L’année 2019 : le Top 10 des films de la rédaction

L’année 2019 s’achève bientôt et c’est l’heure pour la rédaction de donner sa liste des meilleurs films de cette année cinématographique ; une année 2019 qui aura eu son lot de surprises, de chocs visuels et d’éblouissement narratif. Alors qui sera le meilleur film 2019 selon notre rédaction? Bonne lecture à vous.

10 – J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin

J’ai perdu mon corps est un pur moment de cinéma, une révélation inattendue qui vaut le coup d’être découverte. Le cinéma français d’animation est toujours aussi talentueux, et lorsque l’esthétique tutoie à ce point la perfection et que l’écriture est aussi limpide que profonde, alors il ne reste qu’à se laisser porter par les élans poétiques de ce film qui a déjà tout d’un grand.

 

9 – Une grande fille de Kantemir Balagov

De ce mélange des genres – sans doute volontairement déroutant – se dégage une poésie transversale étonnante. Si le rythme lent et peut-être trop étiré perdra certains spectateurs, c’est aussi cette lente progression qui permet à Balagov d’insuffler un voile de beauté quasi virginal dans un film finalement viscéral dans sa violence graphique comme psychologique. Un sentiment contradictoire d’assister à une œuvre boursouflée, dense à l’excès, trop longue, et en même temps à un objet pur, limpide et doux aux sens.

 

8 – Green Book de Peter Farrelly

Un guide vert de sinistre mémoire (à l’intention des seuls voyageurs Noirs) sera le fil conducteur du film éponyme de Peter Farrelly, Green Book, un road movie bourré d’humour qui n’oublie pas de dénoncer les affres du racisme qui dévorait l’Amérique d’avant le mouvement des Droits Civiques. Un excellent film.

 

7 – Ad Astra de James Gray

Avec Ad Astra, James Gray parvient à accomplir l’exploit de signer coup sur coup deux grands films. Après son déjà formidable The Lost City of Z, il signe une œuvre à la tristesse et la fragilité insondables dont elle puisse une grandeur insoupçonnée. Surtout que dans cette thérapie de son cinéma, Gray arrive à renouveler ses thèmes narratifs et visuels sans jamais trahir son essence.

 

6 – Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma

Un de ces films féminins comme il en faut pour prouver au monde entier que les femmes ont leur place à Cannes, que ce n’est pas une réaction à Me Too ou autre affaire, seulement du talent pur et généreux qui mérite la plus dorée des récompenses. Même dans son engagement, le film est juste. Sciamma effleure le féminisme de ses personnages avec, là encore, une finesse admirable lors d’un avortement déchirant et des discussions passionnantes sur le métier de peintre lorsque l’on est une femme. Inspiré, inspirant, Portrait de la jeune fille en feu donne à ressentir, à pleurer.

 

5 – The Lighthouse de Robert Eggers

The Lighthouse est une grosse claque esthétique, une leçon de mise en scène que se sait outrancière et parfois redondante dans ses mécanismes dont elle a parfaitement conscience de l’efficacité. Mais comment le lui reprocher, quand on passe un moment aussi intense et prenant dans une salle obscure.

 

4 – Joker de Todd Phillips

Que les récompenses pleuvent. Nous ne pouvons que leur donner raison : Joker est un chef-d’œuvre ! Un mélange entre Batman et Taxi Driver d’une incroyable maîtrise, sachant faire honneur à l’antagoniste éponyme tout en balançant à la figure du spectateur une déconstruction incisive du rêve américain. Poisseux, dramatique, poétique, inquiétant, alarmant…

 

3 – Une Vie Cachée de Terrence Malick

Le Festival de Cannes 2019 vient de vivre son premier choc avec Une vie cachée de Terrence Malick, présenté en compétition officielle. Le cinéaste américain est à son meilleur et arrive à trouver le parfait équilibre entre la narration de ses premiers films et ses expérimentations visuelles actuelles. Incroyable.

 

2 – Once Upon a Time in…Hollywood de Quentin Tarantino

Quentin Tarantino nous immerge dans son amour du cinéma bis, de l’exploitation, nous parle avec vigueur du Nouvel Hollywood et de la démocratisation de l’empire que deviendra la télévision, avec cette idée que la mutualisation des formes audiovisuelles ne signifie pas forcément la mort du cinéma.

 

1 – Parasite de Bong Joon-Ho

Parasite, la Palme d’or 2019 couronne un chef et son œuvre qui incarnent une des filmographies les plus riches de ces dernières années. Bong Joon-Ho y poursuit sa lecture sociologique de la société coréenne en jouant des genres et des registres, pour la plus grande surprise et joie de tous les spectateurs.

 

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

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Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

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Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

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