La Nouvelle Aurore brille en DVD et Blu-Ray

Avec la sortie en DVD et Blu-Ray, le 28 novembre, du film La Nouvelle Aurore, ESC nous propose un très bon film jouant à la fois sur le tableau du film de guerre, du drame et du film social.

Synopsis : 1943. Le Sergent Larry Nevins est chargé de rétablir les communications dans une zone dangereuse d’Afrique du Nord lorsqu’il est blessé à la tête par des tireurs d’élite allemands. Rapatrié aux États-Unis, il découvre que son nerf optique est touché : il est désormais aveugle.

Si La Nouvelle Aurore n’est pas son film le plus célèbre, Mark Robson est tout de même un nom incontournable du cinéma américain des années 1940 et 50. Il fut l’assistant de Robert Wise sur le montage de Citizen Kane, puis fut chargé du montage de La Splendeur des Amberson. Devenu réalisateur, Robson signera quelques très bons films de genre : du fantastique (L’île des morts, Bedlam), des films de boxe (Le Champion, avec Kirk Douglas, ou Plus dure sera la chute, le dernier film de Humphrey Bogart). Il connaîtra même le succès avec des films comme L’Auberge du sixième bonheur, L’express du Colonel von Ryan (avec Frank Sinatra) ou le fameux Tremblement de terre (un des films catastrophe événement des années 70).

Cette Nouvelle Aurore commence comme un film de guerre. On y voit trois soldats américains en pleine campagne d’Afrique du Nord (d’ailleurs, parmi ces soldats, on découvre un jeune acteur alors inconnu, Rock Hudson). Après une scène de forte tension dramatique très solidement réalisée, le film change de registre et se tourne vers le drame.

la-nouvelle-aurore-mark-robson-critique-film-arthur-kennedy

La Nouvelle Aurore peut, sommairement, se diviser en deux parties. La première moitié du film se concentre sur le drame vécu par ce jeune sergent qui se retrouve confronté à son tout nouveau handicap. « Il est naturel de ressentir de l’amertume », lui dira-t-on. En fait, c’est toute sa vie qu’il doit réarranger dorénavant. Tout d’abord, il faut accepter le handicap. « Être aveugle, c’est pire que la mort », dit-il et, mettant son propos en pratique, il tente de se suicider. Commence alors toute une partie où le personnage doit apprendre à se réapproprier le monde avec ses autres sens.

Mark Robson sait se faire réaliste et minutieux dans le déroulement de son film. Petit à petit, on assiste au renouveau moral de Larry.

C’est alors que débute la seconde partie du film. Le scénario joue alors intelligemment sur la notion d’aveuglement. Élevé dans le Sud des États-Unis, Larry reste enfermé dans les vieilles convictions ségrégationnistes. Le film va alors montrer le personnage pris entre deux pôles : le Sud où se trouvent sa famille et sa fiancée, ainsi que son enfance et ses anciennes convictions, et le Nord de sa nouvelle vie (symbolisée par une nouvelle fiancée potentielle). Le drame personnel devient film social.

Le film sort donc le 28 novembre en DVD et Blu Ray, avec un nouveau master restauré. L’image est très belle et rend hommage à ce film qui mériterait d’être plus connu. Certes, La Nouvelle Aurore possède bien quelques défauts, mais l’ensemble forme un bon film, émouvant, solidement réalisé et très bien écrit. Arthur Kennedy s’avère être l’acteur idéal pour ce rôle : son physique d’Américain moyen favorise la sympathie. De plus, le film se permet d’être novateur dans sa présentation de la guerre vue du côté des blessés, de ceux qui rentrent au pays avec des handicaps.

Le bonus est un entretien de 25 minutes avec Mathieu Macheret, critique au quotidien Le Monde, qui présente et analyse le film.

la-nouvelle-aurore-critique-film-arthur-kennedy-mark-robson

LA NOUVELLE AURORE « Bright Victory »
Un film de Mark Robson
Nouveau master restauré
Avec : Arthur Kennedy (Lawrence d’Arabie, La grande évasion, Trial Golden globe meilleur acteur), L’homme de la plaine), Peggy Dow (Harvey, You Never Can Ten, I Want You), Julie Adams (The Last Movie, Carnage, L’étrange créature du lac, Hospital central…
Scénario : Robert Buckner d’après « Lights Out » de Baynard Kendrick
Musique : Frank Skinner
Directeur de la photo : William H. Daniel

Prix du meilleur scénario Pour Robert Buckner au Golden Globes de 1952
Film présenté au Festival de Cannes en 1951
Nomination à l’Oscar du meilleur second rôle : Arthur Kennedy

Réalisateur Mark Robson (1913 – 1978) filmographie sélective : Peyton Place (1957), L’Express du colonel Von Rayn (1965), La vallée des poupée (1967), Tremblement de terre (1974)…

Année de production : 1951 – noir et blanc – Langue : Anglais Sous-titres : Français  – Format image : 1.37 16/9 compatible 4/3 –  Format audio : VOST dolby digital mono 2.0 –  Durée du film : 97 mn.

Bonus inédits :

« Cécité et aveuglement », analyse du film par Mathieu Macheret (Critique cinéma du Monde)
Dans la même collection…

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Sorda : des liens au-delà du silence

Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.

Nous l’orchestre : au cœur d’un ensemble symphonique

Le documentariste Philippe Béziat nous propose une plongée au sein du célèbre Orchestre de Paris. Multipliant les approches et les gestes de mise en scène, il permet de lever un coin de ce grand mystère : comment des individualités parviennent à faire corps, au service de la musique. Captivant.

Signes de vie, de Werner Herzog : à perdre la raison

Exploration à bas bruit des frontières de la rationalité humaine ? Faille spatio-temporelle où l’Homme quitte le sentier d’un destin médiocre ? Pas de doute, le cinéma de Herzog est déjà en place.
Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

Natura : Se perdre pour renaître

S'il est de coutume de penser que la beauté est intérieure, "Natura" nous invite à une tout autre mise en perspective : celle d'un environnement naturel à la fois hostile et sublime, qui finit par agir comme un miroir. Une traversée du massif vosgien qui tient à la fois du conte et de la survie, où une femme cherche, dans l'épaisseur de la forêt, quelque chose qui ressemble à une seconde naissance. Mickael Perret réussit à explorer ce décor dans ce qu'il a de plus brut et de plus étrange. Un premier film audacieux et ambitieux, porteur de grandes promesses.

Sirāt : l’odyssée des damnés

Prix du jury au Festival de Cannes 2025, Oliver Laxe prolonge son cinéma de l’épreuve et de la foi dans un road-trip halluciné au cœur du désert. Entre communauté de teufeurs, deuil intime et bascule métaphysique, "Sirāt" interroge l’errance contemporaine dans un monde vidé de repères. Une expérience sensorielle radicale, portée par les corps, la musique et un monde au bord de l’effondrement.

Once upon a time in Gaza : l’Espoir, le Vice et la Trahison

"Once Upon a Time in Gaza" des frères Nasser est une tragi-comédie saisissante mêlant fraternité contrariée, satire sociale et résistance artistique. Entre fable noire et cinéma engagé, le film dresse un portrait poignant et absurde de la vie à Gaza, où chaque geste devient un acte de survie sous un ciel d’oppression.