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PIFFF 2017 : L’ouverture sous le signe de la fantaisie et de la fraternité

Retour sur cette première journée du PIFFF 2017 avec une sélection de films éclectiques qui nous font voyager à travers les affres de l’esprit.

Après avoir démarré en grande pompe avec le Ghost Story de David Lowery pour sa séance d’ouverture, suivi de The Blade of the Immortal de Takashi Miike, le Paris International Fantastic Film Festival (PIFFF 2017) s’est lancé dans sa première journée de compétition avec une sélection de films venus de tous horizons. Très orientés sur la manipulation de l’esprit et l’imagination, ceux-ci se sont surtout imposés par leurs qualités très variables.

Dave-Made-a-Maze-PIFFF-critiqueLe tout commence avec Dave Made a Maze de Bill Watterson, une comédie loufoque empreinte d’imaginaire et de rêveries. On sent une influence évidente avec le cinéma très artisanal de Michel Gondry, cet amour du « fait maison » qui en soit donne tout son charme à un film relativement bancal. Il y a de bonnes idées visuelles dans ce Dave Made a Maze, entre les décors en cartons, la variété des situations et la composition des plans parfois inventive et astucieuse qui rend l’ensemble riche et attachant. Néanmoins, ce savoir-faire et cette générosité sont noyés dans un scénario peu subtil et attendu qui aligne ses traits d’humour avec lourdeur. On ne se prend pas de sympathie pour les personnages peu développés et surtout assez mal joués tandis que le récit se déroule devant nous sans jamais nous accrocher. Du potentiel certes, mais assez mal exploité au final.

Le-maître-des-illusions-PIFFF-critiqueOn enchaîne ensuite avec une séance culte, qui nous permet de redécouvrir Le maître des illusions de Clive Barker dans une version restaurée mais aussi en director’s cut. Cependant, avec ses 20 minutes de plus, et donc une vision plus proche de celle voulue par son auteur, le long métrage n’en est pas pour autant meilleur. Clive Barker s’est fait une renommée pour ses univers horrifiques marquants mais son histoire avec le cinéma reste chaotique et très peu couronnée de succès en dehors de son Hellraiser. Et Le maître des illusions n’est rien de plus qu’une série Z flirtant avec le nanar même dans sa version définitive. Visuellement, le film a vieilli et même pour l’époque il dispose de certains effets visuels franchement ratés, mais c’est surtout dans son scénario indigent et ses acteurs peu concernés que le tout souffre le plus. Entre un personnage principal qui ne trouve pas sa place dans le récit et qui semble greffé de force à l’histoire, les seconds rôles stéréotypés et les dialogues risibles, rien ne va dans un film qui peine singulièrement à poser une ambiance et qui enchaîne sans imagination les jumpscares qui s’avèrent en plus inefficaces.

The-Endless-PIFFF-critiqueC’est finalement The Endless de Justin Benson et Aaron Moorhead  qui crée la première surprise de ce festival. Même s’il se montre assez classique dans sa forme et son déroulé, surtout avec sa manière de flirter avec le fantastique, le film aurait vraiment pu aller plus loin pour nous surprendre, il reste pour autant une franche réussite. Personnages nuancés et vraie réflexion autour des rapports de force et de la ténacité des idées, parfois dangereuses et virales, le récit s’impose par son intelligence à défaut d’éblouir pour son originalité. L’œuvre ne tombe jamais dans le manichéisme de rigueur quand il s’agit d’histoire de secte et va chercher à creuser plus loin pour véritablement toucher au fondement de l’esprit humain. Souvent prenant et assez accessible, The Endless s’impose comme un divertissement solide, bien joué et surtout qui tire profit de sa mise en scène minimaliste. L’ensemble ne paraît jamais cheap même si au final on ne voit que très peu de choses notamment pour les éléments fantastiques et, une fois dévoilés, il n’a pas à rougir de la manière. Donc sans être mémorable, The Endless s’impose comme un bon film.

Et cette première journée du PIFFF s’est clôturée sur Ajin: Demi-human, une adaptation de manga comme il en sort souvent, très over the top et caractérisée par le surjeu et la tendance à en faire trop, typiquement japonaise, qui saura trouver son public, tandis que les autres n’y verront qu’un spectacle souvent indigent. En soi Ajin n’est ni le meilleur ni le pire de son genre.

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