Après une bande-annonce au rythme massacré de plus de cinq minutes qui présageait le pire, The Walking Dead saison 8 continue sa descente et perd à nouveau de nombreux téléspectateurs avec ce début de saison catastrophique.
Negan absent
A peine quelques scènes dans le premier épisode et totalement absent dans le deuxième, Negan, le grand antagoniste de la série manque à ce début de saison. Arrivé à la fin de la saison 6 alors que la série s’essoufflait depuis quelques temps, Negan avait réussit en une scène (la scène mythique du dernier épisode de la saison 6) à nous ramener au début de la série, lorsque le sentiment de sécurité n’existait pas, que la tension était omniprésente et la mort à chaque recoin. A lui seul, il avait réussit à rebattre les cartes et relancer l’intrigue de même que notre intérêt. Mais une série ne peut reposer entièrement sur un seul personnage et en l’absence de Negan, il ne reste plus grand chose à The Walking Dead pour nous captiver.
Affrontement final qui vire à la parodie
Annoncée comme étant l’affrontement final tant attendu entre Negan et Rick, la saison 8 était censée être un concentré d’action et de tension mais c’était sans compter sur toutes les mauvaises habitudes accumulées par la série. Se déroulant sur plusieurs timelines en simultané (avec non pas un mais deux flashfowards), le premier épisode alterne entre scènes d’action dynamiques et scènes lentes et contemplatives. Or ces bonds dans le temps ne font qu’une chose : casser le rythme. Voilà plusieurs saisons que The Walking Dead nous rabâche ce montage alterné, outre le fait que cette répétition de procédé scénaristique a tendance à agacer le spectateur, la série semble user de ce rythme dans le seul but d’allonger la sauce. Non pas pour apporter plus de suspense, mais par simple habitude scénaristique. Et cela se sent tout au long de ce début de saison sans originalité qui nous assomme avec une accumulation abusive de clichés. Si The Walking Dead a toujours été un mélodrame, elle en devient maintenant une parodie. La série qui se vantait d’être réaliste, violente et brutale nous sert dans le deuxième épisode une succession de gros plans sur les visages inquiets et pensifs des personnages, accompagnée d’une musique tire-larmes qui nous suivra tout au long de ces moments supposément émouvants. Même le jeu d’Andrew Lincoln qui s’est avéré très convaincant par le passé finit par devenir grotesque dans cette réalisation qui manque cruellement de subtilité.
Sans oublier toutes les incohérences qui parsèment la série. Doit-on parler du fait que Negan se tenait à portée de tir de Rick, totalement à découvert mais que le shérif a préféré vider son stock du munitions sur une baie vitrée ? Ou encore de l’effacement de Daryl depuis que les scénaristes sont à court d’idée quant au développement de leur personnage, mais se refusent à le tuer de peur d’irriter les fans ?
Zombies en décomposition
Dans The Walking Dead, le zombie a toujours été un prétexte pour parler des relations humaines (et n’est-ce pas là le propre du film et de la série de zombie ?), mais si à une époque elle s’en servait comme outil, pour dire quelque chose ou augmenter la tension, le zombie ne sert à présent qu’à remplir l’espace, ne dévorant qu’un ou deux personnages secondaires par épisode dans le seul but de remplir le quota de morts et ainsi continuer à prétendre que le zombie représente encore un danger. Devenus accessoires, les zombies sont maintenant contrôlés par les personnages, qui s’en servent de piège, d’arme. Et s’il eût été intéressant de creuser ça, la série reste à la surface de cette évolution qui n’apporte rien de nouveau au niveau de la psychologie des personnages et qui dépossède alors le zombie de tout caractère inquiétant et terrifiant. Le comble pour une série de zombie.
Il n’est pas exclu que la saison 8, malgré son ridicule ambiant, nous donne son lot de bons moments voire de très bons moments, elle est encore capable de quelques éclairs de génie, comme elle l’a prouvé dans le passé. Cependant, on gardera toujours ce goût amer qui nous suit depuis quelques saisons car on sait pertinemment que la série restera à jamais le fantôme de ce qu’elle a pu être.
The Walking Dead saison 8 – Bande-annonce
The Walking Dead saison 8 – Fiche Technique
Création : Frank Darabont, Robert Kirkman
Réalisation : Gwyneth Horder-Payton, Gregory Nicotero, Ernest Dickerson
Scénario : Charlie Adlard, Frank Darabont, Robert Kirkman, Tony Moore, Gregory Nicotero
Interprétation : Andrew Lincoln (Rick), Norman Reedus (Daryl), Chandler Riggs (Carl), Melissa McBride (Carol Peletier), Lauren Cohan (Maggie Greene), Danai Gurira (Michonne), Lennie James, Sonequa Martin-Green(Sasha Williams), Alanna Masterson (Tara Chambler), Josh McDermitt (Dr Eugene Porter), Christian Marie Serratos (Rosita Espinosa), Seth Gilliam (Gabriel Stokes), Ross Marquand (Aaron), Austin Nichols (Spencer Monroe), Tom Payne (Paul « Jesus » Rovia), Austin Amelio (Dwight), Xander Berkeley (Gregory), Jeffrey Dean Morgan (Negan), Khary Payton (Ezekiel).
Production : Robert Kirkman, Frank Darabont, David Alpert, Charles H. Eglee, Gale Anne Hurd, Gregory Nicotero
Genre : horreur, drame, science fiction
Diffusion : 22 Octobre 2017
Chaine : AMC
Format : 16 x 44 min
Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.
Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.
En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.
Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.
Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…
Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.
Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.
Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.
Trois films, une carte blanche, et une même ligne de force : chez Graham Swon, la parole ne se contente pas d’accompagner l’image, elle la traverse, la déplace, parfois même la remplace. De la dérive poétique d’An Evening Song (for three voices) à l’expérience quasi hypnotique de The World Is Full of Secrets, en passant par l’étrangeté expressionniste de Careful, se dessine un cinéma où dire, c’est déjà faire advenir.
J’ai grandi avec Luke Skywalker, Korben Dallas et la bande de Friends. Rêvé de devenir un gangster comme dans les films de Scorsese. Me suis prise pour une cinéphile après avoir vu Pulp Fiction et découvert mon amour pour le cinéma avec les films des frères Coen. J’aime la poésie de Sofia Coppola et l’imaginaire de Wes Anderson. Je préfère presque toujours les méchants. Et mes films préférés sont entre autres : Bronson, Un Tramway nommé Désir, Donnie Darko, The Dark Knight, Thelma & Louise, Somewhere, Mad Max : Fury Road, The Voices, Snatch et la plupart des Coen.
J’ai découvert les séries avec Supernatural pour ensuite me tourner vers The Walking Dead, Misfits et continuer avec The Office, Hannibal, True Detective pour ne jamais m’arrêter, à tel point que je ne peux plus me passer de ma dose quotidienne. Néanmoins, j’ai la fâcheuse tendance à dire que les premières saisons sont les meilleures.
Je n’ai pas de préférence entre le cinéma et les séries, tout comme je n’en ai pas concernant les genres, les seuls films/séries qui ne me plaisent pas sont ceux qui me laissent indifférente.
Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.
Plus qu'une fiction sur la vengeance, "L'Affaire Laura Stern" est une immersion sensorielle dans le "cri du silence" des victimes de violences et d'emprise. Une œuvre nécessaire qui déconstruit les mécanismes de la violence faite aux femmes pour en faire un combat collectif et politique. La série est diffusée sur France 2 en mars 2026 et disponible en streaming sur France Télévision.
"Les Saisons", la série écrite et réalisée par Nicolas Maury, s’éloigne des éclats et des récits sociaux pour épouser le souffle intime d’un trio amoureux. Entre mélancolie poétique et naturalisme doux, elle tente moins de raconter que de saisir le frémissement des sentiments, au rythme d’une lumière vendéenne et d’un temps qui tangue. Une œuvre sensible, qui crée son public en osant la lenteur et la langueur.