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L’Odyssée du Hindenburg s’envole en Blu-ray & DVD aux éditions ESC

En cette froide fin d’année, L’Odyssée du Hindenburg revient en vidéo chez les éditions ESC. De retour en Blu-ray et DVD, le film catastrophe/historique de Robert Wise suit le dernier voyage du spectaculaire zeppelin Hindenburg tout en racontant les débuts en puissance du nazisme dans une Allemagne loin d’être unie derrière le führer.

Synopsis : En 1937, le célèbre zeppelin Hindenburg doit effectuer un vol transatlantique depuis l’Allemagne hitlérienne jusqu’aux États-Unis. Ayant vent d’une tentative d’attentat, les autorités envoient le colonel Ritter (George C. Scott) à son bord afin de veiller à la sécurité et démasquer les terroristes.

L’Odyssée du Hindenburg comme portrait d’une certaine Allemagne de 1937

Le cinéaste Robert Wise, réalisateur de grands films tels que Le Jour où la Terre s’arrêta, La Canonnière du Yang-Tsé ou encore La Mélodie du Bonheur, s’attache ici au récit du dernier voyage du Hindenburg. Le filmaker utilise le genre pour mieux capter la grande Histoire. Ici, Ritter, un général de l’armée de l’air allemande, anti-nazi, doit contrer un possible attentat au cœur du zeppelin. Il devra faire équipe avec un nazi convaincu, officier de la Gestapo. La bombe explosera et le zeppelin subira le sort qu’on lui connait.

Ci-dessous, un extrait des archives Pathé sur l’accident du Hindenburg.

Un texte à la fin du film rétablit l’absence de faits établis sur la réalité de l’accident : on ne connaît pas les véritables causes de la catastrophe. Les autorités nazis soupçonnent un possible attentat, tout en maintenant qu’il n’y a aucune forme de rébellion existante contre leur ordre. Wise met ainsi en place deux récits de genre, l’un policier/espionnage, l’autre, catastrophe. Avec Richard Levinson et William Link (les créateurs de Columbo) et Nelson Gidding à l’écriture, il réussit à créer un suspense dans une histoire dont la finalité nous est bien connue.

L’enquête permet au cinéaste de dresser le portrait d’une certaine Allemagne de 1937, notamment bourgeoise et aristocratique. Le brillant George C. Scott incarne un père, général au service d’un ordre qu’il déteste et d’un pays qu’il ne reconnaît plus. L’homme a perdu son fils unique à cause de la folie nazie. Il a aussi opéré en Espagne notamment sur le bombardement de Guernica. Il doit d’ailleurs recevoir une médaille pour cet « acte d’héroïsme » qui le dégoute – et le torture – au plus haut point. Officier de la première guerre mondiale ayant mal digéré le traité de Versailles, il n’a toutefois pas été séduit par Hitler et ses discours de gloire et de nouvelle apogée de la nation, emplis d’une haine de l’autre et de folies inacceptables pour Ritter. Sa femme veut quitter la nation, il ne peut déserter. Il envisage tout de même un départ loin de Berlin. L’officier croisera la route d’une aristocrate (interprétée par la formidable Anne Bancroft) qui a tout perdu : ses terres ont été saisies par l’état nazi pour des tests d’armement. Elle part retrouver aux États-Unis son plus grand amour, sa petite fille muette, en sureté loin de l’eugénisme nazi. Ritter aura aussi pour suspects deux artistes, l’un musicien, l’autre comique, anti-nazis qui iront jusqu’à créer un petit spectacle musical hilarant (le général sourira), excepté pour le capitaine du Hindenburg, national-socialiste convaincu. Espions au service des États-Unis, bourgeois juifs fuyant le nazisme et organisant le départ du reste de leur famille, publicitaire courant après les scoops… Le polar du Hindenburg dresse le portrait-robot d’individus victimes de l’Histoire. Ritter trouvera celui qui veut mettre à feu le zeppelin. « Je ne veux pas de morts » dit Boerth, l’un des « matelots » de l’aérostat. Ancien chef des jeunesses hitlériennes, Boerth a rapidement pris conscience de la folie dangereuse du führer et de son ordre. Et le Hindenburg, symbole important de la puissance nazie, doit être détruit pour montrer qu’il existe bien une résistance face à ce fascisme. Ritter, chargé par Goebbels de le protéger, soutiendra l’action de Boerth. Wise signe ainsi le portrait d’une Allemagne en crise, de ses bourgeois à ses militaires, en n’oubliant pas ses petites mains.

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Anne Bancroft et George C. Scott observent et surveillent certains faits et gestes.

La catastrophe constitue l’apogée de ce tableau. A partir de l’explosion, le cinéaste filme en noir et blanc, alterne plans sur ses personnages et images d’archives. Cependant, elle est mise en place dès le début du film, et elle gagnera d’ailleurs en tension lors de l’incident de la toile percée. L’introduction du long métrage, toute en archives, promeut les aérostats et les zeppelins. Ce moyen de transport serait le plus sûr au monde, et les images nous rappellent le point de vue des US sur le Hindenburg, à l’époque surnommé « l’orgueil de l’Allemagne ». L’introduction et la fin du film participent au film catastrophe tout en contribuant à la fresque historique de Wise.

Ainsi les récits de genre et l’Histoire sont intrinsèquement liés. Cette caractéristique essentielle du long métrage n’est pas le fruit d’un heureux hasard. Wise, cinéaste classique, perpétue ici l’une des plus grandes traditions du cinéma. D’un métrage qui aurait pu être un bête objet opportuniste surfant sur la tendance des films catastrophes des années 60-70, Robert Wise réussit à faire un objet filmique. Imparfait certes, L’Odyssée du Hindenburg est une œuvre passionnante, thrilling, cinématographiquement excitante, dont l’importance de la (re)découverte est d’autant plus forte à une époque où Wonder Woman fait de beaux discours sur l’humanité manipulée et touchée par la guerre – précisément la Première Guerre Mondiale – tout en dégommant sans scrupules les soldats allemands, bêtement représentés comme des nazis par Patti Jenkis et le tout Hollywood qui oublient que le monde et son histoire sont constitués par une infinités de nuances. Ainsi L’Odyssée du Hindenburg intègre de façon tout à fait organique l’œuvre du cinéaste, éternel remède à la bêtise ambiante de nos sombres jours.

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Le Hindenburg, orgueil de l’Allemagne nazie, s’envole pour un dernier voyage.

Premier Blu-ray pour un dernier voyage

L’édition proposée par les éditions ESC propose de redécouvrir le film dans un nouveau master haute définition. Pour la première fois en Blu-ray en France, L’Odyssée du Hindenburg arrive dans nos bacs dans sa version non tronquée (cf. Universal et l’édition DVD de 2008) avec une copie soignée. Propreté, stabilité de l’image et détails sont au rendez-vous. Le grain est préservé et la colorimétrie semble juste. Évidemment, certains effets spéciaux et trucages visuels sont alors davantage remarquables à l’écran. Le son a aussi bénéficié d’une remasterisation de qualité, même si certains dialogues tendent à une artificialité, comme s’ils avaient été postsynchronisés. Du côté des bonus, le contenu est plutôt léger : l’édition comporte une analyse pertinente du film par Olivier Père (directeur du cinéma d’Arte) – d’une durée de vingt-six minutes –, ainsi qu’une bande-annonce promotionnelle de la collection Hollywood Classics éditée par ESC.

Bande-Annonce – L’Odyssée du Hindenburg

CARACTÉRISTIQUES Blu-ray/DVD

Langues : Français, Anglais – Sous-titres : Français – Format image : 1.85 – 16/9 compatible 4/3 – Format audio : VF + VOST 2.0 – durée du film : 120 min

Bonus inédits :

« Un film catastrophe paradoxal », analyse du film par Olivier Père (Directeur du cinéma d’Arte)

Bande-annonce « Dans la même collection »

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L’Odyssée du Hindenburg

En Blu-ray : 19,99 €

En DVD : 16,99 €

Sortie le 28/11/17

PIFFF 2017 : Une jeunesse au centre de la tourmente avec Sicilian Ghost Story, Tragedy Girls & Bodied

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Pour son troisième jour de compétition, le PIFFF 2017 s’intéresse à une jeunesse dans la tourmente avec Sicilian Ghost Story, un drame italien inspiré d’un fait divers, Tragedy Girls, un slasher décomplexé autour de la fièvre des réseaux sociaux et le nouveau film Bodied de Joseph Kahn qui se plonge dans les battles de rap. Tout un programme qui nous gratifie aussi encore d’une belle restauration d’un classique de John Carpenter.

[Compétition] – Sicilian Ghost Story

Réalisé par Fabio Grassadonia et Antonio Piazza (Italie, 2017)

Le cinéma italien n’a pas le vent en poupe ces dernières années. Pour ainsi dire, il tombe de plus en plus dans l’oubli mais, parfois, certaines surprises apparaissent ici et là. Néanmoins, Sicilian Ghost Story a beau avoir un parti pris plus original que la moyenne des films italiens, il n’en reste pas moins une histoire très ancrée dans la mafia. Inspirés par un fait réel, Fabio Grassadonia et Antonio Piazza essayent d’apporter un peu de mysticisme à l’ensemble par leur point de vue quelque peu fantaisiste. Si de prime abord l’idée séduit, elle finit par lasser. Le récit en vient à tirer terriblement en longueur au point de susciter un véritable agacement. Les rares scènes d’émotions efficaces se perdent dans une mise en scène trop poseuse qui vire à certains moments à l’inertie la plus totale.

L’écriture avait pourtant une certaine finesse dans sa façon d’explorer un tel drame à travers le prisme de l’amour adolescent et le tout est de surcroît tenu par des jeunes acteurs plus que convaincants. Mais la démarche ne prend pas et le tout retombe au final comme un soufflé. Sicilian Ghost Story ne convainc donc pas malgré certains charmes plus qu’évidents.

[La séance culte] – Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin

Réalisé par John Carpenter (Etats-Unis, 1986)

Comme le veut la tradition du PIFFF chaque année ils nous propose de redécouvrir un film de John Carpenter sur grand écran. A l’occasion de la restauration des Aventures de Jack Burton, c’est donc ce classique de Carpenter qui bénéficie du public du PIFFF. Pur produit des années 80, le film à clairement vieilli mais n’a pas perdu de sa superbe, au contraire ce charme désuet renforce son statut culte pour un Carpenter qui a été, pendant très longtemps, injustement mésestimé. Car quand le maître de l’horreur signe un film qui détourne les codes de l’actionner, remplaçant le héros viril habituel en un crétin balourd, et qui assume son second degré jusqu’au bout, on allait forcément avoir une œuvre détonante. Et ce fut le cas, une œuvre singulière volontairement crétine mais visuellement virtuose dans ce melting-pot d’influences allant du film d’art martiaux aux westerns dans une comédie virevoltante et jouissive.

C’est drôle, inventif et iconique avec un Kurt Russell en très grande forme et une bande son exceptionnelle signée comme à son habitude par Carpenter lui-même. Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin est une oeuvre qui traverse superbement les années avec son mysticisme enivrant et un kitsch savoureux qui en font encore aujourd’hui un très bon Carpenter qu’il faut voir ou revoir sans modération.

[Compétition] – Tragedy Girls

Réalisé par Tyler MacIntyre (Etats-Unis, 2017)

Alors que l’année dernière il avait fait parlé de lui avec son bancal mais pas inintéressant Patchwork, Tyler MacIntyre revient avec Tragedy Girls pour détourner, non sans un humour grinçant, les codes du slasher. Alors que, dans ce genre de films, les filles sont les premières à se faire dégommer par les tueurs sanguinaires, ici ce sont les nanas qui jouent les faucheuses. Mais l’intelligence du scénario vient du fait de placer son récit dans la quête de popularité et de trouver sens à sa vie. Véritable satire sur la fièvre des réseaux sociaux qui pousse au narcissisme où la valeur de l’existence se résume par le nombre de followers, de like ou de retweet. Acerbe et cruel dans son portrait de cette jeunesse déphasée, le film se montre aussi incroyablement jouissif dans son jeu de massacres saupoudré de second degré et d’une ironie souvent savoureuse. On se surprend à aimer détester ces personnages souvent antipathiques mais ainsi MacIntyre signe une tragédie effrayante car immorale et sans lueur d’espoir.

Avec sa mise en scène soignée et bien pensée qui ne tombe pas dans les travers habituels des films sur les réseaux sociaux, Tragedy Girls possède une authenticité et une maîtrise qui lui apporte une certaine fraîcheur. Notamment dans sa manière de jouer avec le slasher qui donne droit à quelques scènes de meurtres plutôt inventives. Avec en plus une alchimie évidente entre Alexandra Shipp et Brianna Hildebrand qui sont toutes deux impeccables dans leurs rôles de sociopathes en puissances. Un bon film et, clairement, l’un des meilleurs de cette compétition du PIFFF !

La journée s’est clôturée sur Bodied, présenté en hors compétition. Le film de Joseph Kahn n’a laissé personne indifférent et a suscité des réactions dithyrambiques de la part du public qui salue sa forme audacieuse, inventive ainsi que son intensité. Même si des voix plus discrètes s’interrogent sur un film un poil longuet et un peu vain dans son abattage de battle de rap. Une chose ressort de tout ça, c’est que Bodied s’annonce comme une expérience à part qui mérite le coup d’œil.

Santa & Cie, une comédie tout feu tout flamme désordonnée d’Alain Chabat

Avec Santa & Cie, Alain Chabat prédisait son grand retour avec l’humour qui faisait son succès 25 ans auparavant, mais trop vite rattrapé par un rythme effréné et des clichés qui font tout valdinguer…

Synopsis : Rien ne va plus à l’approche du réveillon : les 92 000 lutins chargés de fabriquer les cadeaux des enfants tombent tous malades en même temps ! C’est un coup dur pour Santa (Claus), plus connu sous le nom de Père Noël… il n’a pas le choix : il doit se rendre d’urgence sur Terre avec ses rennes pour chercher un remède. À son arrivée, il devra trouver des alliés pour l’aider à sauver la magie de Noël.

Sauvons un peu de magie

Avec une bande-annonce prometteuse et des critiques presses positives, difficile de ne pas résister au charme d’Alain Chabat qui nous a fait tant rire dans Les Nuls avec qui il signe La Cité de la peur (culte), le Burger Quizz, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (culte), Avez-Vous Déjà Vu..?, RRRrrrr! (culte), mais ça c’était avant – avant son passage au potache et au commercial avec Sur les traces du Marsupilami ou sa rencontre avec Luc Besson qui lui demande d’être parrain de la troisième promotion à l’Ecole de la Cité. Ses rencontres sont souvent prolifiques et deviennent cultes donc. La bande à Jamel Debbouz, les Robins des bois… Sa voix est connue de tous depuis Shrek et ses participations sont toujours remarquées. Mais les mauvais choix sont monnaie courante et sa dernière réalisation, malgré une bonne dose de magie FX et l’apparition du Palmashow, en cumule nombre. A commencer par le scénario digne d’un Christmas movie en seconde partie d’après-midi avec le calibre des séries B de qualité comme Elfe ou Super Noël. Dès le départ, son personnage de Santa, débonnaire et gentiment ronchon ne semble pas comprendre que, pour guérir les lutins, en soigner un seul suffit à réveiller toute la fournée. Wanda, la sexy Mère Noël qu’Audrey Tautou incarne délicieusement, le lui avait pourtant précisé avant qu’il ne parte, sans déjà trop y croire.

On semble lister trop de fainéantises : comme par hasard sa carte s’envole, son traîneau dysfonctionne juste au dessus de Paris. Alors certes, le décalage est propice au sourire. Unsanta-et-cie-palmashow personnage inventé de toutes pièces se confronte à la réalité de notre monde (déjà vu mille fois) et sa joute avec Jean-Pierre Bacri en faux Père Noël nous décroche quelques zygomatiques. Toutefois, le désordre arrive rapidement comme un leitmotiv et il est nécessaire qu’il retourne toute une pharmacie pour être mis en garde à vue. Les intérieurs commissariat sombres bleutés stimulent le regard, mais le duo du Palmashow est bien fade et leur seule incursion humoristique consiste à feindre une préparation collective d’intervention pour… le repas de Noël ou insinuer une homosexualité. Dès l’arrivée du personnage de l’avocat joué par Pio Marmaï, et surtout son frère en petite frappe magicien, on assiste à une cohue incohérente. On est très vite amené dans l’intimité de sa famille, avec deux enfants qui jouent excellemment bien (deux révélations !) et une femme au foyer dépassée par les événements. Golshifteh Farahani, première actrice franco-iranienne à jouer dans un film américain avec Mensonges d’Etat en 2008, était habituée aux rôles dramatiques en tournant avec Garrel, Honoré ou Jarmusch. Elle change pour la première fois de registre avec le « monument français » (selon ses propres mots) Chabat. Malheureusement, par faute d’écriture plus que d’interprétation, son personnage n’est que prétexte, tout comme son mari qui ne fait que de beugler, ou bramer pour reprendre un vocabulaire plus adéquat. Après son frère qu’il ne fait que protéger, après Santa qui surgit en plein milieu de la nuit dans la chambre… L’arc narratif du frère voleur et profiteur n’ayant santa-et-cie-enfants-alain-chabatjamais écrit au Père Noël est plus que mal construit, il est inutile. Les événements s’enchaînent donc sans logique, de manière brouillonne et quasi bouffonne. A cause du rythme fourre-tout, les réparties comiques se noient dans un ersatz de film d’action, ou ont déjà été vues dans la bande-annonce. On n’a pas le temps de comprendre, comme par un souci de vitesse que Chabat confond avec précipitation, la subtilité des dialogues, à condition que toutefois il puisse y en avoir. On se rappellera de « La prison ? Oh ça va, c’est moi qui ai inventé le Monopoly, donne moi deux dés, je fais un double et je sors »… C’est à peu près tout, la blague du « cochon dinde » étant rapidement oubliée. « Houn Houn ? » (la petite essaie de répondre au renne), « Ah non, tu viens de dire veux-tu un yaourt à la fraise ? C’est con parce que maintenant il en veut un ». L’interpellation de la mère asiatique pour une photo est bien trouvée (le Père Noël est international et connait tout le monde), mais le dialogue pauvre. Fainéantise ? La fin de Santa & Cie aura le mérite de nous faire découvrir le nouveau tube de Sia qui, lui, est mémorable !

santa-et-cie-fx-famille-cadeauxAu fort accent nullesque (la scène du repas où Santa s’étonne de la violence à la télé – avec un cri de Wilhelm – fait écho au sketch « Histoire de la Télévision », la scène devant le cinéma du couple qui sort enfin – inutile – ne sert qu’à faire revivre La Cité de la peur le temps de quelques titres sans queue ni tête, si vous voyez Red is Dead! …), Santa & Cie se regarde avec la conscience des références cheap, le mordant en moins, la tendresse peut-être et quelques sourires en plus, mais ne convainc personne, si ce ne sont petits en mal d’aventure en carton. A demi-absurde par la confrontation réalité / fiction pas complètement assumée, le réalisateur acteur scénariste humoriste se repose sur ses acquis sans aucune prise de risque, au risque justement de sombrer dans un désordre bessonien le plus profond. Si les bonnes surprises sont à attraper telles des bulles de savon aussitôt éclatées, la mauvaise règne en maître. 

Santa & Cie : Bande-annonce

Santa & Cie : Fiche Technique

Réalisation et scénario : Alain Chabatsanta-et-cie-affiche
Interprétation : Alain Chabat (Santa), Audrey Tautou (Wanda), Golshifteh Farahani (Amélie), Pio Marmaï (Thomas), Bruno Sanches (Magnus et tous les lutins), Louise Chabat (Lutines), Simon Aouizerate (Mathis, le garçon), Tara Lugassy (Maëlle, la fillette), David Marsais (Inspecteur Olivier Le Guennec), Grégoire Ludig (Commissaire Stéphane Bertoli), Johann Dionnet (le frère de Thomas), Jean-Pierre Bacri (Le Père Noël en rouge et blanc) Thomas VDB (le dealer de bonne humeur)
Image : Antoine Sanier
Décors: Jean-Philippe Moreaux
Musique : Matthieu Gonet
Montage: Grégoire Sivan
Producteur(s): Sylvain Goldberg, Alain Goldman, Serge de Poucques, Nadia Khamlichi, Gilles Waterkeyn
Société de production : Légende, avec la participation de Gaumont, France 2, Nexus Factory (Belgique), Umedia (Belgique)
Distributeur : Gaumont
Durée : 95 minutes
Genre : comédie, christmas movie
Date de sortie : 06 décembre 2017

France – 2017

Les Gardiennes : la fresque humaniste de Xavier Beauvois

Sept ans après Des hommes et des dieux, Xavier Beauvois revient avec Les Gardiennes, une grande fresque humaniste. Il situe son intrigue en plein cœur de la Première Guerre mondiale et s’intéresse aux sorts des femmes qui attendaient le retour des soldats en travaillant la terre.

Des femmes et des soldats

Les Gardiennes est d’abord un fil de saisons qui défilent, d’attente, d’espoir, de désir. Ce n’est pas un film bavard, mais plutôt un film contemplatif, qui emprunte à l’esthétique d’un tableau comme Les glaneuseset s’intéresse aux corps, aux gestes et à leur répétition. Il y a quelque chose de purement sociologique, ethnographique dans cette description minutieuse des travaux des champs. La dureté est réelle, mais Beauvois décide de montrer non pas des femmes courbées, mais des femmes fortes, bien droites, qui travaillent sans relâche. D’ailleurs, c’est à une robuste apprentie qu’Hortense fait appel pour l’aider à la ferme, une femme aussi douée « pour les travaux fins que pour les travaux de force ». Elle saura donc aussi bien coudre que diriger les bêtes. C’est ainsi qu’elle débarque dans la vie de deux femmes qui attendent le retour des frères et d’un mari pour l’une, de ses fils pour l’autre. Entre elles, la douceur et la confiance s’installent d’abord. Francine fait peu à peu partie de famille, même si ça n’est jamais complètement, elle le découvrira bien assez tôt. C’est surtout elle qui intéresse le réalisateur : le visage très graphique de son interprète Iris Bry, son air buté, parfois illuminé par des troués de bonheur et sa petite voix, sa robustesse aussi. Aux côtés de Laura Smet, mystérieuse, froide et « fatale », et de Nathalie Baye, entre dureté et fragilité, elle ne démérite pas, malgré un jeu parfois un poil mécanique.

« L’honneur, c’est quoi ? »

Et puis il y a les hommes qui parfois reviennent du front en permission, mettent leur grain de sel dans les affaires que les femmes font pourtant tourner du mieux qu’elles peuvent en leur absence. Ils sont là avec leurs démons, l’impossibilité de faire face à ce qu’ils ont vécu. Beauvois les filme comme des animaux étranges, souvent trop étrangers au foyer qu’ils retrouvent, comme les pièces manquantes d’un puzzle qui ne viendraient pas tout à fait compléter celles déjà assemblées. Ils sont un peu trop frais et propres sur eux parfois, si bien qu’on n’a pas toujours l’impression véridique qu’ils reviennent du combat, mais c’est un détail. Car dans ce rythme lent, posé, doux et cette esthétique très naturaliste que présente Beauvois, il y a aussi beaucoup de beauté, d’humanité. Les femmes sont présentés comme mille facettes de l’être humain et de ses contractions. Les Gardiennes ne renonce donc pas à aller jusqu’à sonder la noirceur des âmes, même dans l’apparence quiétude du paysage, lui aussi omniprésent. Les saisons défilent et la neige revient toujours s’étaler dans toute sa blancheur, ignorant les souffrances de la terre, de la chair, des esprits. Francine s’affirme peu à peu, se découvre, s’enthousiasme, tombe de haut et devient un personnage à part entière, passionnant et touchant. Elle tente tant bien que mal de trouver sa place, donnant de la voix, du corps, de la vie dans tous les actes qu’elle pose. Et c’est avec respect et humilité que Xavier Beauvois filme une page d’histoire. Les Gardiennes n’est pas particulièrement féministe, bien qu’il mette à l’honneur des personnalités de femmes affirmées, endossant aussi bien des rôles assignés à la gent féminine que des travaux plus régulièrement assignés aux hommes, c’est un film humaniste avant tout. Les femmes y sont duelles, elles sont un ensemble en apparence solidaire, qui peut s’éparpiller à tout moment et dont la destinée est scellée par celle des hommes qui se battent et qui tombent au champ d’honneur. La paix revient avec ses espoirs de changement, mais c’est pourtant la vie qui est à reconstruire. Il y a dans l’attente que filme Xavier Beauvois, quelque chose de presque mystique, en tout cas c’est avec fluidité et grandeur qu’il pose sa caméra sur ces terres nourricières que la guerre n’a pas rendues complètement stériles. Au final, ce sont beauté et lumière qui de ce dégagent de cette œuvre délicate et sensible. On en ressort plus qu’apaisés. 

Bande-annonce : Les Gardiennes

Fiche Technique : Les Gardiennes

Réalisateur : Xavier Beauvois
Scénario : Xavier Beauvois, Frédérique Moreau, Marie-Julie Maille
Interprètes : Nathalie Baye, Laura Smet, Iris Bry, Olivier Rabourdin, Cyril Descours, Nicolas Giraud, Mathilde Viseux, Marie-Julie Maille, Mathilde Beauvois
Photographie : Caroline Champetier
Montage : Marie-Julie Maille
Costumes : Anaïs Romand
Producteurs : Sylvie Pialat, Benoît Quainon
Sociétés de production : Les Films du Worso, Pathé, France 3 Cinema
Distributeur : Pathé Distribution
Genre : drame
Date de sortie : 6 décembre 2017
Durée : 134 minutes

France – 2017

PIFFF 2017 : Un fantastique diffus au profit de l’horreur de la réalité

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Pour son deuxième jour, le PIFFF 2017 délaisse quelque peu le fantastique pour nous plonger dans une white trash comedy avec 68 Kill, un drame mexicain avec Tigers Are Not Afraid et nous lancer sur les traces d’un tueur au sein d’un Londres victorien avec Golem, le tueur de Londres.

[Compétition] – 68 Kill

Réalisé par Trent Haaga (Etats-Unis, 2017)

Trent Haaga s’est d’abord imposé comme un scénariste plutôt prometteur jusqu’à présent. Encore peu connu, il a pourtant développé un véritable amour pour les portraits au vitriol d’une Amérique déphasée et borderline. Après être passé pour la première fois derrière une caméra en 2011 avec Chop, le voilà de retour 6 ans après avec 68 Kill. Dans la droite lignée de son précédent travail, il signe une white trash comedy acerbe et particulièrement efficace. Drôle, impertinent et plaisant à suivre surtout grâce à sa réalisation impeccable, notamment sa photographie très léchée qui retranscrit à merveille l’univers crade et stylisé du « redneck movie », le film reste par contre très classique dans ce qu’il amène.

Le scénario est un peu léger même s’il est mené par l’excellent Matthew Gray Gubler qui compose ici un looser magnifique assez attachant. Il est par contre dommage que les personnages féminins n’aient pas bénéficié du même soin d’autant que l’ensemble tend vers un propos des plus misogynes. Ici les femmes sont représentées de manière très négative mais, dans son immoralité constante et sa façon de ne pas cautionner ses personnages, 68 Kill ne franchit jamais la ligne fatidique du sexisme. Même si sa façon de flirter avec risque indubitablement de faire grincer des dents.

[Compétition] – Tigers Are Not Afraid

Réalisé par Issa Lopez (Mexique, 2017)

On sent dans Tigers Are Not Afraid la volonté de s’imposer comme le nouveau Labyrinthe de Pan. Une volonté tellement évidente que cela va amoindrir le film d’Issa Lopez. Même utilisation du fantastique pour pallier l’horreur de la réalité, personnage principal similaire, etc. Autant d’éléments qui ne peuvent empêcher la comparaison et le long métrage de Lopez en pâtit sincèrement. Il n’a pas la même subtilité quant à l’utilisation du fantastique dans son récit et jamais il n’arrive à insinuer le doute dans l’esprit du spectateur même s’il s’y essaye maladroitement. Le problème ici vient du fait que le récit ménage plus le choc que l’émotion, ce qui implique que le film se perd entre ses péripéties qu’il ne développe pas assez et la dynamique entre le groupes d’enfants.

Pourtant ce n’est pas la faute des très bons jeunes acteurs ni de la réalisation percutante qui retransmet avec gravité la réalité qui régit un pays sous l’emprise des gangs et de la corruption. Mais plutôt d’un pathos beaucoup trop envahissant et d’une absence de subtilité évidente dans la symbolique de cette histoire. A trop chercher où il veut aller Tigers Are Not Afraid finit par n’aller nulle part et se perd dans l’inconsistance de sa démarche.

[Compétition] Golem, le tueur de Londres

Réalisé par Juan Carlos Medina (Royaume-Uni – 2016)

Pour son deuxième long métrage, Juan Carlos Medina signe un thriller d’époque maîtrisé et efficace même s’il ne révolutionne pas son genre. Pour autant, Golem, le tueur de Londres arrive à surprendre grâce à son habile gestion du suspense qui permet de créer le doute autour de l’identité du tueur alors que celle-ci est des plus évidentes. Mais dans sa manière d’élaborer son récit et de le rendre aussi dense, on arrive vraiment à se prendre au jeu même si le mystère prend souvent le pas sur des personnages assez peu développés au final. Notamment le personnage principal qui, malgré la présence classieuse de Bill Nighy (Indian Palace – suite royale, I, Frankenstein), n’arrive pas à s’imposer dans l’histoire.

Celle qui vole la vedette ici, c’est clairement Olivia Cooke (Bates Motel & prochainement The Quiet Ones) qui signe vraiment une performance nuancée et impressionnante dans sa manière de jongler entre les émotions. Elle crève l’écran. Le tout est encadré par une réalisation superbe, notamment dans l’impeccable reconstitution d’époque. Tout sent bon le savoir-faire et Golem, le tueur de Londres se donne les moyens de flatter la rétine de son spectateur en offrant un spectacle hautement divertissant alors qu’il aurait aisément pu basculer dans le simple téléfilm de luxe.

La journée s’est ensuite clôturée sur Jojo’s Bizarre Adventure Diamond Is Unbreakable Chapitre 1, le deuxième film de Takashi Miike à être hors compétition pour cette édition du PIFFF après The Blade of the Immortal. Une adaptation de manga qui a eu du mal à convaincre le public et a reçu un accueil des plus glacials.

Obsessions, un Julien Duvivier trois en un

Parmi la fournée de raretés rendues accessibles en cette fin d’année par le remarquable travail éditorial d’ESC Distributions, Obsessions (Flesh and Fantasy) n’est pas la moins atypique. Réalisé en 1943 par Julien Duvivier pendant sa deuxième  parenthèse américaine, Obsessions est un nouveau film à sketches du réalisateur, et constitue un exercice de style rappelant à notre bon souvenir le grand formaliste qu’il était.

Duvivier y raconte trois histoires empruntant chacune à des genres différents. La première suit une femme laide et acariâtre à la Nouvelle-Orléans, amoureuse ingrate d’un homme qui ne la voit pas et qui un soir se voit remettre par un mystérieux inconnu un masque qui transforme son visage. Le second (adapté d’une nouvelle d’Oscar Wilde) narre la déchéance d’un avocat sur le point de se marier et à qui tout réussit, jusqu’à ce qu’un médium lui annonce qu’il va prochainement se rendre coupable de meurtre. Enfin, le troisième segment est consacré à un funambule dont la vie se met à basculer dès lors que l’angoisse de tomber s’insinue en lui à travers des rêves récurrents. Le tout lié par une conversation entre deux hommes causant surnaturel, fatalité et autodétermination…

Sans nécessairement occuper une place dans le haut du panier de la filmographie pléthorique du réalisateur de Marie-Octobre, Obsessions constitue le parfait terrain de jeu pour Duvivier, qui laisse libre cours à ses élans formalistes. Particulièrement dans la seconde histoire, où le cinéaste emploie tous les outils à sa disposition pour faire partager au spectateur l’enfer psychologique dans lequel plonge le grand Edward G. Robinson, artisan de sa propre chute. Grand moment de mise en scène ultra expressive jouant de façon presque sadique avec son personnage principal, le segment s’impose comme le meilleur des trois. Peut-être parce que l’amertume cynique de son déroulement renvoie au propre pessimisme du réalisateur qui trouve dans l’issue de cette fable sur les prophéties autoréalisatrices de quoi apporter de l’eau à son moulin.

Obsession-film-Betty-Field-avec-Robert-Cummings
Aime t-il le masque, où la personne cachée dessous ?

Résolument plus optimiste et bienveillant vis-à-vis de leurs personnages, les deux autres sketches réservent néanmoins leurs motifs de satisfaction. La première histoire notamment, qui parvient à nous faire croire à la transformation de l’héroïne à partir d’un argument fantastique pourtant minimaliste. Elle ne fait que revêtir un masque, pourtant le réalisateur parvient à nous faire croire au changement qui s’opère, plongeant dans une ambiance de conte païen dès lors que le film bascule dans la féérie. Surtout, il met en exergue la condition éminemment cinématographique du masque, qui cache moins qu’il ne révèle le visage du personnage dans le regard des autres. A l’instar de l’image filmique qui n’existe qu’à partir de ce que l’on y projette, le masque s’anime à partir de la personnalité de l’héroïne, auparavant enfouie sous le vernis de sa laideur. Les masques ne sont pas forcément ceux que l’on croit.

Plus convenue, la dernière histoire offre néanmoins une certaine démonstration de la maestria du réalisateur, qui manque de nous faire attraper le vertige au travers de quelques séquences extériorisant l’angoisse du héros pourtant en pleine action. On ne sait si Robert Zemeckis avait revu le film pour les besoins de son formidable The walk, mais force est de constater que le film du cinéaste de Forrest Gump a un précédent dans le filmage d’une discipline aussi anxiogène que méditative à l’écran.

A noter qu’Obsessions devait s’ouvrir sur un long segment durant lequel un tueur poursuivait une femme aveugle dans sa maison alors qu’une tempête de neige faisait rage au dehors. Malgré l’excellent accueil du sketch lors des previews, Universal décida de le couper, et engagera plus tard le réalisateur Réginald LebOrg pour tourner de nouvelles scènes afin d’en faire un long-métrage autonome. Le film sortira un an plus tard sous le titre Destiny, sans que Duvivier ne soit crédité au générique.

Vous l’aurez compris, Obsessions a tout de l’exercice de style pour son réalisateur, qui aborde davantage la chose sous l’angle du défi formel et moins par conviction pour son discours (en gros : « il n’y a de fatalité que celle que l’on s’impose »). Ce qui constitue une raison amplement suffisante de se ruer sur une édition nous rappelant à quel point le cinéma français fut un temps une terre de conteurs-aventuriers de l’image, pour lesquels le récit s’indexait sur les moyens présidant à son articulation visuelle.

DVD-Obsessions-film-duvivier-julien-ESC-Distributions-Flesh-and-FantasyOBSESSIONS (Flesh and Fantasy)
Un film américain de Julien Duvivier
Nouveau master restauré

Résumé : Un homme obsédé par un rêve, le raconte à un ami. Intéressé, ce dernier décide de lui lire trois histoires au caractère onirique similaire. Le premier, une jeune fille profite d’un bal masqué pour conquérir l’homme qu’elle aime. Dans le second, un homme devient assassin malgré lui et enfin, dans le dernier, un acrobate rêve qu’il tomberait à la vue d’une femme brune.

Obsessions fait partie des 5 films réalisés par Julien Duvivier aux USA, durant la seconde guerre mondiale. Ce film a été co-produit par l’acteur Charles Boyer et une partie des décors a été réalisée par l’autre acteur du film : Edward G. Robinson !

Avec Edward G. Robinson (Les dix Commandements, La Maison des étrangers (ECS distribution), Key Largo, Assurance sur la mort…), Charles Boyer (Hantise, Madame de, Fanny, Casbah (remake USA de : Pépé le Moko…) et Barbara Stanwyck (Assurance sur la mort, La grande vallée, l’homme de la rue…).
Scénario : Ernest Pascal, Samuel Hoffenstein, Ellis St Joseph.
Directeur de la photo : Stanley Cortez et Paul ivano
Musique : Alexandre Tansman

Réalisateur : Julien Duvivier (1896 – 1967) : Pepe le moko, La Belle équipe, Le petit monde de Don Camillo, Un carnet de bal, La fin du jour, La Bandera, L’imposteur, Pop bouille ….

Année de production : 1943 – noir et blanc – Langue : Anglais – Sous-titres : Français – Format image : 1.33 16/9 compatible 4/3 – Format audio : dolby digital mono 2.0
Durée du film : 94 mn

Bonus inédits :
. Analyse du film par Christophe Gans, réalisateur des films : « Le Pacte des loup », La belle et la bête » Silent hill »…. Et ancien directeur du magazine Starfix.
« A la lisière du fantastique », entretien avec Eric bonnefille auteur de « Julien Duvivier, mal aimant du cinéma français »

« Fenêtre sur cour » et « Les banlieusards » : même combat !

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A travers ces deux films « Fenêtre sur cour » et « Les banlieusards », qui possèdent un certain nombre de similitudes, comment les scénaristes parviennent-ils à rendre leurs personnages principaux aux pratiques douteuses attachants ?

Fenêtre sur cour (Alfred Hitchcock, 1954) et Les banlieusards (Joe Dante, 1989) sont deux films séparés par 35 ans mais qui ont malgré tout beaucoup de points communs, que ce soit leur sujet, leur localisation ou leur rapport à l’art. Et ce n’est pas un hasard si ces deux films possèdent des corrélations puisque Dana Olsen, le scénariste du film de Joe Dante est un grand admirateur du film d’Alfred Hitchcock, avouant même qu’il s’agit de l’un de ses films préférés et nommant le projet en hommage à ce dernier : Bay Window (Rear Window étant le titre américain de Fenêtre sur cour).

Mais au-delà de ses similitudes, il est intéressant de voir comment les deux scénaristes,  d’un côté John Michael Hayes pour Fenêtre sur cour et de l’autre Dana Olsen pour Les banlieusards, réussissent à rendre un personnage principal aux pratiques douteuses attachant aux yeux du spectateur.

Premièrement, pour chacun des deux principaux protagonistes, une excuse est trouvée pour qu’ils se trouvent prisonniers de chez eux. Pour le personnage de James Stewart dans Fenêtre sur cour, il s’agit d’une blessure, une jambe cassée. Et pour le personnage de Tom Hanks dans Les banlieusards, il  s’agit d’une semaine de vacances qu’il souhaite passer à son domicile. Avec ces deux situations initiales, les deux films deviennent des huit clos : l’un à l’échelle d’un appartement, l’autre à l’échelle d’un quartier qui confrontent les personnages à l’ennui.

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James Stewart et Grace Kelly dans Fenêtre sur cour

Deuxièmement, les deux scénaristes trouvent un moyen détourné pour que les personnages se mettent à espionner leurs voisins. Dans le cas de Fenêtre sur cour, le choix de faire du personnage de James Stewart un photographe n’est pas hasardeux. En utilisant son appareil photo pour regarder ses voisins, le personnage est dans le prolongement de sa profession et de sa passion. Cela permet en quelque sorte de légitimer ce qu’il fait. Ce qui n’aurait pas été le cas s’il n’était pas photographe et qu’il regardait ses voisins avec, par exemple, une paire de jumelles. Pour Les banlieusards, il en est de même. Ce sont les habitudes peu conventionnelles et les vacarmes causés par ses voisins la nuit dans leurs caves qui amène le personnage de Tom Hanks à espionner ces derniers.

Troisièmement, ils leur trouvent une justification de continuer. Il s’agit ici, dans les deux films, de la supposition par le personnage principal que l’un de ses voisins est un meurtrier, l’amenant à ne plus être un simple voyeur mais un enquêteur qui en observant ses voisins cherche des indices qui pourraient l’aider à sauver des vies.

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Tom Hanks (au centre), Bruce Dern (à gauche) et Rick Ducommun (à droite) dans Les banlieusards

Enfin, dernièrement, ils leurs trouvent un entourage. Les deux protagonistes ne sont pas solitaires, ce sont des personnages entourés, avec des amis ou une famille. Ils leurs donnent des relations sociales tout à fait conformes aux mœurs de la société et les amènent même à partager leur découverte avec leur entourage qui va plus ou moins les croire et/ou les aider.

En incorporant tous ces éléments dans le traitement de leurs personnages, John Michael Hayes et Dana Olsen créent des protagonistes qui malgré leur activité paraissent honnêtes et bienveillants, et auxquels les spectateurs peuvent se rattacher. Ils arrivent à légitimer une pratique, celle du voyeurisme et s’en amusent avec le spectateur en lui rappelant des situations qu’il a pu connaître ou en lui rappelant que lui-même, devant un film est un voyeur, observant des personnages qui n’ont pas conscience de l’être.

Fenêtre sur cour et Les banlieusards sont deux grands films dans deux domaines bien distincts, l’un étant un oppressant thriller et l’autre une hilarante comédie satirique. Ils n’ont pas perdus de leur actualité et méritent toujours d’être découverts ou redécouverts aujourd’hui.

La Planète des Vampires vous accueille (de force) en Blu-ray

Ce mercredi 6 décembre débarque dans un coffret limité La Planète des Vampires. Édité par La Rabbia, le film culte de Mario Bava nous revient avec une envoûtante copie 4K. Une œuvre certes imparfaite, mais une expérience cinématographique rare.

Synopsis : Les vaisseaux spatiaux Argos et Galliot s’approchent d’une planète inconnue dont provient un mystérieux signal. Soudain, l’Argos est pris dans une force d’attraction magnétique faisant perdre connaissance à tous les membres de l’équipage, à l’exception du commandant Mark qui parvient à effectuer les manœuvres nécessaires à l’atterrissage. Après que le vaisseau a touché le sol, Mark a cependant la surprise de voir ses compagnons saisis par une rage homicide, dont ils n’ont plus aucun souvenir une fois qu’ils sont revenus à leurs esprits. L’atmosphère extérieure s’avérant respirable, les astronautes se mettent en route pour rejoindre le Galliot qui s’est posé non loin, mais en arrivant, ils constatent que tous les membres de l’équipage se sont entretués. Les deux vaisseaux étant hors d’usage, les survivants se retrouvent donc coincés sur cette étrange planète, désormais convaincus qu’il s’y tapit une force invisible vouée à les mener à leur perte…

L’expérience de la création

La Planète des Vampires n’est pas le plus grand film de science-fiction, quand bien même Nicolas Winding Refn, associé à la remasterisation 4K du long métrage de Mario Bava, ne cesse de le déclarer, tout en dénonçant avec vigueur un plagiat de l’œuvre par Ridley Scott et Dan O’Bannon pour Alien. Le cinéaste danois entretient le concept dont il s’imprègne de plus en plus. Ce concept tient en la mise en lumière (publique) d’un égo important entiché de phrases provoc’ qui sont parfois loin d’être insensées. On retiendra, amusés, cette déclaration d’ouverture du documentaire Planète Bava présent dans les bonus de la galette Blu-ray : « Il faut abandonner tout espoir de normalité lorsqu’on pénètre dans le monde de Mario Bava. Parce ce qu’il représente tout ce que je suis. »

Passons sur les révélations du Saint Nicolas Winding Refn qui oublie de dire que le long métrage de 1965 est l’adaptation d’une nouvelle de science-fiction nommée Una notte di 21 ore (Une nuit de 21 heures) écrite en 1960 par Renato Pestriniero. La Planète des Vampires reprend avec fidélité son intrigue de science-fiction dont on retrouvera les motifs à de très nombreuses reprises dans l’histoire du genre : la possession du corps par des esprits aliens a été mise en scène dans Star Trek : on peut penser au Retour sur soi-même (Return to Tomorrow, saison 2, épisode 20, 1968) ou encore à L’Importun (Turnabout Intruder, saison 3, épisode 24, 1969) ; et Alien bien sûr, qui porte consciemment l’héritage du film de Bava d’ailleurs revendiqué par Scott et O’Bannon. On peut même remonter plus loin dans le temps et supposer que la nouvelle ait elle-même été influencée par It ! Terror from beyond space d’Edward L. Cahn, qui est aussi la deuxième source d’inspiration d’Alien. Réalisé en 1958, le métrage suit la deuxième expédition marsienne chargée de retrouver les membres du premier voyage. Ces derniers ont bien atterri sur le sol rouge, mais ne donnent plus signes de vie. Le seul survivant retrouvé est suspecté d’avoir assassiné ses comparses, mais la vérité est toute autre : une créature résidente de la planète est à l’origine de ces morts. Sans émotions, elle va éliminer un à un les membres de la deuxième expédition lors de son retour vers la Terre. Et on note bien d’autres influences qui ont pu inspirer l’auteur de la nouvelle comme les scénaristes du film :

« Bien sûr, Bava et ses scénaristes s’étaient eux-mêmes largement inspirés des classiques de la SF américaine des années 50. La possession de l’enveloppe corporelle des humains par des extraterrestres rappelle Invaders From Mars (1953) de William Cameron Menzies ou L’Invasion des profanateurs de sépultures (1956) de Don Siegel, tandis que la situation de huis-clos évoque La Chose d’un autre monde (1951) de Howard Hawks. On pense aussi très fort à Planète Interdite (1956) de Fred McLeod Wilcox, pour l’arrivée sur un astre habité par une puissance psychique immatérielle. »

                                             – La Planète des Aliens ?, Livret de l’édition

La Planète des Vampires n’est donc pas une histoire de S-F qui brille par son originalité, ni un film réussi sous tous les aspects : la force de l’œuvre n’est pas dans son scénario qui fait beaucoup tourner en rond ses personnages, ni dans l’interprétation pauvre de ces derniers servie par un casting sans envie ni passion. En effet, les acteurs pensaient tourner dans une série Z. Mais allons-au delà des costumes kitsch des spationautes, passons sur les quelques effets spéciaux déjà désuets à l’époque, et oublions notre impossibilité à croire en certains décors débordant de cache-misère. Le long métrage de Mario Bava un succès, mais en quoi l’est-il ?

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Mais à quoi pense Barry Sullivan (à droite) ? Rêve-t-il de son glorieux passé de star américaine alors que son collègue espagnol, Angel Aranda (à gauche), interprète comme il peut un personnage préoccupé ?

Plus tard, dans le même document bonus, arrive le sage et raisonné discours du cinéaste et cinéphile Christophe Gans. L’érudit explique ainsi :

« Les gens qui pensent que le cinéma, effectivement, c’est une question d’acteurs, de dialogue, de scénario, évidemment le film ne leur est pas destiné. Il est destiné à d’autres personnes qui s’intéressent beaucoup plus à ce qu’on peut appeler l’acte créatif, dans ce qu’il a parfois de plus spontané, et même de plus pauvre. (…) Bava est seul maître à bord : le film n’existe qu’à travers sa compétence technique et son acte créatif. (…) C’est de la série B à l’os (…) et Bava est l’homme, le seul derrière la réussite de La Planète des Vampires. »

Tout est dit. Regarder La Planète des Vampires, c’est vivre l’expérience de l’acte créatif. Ou comment un seul homme a œuvré sur tous les fronts – des effets spéciaux aux décors en passant par la photographie – pour réaliser son film. Le réalisateur, qui est aussi l’un des cinq co-scénaristes de l’œuvre, est un cinéaste entièrement voué à son métrage. Comme le rappelle le livret fourni dans l’édition, « on sait également que Bava a été amené à terminer seul, en utilisant sa science des trucages optiques, des films dont les réalisateurs avaient déserté le plateau ou s’étaient avérés incapables de boucler le tournage dans les délais impartis, comme La Bataille de Marathon de Jacques Tourneur, ou Les Vampires et Caltiki Le Monstre Immortel, tous deux de Riccardo Freda ». Ainsi le maestro use de toute son imagination pour donner de la matière à son fragile scénario. Il voit aussi en ce projet l’opportunité de travailler la science-fiction, genre qui l’a toujours passionné. Le cinéaste livre ainsi un film qui s’avèrera être matriciel pour la science-fiction et l’épouvante moderne. On peut noter, entre autres, l’arrivée des résidents assassins via la forme de brouillard qu’on retrouvera chez Carpenter et son Fog ; la découverte d’un vaisseau alien contenant les squelettes de ses spationautes extraterrestres géants ainsi qu’un pilote resté sur son siège qu’on retrouvera dans Alien. Mario Bava use de la couleur, de la lumière, de la fumée et de ses trucs et astuces pour créer à lui seul – ou presque, notons la formidable composition musicale – un univers de science-fiction. Le cinéaste créé même un trip dans tous les sens du terme : La Planète des Vampires est un voyage sur une autre planète ; une aventure visuelle hallucinée ; un parcours qui va vous aspirer et vous faire expérimenter une forme de songe…

Remasterisation majestueuse pour une édition solide

Après été célébré au Cannes Classics de 2016 en séance spéciale puis avoir connu une ressortie au cinéma la même année par BAC Films/La Rabbia, La Planète des Vampires nous envoute enfin en vidéo. Le master 4K du film est formidable. Couleurs, lumières, détails et nuances… Le long métrage de Mario Bava, remasterisé par Italian International Film, n’aura jamais été aussi beau. Bien sûr, l’image est si précise que l’on remarque que la couche du sol du vaisseau tend à s’en détacher. Les fils « invisibles » tenant les portes des tombes se révèlent et certains effets spéciaux vous amuseront davantage qu’ils vous exciteront. Le son a bénéficié du même soin. On pourrait toutefois regretter l’absence de la piste américaine du film. N’oublions pas que le personnage principal, le Capitaine Mark Markary, est interprété par l’acteur américain Barry Sullivan, star de nombreux films noirs des années 40’ et 50’. Et disons-le, le doublage italien – soit la « version (dite) originale » – de l’acteur est loin d’être convaincant quand bien même on sait à quel point Sullivan n’était pas du tout convaincu par ce qu’il faisait, jusqu’à ce qu’il fût agréablement surpris, impressionné même, par les images du film.

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Couleurs, lumières, trucages visuels… Voici l’une des grandes images de ‘La Planète des Vampires’.

Du côté des bonus, comptez sur le livret très intéressant fourni dans l’édition pour combler un manque de contenu – notamment informatif – sur la galette Blu-ray. Hormis l’intéressant documentaire d’une trentaine de minutes déjà cité plus haut, Planète Bava, et la version super 8 (et allemande) du film de seize minutes, vous ne trouverez que les bandes-annonces d’époque américaines et allemandes ainsi que celle pour sa nouvelle sortie au cinéma en 2016. Bref, de quoi regretter à nouveau l’absence de la piste sonore américaine du long métrage. Heureusement, le livret est là. Ce dernier revient sur Mario Bava, sa carrière, son parcours atypique lié à celui de son père – auquel il viendra plus tard rattacher son propre fils – et bien sûr sur le développement de La Planète des Vampires. De plus, le livret comprend un retour sur le rapport du film au genre de la science-fiction. Enfin, il contient aussi un intéressant entretien avec Lamberto Bava, fils du cinéaste.

Bande-Annonce – La Planète des Vampires

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Langues : Français / Italien – Sous-Titres : Français – Son : Mono – Image : 16/9 – 1.85 – Couleur – Durée : 1h26

BONUS

– PLANETE BAVA Un documentaire de Yves Montmayeur (37mn)

avec Nicolas Winding Refn, Christophe Gans, Lamberto Lava, Fulvio Lucisano, Sergio Stivaletti, Gabriele Mayer, Luigi Cozzi

– LA PLANÈTE DES VAMPIRES en super 8 (version allemande) (16mn)

– Film-annonce US – Film-annonce allemand – Film-annonce ressortie 2016

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Fear the Walking Dead Saison 3 : En DVD et Blu-Ray depuis le 05 décembre 2017 chez Universal

Et une saison de plus pour Fear the Walking Dead, une ! Et le moins que l’on puisse dire c’est que les choses ne s’améliorent pas pour la famille Clarke et ses compagnons d’aventures. Séparés en petits groupes ou seuls (Strand, Ofelia, Madison et Alicia, Nick, Travis) à la fin de la saison 2, nos héros rencontrent lors de cette troisième saison de nouveaux obstacles à surmonter.

Synopsis : Dans cette troisième saison de Fear the Walking Dead, les familles Clarke et Salazar seront soumises à un nouveau test, et devront s’unir pour survivre aux abords de l’univers hostile de la frontière mexicaine. Cette dernière ayant été abolie depuis l’apocalypse, les personnages devront tenter de reconstruire la société tout en maintenant l’équilibre de leurs familles.

Attention, cet article contient des révélations sur les saisons 3 et 4.

Le ranch du malheur

Nouvelle saison, nouveau décor. Finis le bâteau de Strand, l’hacienda, le Rosarito Beach Hotel et la Colonia des saisons 1 et 2. La saison 3 voit Madison et ses deux enfants évoluer le temps d’une saison dans le ranch de Jeremiah Otto (joué par Dayton Callie – Deadwood, Sons of Anarchy) et de ses deux fils Troy (Daniel Sharman – Teen Wolf, The Originals) et Jake (Sam Underwood – The Following), à la frontière mexicaine. Abritant aussi d’autres survivants de l’apocalypse zombiesque, le ranch devient très vite une zone de conflits entre les habitants du ranch et une tribu de « native americans » (Indiens d’Amérique/amérindiens).

La saison de l’espoir

L’amélioration indéniable opérée sur cette troisième saison comparée aux deux premières s’explique par le développement des personnages principaux qui nourrissent l’intrigue par leurs personnalités de plus en plus polies pour cette vie post-apocalyptique. C’est ainsi que Madison, Nick, Strand et Salazar confirment par leur naturel intraitable, et souvent impitoyable, l’aisance avec laquelle ils se meuvent dans cet enfer. Ofelia et Alicia, elles, conjuguent avec leur temps. D’ailleurs, une des révélations de cette saison reste sans aucun doute Alicia, dont la ténacité et la sagesse font un personnage exemplaire (malgré quelques inconduites passagères qu’on lui pardonnera).

Forte en action, on dit au revoir à deux personnages principaux cette saison et on en accueille d’autres. Troy, Jeremiah et Jake du côté du ranch, Qaletaqa (Michael Greyeyes) et Crazy Dog (Justin Rain) du côté de la réserve indienne, Lola (Lisandra Tena) et Efrain du côté du barrage d’eau puis Proctor John (Ray McKinnon) du côté du bazar. Des personnages secondaires de premier choix qui épauleront ou donneront du fil à retordre à la bande de Madison.

Une saison 4 d’enfer en prévision ?

Alors que la fin de saison achevée aux États-Unis le 15 octobre 2017 nous tenait en haleine sur le destin d’Alicia, Strand, Nick et Salazar, la saison 4 faisait, elle, déjà couler beaucoup d’encre. En cause, le cross-over prévu avec la série mère The Walking Dead. Axé sur le personnage de Morgan (Lennie James) qui rejoint donc le casting de FTWD, la saison 4 est attendue par beaucoup de fans. Quelle ligne directrice sera prise suite à cette arrivée de poids ? Surtout avec le départ du producteur et scénariste Dave Erickson (qui est l’auteur du beau travail orchestré sur cette saison 3) et l’arrivée en tant que producteur exécutif de Scott Gimple à compter de ce quatrième volet. De fait, après une saison 3 réussie, il est ainsi aisé de dire que la saison 4 marquera un nouvel horizon pour le spin-off de The Walking Dead.

Bande Annonce – Fear the Walking Dead (Saison 3)

Extrait vidéo :

Par les producteurs de The Walking Dead
Avec Kim Dickens, Lorenzo James Henrie, Cliff Curtis, Elisabeth Rodriguez, Frank Dillane, Ruben Blades, Alyvia Debnam-Carey, Mercedes Mason.

Sortis le 05/12/2017

DVD_FEAR-THE-WALKING-DEAD_SAISON-3                             COFFRET-FEAR-THE-WALKING-DEAD_SAISON 1-3

 

Caractéristiques techniques des DVD et Blu-ray :

Image : 16:9  /  1.78:1
Audio DVD : Anglais, Français Dolby Digital 5.1
Audio BR : Anglais, Français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Bonus : Webisodes, Retours sur chaque épisode
Un aperçu de la saison 3
5 DVD / 4 BR – 16 épisodes de 45 minutes
Coffrets 11 DVD / 10 BR – 37 épisodes de 45 minutes
Editeur : Universal Pictures Vidéo

Seule la terre de Francis Lee : Chroniques paysannes d’un nouveau genre

Seule la terre, le premier long métrage de l’homme de théâtre et de cinéma britannique, Francis Lee, est la très bonne surprise de cette fin d’année : un film du réel, un récit initiatique dans une belle histoire d’amour homosexuelle, une réflexion sociétale, mais surtout un hommage à la terre et à ses habitants.

Synopsis : Johnny travaille du matin au soir dans la ferme de ses parents, perdue dans le brouillard du Yorkshire. Il essaie d’oublier la frustration de son quotidien en se saoulant toutes les nuits au pub du village et en s’adonnant à des aventures sexuelles sans lendemain. Quand un saisonnier vient travailler pour quelques semaines dans la ferme familiale, Johnny est traversé par des émotions qu’il n’avait jamais ressenties. Une relation intense naît entre les deux hommes, qui pourrait changer la vie de Johnny à jamais.

My own private Yorkshire

God’s own Country est un sobriquet largement utilisé par les Britanniques pour designer le county du Yorkshire. C’est le titre original qu’a choisi l’homme de cinéma Francis Lee (acteur, scénariste, réalisateur) pour son premier long métrage, assez subtilement traduit en Seule la terre dans sa version française. Un choix qui donne une orientation claire de la direction suivie par son film, ou plus exactement de celle qui ne l’est pas : à savoir, un « gay movie », même si les protagonistes de l’histoire sont deux jeunes fermiers homosexuels.

seule-la-terre-francis-lee-film-critique-agnelageSeule la terre, en effet : c’est surtout de la terre dont il est question dans le film. Une représentation méticuleuse de la vie des fermiers du West Yorkshire, avec de très beaux gros plans sur les détails de la ferme, les animaux qu’on y élèvent et ceux qui y vivent librement, les pieds boueux et les ongles noirs des travailleurs de la terre, la rougeur des visages et celle des nez ; a contrario, on profite également de magnifiques vues en très grand angle sur les vallons du comté, sur de larges étendues d’une terre désolée et riche en même temps. Filmée au printemps, cette terre est hospitalière, contrairement à celle des Hauts de Hurlevent, le film de sa compatriote Andrea Arnold, également dans le Yorkshire, également belle, mais cette fois-là embrumée et inquiétante.

C’est dans ce cadre que se déroule la vraie romance entre Johnny (Josh O’Connor), le fils unique de la famille Saxby, abruti par les lourdes tâches qui sont les siennes à la ferme, n’ayant d’autre échappatoire qu’une murge quotidienne à la tombée de la nuit, suivie d’un vomi règlementaire à chaque lever. Le vomi est tacitement reconnu par sa grand-mère Deirdre (Gemma Jones), une femme dont l’apparence sèche et inamicale ne fait que mieux ressortir toute l’affection qu’elle semble avoir pour son petit-fils. La cuite quant à elle, est validée par Martin (Ian Hart), son père diminué par un AVC (not too much tonight, lad, Eh ! -Ne bois pas trop ce soir, fiston-). Car ainsi va la vie chez les Saxby : tant que le travail de la ferme est fait, le reste n’a pas trop d’importance. Ces sorties vespérales sont saluées comme salutaires dans ce monde rude, mais ni hostile, ni misérable. Même l’homosexualité de Johnny n’est pas un sujet, ce n’est presque pas le sujet dans un monde rural anglais que d’emblée, on aurait pourtant tendance à cataloguer d’homophobe.

seule-la-terre-francis-lee-film-critique-josh-o-connorLa beauté du film de Francis Lee réside justement dans cette absence d’emphase : les choses sont brutes, le film est naturaliste. Les rencontres sexuelles de Johnny sont pires qu’hygiéniques ; la tendresse, il ne connaît pas. Seules les vaches reçoivent des caresses à la ferme. Puis un jour, le beau et ténébreux Gheorghe (Alec Secareanu) arrive en renfort, un Roumain qui par ailleurs axe le film dans une dimension supplémentaire, celle de la politique, celle du Brexit, même si Francis Lee a déclaré avoir écrit ce film avant que l’idée du référendum n’ait vu le jour. Le cinéaste réussit cette gageure de faire émerger sans heurt et sans sur-dramatisation ces problématiques sociétales (les travailleurs des pays de l’Est, la xénophobie, mais aussi le rapport des gens de la terre avec ceux qui sont partis à la ville), sociales (le devenir des fermes très traditionnelles comme celles des Saxby), personnelles (la lente et magnifique transformation de Johnny au contact de Gheorghe, vers lequel il est très rapidement attiré, et qui est également très rapidement attiré par Johnny). Aidé sans doute en cela par un caractère plus ou moins autobiographique du récit (Francis Lee vient de Halifax, est gay et est d’origine paysanne), Seule la terre est une sorte de cinéma-vérité qui bouleverse par sa justesse.

Alec Secareanu remplit à merveille le rôle de Gheorghe, une sorte de mentor bourru, taciturne et pourtant attentionné qui va déciller Johnny sur bien des aspects de sa vie. Josh O’Connor est idéal pour le rôle de Johnny, ses grandes oreilles lui prêtant l’allure de ce jeune homme mal dégrossi, qui ne sait où poser ses mains lors de sa première expérience sexuelle avec Gheorghe. Sa pâleur permet de suivre le rouge qui lui monte aux joues dans la magnifique lumière dorée d’une simple lampe torche, lorsqu’il découvre un maëlstrom d’émotions nouvelles provoquées par la tendresse, l’affection, le sentiment d’appartenir à un couple, la disparition de la solitude en présence de Gheorghe. Le film est tout aussi touchant, lorsqu’au chevet de son père terrassé par un deuxième AVC, le nouveau Johnny, l’ancienne chrysalide, amorce une caresse sur le dos de la main de son père, une caresse impensable à peine quelques jours auparavant, et encore mal assumée comme une maladie honteuse, car vite camouflée quand sa « Mémé » revient dans la chambre d’hôpital.

seule-la-terre-francis-lee-film-critique-alec-secareanuSeule la Terre est malgré une apparence brutale et âpre, de la même âpreté qu’on ressent dans la trilogie de Bill Douglas (1), un film d’une grande douceur et d’une grande bienveillance. La première scène sexuelle entre les deux protagonistes est bestiale, plus proche du combat de boue qu’autre chose, et pourtant, on y lit de la beauté, dans la soif de l’autre et le début d’abandon de soi en qui concerne le jeune Johnny. Aucun accès de misérabilisme n’est à déplorer dans le film. L’Angleterre rurale est pauvre et aride, mais on y est digne et on y mange à sa faim, et les gens s’aiment tels qu’ils sont. L’homophobie y est inexistante, le racisme y est montré dans sa réalité, ni plus, ni moins (on traite l’autre de paki ou de gyppo –gitan-, mais il est respecté d’égal à égal pour le travail qu’il fournit). Peut-être un regard idyllique, qui colle aux souvenirs particuliers du cinéaste, mais une vision filmée avec talent et souci d’esthétique, ce qui fait de Seule la Terre un des plus beaux films de l’année.

 (1) : My Childhood, My Ain Folk, My Way Home

Seule la terre – Bande Annonce

Seule la terre – Fiche technique

Titre original : God’s own country
Réalisateur : Francis Lee
Scénario : Francis Lee
Interprétation : Josh O’Connor (Johnny Saxby), Gemma Jones (Deidre Saxby), Harry Lister Smith(Stagiaire), Ian Hart (Martin Saxby), Alec Secareanu (Gheorghe Ionescu)
Musique : Dustin O’Halloran, Adam Wiltzie (A Winged Victory For The Sullen)
Photographie : Joshua James Richards
Montage : Chris Wyatt
Producteurs : Manon Ardisson, Jack Tarling
Maisons de production : BFI, Creative England, Met film Production
Distribution (France) : Pyramide Distribution
Récompenses : nombreuses, dont le Prix de la mise en scène à Sundance
Durée : 104 min.
Genre : Drame, Romance
Date de sortie : 06 Décembre 2017
Royaume-Uni – 2017

PIFFF 2017 : L’ouverture sous le signe de la fantaisie et de la fraternité

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Retour sur cette première journée du PIFFF 2017 avec une sélection de films éclectiques qui nous font voyager à travers les affres de l’esprit.

Après avoir démarré en grande pompe avec le Ghost Story de David Lowery pour sa séance d’ouverture, suivi de The Blade of the Immortal de Takashi Miike, le Paris International Fantastic Film Festival (PIFFF 2017) s’est lancé dans sa première journée de compétition avec une sélection de films venus de tous horizons. Très orientés sur la manipulation de l’esprit et l’imagination, ceux-ci se sont surtout imposés par leurs qualités très variables.

Dave-Made-a-Maze-PIFFF-critiqueLe tout commence avec Dave Made a Maze de Bill Watterson, une comédie loufoque empreinte d’imaginaire et de rêveries. On sent une influence évidente avec le cinéma très artisanal de Michel Gondry, cet amour du « fait maison » qui en soit donne tout son charme à un film relativement bancal. Il y a de bonnes idées visuelles dans ce Dave Made a Maze, entre les décors en cartons, la variété des situations et la composition des plans parfois inventive et astucieuse qui rend l’ensemble riche et attachant. Néanmoins, ce savoir-faire et cette générosité sont noyés dans un scénario peu subtil et attendu qui aligne ses traits d’humour avec lourdeur. On ne se prend pas de sympathie pour les personnages peu développés et surtout assez mal joués tandis que le récit se déroule devant nous sans jamais nous accrocher. Du potentiel certes, mais assez mal exploité au final.

Le-maître-des-illusions-PIFFF-critiqueOn enchaîne ensuite avec une séance culte, qui nous permet de redécouvrir Le maître des illusions de Clive Barker dans une version restaurée mais aussi en director’s cut. Cependant, avec ses 20 minutes de plus, et donc une vision plus proche de celle voulue par son auteur, le long métrage n’en est pas pour autant meilleur. Clive Barker s’est fait une renommée pour ses univers horrifiques marquants mais son histoire avec le cinéma reste chaotique et très peu couronnée de succès en dehors de son Hellraiser. Et Le maître des illusions n’est rien de plus qu’une série Z flirtant avec le nanar même dans sa version définitive. Visuellement, le film a vieilli et même pour l’époque il dispose de certains effets visuels franchement ratés, mais c’est surtout dans son scénario indigent et ses acteurs peu concernés que le tout souffre le plus. Entre un personnage principal qui ne trouve pas sa place dans le récit et qui semble greffé de force à l’histoire, les seconds rôles stéréotypés et les dialogues risibles, rien ne va dans un film qui peine singulièrement à poser une ambiance et qui enchaîne sans imagination les jumpscares qui s’avèrent en plus inefficaces.

The-Endless-PIFFF-critiqueC’est finalement The Endless de Justin Benson et Aaron Moorhead  qui crée la première surprise de ce festival. Même s’il se montre assez classique dans sa forme et son déroulé, surtout avec sa manière de flirter avec le fantastique, le film aurait vraiment pu aller plus loin pour nous surprendre, il reste pour autant une franche réussite. Personnages nuancés et vraie réflexion autour des rapports de force et de la ténacité des idées, parfois dangereuses et virales, le récit s’impose par son intelligence à défaut d’éblouir pour son originalité. L’œuvre ne tombe jamais dans le manichéisme de rigueur quand il s’agit d’histoire de secte et va chercher à creuser plus loin pour véritablement toucher au fondement de l’esprit humain. Souvent prenant et assez accessible, The Endless s’impose comme un divertissement solide, bien joué et surtout qui tire profit de sa mise en scène minimaliste. L’ensemble ne paraît jamais cheap même si au final on ne voit que très peu de choses notamment pour les éléments fantastiques et, une fois dévoilés, il n’a pas à rougir de la manière. Donc sans être mémorable, The Endless s’impose comme un bon film.

Et cette première journée du PIFFF s’est clôturée sur Ajin: Demi-human, une adaptation de manga comme il en sort souvent, très over the top et caractérisée par le surjeu et la tendance à en faire trop, typiquement japonaise, qui saura trouver son public, tandis que les autres n’y verront qu’un spectacle souvent indigent. En soi Ajin n’est ni le meilleur ni le pire de son genre.

La Nouvelle Aurore brille en DVD et Blu-Ray

Avec la sortie en DVD et Blu-Ray, le 28 novembre, du film La Nouvelle Aurore, ESC nous propose un très bon film jouant à la fois sur le tableau du film de guerre, du drame et du film social.

Synopsis : 1943. Le Sergent Larry Nevins est chargé de rétablir les communications dans une zone dangereuse d’Afrique du Nord lorsqu’il est blessé à la tête par des tireurs d’élite allemands. Rapatrié aux États-Unis, il découvre que son nerf optique est touché : il est désormais aveugle.

Si La Nouvelle Aurore n’est pas son film le plus célèbre, Mark Robson est tout de même un nom incontournable du cinéma américain des années 1940 et 50. Il fut l’assistant de Robert Wise sur le montage de Citizen Kane, puis fut chargé du montage de La Splendeur des Amberson. Devenu réalisateur, Robson signera quelques très bons films de genre : du fantastique (L’île des morts, Bedlam), des films de boxe (Le Champion, avec Kirk Douglas, ou Plus dure sera la chute, le dernier film de Humphrey Bogart). Il connaîtra même le succès avec des films comme L’Auberge du sixième bonheur, L’express du Colonel von Ryan (avec Frank Sinatra) ou le fameux Tremblement de terre (un des films catastrophe événement des années 70).

Cette Nouvelle Aurore commence comme un film de guerre. On y voit trois soldats américains en pleine campagne d’Afrique du Nord (d’ailleurs, parmi ces soldats, on découvre un jeune acteur alors inconnu, Rock Hudson). Après une scène de forte tension dramatique très solidement réalisée, le film change de registre et se tourne vers le drame.

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La Nouvelle Aurore peut, sommairement, se diviser en deux parties. La première moitié du film se concentre sur le drame vécu par ce jeune sergent qui se retrouve confronté à son tout nouveau handicap. « Il est naturel de ressentir de l’amertume », lui dira-t-on. En fait, c’est toute sa vie qu’il doit réarranger dorénavant. Tout d’abord, il faut accepter le handicap. « Être aveugle, c’est pire que la mort », dit-il et, mettant son propos en pratique, il tente de se suicider. Commence alors toute une partie où le personnage doit apprendre à se réapproprier le monde avec ses autres sens.

Mark Robson sait se faire réaliste et minutieux dans le déroulement de son film. Petit à petit, on assiste au renouveau moral de Larry.

C’est alors que débute la seconde partie du film. Le scénario joue alors intelligemment sur la notion d’aveuglement. Élevé dans le Sud des États-Unis, Larry reste enfermé dans les vieilles convictions ségrégationnistes. Le film va alors montrer le personnage pris entre deux pôles : le Sud où se trouvent sa famille et sa fiancée, ainsi que son enfance et ses anciennes convictions, et le Nord de sa nouvelle vie (symbolisée par une nouvelle fiancée potentielle). Le drame personnel devient film social.

Le film sort donc le 28 novembre en DVD et Blu Ray, avec un nouveau master restauré. L’image est très belle et rend hommage à ce film qui mériterait d’être plus connu. Certes, La Nouvelle Aurore possède bien quelques défauts, mais l’ensemble forme un bon film, émouvant, solidement réalisé et très bien écrit. Arthur Kennedy s’avère être l’acteur idéal pour ce rôle : son physique d’Américain moyen favorise la sympathie. De plus, le film se permet d’être novateur dans sa présentation de la guerre vue du côté des blessés, de ceux qui rentrent au pays avec des handicaps.

Le bonus est un entretien de 25 minutes avec Mathieu Macheret, critique au quotidien Le Monde, qui présente et analyse le film.

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LA NOUVELLE AURORE « Bright Victory »
Un film de Mark Robson
Nouveau master restauré
Avec : Arthur Kennedy (Lawrence d’Arabie, La grande évasion, Trial Golden globe meilleur acteur), L’homme de la plaine), Peggy Dow (Harvey, You Never Can Ten, I Want You), Julie Adams (The Last Movie, Carnage, L’étrange créature du lac, Hospital central…
Scénario : Robert Buckner d’après « Lights Out » de Baynard Kendrick
Musique : Frank Skinner
Directeur de la photo : William H. Daniel

Prix du meilleur scénario Pour Robert Buckner au Golden Globes de 1952
Film présenté au Festival de Cannes en 1951
Nomination à l’Oscar du meilleur second rôle : Arthur Kennedy

Réalisateur Mark Robson (1913 – 1978) filmographie sélective : Peyton Place (1957), L’Express du colonel Von Rayn (1965), La vallée des poupée (1967), Tremblement de terre (1974)…

Année de production : 1951 – noir et blanc – Langue : Anglais Sous-titres : Français  – Format image : 1.37 16/9 compatible 4/3 –  Format audio : VOST dolby digital mono 2.0 –  Durée du film : 97 mn.

Bonus inédits :

« Cécité et aveuglement », analyse du film par Mathieu Macheret (Critique cinéma du Monde)
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