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Gomorra saison 3 : Une entrée en matière suffocante pour la prise de pouvoir de Genny Savastano !

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La nouvelle saison de Gomorra faisait son grand retour sur les antennes de Canal + ce jeudi 15 février 2018. Les retrouvailles entre Genny Savastano et Ciro Di Marzio ont tenu leurs promesses dans ces deux premiers épisodes haletants qui dévoilent et dénoncent toujours un peu plus les pratiques de la mafia à l’échelle planétaire.

Après de longs mois d’attente, les téléspectateurs français ont donc pu enfin découvrir les épisodes inédits de la saison 3 de Gomorra sur les antennes de Canal +. Les « cliffhangers », les séquences chocs à la fin de chaque saison, avec un duel l’arme à la main, étaient à couper le souffle. Les vastes plaines des westerns spaghettis d’Almeria étaient en réalité remplacées par les quartiers du Nord de Naples. Ces séquences ont réservé de nombreuses surprises et ont eu des conséquences dramatiques sur les affrontements entre les clans Conte et Savastano et sur la hiérarchie au cœur de la famille Savastano.

Ces deux premiers épisodes de la saison 3 servent littéralement d’électrochocs. La conquête du pouvoir de Genny Savastano sera impitoyable. Cette entrée en matière de la nouvelle salve d’épisodes de Gomorra est à nouveau une véritable torture pour les nerfs des spectateurs attachés aux personnages emblématiques et aux rares survivants des affrontements pour les places de deals. La saison 1 et la saison 2 avaient déjà mis la barre très haut, après le film culte de Matteo Garrone. La saison 3 est bien partie pour renverser la table !

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Don Gennaro : le nouveau boss de Rome et de Naples !

Le fils de Don Pietro, Genny Savastano, abat donc ses cartes. Ses choix stratégiques, ses engagements et ses sacrifices prennent tout leur sens dans le début de cette troisième saison. Genny Savastano a en effet longtemps ourdi un plan machiavélique afin de revenir à Naples dans les meilleures conditions possibles. Sa renaissance au Honduras lui a permis de s’endurcir, de devenir un homme et d’être l’un des principaux fournisseurs de drogue en Europe lors de scènes clés dans les deux premières saisons. Sa passion amoureuse avec Azzurra a contribué à son épanouissement et à son rêve : fonder une famille et espérer en l’avenir. Son éloignement à Rome lors de la saison 2 a contribué à diversifier ses activités. Il a ainsi commencé à bâtir un nouvel empire du crime et à apprendre les ficelles du « métier » aux côtés de son beau-père, Don Giuseppe (un mafieux dans le bâtiment et les travaux publics).

Ces scénettes de la saison 2, qui ont permis d’enrichir la profondeur et la qualité des personnages de la série, vont servir en réalité d’effet domino dans le début de la saison 3. Genny Savastano, pour asseoir définitivement son pouvoir, va en effet devoir résoudre trois problèmes épineux, tous liés au château de carte scénaristique des saisons précédentes (ses relations au Honduras, son emprise mafieuse à Rome et le contentieux judiciaire que va devoir résoudre Patrizia avec Marinella pour le compte du clan Savastano dans les intérêts de Donna Annalisa « Chanel »).

Genny sera capable de se renier lui-même pour arriver à ses fins. Après avoir triomphé de son père, qui passait son temps à le rabaisser et qui ne souhaitait pas lui laisser les rênes du pouvoir, Don Gennaro ira même jusqu’à trahir ses proches dans une scène exceptionnelle avec le retour d’un personnage emblématique maudit ! Genny va mener la vie dure à son beau-père également, sur le plan des affaires, à sa sortie de prison.

Une réunion au sommet est d’ailleurs organisée afin de clarifier la situation à Naples et pour passer de nouvelles alliances. Malgré la situation alarmante, Genny rencontre et parvient à tenir tête à cet aréopage de mafieux intraitables et roublards (Don Aniello, Elia et Ferdinando Capaccio, Don Eduardo Arenella).

Sans votre père et avec vous à Rome, Secondigliano et Scampia sont des bombes à retardement. Elles peuvent exploser à tout moment. Sans un chef au Nord de Naples, ce sera l’anarchie.

Alors que les deux premières saisons pouvaient glorifier de manière involontaire et apporter un certain romantisme au quotidien des mafieux napolitains dans les quartiers sensibles de Naples, le début de cette troisième saison fait basculer les personnages principaux dans l’horreur. La réalité criminelle, la course au pouvoir, les manœuvres d’entrave à la justice, l’horreur des actes commis, les trahisons répétées font basculer la série dans un profond malaise en ce début de saison 3. Le prix à payer et le sens du sacrifice deviennent des poids très lourds à supporter au quotidien pour les différents protagonistes de la série. L’argent ne coule plus à flot, les soirées festives et le temps des romances sont oubliés. Chaque membre du Système a du pain sur la planche et des basses besognes à effectuer.

L’entrée en matière de cette saison 3 dévoile ainsi la part la plus sombre de la Camorra et de ses dirigeants. Gomorra s’incscrit encore un peu plus au panthéon des séries cultes avec ces nouveaux épisodes. A la manière de la trilogie Pusher de Nicolas Winding Refn ou de Breaking Bad, la série Gomorra, dans ce lancement de la saison 3, repousse les limites de l’horreur criminelle avec une séquence terrible d’atteinte à l’intégrité de cadavres, dans une supérette, inspirée des pires techniques des cartels sud-américains ! La mise en scène de cette séquence choc est particulièrement réussie à travers le personnage référent de Gegè, un ami de Genny, dont la vie bascule ce soir-là. Ce modeste comptable va se retrouver à faire une partie du « sale boulot » aux cotés de Genny et de son acolyte impitoyable du Honduras, Joaquin. La séquence est brute, âpre et fait particulièrement froid dans le dos. Le personnage du comptable sert un peu de bouée de sauvetage et de soupape aux téléspectateurs éprouvés.

Le scénario des deux premiers épisodes de la saison 3 permet de découvrir encore un peu plus la diversité des activités criminelles de la Camorra à Naples ou des organisations mafieuses à Rome. Le trafic de drogue à l’échelle internationale, les systèmes de sociétés écrans, les affaires dans l’immobilier, le basculement de citoyens ordinaires dans les griffes de la mafia comme le personnage du comptable Gegè, la pression exercée sur des témoins avant des procès ou des auditions par la police sont particulièrement bien rendus et permettent à la série de partir sur un très bon rythme.

« Ici, on ne vit pas. On meurt, c’est tout ! »

Le climat de suspicion et la tension sont également particulièrement bien rendus dans ces deux premiers épisodes étouffants, haletants et rythmés à la perfection. Naples est sur le point de voler en éclat après les mises sur la touche des deux grands parrains qui faisaient régner la loi, Salvatore Conte et Don Pietro Savastano. Les plus fidèles au clan historique des Savastano, comme Patrizia et son oncle Malamore, vont rapidement se retrouver dans un étau et sous la pression des sécessionnistes, qui gèrent les places de deals, et sous la menace des coups tordus de Genny, dans sa volonté farouche d’accéder au pouvoir, quel qu’en soit le prix à payer !

La série parvient également à réussir le tour de force de mettre en scène avec maestria la fin d’un cycle à travers les nombreuses séquences dédiées au boss des deux premières saisons. Les hommages réservés à Don Pietro Savastano comme la séquence du « convoi spécial » avec le discours de Malamore, la fresque dévoilée sur les tours des quartiers affiliés au clan ou les plans surréalistes dans l’abattoir, en ouverture de la saison 3, resteront gravés dans l’imaginaire des téléspectateurs.

Ces deux premiers épisodes lancent donc de la plus belle des manières la saison 3 de Gomorra. Reste à savoir si la disparition de certains personnages attachants et particulièrement charismatiques, au fur et à mesure des fusillades et des guerres de clans des deux premières saisons, ne va pas manquer cruellement lors de la suite de la saison. Les nouveaux protagonistes pourraient s’avérer très clivants pour les fans des deux premières saisons.

L’écriture de cette saison 3 est encore exceptionnelle, tant sur le plan du scénario que des dialogues. Certaines tirades resteront dans l’esprit des téléspectateurs comme les aveux terrifiants de Genny Savastano auprès de la femme avec laquelle il partage sa vie, Azzurra. La musique, toujours assurée par Mokadelic, est encore une fois l’atout majeur de ces prémices, haletants et éprouvants, de la saison 3.

Canal + va donc diffuser chaque jeudi soir deux épisodes de la saison 3 de Gomorra. Les épisodes sont également programmés avec des horaires différents sur Canal + Série et Canal + Décalé. Les amateurs de « binge watching » vont être aux anges. Comme la saison 3 est diffusée depuis le mois de novembre dernier en Italie (avec des cartons d’audience impressionnants), Canal + propose déjà de visionner l’intégralité des douze épisodes de cette saison 3 sur sa plateforme My Canal, accessible en ligne, sur smartphone, tablette, console de jeux  ou sur votre téléviseur. De belles nuits blanches en perspective dès ce week-end donc dans l’enfer de la mafia ! La suite des épisodes devrait entraîner Genny et ses acolytes loin de Naples. De nouveaux protagonistes, issus d’un clan rival, pourraient se montrer extrêmement menaçants après la chute de Conte et de Don Pietro.

Gomorra Saison 3 : épisodes 1 et 2 – Fiche Technique
Episode 1 : « Le mal-aimé »
Episode 2 : « Système sanglant »
Genre : Drame, Série policière
Réalisation : Claudio Cupellini
Directeur d’écriture : Leonardo Fasoli
Assistant réalisateur : Ciro Visco
Assistant réalisateur scène d’action : Enrico Rosati
Histoire : Stefano Bises, Leonardo Fasoli, Roberto Saviano
Développement des épisodes : Leonardo Fasoli, Maddalena Ravagli, Roberto Saviano
Scénario : Leonardo Fasoli, Maddalena Ravagli
D’après un livre et une idée originale de Roberto Saviano
Interprétation : Marco D’Amore (Ciro Di Marzio), Fortunato Cerlino (Don Pietro Savastano), Salvatore Esposito (Genny Savastano), Cristina Donadio (Annalisa « Chanel » Magliocca), Fabio de Caro (Malammore), Ivana Lotito (Azzurra Avitabile), Gianfranco Gallo (Giuseppe Avitabile), Cristiana Dell’Anna (Patrizia Santoro), Denise Capezza (Marinella), Giovanni Buselli (Capaebomba), Christian Giroso, Carlo Cerciello, Pasquale Esposito, Andrea Di Maria, Carlo Caracciolo, Nello Mascia, Alfredo Herrera, Edoardo Sorgente.
Distribution des rôles : Laura Muccino, Davide Zurolo (u.i.c.d.)
Producteurs : Riccardo Tozzi, Giovanni Stabilini, Marco Chimenz, Gina Gardini
Directrice de production : Alessia Sinistro
Délégué à la production : Gianluca Leoncini
Producteur exécutif : Matteo de Laurentis
Producteurs exécutifs Sky : Nils Hartmann, Roberto Amoroso, Sonia Rovai
Supervision artistique de la photographie : Ivan Casalgrandi
Directeur de la photographie : Vittorio Omodei Zorini
Montage : Patrizio Marone en collaboration avec Andrea Prosperi
Coordination des effets spéciaux : Luca Ricci
Coordinateur des cascades : Alessandro Borgese
Conception des décors : Paki Meduri
Décors : Alessandra Mura
Supervision des costumes : Veronica Fragola
Costumes : Susanna Mastroianni
Son : Alessandro Bianchi
Musique : Mokadelic
Pays d’origine : Italie
Chaîne de diffusion en France : Canal +
Nb. De saisons : 4
Nb. D’épisodes :  12
Format : 45 – 50 mn
Année de production : 2017

Phantom Thread : Chronique envoûtante d’une passion toxique

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Phantom Thread, drame intimiste étonnant aux accents hitchcockiens, expose la relation tumultueuse et passionnée entre un haut couturier londonien perfectionniste, M. Woodcock, et une jeune serveuse, devenue mannequin, au tempérament venimeux. Pour son dernier film, où la fusion amoureuse s’opère par un jeu pervers de pouvoir et de manipulation, Daniel Day-Lewis livre une nouvelle performance magistrale.

L’annonce de la fin de carrière du prodigieux acteur Daniel Day-Lewis, oscarisé à trois reprises, suscite bien des regrets dans le monde du cinéma. On ne pouvait cependant espérer de plus beaux adieux de la part de cet artiste exceptionnel, taillé presque sur mesure pour le rôle de Reynolds Woodcock. Phantom Thread est sa seconde collaboration avec le réalisateur Paul Thomas Anderson, après l’inoubliable et sanglant There Will be Blood.

Habitué à incarner des hommes torturés, Daniel Day-Lewis s’est toujours impliqué corps et âme dans ses interprétations, en se préparant pendant de longs mois et en vivant même à l’image de celui qu’il doit incarner. Ainsi, sur le tournage de My Left Foot, il refusait de quitter le fauteuil roulant de son protagoniste. Sur celui de Lincoln, il demandait à chacun de l’appeler « Président ». Pour Phantom Thread, il s’est imprégné de l’existence de grands couturiers d’époque, a appris à coudre et à reproduire des modèles. C’est précisément cette méthode d’identification totale à ces personnages, sans aucune prise de recul, qui rend l’acteur si impressionnant, tout en l’atteignant également personnellement.

phantom-thread-daniel-day-lewisBien que Daniel Day-Lewis envisage à l’avenir de se consacrer à la production et à la réalisation, cette très probable dernière occasion de l’admirer sur grand écran donne une dimension supplémentaire à Phantom Thread. Toujours phénoménal, l’acteur britannique reste un des favoris dans la course aux Oscars 2018. Verdict le 4 mars.

Avec Phantom Thread, son huitième film, Paul Thomas Anderson quitte les États-Unis pour le Londres des années 1950. Il s’inspire de la vie du couturier Cristobal Balenciaga, obsédé par son propre travail, en y ajoutant l’idée d’une romance complexe et venimeuse avec une muse bien mystérieuse.

Toute l’organisation de la maison et du travail de M. Woodcock fonctionne comme une pendule réglée à la seconde près. Reynolds, le créateur, dessine les modèles de vêtements féminins et supervise les défilés. Ses habitudes, qui doivent être scrupuleusement respectées, font de lui un véritable maniaque, parfois proche du dictateur. Éternel célibataire, il n’entretient que de courtes relations avec des jeunes femmes recrutées temporairement en qualité de mannequin. Sa grande sœur, Cyril, se charge de l’organisation matérielle et financière, ainsi que du personnel. Enfin, l’équipe de couturières travaille jour et nuit pour réaliser dans les délais les œuvres de Woodcock.

L’arrivée d’Alma, une jeune serveuse rencontrée par hasard, va progressivement bouleverser les innombrables routines quotidiennes bien rodées du grand couturier. Frontalement projetée dans un monde totalement inconnu, elle est bien décidée à le façonner par elle-même plutôt qu’à s’y soumettre. De la cuisson des asperges, scène mémorable du film, aux soirées surprises, en passant par le niveau sonore du petit déjeuner, la vie de Woodcock se transforme à un point tel qu’il ne la reconnaît plus. La muse, source d’inspiration et de création, s’impose paradoxalement comme une cause de destruction de l’univers de l’artiste.

phantom-thread-daniel-day-lewis-vicky-kriespLoin d’être une simple admiratrice, elle n’hésite pas non plus à remettre en question les choix artistiques de son compagnon, à le provoquer en cassant ses habitudes, et à le rappeler à l’ordre lorsqu’il ne lui porte pas assez d’attentions.

La ressemblance d’Alma avec la célèbre Rebecca d’Alfred Hitchcock est indéniable, qu’il s’agisse de son entrée soudaine dans la haute société, de son désir de diriger la Maison malgré la présence d’une ennemie potentielle, la sœur de Reynolds, ou de l’idée d’une surprise qu’elle veut faire à son amant avec la complicité de Cyril. Cette dernière, intrigante et proche d’une Mrs. Danvers, se confronte à Alma pour préserver sa propre influence sur le couturier.

Ce lien avec Hitchcock est renforcé par une atmosphère de huis clos à suspense. Alma et Reynolds ont chacun l’art de parfaitement cacher leur jeu. L’ancienne serveuse, complexée par son physique imposant, semblant innocente et fragile, se révèle somptueuse dans les robes du couturier et bien plus forte et intelligente qu’on aurait pu l’imaginer. A l’inverse, M. Woodcock, cherchant constamment à prouver aux autres sa puissance et sa résistance, n’échappe pas à de nombreuses faiblesses physiques comme mentales.

Toutefois, Phantom Thread reste le récit d’une passion, tantôt néfaste, tantôt bénéfique aux personnages. Le couple s’aime infiniment, mais à sa manière particulière, perverse, voire sadomasochiste. A force d’admiration comme de confrontation, deux individus de milieux et de tempéraments totalement différents, luttant pour s’imposer réciproquement, se retrouvent dans une position d’égalité et d’union parfaites. Chacun accepte de devenir la créature de l’autre : Alma en servant de modèle, à l’instar d’une véritable poupée à détailler et à habiller, Reynolds en acceptant de se retrouver à la seule merci d’une compagne aux petits soins. C’est donc par l’abandon total de soi, à la dépendance complète de l’autre, au risque de se perdre, que la fusion amoureuse s’opère.

phantom-thread-daniel-day-lewis-vicky-krieps-danse-ballonsDe façon surprenante, l’humour parvient aussi à se frayer un chemin dans le récit, pourtant profondément dramatique. Les névroses de Woodcock, les provocations outrancières d’Alma et le fonctionnement même du couple, détonnant et radical, instaurent une pointe de comique aussi subtile que savoureuse.

Au delà de son intrigue amoureuse, Phantom Thread ne néglige pas l’univers de la haute couture et présente des costumes somptueux. Les créations de Mark Bridges, qui a déjà travaillé sur les autres films de Paul Thomas Anderson et sur The Artist, permettent parfaitement de s’imprégner du style et de la mode de cette époque. Par ailleurs, la musique de Jonny Greenwood, également nommé aux oscars, participe beaucoup à l’atmosphère froide et cloisonnée de l’histoire.

Grâce à Phantom Thread, Paul Thomas Anderson enrichit son œuvre d’un film original et ambitieux sur la passion, au traitement innovant et à la mise en scène toujours impeccable. Sa dissection méthodique d’un amour vénéneux constate que si les sentiments nous font tous souffrir, l’amour demeure le seul mets empoisonné qui se consomme sans modération.

Phantom Thread – Bande annonce

Phantom Thread – Fiche technique

Réalisateur : Paul Thomas Anderson
Scénario : Paul Thomas Anderson
Interprétation : Daniel Day-Lewis (Reynolds Woodcock), Vicky Krieps (Alma), Lesley Manville (Cyril), Camilla Rutherford (Johanna), Brian Gleeson (Dr. Hardy)
Musique : Jonny Greenwood
Photographie : Paul Thomas Anderson
Montage : Dylan Tichenor
Costumes : Mark Bridges
Producteurs : Daniel Lupi, Megan Ellison, Paul Thomas Anderson, Joanne Sellar
Maisons de production : Annapurna Pictures, Focus Features, Perfect World Pictures
Distribution (France) : Universal Pictures International France
Récompenses : 2 nominations aux Golden Globes 2018 (meilleur acteur dans un film dramatique, meilleure musique), 6 nominations aux Oscars 2018 (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice dans un second rôle, meilleurs costumes, meilleure musique)
Budget : $ 35 000 000
Durée : 130 min
Genre : Drame
Date de sortie (France) : 14 février 2018
États-Unis – 2017

Pour plus d’information sur Phantom Thread

Philip K. Dick’s Electric Dreams : un potentiel gâché

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Philip K. Dick’s Electric Dreams, la nouvelle série de science fiction de Channel 4 et Amazon Video semblait très prometteuse. Elle a fait le pari d’adapter certaines œuvres du très célèbre romancier américain Philip K. Dick pour la télévision. Mais le résultat est mitigé…

Il est certain que vouloir adapter les nouvelles de K. Dick était très risqué, d’autant plus que l’auteur est culte dans son domaine. Surtout après l’excellente suite de Blade Runner (adaptation du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?). La promesse était belle autant pour les fans que pour les néophytes, mais n’est pas tenue totalement. Essayons de voir en quoi.

Etant une série d’anthologie, il était impératif d’avoir une cohésion d’ensemble entre tous les épisodes, bien qu’elle constituée d’une histoire différente à chaque fois, adaptée d’une nouvelle du romancier américain. Ce n’est pas vraiment le cas. Si certains épisodes tiennent très bien la route, comme le premier (The Hood Maker, nous suivrons l’ordre des épisodes diffusés par Channel 4), d’autres sont plus confus, voire pas convaincants du tout. C’est le cas de l’épisode 4, Crazy Diamond, dans lequel pourtant Steve Buscemi fait de son mieux pour sauver les meubles. Le scénario donne parfois l’impression de ne pas être exploité à son maximum, et cela est sûrement dû au médium même utilisé: la télévision. En effet, les épisodes durent environ 50 minutes chacun, ce qui oblige les scénaristes à condenser l’histoire. Il arrive même parfois que la fin soit expédiée trop rapidement. Le deuxième épisode, Impossible Planet, bénéficie d’une intrigue très intéressante, et est très bien fait mais la fin arrive d’un seul coup, et nous laisse sans explications. Mais peut-être est-ce une volonté de la production de laisser les spectateurs interpréter le scénario à leur convenance.

Un autre défaut qui saute aux yeux : le manque de budget quant aux effets spéciaux. Bien que passables, parfois ils donnent une impression de fausseté à l’univers. Cela lui fait perdre en crédibilité. C’est fortement dommage car la série perd en cachet. Néanmoins il faut nuancer car tout cela est rattrapé par la réalisation efficace des différents réalisateurs.

Un point appréciable cependant: les thématiques traitées sont très intéressantes. L’épisode 5, Real Life, explore par exemple la psyché humaine en se demandant jusqu’où l’on pourrait aller pour devenir quelqu’un d’autre. L’épisode 6, Human Is, peut-être le meilleur, parle du changement de personnalité et de notre amour face à notre loyauté. Force est de constater que les questions que soulèvent les nouvelles de Philip K. Dick sont bien retranscrites dans la série, en interrogeant la société du futur et notre rapport aux nouvelles technologies. A l’image de la série anglaise Black Mirror, elle explore des thèmes peu traités dans les œuvres plus conventionnelles, tout en restant une bonne œuvre de SF.

Mais la force de la production est d’avoir su intégrer de grands acteurs dans son casting, rendant le tout appréciable malgré les différents défauts évoqués. Quel plaisir de retrouver Bryan Cranston, Steve Buscemi, ou la chanteuse Janelle Monáe, des personnes que l’on adore, en somme ! Ils confèrent à leurs personnages un aspect indéniablement humain et attachant. Ainsi l’on a envie de suivre le contrôleur de train, incarné par Timothy Spall dans The Commuter, dans la ville imaginaire dans laquelle il échappe à son quotidien.

Voilà. Philip K. Dick’s Electric Dreams est une série au potentiel gâché. Une série qui a indéniablement des défauts, mais qui malgré tout a aussi de beaux points positifs. Une série qui rayonne de par son casting flamboyant. A découvrir pour ses acteurs.

Philip K. Dick’s Electric Dreams: Bande Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=RtX_LVwEJhA

Philip K. Dick’s Electric Dreams : Fiche Technique

Réalisation: Julian Jarrold, David Farr, Tom Harper, Marc Munden…
Scénarios: Matthew Graham, Jack Thorne, Tony Grisoni, Ronald D. Moore… tous basés sur les nouvelles de Philip K. Dick.
Acteurs principaux: Bryan Cranston, Steve Buscemi, Juno Temple, Timothy Spall…
Production: Lynn Horsford, Rupert Ryle-Hodges, Dan Winch
Producteurs délégués: Ronald D. Moore, Bryan Cranston, Michael Dinner, James Degus…
Premier épisode: Diffusé à l’origine le 17 Septembre sur Channel 4
Nombre de saisons: 1
Nombre d’épisodes: 10
Durée: 50 minutes
Genre: Science-fiction
Chaîne d’origine: Channel 4 mais disponible sur Amazon Video

Mother! et Les Proies sont disponibles en DVD & Blu-Ray

Deux des longs-métrages les plus passionnants de l’année débarquent DVD. D’un côté, l’iconoclaste et dévastateur Mother! de Darren Aronofsky, et de l’autre Les Proies le drame récompensé de Sofia Coppola.

Un des films les plus décriés de l’année est désormais disponible en Bluray/DVD depuis le 23 janvier. Il s’agit du dernier long-métrage de Darren Aronofsky (Noé, Black Swan, Requiem for a dream). Terriblement malsain pour certains, grandiose pour d’autres, Mother! a divisé la critique et le public. Était-ce évitable ? Le parti pris est radical et offre une immersion anxiogène dans l’intimité d’un couple porté par Jennifer Lawrence et Javier Bardem. L’œuvre devient rapidement une métaphore sur l’environnement et l’impact néfaste de l’homme sur la planète. A cela s’ajoute un propos biblique qui traverse le film et renforce son propos humaniste. Mother! ne peut faire l’unanimité et ici réside sa force : c’est un véritable choc psychologique qui joue avec tous les sens du spectateur. Que le film soit brillant ou lamentable, on n’en sort définitivement pas indemne. Retrouvez notre critique du film ici.

Un peu plus académique, Les Proies de Sofia Coppola est une relecture du film éponyme de Don Siegel sorti en 1971. Le film conte le drame intimiste d’un soldat blessé, en pleine guerre de sécession, recueilli dans un pensionnat de jeunes filles. Le DVD du long-métrage est disponible depuis le 2 janvier 2018. Récompensé au Festival de Cannes par le prix de la mise en scène, Les Proies brille d’abord par son casting impeccable : Nicole Kidman, Elle Fanning, Kirsten Dunst et Colin Farrel. Le film s’éloigne des éléments les plus terribles de l’œuvre originale (racisme, inceste..) pour se concentrer sur l’ambiguïté et la tension qui relient les personnages. Retrouvez notre critique du film ici.

Caractéristiques techniques DVD et Blu-Ray du film Mother!

mother-sortie-bluray-dvdImage : 16/9 1.78:1
Audio : Anglais, Français, Italien et Espagnol Dolby Digital AC3
Surround 5.1
Sous-titres : Anglais, Danois, Français, Italien, Espagnol
Durée : 1h56
Caractéristiques techniques du Blu-ray™:
Image : 16/9 1.78:1
Audio : Anglais Dolby Atmos, Anglais (audiodescription), Français, Allemand, Italien, Japonais et Espagnol Dolby Digital AC3
Surround 5.1
Sous-titres : Anglais (sourds et malentendants), Arabe, Malaisien, Chinois, Mandarin, Tchèque, Danois, Néerlandais, Estonien, Finnois, Français, Allemand, Grec, Hébreu, Hindi, Hongrois, Islandais, Italien, Japonais, Coréen, Letton, Lituanien, Norvégien, Portugais, Roumain, Slovaque, Espagnol, Suédois, Thaï et Turc
Durée : 2h01 – Bonus DVD et Blu-ray™ : Mother! la spirale infernale/ Le maquillage dans Mother !

Caractéristiques techniques DVD et Blu-Ray du film Les Proies.

sortie-dvd-bluray-les-proiesImage : 16:9 1.66:1 / Durée : 1h29
Audio : Anglais, Français et Italien Dolby Digital 5.1, Anglais
(bonus audio) Dolby Digital 2.0
Sous-titres : Anglais (sourds et malentendants), Néerlandais,Français et Italien
Caractéristiques techniques du Blu-ray™ :
Image : 16:9 1.66:1 / Durée : 1h33
Audio : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1, Français et Italien DTS
Digital Surround 5.1, Anglais (bonus audio) Dolby Digital 2.0
Sous-titres : Anglais (sourds et malentendants), Néerlandais, Français et Italien
Bonus DVD et Blu-ray™ : Un changement de perspective / Un style du sud

Bande-annonce : Mother!

Bande-annonce : Les Proies

https://www.youtube.com/watch?v=4hkmdX5dL6E

 

Johnny Guitare, le western revisité par Nicholas Ray

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Mercredi 14 février ressort sur nos écrans Johnny Guitare, western féministe et anti-maccarthyste fortement imprégné par la personnalité de son réalisateur, le grand Nicholas Ray.

Synopsis : un homme arrive dans le saloon tenu par Vienna, une femme forte qui s’est installée ici en espérant une forte hausse de la valeur de son terrain suite à l’arrivée du chemin de fer. Emma, riche propriétaire terrienne, veut (au minimum) expulser Vienna en l’accusant de protéger Dancin’Kid, qui a la réputation d’être un bandit. Le frère d’Emma vient d’être tué et tous les regards se tournent vers le Kid.

A l’origine, Johnny Guitare n’a été conçu que pour Joan Crawford, dont il fallait faire repartir la carrière. De fait, beaucoup, à la sortie du film, sont passés à côté de ce chef d’œuvre du western qui doit surtout sa qualité à la maîtrise de Nicholas Ray.

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Les lieux communs du western…

Johnny Guitare est un western et, en cela, il remplit parfaitement le contrat. Il y a des bandits, une attaque de diligence et de banque, une chevauchée, des fusillades, un groupe de lyncheurs, etc. Et surtout, on y retrouve le conflit qui est au centre d’une grande partie des films du genre, celui des riches propriétaires terriens qui s’opposent à ceux qui voudraient réduire leur puissance. Parmi les motivations qui animent Emma, il y en a deux qui sont essentielles : la jalousie (elle est amoureuse du Kid et ne supporte pas qu’il soit l’amant de Vienna) et la volonté de ne pas partager ses terres.

L’arrivée du chemin de fer est aussi un lieu commun du genre (comment, de nos jours, ne pas penser à Il était une fois dans l’Ouest, bien évidemment ?). Ici, il est d’emblée associé à la violence. Pour le chemin de fer, on fait exploser la montagne à grands coups de dynamites. Et pour conserver son petit bout de terrain, qu’elle souhaite transformer en gare, Vienna risque d’être obligée d’avoir recours à la violence.

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…revus par Nicholas Ray

Mais si on regarde Johnny Guitare plus en détail, on se rend facilement compte que Nicholas Ray s’amuse à jouer avec les codes du genre. Le plus flagrant, bien entendu, est le rôle accordé aux personnages féminins. Ici, les femmes ne sont pas des faire-valoir dont le rôle serait de mettre en lumière la virilité des héros. Tout le scénario tourne autour de Vienna : le Kid est amoureux d’elle et jaloux de Johnny, Emma est jalouse d’elle, son saloon est vu comme une menace par les propriétaires terriens des environs, McIvers veut carrément inventer des lois pour pouvoir l’exclure. Vienna s’habille en pantalons et porte un ceinturon avec un colt, dont elle sait très bien se servir.

Face à elle, l’autre personnage féminin, Emma, est elle aussi d’un caractère bien trempé. Elle donne des ordres aux hommes autour d’elle, y compris au marshall. D’ailleurs, les personnages masculins du film se démarquent par leur puérilité (dans le meilleur des cas), voire leur lâcheté. La bande de Dancin’Kid est constituée de gamins qui passent leur temps à se chamailler.

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Des personnages en quête de respectabilité

Au milieu de tout cela, Johnny Guitare apparaît comme une figure décalée d’anti-héros. Au début, il assiste à l’attaque de la diligence sans remuer le petit doigt. Ensuite, il s’intercale entre les hommes d’Emma et la bande du Kid, qui menaçaient de s’entre-tuer, et il désamorce la situation très tendue en jouant un air de guitare.

Ces personnages se révèlent être typiques du cinéma de Nicholas Ray. Le réalisateur s’est approprié les codes du western pour en faire un film personnel. Dans le premier plan du film, Johnny va à contre-courant, seul : tout est déjà là. Vienna est un personnage typique de Nicholas Ray également, une marginale en quête de respectabilité, rejetée par ceux qui représentent « la bonne société » ou les institutions. On retrouve encore ces caractéristiques chez Turkey, le plus jeune de la bande du Kid, personnage fragile qui se façonne une image de dur à cuire, comme le fera James Dean (qui avait admiré Johnny Guitare) quelques années plus tard dans La Fureur de vivre, ou comme Les Amants de la nuit (la première réalisation de Ray). Enfin, le scénario cherche des explications (qui ne sont pas excuses, cependant) aux actions des bandits qui, normalement, devraient être les méchants de l’histoire.

Finalement, Ray s’amuse, à travers ses personnages, à inverser les lieux communs du western. Le marshall est du côté des méchants, de même que tous ceux qui représentent la loi. Le législateur lui-même est dans l’illégalité, puisqu’il crée des lois uniquement pour arriver à ses fins personnelles. A ce titre, beaucoup ont interprété Johnny Guitare comme une attaque déguisée contre le MacCarthysme, Vienna représentant les victimes de la chasse aux sorcières menacés d’être expulsés de chez eux par des lois iniques. La présence au générique de Ward Bond dans le rôle de McIvers (le personnage qui exige l’expulsion de Vienna) semble confirmer cette hypothèse, l’acteur (un des seconds rôles fétiches de John Ford) faisant partie d’un groupe d’extrême-droite particulièrement virulent lors de la chasse aux sorcières (Nicholas Ray affirme d’ailleurs que l’acteur n’a jamais vraiment compris son rôle dans le film).

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La violence comme une fatalité

De plus, Ray insuffle une dimension tragique à son film (ce qui est une autre caractéristique de son cinéma). Les événements s’enchaînent inexorablement. Dès le début, on sait que le pire est à prévoir, et le spectateur a l’impression qu’une fatalité s’abat sur les personnages.

Cette fatalité, c’est celle de la violence. Emma et McIvers sont dans le monde de la violence, là où Vienna et Johnny essaient d’en sortir (là aussi, c’est un thème typique de Nicholas Ray : ses personnages sont victimes de la violence ambiante).

Mal accueilli à sa sortie, Johnny Guitare est pourtant un très grand film. Certaines scènes sont particulièrement marquantes, comme la séquence du saloon, au début du film, ou la chevauchée au milieu des explosions. Le cinéaste parvient à maintenir son film sous une tension permanente et n’a pas son pareil pour filmer la violence. Les quelques plans du duel entre Johnny et Bart sont, à ce titre, absolument remarquables (même si, là aussi, le cinéaste s’amuse avec un des lieux communs du western, le duel dans la rue, coupant le combat par des plans de dialogue entre Vienna et le Kid). Enfin, la psychologie des personnages est approfondie et leurs rapports sont complexes, sans compter les différentes interprétations du film (psychanalytique, politique, etc.). L’air de rien, Johnny Guitare est un film personnel, typique du cinéma de Nicholas Ray, ce réalisateur dont l’influence fut prépondérante sur des cinéastes comme Wenders ou Tarantino.

Johnny Guitare : bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=BO0wocjD_Ys

Johnny Guitare : fiche technique

Titre original : Johnny Guitar
Réalisateur : Nicholas Ray
Scénario : Philip Yordan, Ben Maddow, Nicholas Ray, d’après le roman de Roy Chanslor
Interprètes : Joan Crawford (Vienna), Sterling Hayden (Johnny Logan, dit Johnny Guitare), Mercedes McCambridge (Emma Small), Scott Brady (Dancin’Kid), Ward Bond (McIvers), Ernest Borgnine (Bart Lonergan), John Carradine (Tom)
Musique : Victor Young
Montage : Richard L. Van Enger
Photographie : Harry Stradling
Producteur : Nicholas Ray
Société de production : Republic Pictures Corporation
Société de distribution : Republic Pictures Corporation
Genre : western
Date de sortie initiale en France : 10 novembre 1954
Date de reprise : 14 février 2018
Durée : 110 minutes

États-Unis – 1954

Les 15 meilleures scènes de sexe au cinéma

Vous n’êtes pas d’humeur romantique pour la Saint-Valentin ? Vous ne supportez plus cette météo froide et neigeuse ? Faisons grimper la température avec notre top 15 des scènes de sexe les plus caliente du cinéma !

Il existe tellement de scènes de sexe marquantes, intéressantes, puissantes, excitantes que nous avons évidemment bien été obligés de sélectionner les fameuses scènes. Nous avons alors procédé à un sondage pour que les rédacteurs mettent en avant les scènes qu’ils voulaient défendre à tout prix. Nous avons également échangé afin de mieux cerner les films qui devaient entrer à tout prix dans cet article. Le but n’est évidemment pas de présenter des scènes qui nous émoustillent (en tout cas pas uniquement…), chaque rédacteur défendra l’importance des scènes de sexe dans le film, ce qu’elles signifient dans le récit, ce qu’elles impliquent pour les personnages… Dans le cadre de cet article, certains films paraissent indispensables aux yeux de la plupart des rédacteurs et plus globalement des cinéphiles (Nymphomaniac, Love…), d’autres sont certainement plus surprenantes par leur « confidentialité » (Possession…). Sensuelles, bizarres, érotiques, drôles… nous avons voulu vous proposer un classement varié tout comme l’est le sexe dans notre vie. Et c’est toujours un excellent moyen de vous donner envie de voir ou de revoir ces films qui ont marqué le cinéma pour différentes raisons et pas uniquement grâce au sexe.

 

15/ Crash

Réalisé par David Cronenberg.

Avec James Spader, Holly Hunter, Rosanna Arquette, Deborah Kara Unger et Elias Koteas.

Synopsis : James et Catherine Ballard, un couple dont la vie sexuelle s’essouffle quelque peu, vont trouver un chemin nouveau et tortueux pour exprimer leur amour grâce aux accidents de voiture. A la suite d’une violente collision, ils vont en effet se lier avec des adeptes des accidents…

On en retient quoi ? : « J.G Ballard désignait son livre comme le premier roman pornographique ayant un rapport avec la technologie. Il fallait donc bien un cinéaste comme David Cronenberg pour mettre en scène l’érotisme singulier de Crash. Le canadien adepte de la transformation des corps trouve ici un terreau fertile pour filmer ses obsessions. Parlant de paraphilie, faisant cohabiter la mort et la jouissance, Crash met en scène non seulement une fusion des corps, mais également une fusion du corps et du métal. Les nombreuses scènes de sexe qui ponctuent le film dégagent un potentiel érotique rarement atteint au cinéma. Malgré leur froideur mécanique, elles témoignent d’une obsession de la part de leurs protagonistes, celle d’une jouissance interdite. Au travers d’un gourou énigmatique en la personne de Vaughn, Ballard et sa femme découvrent une nouvelle facette de leur sexualité qui culmine dans un climax fascinant au sein d’un car wash. »  Par Maxime Thiss

https://www.youtube.com/watch?v=GXfZBMu4OPU

14/ A l’Ombre de la Haine

Réalisé par Marc Foster.

Avec Billy Bob Thornton, Halle Berry, Heith Ledger et Dante Beze.

Synopsis : Dans une petite ville du sud des Etats-Unis, Hank Grotowski, comme son père Buck avant lui, travaille au quartier des condamnés à mort au sein de la prison locale. Son fils Sonny y fait également ses débuts. Hank a depuis longtemps appris à être distant et froid, tandis que Sonny fait preuve d’une grande sensibilité. Tous deux sont en charge de l’exécution capitale de Lawrence Musgrove, un Noir dont le passe-temps favori est de dessiner des portraits. Sa femme Leticia et son fils Tyrell viennent régulièrement lui rendre visite. A la suite de tragiques événements, Hank et Leticia vont être amenés à faire connaissance. Cette rencontre va bouleverser leur existence.

On en retient quoi ? : « Parmi le propos froid et pessimiste du film, une scène résonne comme une véritable libération de l’ambiance pesante et froide du film, alors que les corps et âmes des deux personnages principaux se rencontrent. Tout semble les opposer : Leticia Musgrove (incarnée par Halle Berry), femme de couleur, élève seule son jeune garçon de 10 ans. Son mari se fait exécuter sur la chaise électrique à la prison où travaille Hank Grotowski (incarné par Billy Bob Thornton), éduqué dans la rigueur par un père raciste, et chargé d’accompagner le condamné au cours de sa dernière journée. Le destin les rapprochera lorsque leurs deux garçons respectifs meurent : l’un se suicide, l’autre se fait heurter par une voiture qui prend la fuite. Particulièrement longue (un peu moins de 4 minutes), la scène de sexe qui nous intéresse ici intervient peu de temps après les événements, alors que Hank et Leticia évoquent leurs actions en tant que parents. La scène est brute, avec comme seul accompagnement les gémissements de nos protagonistes, les claquements de leur chair qui s’entrechoque et le grincement du canapé complice de leur acte. Véritable exutoire de leurs vies, le coït des deux personnages est aussi un moyen pour eux, comme pour le spectateur, de retrouver le souffle que le développement du film force de retenir. Sentiment renforcé par la symbolique des images courtes entrecoupant l’action : celles d’un oiseau en cage que Leticia libère. »  Par Jean-Pierre Horckman

13/ L’Empire des Sens

Réalisé par Nagisa Oshima.

Avec Eiko Matsuda, Tatsuya Fuji, Aoi Nakajima et Hiroko Fujino.

Synopsis : 1936, dans les quartiers bourgeois de Tokyo. Sada Abe, ancienne prostituée devenue domestique, aime épier les ébats amoureux de ses maîtres et soulager de temps à autre les vieillards vicieux. Son patron Kichizo, bien que marié, va bientôt manifester son attirance pour elle et va l’entraîner dans une escalade érotique qui ne connaîtra plus de bornes.

On en retient quoi ? : « Parmi les films qui ont fait scandale par leur représentation de la sexualité, L’Empire des sens, du Japonais Nagisa Oshima, est une référence. Inspiré d’une histoire vraie, le film montre un couple qui va s’adonner à des actes sexuels non simulés, ce qui causera son interdiction au Japon ainsi qu’une plainte contre le cinéaste pour obscénité. Ce qui est, en partie, l’objectif du réalisateur, qui a passé sa carrière à secouer le conformisme nippon et à s’opposer à l’image trop lisse du Japon. Mais plus que cela, Empire des sens est aussi l’histoire de deux êtres qui vont laisser libre cours à leur passion, une passion qui va les entraîner à se couper du monde et de la réalité, à rechercher toujours plus de plaisir, jusqu’à atteindre les limites du corps. Non content de bouleverser la société japonaise, Oshima filme une passion absolue, jusqu’au-boutiste, métaphysique. »  Par Hervé Aubert

12/ Watchmen – Les Gardiens

Réalisé par Zack Snyder.

Avec Patrick Wilson, Jackie Earle Haley, Malin Akerman, Matthew Goode, Jeffrey Dean Morgan, Billy Crudup et Carla Cugino.

Synopsis : Aventure à la fois complexe et mystérieuse sur plusieurs niveaux, Watchmen – Les Gardiens – se passe dans une Amérique alternative de 1985 où les super-héros font partie du quotidien et où l’Horloge de l’Apocalypse -symbole de la tension entre les États-Unis et l’Union Soviétique- indique en permanence minuit moins cinq. Lorsque l’un de ses anciens collègues est assassiné, Rorschach, un justicier masqué un peu à plat mais non moins déterminé, va découvrir un complot qui menace de tuer et de discréditer tous les super-héros du passé et du présent. Alors qu’il reprend contact avec son ancienne légion de justiciers -un groupe hétéroclite de super-héros retraités, seul l’un d’entre-eux possède de véritables pouvoirs- Rorschach entrevoit un complot inquiétant et de grande envergure lié à leur passé commun et qui aura des conséquences catastrophiques pour le futur. Leur mission est de protéger l’humanité… Mais qui veille sur ces gardiens ?

On en retient quoi ? : « Dans l’outrance généralisée – mais toujours intelligente – que propose Zack Snyder dans son Watchmen (2009), la scène de sexe entre les personnages du Hibou et du Spectre Soyeux ne déroge pas à la règle. Une séquence de répit pour nos héros qui s’octroient un moment de calme avant la tempête, où les effusions sexuelles précèdent les effusions de sang à venir. À bord de leur vaisseau, surplombant la ville comme pour mieux signifier que ce moment d’intimité est hors du temps, mais surtout de l’espace, le couple fait tomber le masque. Au sens littéral, puisqu’ils se dévêtissent à la vitesse de l’éclair, mais surtout métaphorique car ils n’avaient jamais réussi à franchir le pas sans leur uniforme derrière lequel ils se cachent, tout en se sentant enfin eux-mêmes. Le tout est orchestré sur fond d’un « Hallelujah » de Leonard Cohen désacralisé, détruit par cet acte ô combien pécheur, mais révélateur de leur mal-être et de leur quête identitaire. Pourtant, l’alchimie semble parfaite, et il ne manquait qu’un gros bouton rouge déployant un geyser de flammes sorties d’entre les yeux du hibou mécanique pour sublimer ce tableau volontairement grossier, devant lequel on hésite entre s’offusquer et crier au génie. »  Par Jules Chambry

11/ Possession

Réalisé par Andrzej Zulawski.

Avec Isabelle Adjani, Sam Neill, Margit Carstensen et Heinz Bennent.

Synopsis : Rentrant d’un long voyage, Marc retrouve à Berlin sa femme Anna et son fils, Bob. Mais rapidement, il se rend compte que le comportement de sa femme a changé. Prise de violentes crises, elle quitte le domicile. L’amie du couple, Annie, révèle à Marc le nom de l’amant d’Anna, Heinrich. Lorsqu’elle disparaît, Marc engage un détective qui découvre bientôt qu’Anna s’est réfugiée dans une étrange demeure où semble se cacher une créature surgie des ténèbres.

On en retient quoi ? : « Tomber sur sa femme en plein ébats avec son amant, voilà quelque chose de très désagréable. Ce n’est d’ailleurs pas Sam Neill qui vous dira le contraire, surtout quand on voit la tronche de l’amant de sa compagne. Dans Possession, Zulawski parle d’un couple qui périclite au sein d’une ville, elle-même tiraillée en deux. Entre les éructations lyriques et hystériques du couple, une scène marque particulièrement les esprits. C’est celle de Mark le mari trompé qui se retrouve dans cet appartement insalubre et découvre l’adultère de sa femme, Anna de ses yeux. Un adultère consommé non pas avec un autre homme, mais une bête tentaculaire et visqueuse. C’est à ce moment là et l’image de l’angélique Isabelle Adjani pénétrée par ce monstre que le titre Possession prend toute son ampleur, et laisse le pauvre Sam Neill impuissant devant cette vision cauchemardesque annonçant un avenir funeste. » Par Maxime Thiss

10/ Hypertension

Réalisé par Mark Neveldine et Brian Taylor.

Avec Jason Statham, Amy Smart, Jose pablo Cantillo et Efren Ramirez.

Synopsis : Chev Chelios est un tueur à gages qui n’a pas rempli un banal contrat : la veille, il a en effet raté sa cible. Et ce matin-là, Chev est réveillé par un coup de téléphone de bien mauvais augure. A l’autre bout du fil, le malfrat Ricky Verona lui apprend qu’il a été empoisonné dans son sommeil et qu’il ne lui reste qu’une heure à vivre…
Désormais, Chelios ne doit surtout pas rester immobile – sous peine de mourir d’un instant à l’autre : il lui faut stimuler son adrénaline pour empêcher le poison de provoquer un arrêt cardiaque. Dans une terrible course contre la montre, Chev parcourt les rues de Los Angeles, n’hésitant pas à affronter ceux qui osent se mettre en travers de sa route. Il n’a dorénavant d’autre choix que de trouver l’antidote lui permettant d’échapper à une mort certaine…

On en retient quoi ? : « Probablement ce qui se rapproche le plus du plaisir coupable dans cette liste. Hypertension (Crank) met Jason Statham dans une situation aussi délirante que grotesque. Victime d’un empoisonnement, le tueur à gage doit, s’il veut survivre, remonter son taux d’adrénaline à intervalle régulier. Après moult situations dopantes à base d’action et d’humour cartoon, la logique des deux réalisateurs culmine dans cette séquence de coït à la beauferie assumée. Assumant le jusqu’au boutisme grotesque de son corps de héro d’action, Statham s’en donne a cœur joie dans ce petit moment de débilité crasse. Tout de même malins dans leur démarche, Neveldine et Taylor jouent avec la posture voyeuriste d’un public faussement outré qui en redemande. Astucieux, même si un peu gênant avec du recul. »  Par Vincent B. 

9/ Nymphomaniac

Réalisé par Lars Von Trier.

Avec Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgard, Stacy Martin, Shia Labeouf, William Defoe et Uma Thurman.

Synopsis : La folle et poétique histoire du parcours érotique d’une femme, de sa naissance jusqu’à l’âge de 50 ans, racontée par le personnage principal, Joe, qui s’est auto-diagnostiquée nymphomane. Par une froide soirée d’hiver, le vieux et charmant célibataire Seligman découvre Joe dans une ruelle, rouée de coups. Après l’avoir ramenée chez lui, il soigne ses blessures et l’interroge sur sa vie. Seligman écoute intensément Joe lui raconter en huit chapitres successifs le récit de sa vie aux multiples ramifications et facettes, riche en associations et en incidents de parcours.

On en retient quoi ? : « L’œuvre de Lars Von Trier est remplie de scènes de sexe crues, parfois loufoques. Elle explore en effet l’apprentissage sexuel de Joe, auto-diagnostiquée nymphomane. Le réalisateur offre une vision nihiliste mais néanmoins intéressante de ce thème, en le représentant comme nul autre. Nous retiendrons par exemple la scène de sa première fois, avec son premier – et seul – amour, qui reviendra comme un écho beaucoup plus tard dans le film. Un écho sombre qui s’éteindra cruellement, revenant hanter la protagoniste principale des chiffres 3+5… »  Par Flora Sarrey

https://www.youtube.com/watch?v=p_LEq5ALHNM

8/ Love

Réalisé par Gaspar Noé.

Avec Karl Glusman, Aomi Muyock et Klara Kristin.

Synopsis : Un 1er janvier au matin, le téléphone sonne. Murphy, 25 ans, se réveille entouré de sa jeune femme et de son enfant de deux ans. Il écoute son répondeur. Sur le message, la mère d’Electra lui demande, très inquiète, s’il n’a pas eu de nouvelles de sa fille disparue depuis longtemps. Elle craint qu’il lui soit arrivé un accident grave. Au cours d’une longue journée pluvieuse, Murphy va se retrouver seul dans son appartement à se remémorer sa plus grande histoire d’amour, deux ans avec Electra. Une passion contenant toutes sortes de promesses, de jeux, d’excès et d’erreurs…

On en retient quoi ? : « Il y a quelque chose de divin dans la manière que Gaspar Noé a de filmer les corps en extase. Une poésie visuelle. Un opéra tragique dont la voix ferait trembler les cœurs. Les couleurs magnifiques, souvent rouges, mettent en scène une passion débordante. Violence et sensualité se mêlent pour proposer au public quelque chose de rarement vu au cinéma. La caméra de Gaspar Noé filme l’alchimie naturelle des corps sans artifice, sans jeu ni simulation. Les scènes de sexe ont le mérite d’être réalistes mais surtout de sublimer l’acte. Comme à son habitude, le réalisateur flirte avec les tabous pour offrir au cinéma ce qu’il y a de plus beau. Des coïts de couple aux plans à trois, il choisit souvent de capturer les scènes d’en haut pour faire de ce qui se déroule sur nos yeux, un tableau rempli de désir. Quand on sait que le film suit autant les méandres d’une relation que ceux des corps nus, on ne peut que d’autant plus apprécier cette fresque sexuelle aussi mélancolique que romantique. Que Gaspar Noé continue à être provocateur si c’est pour porter sur grand écran de tels chefs d’oeuvre visuels.»  Par Gwennaëlle Masle

7/ Moonlight

Réalisé par Barry Jenkins.

Avec Alex R. Hibbert, Ashton Sanders, Trevante Rhodes et Mahershala Ali.

Synopsis : Après avoir grandi dans un quartier difficile de Miami, Chiron, un jeune homme tente de trouver sa place dans le monde. Moonlight évoque son parcours, de l’enfance à l’âge adulte

On en retient quoi ? : « Moonlight est un drame intime d’une extrême délicatesse, en témoigne sa scène de sexe. Sur une plage de Miami, sous un clair de lune aux reflets bleus, Chiron a sa première expérience sexuelle avec un ami d’enfance, Kevin. D’abord sur la défensive, ayant peur de dévoiler son homosexualité, l’adolescent laissera finalement tomber sa tête sur l’épaule de son premier amour. En choisissant de ne montrer les deux garçons que de dos ou alors juste la main de Chiron qui se referme sur le sable, le film préserve ainsi la délicatesse de ce premier émoi amoureux de même que la pudeur de ce personnage si réservé et délivre une scène d’une beauté bouleversante. »  Par Perrine Mallard

https://www.youtube.com/watch?v=fC0OyHMpP1I

6/ Mulholland Drive

Réalisé par David Lynch.

Avec Naomi Watts, Laura Harring, Justin Theroux et Ann Miller.

Synopsis : A Hollywood, durant la nuit, Rita, une jeune femme, devient amnésique suite à un accident de voiture sur la route de Mulholland Drive. Elle fait la rencontre de Betty Elms, une actrice en devenir qui vient juste de débarquer à Los Angeles. Aidée par celle-ci, Rita tente de retrouver la mémoire ainsi que son identité.

On en retient quoi ? : « Dans Mulholland Drive, la scène d’intimité partagée entre Betty et Rita cristallise la tension sexuelle qui les relie. Betty aide Rita à se souvenir de qui elle est, et les deux vont vivre une aventure inédite ensemble. Le moment semble irréel, comme suspendu dans le temps, caractéristique du rêve qu’elles sont en train de vivre. La musique d’Angelo Badalamenti sublime le tout et la réalisation discrète de David Lynch renforce la beauté de l’instant. »  Par Flora Sarrey

5/ Basic Instinct

Réalisé par Paul Verhoeven.

Avec Michael Douglas, Sharon Stone, Jeanne Tripplehorn et George Dzundza.

Synopsis : Nick Curran, inspecteur de police à San Francisco, enquête sur le meurtre d’une star du rock, Johnny Boz, tué de trente et un coups de pic à glace par une inconnue alors qu’il faisait l’amour. Nick apprend que le chanteur fréquentait Catherine Tramell, riche et brillante romancière. Au cours de son enquête, il s’aperçoit que les parents de Catherine sont morts dans un accident suspect, que son professeur de psychologie a été assassiné dix ans plus tôt à coups de pic à glace et qu’enfin, une de ses meilleures amies a, en 1956, tué ses trois enfants et son mari.

On en retient quoi ? : « Le public se souvient de manière implicite et quasi instantanée de la scène de l’interrogatoire : Sharon Stone, face à des policiers à cran, habillée d’une robe moulante, croisant et décroisant ses jambes, laissant entrevoir l’absence de sous-vêtement. Pourtant, il ne faut pas réduire Basic Instinct à cette seule scène, aussi culte soit elle. Car dans ce thriller érotique empli de tension sexuelle, les scènes torrides ne se limitent pas qu’à une glorification des corps. Bien sûr, la scène « maîtresse » entre Douglas et Stone, d’une sensualité et douceur sans égal, est la définition même de l’érotisme, de la manifestation d’une passion charnelle. Mais il ne faut pas pour autant oublier la brutalité et la bestialité du coït à la limite du viol entre le personnage principal et Jeanne Tripplehorn, la relation du début se terminant dans un bain de sang, ou tout simplement une danse explicite entre Stone et une autre demoiselle. Paul Verhoeven, grand professionnel des intrigues malsaines où le spectateur ne peut ni s’appuyer ni s’accrocher au moindre repère dit moralement bon, a encore frappé ! »  Par Kévin Beluche

4/ A History of Violence

Réalisé par David Cronenberg.

Avec Viggo Mortensen, Maria Bello, Ed Harris et William Hurt.

Synopsis : Tom Stall, un père de famille à la vie paisiblement tranquille, abat dans un réflexe de légitime défense son agresseur dans un restaurant. Il devient alors un personnage médiatique, dont l’existence est dorénavant connue du grand public…

On en retient quoi ? : « *spoiler alert* Edie (Maria Bello) et Tom Stall (Viggo Mortensen) mènent une vie tranquille dans une petite ville de l’Indiana. Soudain, un événement inattendu vient bouleverser leur routine et fait resurgir le passé de Tom Stall, qui est en réalité Joey Cusack, un ancien chef de gang. Quand la vérité éclate, Edie se sent trahie : elle a épousé un criminel, et réalise que toute sa vie est un mensonge, une vaste imposture. Une dispute décisive éclate : Edie frappe son mari, Tom prend violemment sa femme dans les escaliers, l’étrangle. Ils se battent, puis l’affrontement se transforme en scène de sexe enragée où transparaît leur passion, mais aussi toute l’ambiguïté de la situation : d’un côté, Tom la retient car il l’aime et redoute de la perdre, mais il montre son vrai visage et laisse sa nature s’exprimer, cette violence viscérale. Il tombe le masque. De l’autre, Edie le rejette mais ne peut pas résister car elle l’aime aussi, mais le hait, justement car elle est condamnée à l’aimer. Comment pardonner, comment réparer ? Cette scène, qui est à la fois une scène de rupture et de réconciliation, cristallise tous les enjeux de l’intrigue et exprime à la perfection le basculement d’un couple dans une spirale infernale où toute forme de communication semble impossible. Magistral. »  Par Marushka Odabackian

3/ Team America – Police du Monde

Réalisé par Trey Parker et Matt Stone.

Avec Trey Parker, Matt Stone, Phil Hendrie et Kristen Miller.

Synopsis : Team America est une unité d’élite qui se bat sous toutes les latitudes pour assurer notre sécurité. Apprenant qu’un dictateur mégalo s’apprête à livrer des armes de destruction massive à une organisation terroriste, le groupe se lance une fois de plus dans la bataille…

On en retient quoi ? : « Tourné intégralement avec des pantins comme seuls protagonistes, Team America se veut un grand doigt levé à la face des blockbusters d’action américain. Il faut dire que ses réalisateurs, Trey Parker et Matt Stone (qui sont également les créateurs de la cultissime série South Park) sont des habitués de la subversion et de la satire. Aussi est-il évident qu’une scène de sexe dans un tel film se doive d’être exceptionnelle autant que subversive pour marquer les esprits ; de la même manière que les scènes de sexe centrales des blockbusters servent à réveiller et exciter les spectateurs pour la suite du film. Préparez-vous donc à un montage de deux minutes de plans montrant les deux personnages principaux du film, Gary Johnston et Lisa, dans toutes les positions qui vous viennent à l’esprit en ce moment. Mais qui dit Matt Stone et Trey Parker, dit aussi insolence et humour cinglant.. Aussi, après avoir vu deux pantins passer du missionnaire à la petite cuillère, en passant par la levrette, l’amazone et le 69, aurez-vous le plaisir de les voir culminer dans la scatophilie. La séquence, sublimée par une chanson ô combien satirique de Trey Parker « Only a Woman », s’achève sur de belles paroles d’amour. Une conclusion parfaite pour une séquence crescendo humoristique culte. » Par Jean-Pierre Horckman

https://www.youtube.com/watch?v=P38zPRV7kY0

2/ Black Swan

Réalisé par Darren Aronofsky.

Avec Natalie Portman, Mila Kunis, Vincent Cassel et Winona Ryder.

Synopsis : Rivalités dans la troupe du New York City Ballet. Nina est prête à tout pour obtenir le rôle principal du Lac des cygnes que dirige l’ambigu Thomas. Mais elle se trouve bientôt confrontée à la belle et sensuelle nouvelle recrue, Lily…

On en retient quoi ? : « Une scène de sexe entre femmes, et entre deux bombes qui plus est, c’est le summum de l’action érotogène. Une telle scène est visible dans Black Swan de Darren Aronofsky, un des films marquants de l’année 2010. Le Cygne noir (Mila Kunis) et le Cygne blanc (Natalie Portman) donnent de leur personne dans une scène qui dure plus de 2 minutes. Amies dans la vie, les deux actrices ont avoué avoir eu encore plus de mal à la tourner, cette fameuse scène. Mais Aronofsky étant Aronofsky, les choses ne sont jamais aussi limpides. C’est l’art et non pas la gaudriole qui est toujours au centre de son propos, ou plus précisément les affres de l’artiste, et il nous en a encore fait une démonstration gratinée avec le récent Mother. Du coup, ce qu’on croit voir n’est pas ce qui est vraiment. Ou pas tout à fait. L’ensemble de la fameuse scène est nimbé d’une tension psycho-névrotique où l’une des deux protagonistes a des hallus en plein climax, tandis que l’autre a une sorte de regard maléfique digne des pires série B pour ados. Sauf si on la regarde hors contexte, comme dans le cadre d’un site porno, par exemple, le potentiel érotique de cette scène s’en trouve alors diminué. »  Par Beatrice Delassale

https://www.youtube.com/watch?v=i1VHbJ1EF-0

1/ Her

Réalisé par Spike Jonze.

Avec Joaquin Phoenix, Amy Adams, Olivia Wilde, Rooney Mara et Scarlett Johansson.

Synopsis : Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l’acquisition d’un programme informatique ultramoderne, capable de s’adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de ‘Samantha’, une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…

On en retient quoi ? : « Her est une réflexion belle et sincère sur la nature de l’amour entre êtres humains, le vrai. Et si nous ne devions retenir qu’une seule séquence teintée d’érotisme, notre choix se porterait sans aucun doute sur la scène 2.0 du film. Il s’agit du moment où les deux protagonistes, Theodore et Samantha, font pour la première fois l’amour virtuellement. A la fois belle et profondément dérangeante, cette séquence nous montre les deux amants partageant un moment d’intimité maximale, simplement grâce à la voix. Cette séquence résume parfaitement toute la trame de ce drame romantique. Une expérience sexuelle unique, qui révèle en un instant, toute la solitude de l’homme. »  Par Mégane Bouron

 

Ric Roman Vaughn : réalisateur sous haute tension

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Alors que l’excellent Shot Caller vient tout juste de débarquer dans les rayons DVD/Blu-Ray, Cineseries a voulu profiter de l’occasion pour mettre un petit coup de projecteur sur son réalisateur, Ric Roman Waugh. Un nom qui ne dira surement rien à la plupart d’entre vous, y compris à ceux qui ont eu l’occasion de voir l’un de ses films précédents. Pourtant, en l’espace de trois films bien espacés sur une petite dizaines d’années, le bonhomme a parvenu à poser les jalons d’une voix et une patte immédiatement reconnaissables dans le paysage cinématographique U.S. Avant qu’il ne parte faire n’importe quoi pour Millénium films avec le futur Angel has Fallen, retour sur la filmo d’un cinéaste trop rare.

On pourrait mesurer la crise traversée par le cinéma «mid-section » aux U.S.A à l’aune des cinéastes passant totalement sous le radar, noyés dans les catalogues de VOD pléthoriques au sein desquels il est quasiment impossible de faire valoir sa singularité. Ric Roman Waugh est de ceux-là. Depuis une petite dizaine d’années maintenant, le monsieur (ex-cascadeur de son état) bâtit une œuvre dont les qualités évidentes et la cohérence indiscutable aurait dû interpeller. Pourtant, ni Felon, ni Infiltré et ni Shot Caller aujourd’hui n’ont semble-t-il incité grand-monde à plisser les yeux pour lire le nom du réalisateur crédité au générique, et encore moins à consulter sa fiche IMDB. Il faudra probablement attendre la sortie d’Angel has fallen (troisième opus de la saga initiée par La chute de la Maison-Blanche) pour avoir l’occasion de lire quelques lignes sur le réalisateur « qui avait fait le truc là avec The Rock » en parlant d’Infiltré. Ce qui est, pour parler poliment, fort dommage.

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Ric Roman Waugh et Dwayne Johnson, sur le tournage d’Infiltré.

Interdit à la TV

Après deux films passés à la trappe (Exit en 1996 et In the shadows en 2001, le premier étant signé du pseudo Alan Smithee), Ric Roman Waugh met véritablement en place son univers avec Felon en 2008. A partir de là, son cinéma tournera autour de tout ce que l’Amérique n’aime pas mettre en avant. Les QHS qui alimentent la violence des détenus, les narcos qui pullulent dans les rues et derrière les commerces aux allures tranquilles, les flics borderlines qui essaient de les arrêter, les fraternités aryennes dont la chaîne de commandement commence en prison pour terminer dans les caravanes de méthadone des banlieues white trash… Bref, tout ce qui peut prospérer derrière la façade avenante d’un pays et former une société de l’ombre, un monde dans un monde qui fonctionne selon des codes que ne possèdent pas les Average Joe amenés à arpenter malgré eux ces territoires interdits. Il y a quelque chose de profondément Kafkaïen chez Waugh, dont les héros, parfaites incarnations des images d’Epinal d’une Amérique qui se lève tôt, travaille dur et réussit socialement, voient brutalement leurs univers se dérégler du tout au tout à la faveur d’un événement fondateur. Le meurtre involontaire d’un cambrioleur, qui envoie le personnage de Stephen Dorff en prison dans Felon. Le fils de Dwayne Johnson dans Infiltré victime d’une erreur judiciaire et de l’acharnement du procureur, qui le force à mettre sa vie et son entreprise en danger. Un accident de voiture qui contraint le cadre sup’ incarné par Jaime Lannister (euh pardon, Nikolaj Coster-Waldau) à rejoindre un gang neonazi pour survivre dans le pénitencier dans lequel il doit purger sa peine avec Shot CallerAutant d’individus lambda qui n’avaient rien demandé à personne, subitement jetés dans les mâchoires d’un système ubuesque qui les bouffe corps et biens, sans leur ménager d’issue.

Car c’est là que réside toute la valeur du travail de Waugh par rapport à ses confrères. Si le cinéma américain ne manque pas de réalisateurs/scénaristes désireux d’explorer ce que l’Amérique peut compter de marges underground, peu peuvent se targuer de pouvoir le faire à sa façon. C’est-à-dire sans filtre auteurisant susceptible de fournir des clés de lecture pour comprendre une réalité avec laquelle il n’entretiendrait qu’un rapport théorique; sans thématique oralisée toutes les cinq minutes pour rendre ce qu’il filme plus supportable par rapport à la zone de confort d’un spectateur qui se rassure en intellectualisant ce qu’il regarde; sans le spectre d’influences filmiques cannibalisant la réalité qu’il essaie de mettre à jour. Et donc sans le prisme médiatique sur lequel la société spectacle fait son beurre,  à force d’infotainment et de reportages dits en immersion qui prennent soin de rester à la surface. Bref, tout ce qui confronte le public à un monde auquel la majorité n’est pas habituée sans jamais lui lâcher la main. Ric Roman Waugh, lui, ne traite pas son spectateur en enfant qu’on emmène au zoo:  il le fout dans la cage aux lions et jette la clé à la flotte. Dans une société de transparence généralisée ou les réalités se déréalisent à force d’exposition, les films du réalisateur sonnent comme des piqures de rappel et d’effroi, brutales et sans concessions.

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Le vétéran garde un oeil sur le nouveau

Et si c’était moi ?

A cet égard, il convient de rappeler le premier acte de Felon pour mesurer le sentiment d’oppression qui s’empare de nous alors que le héros joué par Stephen Dorff, se retrouve propulsé de façon toujours plus en avant dans le cauchemar pénitentiaire. De fil en aiguilles et de coïncidences en absurdités, le héros finit par appartenir à un monde dont il n’avait pas connaissance, ou du moins dont il n’avait pas conscience. La crédibilité de sa situation, l’impuissance face à sa descente aux enfers est précisément ce qui suscite l’identification au personnage. Plus encore que sa relation avec sa femme et sa fille, c’est l’angoisse viscérale et universelle de sentir le sol sur lequel on marche tous les jours se dérober sous nos pieds, de voir le contrat social rousseauiste partir en fumée. Ce sentiment d’être confiné à l’intérieur d’un espace sans frontière morale, de se retrouver à la merci de la loi de la jungle et des fauves qui y évoluent, sans y être préparé.

De fait, les films de Ric Roman Waugh sont des expériences profondément sensitives dans leurs propensions à épurer la fiction des éléments susceptibles de jeter une bouée au spectateur désireux de se raccrocher à ses certitudes. Son cinéma a pour vocation de nous laisser seul face à cette question : « Et si c’était moi ? ». L’empathie chez Waugh fonctionne avant tout sur la peur primale engendrée par la situation des personnages, résonnant ainsi de ce que notre inconscient a refoulé en espérant ne jamais y être confronté. Sa mise en scène est à l’avenant, reprenant à son compte les canons formels en vigueur depuis Paul Greengrass lorsqu’il s’agit de faire vrai en émulant les codes du documentaires (caméra à l’épaule, montage très cut, cadrages cassant la distance avec les protagonistes…). Ainsi, sa réalisation élimine toute tentation de subjectivité dans son récit (en apparence) pour mieux mettre en exergue le contraste entre son personnage principal et l’univers dans lequel il se retrouve projeté. Ses films accentuent l’inquiétude dans cette volonté d’adopter un regard quasi anthropologique pour mettre en évidence les mailles du réseau que le spectateur (et le personnage) ne voient jamais. Ce faisant, la démarche de Ric Roman Waugh peut renvoyer sous certains aspects au cinéma de Michael Mann, qui partage avec lui cette propension à observer un système à travers un objectif macroscopique pour en définir les tenants et les aboutissants. A la différence toutefois que le cadre narratif et les ambitions thématiques et formelles sont moindres chez Waugh, qui n’a pas l’envergure conquérante du réalisateur de Miami Vice. Chez lui, ce système est constamment ramené au fil rouge de cet individu broyé par la machine, qui découvre à côté de chez lui un monde dont il ne découvrait pas l’existence. Et comme chez Mann, Waugh dévoile des visages que l’on jamais et transfigure des acteurs que l’on pensait connaître (Val Kilmer, Barry Pepper, Jeffrey Donovan…).

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Dwayne Johnson pas très à l’aise dans les réunions tupperware

Instinct de survie

De fait, ce sentiment qui s’exprime particulièrement dans le traitement de ses personnages. Dans une interview récente, David Fincher relatait la remarque que lui avait faite un ami concernant sa fabuleuse série Mindhunter : « D’habitude, dans les séries TV, les personnages sont toujours confrontés à une situation qu’ils sont les plus à même de résoudre. Pas chez toi. ». On pourrait dire la même chose des films de Ric Roman Waugh, dont les personnages ne sont jamais taillés pour la situation qu’ils vont affronter, ni ne trouvent leur place dans le récit à la faveur d’aptitudes préalables. Comme par exemple de Tim Robbins dans Les évadés, qui finira par mettre ses talents de comptable à profit pour gagner sa place dans le pénitencier. A l’inverse, quand Waugh fait appel à Dwayne Johnson pour jouer le père de famille d’Infiltré ce n’est pas sur la base ni de son passif de héros bigger than life ni de sa carrure hors norme. Il suffit d’une scène au cours de laquelle le rocher se fait tabasser par quelques thugs anonymes pour nous faire comprendre que la panoplie d’action hero du monsieur ne sortira pas du vestiaire. Contraint de fricoter avec des gangsters sous surveillance judiciaire pour sauver le fils qu’il a délaissé d’une longue peine de prison, Johnson n’est jamais dans le film le personnage qu’on a pris l’habitude de voir sur grand-écran. Même si son personnage finit par jouer du fusil pour sauver sa peau, jamais son attitude ne se révèle déterminante pour la grande histoire. Certes, il finit par sauver son fils de prison, mais son action ne remet pas en question le système dans lequel il évolue, à l’instar de Felon. Tout The rock qu’il est, il ne peut agir que sur son petit monde, sans vraiment faire trembler les fondements d’un édifice qui se poursuivra sans lui.

Toutefois, ne nous méprenons pas : aussi impréparés soient-ils, les personnages de Ric Roman Waugh finissent toujours par s’adapter à leur environnement. Seulement, ce processus qui ne s’effectue jamais dans un mécanisme narratif qui justifie des talents que le héros parvient à recycler dans cette réalité. Chez Waugh, la résilience des personnages est constamment ramenée à leurs instincts primaires. Instinct de conservation pour protéger les leurs, et se retrouver dans les situations peu enviables dans lesquelles ils sont contraints d’évoluer. Instinct de survie dans lequel ils arrivent à puiser ce que leur nouveau chez-eux exige de leur part. Il s’agit là encore d’un sentiment purement viscéral, qui les amène à s’aventurer dans des zones profondément enfouies dans l’animal social, qui altèrent profondément leur être. Il n’y a jamais de retour en arrière chez Waugh, même lorsque le déroulement des choses débouche sur un happy-end de façade. Comme le dit Val Kilmer à Stephen Dorff dans Felon « Tu n’es plus le même, accepte-le ». C’est peut-être la partie la plus transgressive de son cinéma, celle de dire que notre identité et notre essence sont deux choses différentes, l’une étant dépendante de facteurs hautement aléatoires. Si Felon et Infiltré se concluaient sur des dénouements qui permettaient de relativiser la noirceur du propos, le cinéaste se donne pour la première fois les moyens d’aller jusqu’au bout de son idée dans Shot Caller. Car contrairement aux précédents, le personnage principal refuse de retourner dans le giron familial, malgré l’insistance de sa femme. A la fois pour la protéger de son nouveau milieu, mais aussi de lui-même, alors qu’il est devenu l’un des piliers d’une organisation criminelle de grande ampleur.

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John Bernthal et Nikolaj Coster-Waldau, sur la voie de la réinsertion

Roi sans couronne

Il convient d’ailleurs de terminer sur ce dernier film, qui réduit le programme vendu par sa bande-annonce (soit la transformation d’un M. Tout le monde lors de son passage dans une prison de haute sécurité) à sa portion finalement congrue (environ une demi-heure de métrage). Soucieux de ne pas se répéter, Waugh n’essaie pas de refaire Felon, qui avait déjà bien traité de la question en 2008. Pour la première fois dans la carrière du réalisateur, le personnage ne rentre pas dans la jungle pour en ressortir à la fin. Ici, Jacob Harlon, désormais surnommé « Money » reste là dans ce milieu qui finit par vampiriser son identité (jusqu’à ses tatouages, marquages sociales et judiciaires révélateurs de sa position hiérarchique dans ce monde, à l’instar de Viggo Mortensen dans Les promesses de l’aube). De fait, Shot Caller emprunte moins au genre du « prison flick » qu’au film de gangster, contant une authentique ascension criminelle à travers la transformation du personnage de Coster-Waldau. Au travers de cette trajectoire narrative inattendue, Waugh bouscule pour la première fois les limites de son cinéma et s’aventure même sur le terrain de la mythologie. Car ce n’est plus des sociétés parallèles que doivent arpenter les personnages, mais un royaume de l’ombre dont la conquête constitue la seule possibilité de survie pour le héros, contraint de devenir roi pour ne pas tomber victime. Au détour de quelques images saisissantes (ces détenus mis à l’isolement dans des cages installés sur des terrains s’étendant à perte de vues et surveillées par des gardiens),Waugh parvient même à cristalliser visuellement un propos ancré dans une réalité délétère, mais qui prend une toute autre ampleur à l’aune de la trajectoire du personnage principal. Ce faisant, Shot Caller comme les précédents films du cinéaste (mais de façon plus prononcée, jusqu’au-boutisme oblige) ne fait pas le portrait d’une Amérique malade, dont l’utopie se dispute aux vices. C’est sa nature même que dépeint Waugh, qui sort sa dimension profondément chaotique des marges dans lesquelles elle s’exprime pour en faire un élément fondateur du territoire.

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Les comités de bienvenue, c’est plus ce que c’était

On le voit, l’évolution qui ne contrarie en rien l’essence du cinéma de Vaughn, dont les ambitions n’altèrent en rien l’intégrité peu soucieuse de rassurer le spectateur (on est moins sûr en revanche de la manière dont il va réussir à préserver ça dans Angel has fallen…) Car si le personnage bouleverse le système, c’est pour en prendre les commandes. Pas pour le changer ni le faire imploser, mais le diriger à l’aune de celui qu’il est devenu. L’irréversible n’est jamais d’une nature conciliante, et l’humain est la seule donnée qui n’est pas inaltérable dans le paradigme. C’est ça, la réalité de Ric Roman Waugh.

Death House : le film d’horreur indépendant au casting phénoménal débarque le 23 février aux USA

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Death House, le film d’horreur indépendant du réalisateur américain B. Harrison Smith (Camp Dread, Garlic and Gunpowder), s’apprête à bénéficier d’une sortie dans les salles de cinéma, lors du week-end du 23 février 2018, aux USA.

Les prisonniers du pénitencier de haute sécurité du film Death House ont donc vu leur peine prolongée ! La sortie de ce long-métrage d’horreur indépendant, signé Harrison Smith, était en effet initialement prévue pour le 26 janvier 2018 aux Etats-Unis. A la fin du mois de décembre 2017, les équipes du film ont donc annoncé une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise était le décalage de la date de sortie du film dans les salles obscures américaines. La bonne concernait l’extension du nombre de salles et de villes ciblées.

Les fans d’horreur, de cinéma de genre et des grands classiques des années 1980 et 1990 pourront donc découvrir Death House dès le vendredi 23 février 2018 au cinéma aux USA. Le film sera visible dans un grand nombre de salles, dans les multiplexes Regal Cinemas et CineMark. Death House sera notamment projeté à New York, Los Angeles, Houston, Philadelphie, Chicago, Atlanta, San Diego, Detroit, Minneapolis, Seattle, Denver, Miami, Orlando, Cleveland, Baltimore, Las Vegas, Washington, San Antonio ou bien encore Phoenix. Plus d’une centaine de copies sont prévues à travers tout le pays. Cette sortie en salles est menée en partenariat avec Hannover House et Medallion Releasing. Des soirées prestigieuses et une avant-première avec le fameux tapis rouge seront d’ailleurs programmées aux dates suivantes : le 22 février au Bruin Regency à Los Angeles, le 23 février au Regal E-Walk à New York et le 24 février au Stroud Mall Cinemark en Pennsylvanie. Death House va également bénéficier d’une sortie en vidéo et en vidéo à la demande en partenariat avec Sony Pictures Home Entertainment à partir du mois de juin 2018 aux USA !

Si vous souhaitez soutenir le cinéma indépendant américain, et que vous n’en pouvez plus des licences de super-héros à la manière de Jodie Foster, si vous sentez que les films d’horreur récents s’essoufflent et que vous voulez replonger avec nostalgie dans les franchises cultes de votre adolescence grâce aux acteurs légendaires de cette période bénie aux USA, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire, si vous résidez en Amérique ou si vous avez le bonheur de vous trouver en vacances sur le territoire américain à cette période ! La séance de Death House risque de s’apparenter à une sacrée session d’ascenseur émotionnel et à une véritable montagne russe horrifique ! Le long-métrage a été classé « » !

Harrison Smith a voulu porter avec Death House un projet original et de qualité avec un jeu d’acteur digne. Le réalisateur a tenu à rendre un hommage poignant à Gunnar Hansen avec ce long-métrage. L’inoubliable interprète de Leatherface dans le tout premier Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, Gunnar Hansen, est en effet à l’origine de l’idée du film. Il a malheureusement été emporté par un cancer en novembre 2015. Le film est produit par Rick Finkelstein et Steven Chase pour le compte d’Entertainment Factory.

Il sera intéressant de savoir et de découvrir à travers le making-of et les commentaires audio comment Harrison Smith est parvenu à réunir et à convaincre tous les participants de ce casting exceptionnel. Death House regroupe de véritables légendes vivantes du cinéma de genre aux yeux de tous les mordus d’horreur :  Kane Hodder (Vendredi 13 : VII, VIII, Jason va en enfer, Jason X), Tony Todd (Candyman), Dee Wallace (E.T., Hurlements), Barbara Crampton (Re-Animator, From Beyond), Debbie Rochon (Terror Firmer, Tromeo and Juliet), Adrienne Barbeau (The Fog, Creepshow), Bill Moseley (Massacre à la tronçonneuse 2, The Devil’s Rejects), Michael Berryman (La Colline a des yeux), Lloyd Kaufman (les studios Troma), Sid Haig (La maison des 1 000 morts, The Devil’s Rejects), Vernon Wells (Mad Max 2, Commando), Felissa Rose (Massacre au camp d’été), Kenny Ray Powell, Cody Longo, Cortney Palm, Lindsay Hartley (Smallville), R.A. Mihailoff (Massacre à la tronçonneuse 3), Beverly Randolph (Le retour des morts-vivants) ou bien encore Sean Whalen (Twister, Le sous-sol de la peur).  Death House tendrait donc, avec son casting hallucinant, à confirmer l’adage : « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures » !

Harrison Smith et les équipes de The Dorkening ont dévoilé il y a quelques mois que des contacts avaient bien eu lieu avec d’autres légendes de l’horreur mais que des problèmes de calendrier et des obligations de tournage avaient empêché les comédiens Robert Englund, Bruce Campbell et Bianca Bradey de rejoindre l’équipe de Death House. Ils pourraient participer en revanche aux suites éventuelles si leurs emplois du temps respectifs le permettaient à l’avenir !

De nombreuses rédactions ont pu laisser un faux espoir aux fans, qui attendaient un film de monstres légendaires avec Death House, en relayant des informations erronées au sujet des premiers échos du projet. La seule surprise, dévoilée il y a de nombreux mois dans la bande-annonce, sera la présence d’un Leatherface au féminin, qui devrait être incarnée par Debbie Rochon (effets gores garantis). Ce personnage déjanté devrait servir d’hommage à Gunnar Hansen et à sa participation dans le cultissime Hollywood Chainsaw Hookers de Fred Olen Ray.

Les spectateurs suivront donc l’immersion surréaliste de deux jeunes agents du FBI dans les entrailles d’une prison fédérale qui accueille les pires criminels de la planète, au cœur de la fameuse « zone 51 ». Les prisonniers les plus violents seraient maintenus sous contrôle par l’intermédiaire d’un système de réalité virtuelle qui leur donne l’illusion d’étancher leur soif de meurtre et leur pulsion de mort.  L’établissement pénitentiaire abrite en son sein une porte sur l’Enfer. La plupart des prisonniers ne tarderont pas à créer une émeute. Nos deux agents du FBI, le personnel scientifique et sécuritaire de la prison et les rares détenus qui ont encore une part d’humanité devront alors faire face à des entités démoniaques capables des pires atrocités.

Le but ultime serait d’établir une nouvelle franchise avec Death House qui s’étalerait sur six films. Le site d’Imdb a d’ailleurs laissé filtrer la mise en chantier du prequel de Death House : Dawn of 5 Evils.

On croise les doigts donc pour le succès commercial de Death House, le film d’Harrison Smith, au box-office américain. Si ce long-métrage s’avérait être une véritable claque horrifique, Death House pourrait donc être un coup de pied dans la fourmilière à Hollywood, face aux productions horrifiques récentes, essoufflées et trop calibrées, qui ne bénéficient pas de la magie et de l’impact fascinant des œuvres des années 1970, 1980 et 1990 comme Phantasm, Re-Animator, From Beyond, Vendredi 13, La colline a des yeux, Candyman ou Massacre à la tronçonneuse.

Les cinéphiles, adeptes du bis et des séries B, peuvent néanmoins se réjouir du « revival » pour les légendes du genre à Hollywood avec les récents projets, même s’ils sont assez inégaux, comme Hellraiser : Judgment, Cult of Chucky, Leatherface et le futur Halloween. Des problèmes épineux de droits sont d’ailleurs malheureusement venus gâcher d’autres belles idées ces dernières années comme un nouvel épisode de Vendredi 13 ou une saison entièrement remise au goût du jour des Contes de la crypte, sous l’égide de M. Night Shyamalan.

Interpellé par nos soins sur Twitter, les équipes de Death House ont même réussi à combler les fans de films de genre en Europe ! Death House devrait bien bénéficier effectivement d’une sortie en salles ou d’une sortie commerciale en DVD, Blu-Ray ou en vidéo à la demande dans le courant de l’année 2018 vraisemblablement.

Verdict donc pour Death House dans les salles américaines lors du week-end du 23, 24 et 25 février 2018. La société Terror Threads distribue le merchandising officiel du film à découvrir sur cette page. Selon le communiqué de presse, le film sera visible avec près d’une centaine de copies aux Etats-Unis dans les multiplexes « Regal Entertainment Group, Cinemark / Century Group, Malco Theatres, Harkins, Marcus, B&B [et] Megaplex Theatres ».

https://twitter.com/DeathHouseMovie/status/947092614871908352

https://twitter.com/DeathHouseMovie/status/952569574356148224

Bande-annonce de Death House, un long-métrage de Harrison Smith : 

https://www.youtube.com/watch?v=ypGZoGSpSEA

Metaluna Store : réouverture imminente de l’antre du cinéma fantastique !

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La boutique Metaluna Store (dans le Quartier latin, à Paris), anciennement Movies 2000 (rue de La Rochefoucauld), s’apprête à rouvrir dans la journée du samedi 17 février 2018. L’artiste Laurent Melki sera présent exceptionnellement pour l’occasion dans le cadre d’une séance de dédicace.

Les cinéphiles qui adoraient dénicher des perles méconnues du cinéma, compléter leur collection de numéros de Mad Movies ou se précipiter sur les nouveautés au rayon import croient dorénavant au miracle et pourraient bien se rendre à Lourdes très prochainement, malgré le visionnage de l’intégralité de la filmographie de Jesús… Franco dans leur jeunesse !

Metaluna Store s’apprête effectivement à renaître de ses cendres ! La boutique, spécialisée dans le cinéma fantastique, proposait des films neufs ou d’occasion en Blu-Ray et DVD, des affiches, des clichés de cinéma, des fanzines, des objets cultes ou bien encore des T-Shirts.

Avant de faire le bonheur des cinéphiles de toute la France au cœur du Quartier latin, en plein Paris, la boutique Metaluna Store a connu une vie antérieure avec la cultissime échoppe Movies 2000, ouverte en 1979 par Jean-Pierre Putters (le fondateur du magazine Mad Movies), dans le quartier de Pigalle. A l’image de la prédiction de Paco Rabanne, la boutique située rue de Larochefoucauld n’a malheureusement pas survécu aux années 2000, avant fort heureusement de renaître rue Dante, ces dernières années.

Pour des raisons bien plus obscures que le Necronomicon ou qu’un scénario de Lucio Fulci, la boutique Metaluna a fermé ses portes le 19 octobre 2017, au grand dam de la « grande famille » des clients passionnés qui trouvaient dans ce repaire du cinéma fantastique de vraies pépites à l’ère du tout numérique où seuls les rayons DVDs de Gibert Joseph, des boutiques O’CD et de la Fnac Saint-Lazare semblent encore être les derniers dinosaures dans la vente directe de qualité pour les cinéphiles parisiens dans la lutte contre les géants du web comme Amazon, Netflix ou  pire encore face au téléchargement illégal qui aboutit souvent à tomber sur un mauvais encodage du Zombie de Romero, sans la musique de Goblin et le montage européen, ou à tomber sur Turkish Star Wars au lieu d’un bon vieux Shaw Brothers introuvable.

Le Metaluna Store, situé au 7 rue Dante (à deux pas de la Cathédrale Notre-Dame de Paris et des boutiques Album, qui font le bonheur des passionnés de comics et de pop culture), va donc enfin rouvrir ses portes, à la même adresse, à 11h, ce samedi 17 février 2018.

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Afin de célébrer cette excellente nouvelle, une séance exceptionnelle de dédicace est d’ailleurs prévue dans la boutique. L’équipe de Metaluna a donc tenu à officialiser la venue de dessinateur, de l’affichiste et de l’illustrateur Laurent Melki afin de fêter la réouverture de la boutique. Il sera possible de se faire dédicacer des affiches cultes de l’artiste parmi un large choix (Freddy 3, le festival d’Avoriaz, Creepshow, La Nuit des morts vivants). Toutes les infos sur la réouverture de la boutique Metaluna et sur la séance de dédicaces de Laurent Melki sont à retrouver sur la page Facebook du Metaluna Store. La plage horaire pour repartir avec un poster collector s’étalerait entre 14h et 19h.

Laurent Melki avait été invité il y a quelques mois, afin de parler de son travail et de sa passion pour le cinéma de genre, lors d’une séance culte, le 10 mai 2017, de Freddy 3, Les Griffes du cauchemar de Chuck Russel au Forum des Images, à Paris, dans le cadre d’une projection par les équipes des séances Panic X Chroma (la rencontre de Chroma et de Panic Cinema).

Les images de la soirée Panic X Chroma sur Freddy 3 en présence de Laurent Melki :

My french film festival : encore quelques jours pour visionner les films en compétition

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My french film festival en est déjà à sa huitième édition. Ce festival entièrement en ligne propose de découvrir le jeune (et revigorant) cinéma français à travers une compétition longs et courts métrages. Le visionnage des courts étant gratuit, autant ne pas se priver de (bon) cinéma ! Et ce, jusqu’au 19 février 2018.

Pour les longs métrages, si vous êtes en France, la plupart ne seront pas visibles pour des questions de droits d’auteurs. L’objectif principal est avant tout de promouvoir le cinéma français à l’étranger. C’est en effet UniFrance qui est à l’origine d’un festival qui prend de l’ampleur au fils des années (nouvelles plateformes partenaires et lancement en salles, d’après la présentation du festival sur sa page).

Côté longs, sont à découvrir depuis de nombreux territoires :

La loi de la jungle  d’Antonin Peretjatko

Rock’n Roll de Guillaume Canet

Willy Premier de Ludovic Boukherma

Ava de Léa Mysius

Crash Test Aglaé d’Eric Gravel

Avant la fin de l’été (hors compétition) de  Maryam Goormaghtigh

Noces de Stephan Strecker

Swagger d’Olivier Babinet

1:54 de Yan England (hors compétition)

Dans la forêt de Gilles Marchand

Les derniers Parisiens de Hamé

C’est arrivé près de chez vous de Benoit Poelvoorde (hors compétiton)

Victoria de Justine Triet

Le dernier Metro de François Truffaut (hors compétition).

Côté courts, que nous avons pu découvrir depuis le 19 janvier, de véritables petites pépites se côtoient et font espérer de belles carrières derrière. Voici quelques-uns de nos coups de cœurs :

Le scénariste de François Paguay

Synopsis : Jonas accepte de retravailler son scénario avec l’aide du talentueux scénariste Jean Loubric. Ce dernier est hébergé chez Jonas, ce qui n’est pas du goût de sa femme.

Notre avis : une histoire doux dingues qui part dans tous les sens, mais qui prend aussi le temps de parler de création et de petits bonheurs.  Pas le temps de respirer, de quoi avoir envie de se lancer dans l’écriture, le cinéma  bien-pensant en prenant pour son grade !

Belle à croquer d’Alex Courtière

Synopsis : Oscar Mongoût, cannibale gourmet, brûle d’amour pour sa voisine d’immeuble, la très végétale Mlle Carotte. Cette passion semble vouée à l’échec : elle est végétarienne tandis qu’il souffre d’une phobie totale des légumes. Tout bascule le soir où elle l’invite à dîner.

Notre avis : Là encore beaucoup de fantaisie dans ce court-métrage qui réunit un cannibale et une végétarienne dans un film remplie de carottes et de douceurs. Une histoire d’amour pas banale, entièrement muette, où l’on peut même croiser Catherine Deneuve en ange des amours impossibles  ! Rien que ça, ça vaut le détour.

La Caresse de Morgane Polanski

la-caresse-my-french-film-festivalSynopsis : Un jeune homme est pris au piège dans son monde agoraphobique. Il est parfaitement heureux dans son monde stérile jusqu’à ce qu’un visiteur inattendu vienne le déranger.

Notre avis : Sans aucun doute LE coup de cœur de cette sélection. Un court métrage très aseptisé au début, dans la tête d’un personnage flippé de la vie, mais qui va s’ouvrir au monde à l’aide d’un chat noir. Une très belle idée qui remet au goût du jour la force du court métrage : sa chute !

Noyade interdite de Mélanie Laleu

Synopsis : Les hommes sont aux ordres de la voix. L’insertion de pièces dans des machines donne la cadence. La solitude se prend pour la plus belle et règne sur le monde. Mais soudain, deux rêveurs se croisent et la bataille commence. Quand une sirène strip-teaseuse de Peep-show rencontre un plongeur voleur de vœux, le monde autour n’a qu’à bien se tenir.

Notre avis : Ce petit ovni situé dans un monde futuriste où tout est payant (même fermer la porte de sa maison à clef), fait se rencontrer un plongeur très étrange et badaud (Estéban et son jeu si remarquable, si « adulescent ») et une danseuse de peep-show au rêve inattendu. Avec ce film, le cinéma devient, comme dans le surréalisme, « beau comme la rencontre fortuite d’un parapluie et d’une machine à coudre (…) »

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Planet

D’autres courts sont à découvrir en ligne dont celui de François Ozon, Une robe d’été, de quoi revenir sur un début de carrière, là aussi prometteur, d’un cinéaste aujourd’hui confirmé. La catégorie « new horizons » qui voit se réunir un film tourné en réalité virtuelle (Planet), un roman graphique filmé (Phallaina) et la fiction interactive Weir or die qui nous entraîne dans les coulisses d’une soirée qui tourne mal. Des concepts intéressants mais encore balbutiants qui donnent au cinéma un avenir plutôt encourageant car, chaque fois, le spectateur devient acteur !

Rendez-vous le 19 février prochain pour le palmarès du festival !

9-1-1, son épisode pilote séduit

Alors que la diffusion de la première saison de 9-1-1 est déjà bien avancée sur FOX, CineSeriesMag prend le temps de revenir sur son épisode pilote assez séduisant. Le célèbre créateur de Glee et American Horror Story, Ryan Murphy propose une série centrée sur les services publics d’urgence et de sécurité.

Synopsis : Du service d’appels d’urgences 911 aux pompiers, secouristes ou policiers, tous ces intervenants sont constamment sous pression, confrontés quotidiennement à des situations stupéfiantes, effrayantes et parfois même choquantes. S’ils ont pour mission de voler au secours des personnes en danger, ces héros de l’ombre doivent aussi trouver le temps de résoudre les problèmes de leurs propres vies…

Les séries d’urgence, ce n’est pas vraiment ce qu’il manque sur petit écran mais une série mêlant pompiers, policiers, secouristes et standardistes au 911 ; c’est un savant mélange d’adrénalineDes urgences, nous en avons tous au quotidien. Elles ne sont pas nécessairement de l’ampleur de celles que côtoient ces services mais elles sont, à notre échelle, nos priorités. La série jongle justement entre tous ces impératifs : personnels et professionnels avec une facilité tout à fait agréable. Pour le début de cet épisode pilote, le spectateur commence par suivre les dédales d’une standardiste du 911 qui s’offre aux autres pour fuir sa réalité. Mais est-ce que tous les professionnels de l’urgence ont le syndrome du sauveur ou est-ce que le fait d’aider les autres est un moyen de ne pas affronter leurs propres problèmes ? On ne connaît pas encore tout de la vie de ces personnages mais au vu des informations données dès le premier épisode, on risque d’en apprendre beaucoup par la suite. Entre une mère ayant la maladie d’Alzheimer et un coming out qui surgit dans la vie familiale, qui sait ce que peut réserver la série…911-serie-angela-bassett

On peut dire que la saison commence avec une action d’urgence pour le moins sordide et innovante, espérons que l’intrigue continue de surprendre les spectateurs avec des événements peu communs et percutants. Si plusieurs sauvetages se suivent et s’entremêlent même parfois, le spectateur a au moins le privilège de connaître l’issue de ces situations, contrairement à la standardiste du 911 qui fait preuve d’une humanité incroyable mais doit sans cesse garder des distances. L’alternance passionnante entre vie personnelle et professionnelle est pour l’instant si bien réalisée que les personnages deviennent tous très vite touchants et attachants. De plus, les relations entre services et avec le centre de distribution montrent une certaine idée de l’entre-aide et de la solidarité qui ne peut que séduire malgré la singularité de chacun d’entre-eux. 

Le public peut se faire un plaisir de suivre cette nouvelle bande de collègues presque amis qui a l’air aussi drôle que touchante et heureusement. Le mélange des genres est l’atout principal de ce genre de série qui côtoie sans cesse le drame. Le charme et la réussite reposent souvent dans les traits de caractères que le créateur attribue à ses personnages : à voir si Ryan Murphy réussira ce challenge, mais ça semble plutôt bien parti. 

9-1-1 : Bande-annonce

9-1-1 : Fiche Technique

Créateurs : Ryan Murphy, Brad Falchuk, Tim Minear
Réalisation : Bradley Buecker
Scénario :Ryan Murphy, Brad Falchuk, Tim Minear
Interprètes : Angela Bassett, Connie Britton, Peter Krause, Rockmond Dunbar, Oliver Starck, Aisha Hinds…
Société de production : 20th Century Fox Television, Ryan Murphy Television, Brad Falchuk Teley-vision
Société de distribution : Fox
Genre : drame, action
Format:  13 épisodes de 42 minutes
Date de diffusion : 3 janvier 2018

USA – 2018

Février côté séries : Entre attentes, coups de cœur et retrouvailles sur le petit écran

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Zoom sur les séries à ne pas manquer en Février, le retour de Gomorra, de Unreal, mais aussi les arrivées de Seven Seconds, Everything Sucks, Unsolved, ou encore The Looming Tower avec Jeff Daniels et Tahar Rahim.

Il faut se l’avouer, Février est un mois spécial : il est court, c’est le mois de l’amour avec la Saint Valentin, aux États-Unis c’est le Mois de l’Histoire des Noirs (Black History Month), et cette année il marque le début des Jeux Olympiques d’Hiver en Corée du Sud. Un mois exceptionnel donc, et qui s’annonce d’autant plus détonant côté séries. Avec près de sept nouveaux show TV pour ce mois où l’on peut découvrir des noms bien connus à Hollywood comme Christina Hendricks (à découvrir dans Good Girls), Joel Kinnaman (Altered Carbon), et Regina King (Seven Seconds), la concurrence est rude. Surtout que des valeurs sûres du petit écran (Homeland, iZombie, Ash VS. Evil Dead) reprennent du service.

Alors, pour tous ceux (mal)heureusement bloqués chez eux ces jours-ci par la neige et le verglas, CineSeriesMag vous propose de découvrir les séries à voir sans plus tarder (merci Netflix !) ou à ne pas manquer ce mois de Février 2018.

ALTERED CARBON (saison 1, ep. 1 diffusé le 02 février 2018 sur Netflix)
Nous vous en parlions le mois dernier, Altered Carbon est LA série sci-fi la plus attendue de 2018. Avec Joel Kinnaman (Suicide Squad) en tête d’affiche, le tout est de savoir si la série, qui est une adaptation, est fidèle au livre éponyme de Richard K. Morgan. A voir, pour tous les fans de séries futuristes et surtout pour Kinnaman et Will Yun Lee qui ont naturellement su dignifier de charisme le personnage de Takeshi Kovacs.

Altered Carbon Serie Netflix

A.P. BIO (saison 1, ep. 1 diffusé le 02 février 2018 sur NBC)
Beaucoup ont pu découvrir Glenn Howerton, acteur principal d’A.P. Bio dans It’s Always Sunny in Philadelphia dont il est aussi l’un des créateurs. Dans cette série, Glenn campait le rôle de Dennis, un égomaniaque narcissique qui était loin d’avoir toutes les réponses. Rebelote avec sa nouvelle série, A.P. Bio, qui suit les aventures de Jack, un professeur de philosophie d’Harvard déchu et qui retourne dans sa ville natale pour enseigner. Une comédie qui n’aura rien à envier aux autres Bad Teacher et compagnie. Mais fera-t-elle long feu sur la chaîne des poids lourds This is Us, Blacklist, Will & Grace, The Good Place et Superstore ? Affaire à suivre.

REQUIEM (saison 1, ep. 1 diffusé le 02 février sur BBC One)
Quand les anglais se mettent au surnaturel en 2018, ça donne Requiem. Un drame co-produit par la BBC et Netflix. En six épisodes d’une heure, cette mini-série qui tourne autour de Matilda (Lydia Wilson, Star Trek Beyond), une violoncelliste, déterminée à dévoiler la vérité sur la mort d’une petite fille, 23 ans plus tôt, en 1994. Frisson garanti dans cette série surnaturelle où secrets et mensonges ont été concoctés pour aussi en faire un bon thriller.

https://www.youtube.com/watch?v=ZezZpnne9es

EVERYTHING SUCKS ! (saison 1, ep. 1 diffusé le 16 février sur Neflix)
Après les 80’s avec  Stranger Things, la plateforme SVOD, continue sa vague rétro avec la série co-créée par Ben York Jones (Like Crazy, Newness) et Michael Mohan (Save the Date, Pink Grapefruit). Une comédie nostalgie se déroulant dans les années 90, située à Boring dans l’Oregon, elle suit  les aventures de deux groupes d’adolescents du lycée de Boring : le club d’audiovisuel et le club théâtre. A l’affiche de cette « teen dramatique », Jahi Winston (Feed the Beast), Peyton Kennedy (Hannibal), le comédien de Boardwalk Empire, Patch Darragh de Sully, Claudine Nako de Grimm, Elijah Stevenson (Captain Fantastic), ou encore Rio Mangini (Teen Wolf).

https://www.youtube.com/watch?v=hf_YjzEvYeQ

SEVEN SECONDS (saison 1, ep. 1 diffusé le 23 février 2018 sur Netflix)
En ce Black History Month aux États-Unis, Seven Seconds tombe à point nommé. Créée par la serial productrice Netflix, Seven Seconds trouve son intrigue dans une histoire de bavure policière. Un officier de police blanc renverse accidentellement un adolescent noir et tente de dissimuler son implication dans le crime. Mais c’est sans compter sur la mère de la jeune victime, qui démarre dès lors un combat contre les forces de l’ordre afin d’obtenir la vérité sur la mort de son fils. Il est rare jusqu’alors que Netflix se rate dans ses programmes. De fait, avec l’historique de la chaîne et un casting émérite (Regina King, American Crime Story, The Leftovers ; Russel Hornsby, Grimm, Fences), Seven Seconds devrait plutôt bien s’en sortir.

CAUGHT (saison 1, ep. 1 diffusé le 26 février 2018 sur CBC)
Pour ceux qui en doutaient encore, oui, le Canada n’est pas seulement père du sirop d’érable, Justin Bieber et Drake. Le pays s’en sort aussi plutôt pas mal côté séries (à quand une saison 4 du Cœur a ses raisons d’ailleurs ?) et elle essaiera de vous le prouver avec un de ses derniers poulains du petit écran, la série Caught. Alors, série étrangère oblige, les acteurs restent inconnus pour la plupart des gens, mais si le casting ne convainc pas au premier abord, la bande-annonce, elle, devrait. A l’ordre du jour : trahison, vengeance, et romance.

LIVING BIBLICALLY (saison 1, ep. 1 diffusé le 26 février 2018 sur CBS)
La chaîne CBS s’attaque à un sujet controversé, la religion, dans sa nouvelle sitcom Living Biblically. Adaptée du livre d’A.J. Jacob « The Year of Living Biblically », la série s’est dotée d’un vétéran des séries comiques, le réalisateur Andy Ackerman (Seinfeld, Superstore, Mulaney) pour faire d’elle une série de choix. Pleins de visages familiers sont à l’affiche de ce nouveau bébé CBS : Jay R. Ferguson (Mad Men), Camryn Manheim (Ghost Whisperer, The Practice, Esprits Criminels), Tony Rock (Think Like a Man), et David Krumholtz (Numbers).

GOOD GIRLS (saison 1, ep. 1 diffusé le 26 février 2018 sur NBC)
Good girls gone bad. En l’occurrence ici, des femmes, de véritables dames qui rejoignent le côté obscur de la force. La comédie dramatique Good Girls suit les mésaventures de trois mamans de la banlieue qui décident de braquer un supermarché local. Or, mal leur en a pris, comme en atteste la bande-annonce de la série. Quand Breaking Bad rencontre Thelma et Louise, ça donne Good Girls. A découvrir de toute urgence, ne serait-ce que pour la pétillante Christina Hendricks (Mad Men).

UNSOLVED (saison 1, ep. 1 diffusé le 27 février sur USA Network)
Créée par Kyle Long et co-écrit par l’ancien détective Greg Kading de de la LAPD, l’auteur du livre « Assassiner Rap : The Untold Story », la première saison de cette anthologie s’intitule The Murders of Tupac and the Notorious B.I.G. La série retrace l’enquête du département de la police de Los Angeles (Los Angeles Police Department) suite aux meurtres successifs des deux  légendes du Rap et du hip-hop, représentants de la rivalité East Coast  et West Coast. On retrouve dans les rôles de Tupac Shakur et Notorious B.I.G, Marcc Rose (Straight Outta Compton), et Wavyy Jonez, à leurs côtés également Josh Duhamel (Transformers), il interpréte le détective Greg Kading, Jimmi Simpson (Westworld) et Bokeem Woodbine (Fargo).

THE LOOMING TOWER (saison 1, ep. 1 diffusé le 28 février sur Hulu)
Inspirée de l’enquête La Guerre cachée du journaliste du New Yorker Lawrence Wright, lauréat du Prix Pulitzer en 2017 et réalisée par Craig Zisk (The Office), la série se déroule avant les attentats du 11 septembre 2001. Le show Hulu décrit la rivalité entre les divisions du contre-terrorisme du FBI et de la CIA…. Au casting, le Français Tahar Rahim (Le Prix du succès) Jeff Daniels (Seul sur Mars), Peter Sarsgaard (Jackie), Wrenn Schmidt (Person Of Interest), Michael Stuhlbarg (Pentagon Papers, Fargo) et Bill Camp (The Night Of).

https://www.youtube.com/watch?v=bgsdAUKIICo

HOMELAND (saison 7, ep. 1 le 12 février 2018 sur Showtime)
Bientôt le clap de fin pour la série aux Emmy Awards, Homeland ? En effet, 8 saisons ont pour l’instant été commandées pour la série phare de la chaîne Showtime. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette septième saison n’a rien à envier aux toutes premières saisons, particulièrement acclamées par la critique. La saison 6 voyait l’élection d’une femme présidente, la mort de Quinn et ses répercussions sur l’instable Carrie, l’arrestation de Saul Berenson, et le départ de notre héroïne de la CIA. Cette saison 7, elle, semble s’inscrire dans la droite lignée des saisons précédentes avec une Carrie déterminée à avoir une vie saine pour son enfant et exposer le complot gouvernemental qui touche la Maison Blanche.

HIT THE FLOOR (saison 4, ep. 1 le 13 février 2018 sur VH1)
Beaucoup ne voulaient plus y croire. Et pourtant ! Hit the Floor a une date de diffusion pour sa saison 4, et surtout, une nouvelle chaîne mère BET. En effet, après trois saisons plus ou moins florissantes sur VH1, la chaîne pop culture BET récupère la série de cheerleaders Hit the Floor pour le plus grand bonheur de son créateur, James LaRosa. Cependant, promettant une saison comme on en a encore jamais vu, LaRosa ne fait que déclarer l’évident dans la mesure où l’actrice Taylour Paige qui jouait le personnage principal, Ahsha Hayes, quitte la série. Autre départ, le séduisant Adam Senn qui interprétait Zero. C’est donc un tout nouveau paysage qu’attendent les fans de la série, qui seront par contre heureux d’accueillir Teyana Taylor au casting de la série rescapée.

GOMORRA (Saison 3, ep. 1 le 15 février sur Canal +)
Adaptée du roman de Robero Saviano et du film Gomorra (2008) de Matteo Garrone, la série italienne réalisée par Stefano Sollima explore l’organisation mafieuse et la terreur sanguinaire qu’elle fait régner au cœur de Naples. Ce drame très shakespearien diffusé sur Canal cartonne, battant des records d’audience.

https://www.youtube.com/watch?v=fepoGCPknmU

MOZART IN THE JUNGLE (saison 4, ep. 1 le 16 février sur Amazon Prime)
Lentement mais sûrement, la série auréolée aux Emmy Awards et Golden Globes fait son petit bout de chemin. La saison 4 de cette série centrée sur les péripéties des membres d’un orchestre à Brooklyn, New York, suivra les débuts publics du jeune couple Rodrigo (Gael Garcia Bernal, Y tu mamá tambien, Carnets de Voyage, Neruda) et Hayley (Lola Kirke, Gone Girl). Cette saison sera aussi l’occasion de découvrir Rodrigo en pleine panne d’inspiration musicale. Ne manquez donc pas le musical vivant qu’est Mozart in the Jungle et son parterre de guest stars (Debra Monk, Masi Oka, Michael Emerson et John Cameron Mitchell).

ASH VS. EVIL DEAD (saison 3, ep. 1 le 26 février sur Starz)
La comédie horrifique qui dépasse tout entendement est de retour, et ça va faire mal. Enfin, surtout pour Ash et son compagnon de route Pablo, qui sont bien loin d’en avoir fini avec les forces du Mal. Outre son combat contre les démons, Ash va se lancer cette saison dans une quête pour retrouver sa fille perdue, Brandy Barr (interprétée par Arielle Carver O’Neill).

iZOMBIE (saison 4, ep. 1 le 26 février sur la CW)
Plus politique, plus actuelle, la saison 4 de la série qui a de la cervelle promet d’être explosive. En effet, maintenant que la population de Seattle sait que les zombies existent, elle est face à un dilemme : fuir ou rester. Or, ce choix cornélien entre rejoindre le camp humain ou celui des zombies aura des conséquences sur le plan politique. Il s’agit dorénavant de voir comment notre héroïne Olivia (Rose McIver, Once Upon a Time, Lovely Bones) va s’adapter à ce nouvel ordre.

unREAL (saison 3, ep. 1 le 26 février sur Lifetime)
Loin d’être la vache à lait sur la chaîne Lifetime, et encore plus loin d’être assurée d’un futur certain, unREAL a tout de même obtenu une date pour le lancement de sa troisième saison. La série de dating avec Shiri Appleby (Roswell) et Constance Zimmer (House of Cards, Boston Justice) est à retrouver le 26 février 2018 sur Lifetime.

L’agenda des séries US de février 2018

Jeudi 1er février
A.P. Bio : saison 1 – NBC – The Good Place : saison 2 – NBC

Vendredi 2 février
Altered Carbon : nouveauté – Netflix – The Trade : nouveauté – Showtime – Strike Back : saison 5 – Cinemax

Lundi 5 février
Supergirl : saison 3b – The CW – 9JKL : saison 1 – CBS

Mercredi 7 février
Channel Zero : saison 3 – SyFy – The Librarians : saison 4 – TNT – Knightfall : saison 1 – History

Dimanche 11 février
Homeland : saison 7 – Showtime – Here, Now : nouveauté – HBO – Star Trek Discovery : saison 1 – CBSAA – Our Cartoon President : nouveauté Showtime

Lundi 12 février
Legends of Tomorrow : suite de la saison 3 – The CW

Jeudi 15 février
Stargate Origins : nouveauté – Stargate Command platform

Vendredi 16 février
Mozart in the Jungle : saison 4 – Amazon – Crazy Ex-Girlfriend : saison 3 – The CW

Dimanche 18 février
When Calls The Heart : saison 5 – Hallmark

Vendredi 23 février
The Tick : saison 1 – Amazon

Dimanche 25 février
The Walking Dead : suite de la saison 8 – AMC – Ash vs. Evil Dead : début de la saison 3 – Starz

Lundi 26 février
Good Girls : nouveauté – NBC – UnREAL : début de la saison 3 – Lifetime

Mercredi 28 février
The Looming Tower : nouveauté – Hulu – Designated Survivor : suite de la saison 2 – Fox