

À ne pas manquer

L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen : Père et impair

Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.

L’Abandon : le traitement tout en nuances d’un sujet explosif

Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.

Obsession – L’amour (terriblement) ouf

Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.

Les Cloches des profondeurs (1993) de Werner Herzog : la foi dans tous ses états

Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.

La Grande Extase du sculpteur sur bois Steiner (1974) de Werner Herzog : le temps suspendu

A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.

L’Affaire Laura Stern : le cri du silence

Plus qu'une fiction sur la vengeance, "L'Affaire Laura Stern" est une immersion sensorielle dans le "cri du silence" des victimes de violences et d'emprise. Une œuvre nécessaire qui déconstruit les mécanismes de la violence faite aux femmes pour en faire un combat collectif et politique. La série est diffusée sur France 2 en mars 2026 et disponible en streaming sur France Télévision.

Les Saisons : L’amour, le rythme et les saisons

"Les Saisons", la série écrite et réalisée par Nicolas Maury, s’éloigne des éclats et des récits sociaux pour épouser le souffle intime d’un trio amoureux. Entre mélancolie poétique et naturalisme doux, elle tente moins de raconter que de saisir le frémissement des sentiments, au rythme d’une lumière vendéenne et d’un temps qui tangue. Une œuvre sensible, qui crée son public en osant la lenteur et la langueur.