Résider « Dans le ventre du Dragon »

Mathieu Gabella et Christophe Swal publient aux éditions Glénat le premier tome du triptyque Dans le ventre du Dragon, intitulé « Udo ». Ancré dans le fantasy, redéfinissant des créatures légendaires, il réunit plusieurs protagonistes cherchant à abattre un dragon gigantesque de l’intérieur…

Le Hobbit ou Game of Thrones l’ont récemment rappelé à notre bon souvenir : les dragons demeurent des créatures indissociables des récits fantasy, ou plus prosaïquement imaginaires. Mathieu Gabella et Christophe Swal ne s’y trompent pas en les rangeant parmi les protagonistes principaux de leur triptyque Dans le ventre du Dragon, dont le point de départ a de quoi éveiller la curiosité. Phylogène d’Esquamate, fils de scientifiques dracologues, Wei, pirate chinois capable de dresser les dragons, et Udo von Winkelried, descendant d’une énigmatique lignée de chasseurs de dragons, s’associent pour venir à bout d’un cracheur de feu titanesque. Avec cette singularité : pour vaincre le monstre ailé, ils devront l’attaquer de l’intérieur !

Cet argument donne le ton : « Udo » est tout entier voué à l’action et au spectacle, même s’il n’en oublie pas pour autant de caractériser ses personnages et de donner à sa mythologie des fondations solides. Ainsi, on apprend que les écailles de dragon se transforment en or une fois ces derniers sans vie, que leurs excréments constituent des pierres précieuses, que la draconnite, confondue avec la « pierre philosophale », permet de communiquer sans entrave et de transformer les êtres vivants… par le simple fait d’un regard. Udo, qui donne son nom à l’album, souffre d’une malédiction affectant son apparence, mais le dotant de pouvoirs spécifiques. « L’histoire familiale dit que les descendants de Siegfried étaient plus forts à chaque génération, qu’ils vivaient plus longtemps… » Les premières planches de cette bande dessinée en livrent les secrets : Siegfried parvient à l’invincibilité en même temps qu’il subit une profonde altération bio-génétique.

Durant leurs péripéties, bénéficiant du trait inspiré de Christophe Swal, les trois protagonistes, flanqués de la soeur de Wei et d’un dragon asservi, vont se découvrir (exemple : le domicile-musée, protégé par un pont-levis, de Phylogène d’Esquamate) autant qu’ils vont découvrir (les créatures hybrides mi-loup mi-dragon). Une fois avalés par le monstre qu’ils traquent, ils vont par ailleurs faire face à l’inattendu et à des menaces laissées en suspens en fin d’album… Entretemps, le lecteur aura l’occasion de se familiariser avec la lignée von Winkelried et de rassembler les pièces d’un puzzle fantasy qui prend peu à peu forme. Plutôt engageant, ce premier épisode de Dans le ventre du Dragon nous laisse en appétit pour la suite…

Dans le ventre du Dragon : Udo, Mathieu Gabella et Christophe Swal
Glénat, février 2022, 56 pages

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Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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