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©Manuel Moutier pour Unifrance Accueil Cinéma Critiques films Chloé Margueritte·19 avril 2019·3 min de lecture·0Mais vous êtes fous : un premier film subtil et délicat pour Audrey Diwan PartagerFacebookTwitterPinterest1Email Chloé Margueritte Reporter LeMagduCiné 1share1 Mais vous êtes fous, le premier film d’Audrey Diwan, raconte une histoire incroyable mais vraie. La réalisatrice le fait avec beaucoup de finesse et sans jugement aucun pour ses personnages, ce qui donne une histoire parfaitement bouleversante, sans être moralisatrice. Un tour de force qui vaut le détour. En salles le 24 avril 2019. Elle est la Hyène de l’adaptation en série de Vernon Subutex (Virginie Despentes). Il était l’Antoine hilarant et perdu (et un poil flippant) d’En Liberté !, le petit phénomène de fin 2018. On les retrouve tous les deux avec plaisir à l’écran. Ils campent un couple (presque) increvable. Céline Sallette et Pio Marmaï sont sans aucun doute les atouts charmes de ce premier film complètement fou. Mais c’est au-delà, car, grâce à la réalisatrice, ils ne se contentent pas d’incarner deux personnes ayant réellement existé. Ils deviennent des passeurs d’histoires et surtout de points de vue. Dans Mais vous êtes fous, tout est question de point de vue, pour retirer toute morale facile à une histoire de toute façon édifiante. Fait divers En effet, le film raconte l’histoire vraie d’un couple dont la vie bascule le jour où ils sont confrontés à la drogue. C’est donc un vrai plaisir de voir qu’Audrey Diwan, au-delà de la douleur et de la sidération, filme aussi une femme en prise au manque du corps de l’autre, au désir, à l’amour. Ainsi, Camille n’est pas seulement une mère, mais c’est aussi une amoureuse. Et elle se met à la place de celui avec lequel elle avait jusque-là construit sa vie. Audrey Diwan parvient donc à s’extraire du piège du fait divers, qui serait de raconter cliniquement, froidement les faits. Elle préfère, faire du cinéma avec son histoire et s’engager dans la route du thriller. Ainsi, ce n’est pas tant la drogue en elle-même qui intéresse la réalisatrice, mais l’histoire d’amour du couple. Un amour fou Le sevrage n’est ainsi que très peu évoqué (on a fait de très bons films sur ce sujet, dont le dernier en date My beautiful boy). En effet, le personnage féminin va prendre de plus en plus d’ampleur, paraître dingue pour beaucoup, mais tenir la distance, un moment au moins. Chaque personnage aura la possibilité de s’exprimer, d’essayer de trouver sa place dans cette vie qui s’effondre peu à peu (rien qu’à voir les titres des journaux de l’époque…). Mais vous êtes fous, aurait pu être film sur le traitement médiatique ou judiciaire de l’affaire. On en a d’ailleurs un aperçu hallucinant lors d’une scène à la fois drôle et angoissante, où le père est forcé de refaire « pour de faux », les gestes du quotidien avec ses enfants, devant un expert. Quelque chose de la pantomime apparaît ici. Mais dès lors, Audrey Diwan choisit aussi les échappées et offre à son couple, stars de l’affiche d’ailleurs où ils s’embrassent avec insouciance, un moment de pure liberté, sans dialogue. Tout en finesse La finesse du sujet est aussi visible dans ce qu’Audrey Diwan accepte l’après drame, dans l’intimité et non dans la surface, et fait basculer son film dans un thriller. Camille se bat contre ses propres préjugés, sa peur, perd face à elle, tente de faire face. La musique accompagne cette descente vers la paranoïa, alors même que Roman, de son côte, se relève. Ainsi, à l’image de la scène phare de L’économie du couple, un moment dansé devient autant une séquence d’euphorie que d’angoisse. Et mène le spectateur en plein dans les battements de cœur des personnages. A ce jeu-là, Céline Sallette et Pio Marmaï sont magnifiques. Elle par le regard. Lui, par l’empathie qu’il offre à son personnage. On veut les voir s’étreindre encore, se rattraper, même si l’on sait qu’il est déjà trop tard. Une question à Audrey Diwan, réalisatrice du film: Lors de l’avant-première du film à Strasbourg, Audrey Diwan a répondu à de nombreuses questions, dont une sur le titre de son film. Mais vous êtes fous est en effet un titre étrange, accrocheur, petit clin d’œil au titre qui fait l’ouverture du film : « Mais vous êtes fous » de Benny B. Chanson envoyée par Gilles Lellouche à la réalisatrice qui lui avait demandé une playlist rap pour son film. La petite anecdote veut qu’Audrey Diwan ait choisi ce titre-là alors qu’il s’agissait en réalité d’une blague de la part du réalisateur du Grand bain. Mais vous êtes fous : Bande annonce Mais vous êtes fous : Fiche technique Synopsis : Roman aime Camille, autant qu’il aime ses deux filles. Mais il cache à tous un grave problème d’addiction, qui pourrait mettre en péril ce qu’il a de plus cher. L’amour a-t-il une chance quand la confiance est rompue? Réalisation : Audrey Diwan Scénario : Audrey Diwan, Marcia Romano Interprètes: Céline Sallette, Pio Marmaï, Carole Franck, Valérie Donzelli, Maxence Tual Photographie: Nicolas Gaurin Montage: Pauline Gaillard Musique: Guillaume Roussel Producteur(s): Edouard Weil, Alice Girard Sociétés de production: Rectangle Productions Distributeur: Wild Bunch Distribution Durée : 95 minutes Date de sortie : 24 avril 2019 Genre : Drame France – 2019
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