Atlas des Gestes Instables, Volume 2 : Les 12 Gestes Instables – Cartographie des Fragilités, Ruptures et Dissolutions
Accueil Cinéma Films Classiques Serge Théloma·27 octobre 2019·2 min de lecture·0Les Chasses du Comte Zaroff, de Ernest B. Schoedsack PartagerFacebookTwitterPinterestEmail Serge Théloma Rédacteur LeMagduCiné La nouvelle du romancier Richard Donnell The most dangerous game a connu au fil du temps de nombreuses adaptations, dont une très récemment en bande dessinée, mais aucune n’égale dans sa poésie visuelle et sa densité narrative Les Chasses du Comte Zaroff que réalisent Ernest B. Schoedsack et son équipe en 1932. Ils profitent du décor qu’ils ont à leur disposition pour réaliser parallèlement King-kong, autre classique du cinéma fantastique. Île, château, forêts et marécages Tous les ingrédients du film d’aventures sont réunis ici : une île comme décor principal, un château habité par des personnages inquiétants, une jeune femme retenue prisonnière et une course poursuite à travers jungle et marécages. Joel McCrea y incarne le héros, Robert Rainsford, un chasseur de fauves à la réputation internationale confronté à Zaroff, un Russe en exil dont le raffinement apparent contraste avec la noirceur de l’âme. Pour tuer l’ennui de sa retraite, le Comte fait échouer délibérément des navires sur son île et transforme les éventuels rescapés en gibier de luxe. Partie d’échecs dans la jungle Le duel entre l’Américain et le Russe structure le récit. Comme Zaroff le formulera lui-même en évoquant sa future confrontation avec son rival, c’est à une partie d’échecs à laquelle on assiste. D’un côté le camp blanc où Rainford et Eve, vêtus de blanc, représentent le couple royal. A leur côté, Martin, lui aussi prisonnier du Comte, fait figure de bouffon avec ses propos d’ivrogne. A leurs trousses, l’armée noire. Zaroff en tête, maître absolu des lieux, encadré de ses deux tours fidèles (Ivan et Tatar) et précédé d’une horde de pions (ses dogues dressés pour tuer). Zaroff, un personnage ambigu L’action quant à elle fait la part belle aux pièges, traquenards et entourloupes que les deux rivaux se tendent. A ce petit jeu, le Comte n’est pas le chasseur hors pair qu’il prétend être et de fait, le roi n’est pas la pièce la plus puissante du jeu. Zaroff affiche d’ailleurs bien plus de faiblesses que de forces, préférant même changer les règles du jeu en cours de route (il troque son arc contre un fusil) et s’appuyer davantage sur ses auxiliaires que sur ses piètres qualités de chasseur. Un personnage complexe qui aurait sans doute mérité davantage d’approfondissement si le film n’avait pas été si court (1h18). Un joyau expressionniste Si le film de Schoedsack peut laisser le spectateur d’aujourd’hui sur sa faim en matière de rythme et de péripéties, il s’avère être en revanche d’une grande réussite formelle. Les intérieurs de la forteresse répondent à une architecture atypique qui n’est pas sans rappeler les demeures d’autres grands films expressionnistes (Frankenstein, Nosferatu…). Dans ce même ordre d’idée, on remarquera l’aspect caricatural de certains personnages comme Tatar et Ivan, les sbires de Zaroff. Quant au comte, adepte de grimaces et haussements de sourcils ostentatoires, il est à ranger parmi les meilleures figures maléfiques du cinéma des années trente aux cotés de M. le maudit ou du docteur Mabuse. Enfin, l’extraordinaire travail sur la photographie confère aux scènes de chasse une poésie fantastique qui à elle seule mérite le visionnage. Bande annonce : Fiche technique : Les Chasses du Comte Zaroff Titre : Les Chasses du comte Zaroff Autre titre : La Chasse du comte Zaroff Titre original : The Most Dangerous Game Réalisation : Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel Scénario : James Ashmore Creelman d’après la nouvelle éponyme de Richard Connell Producteurs : Merain C.Cooper et Ernest B. Schoedsack Société de production : RKO / Radio Pictures Inc Décors : Carroll Clark Photographie : Henry Gerrard assisté de Robert De Grasse (cadreur, non crédité) Musique : Max Steiner Monteur : Archie Marshek Pays d’origine : Etats-Unis Langue : anglais Genre : fantastique, aventure Durée : 63 minutes Dates de sortie : Etats-Unis : 16 septembre 1933 France : 16 novembre 1934 Note des lecteurs0 Note4
La rédaction LeMagduCiné·Arts & CultureAtlas des Gestes Instables, Volume 2 : Les 12 Gestes Instables – Cartographie des Fragilités, Ruptures et Dissolutions
La rédaction LeMagduCiné·Arts & CultureAtlas des Formes Instables : Une Cartographie du Visible en Mutation