Séries Mania 2024 : Le Monde n’existe pas, d’Erwan Le Duc

Séries Mania 2024, jour 3 avec la diffusion des deux premiers épisodes de la série d’Erwan Le Duc (Perdrix, La fille de son père), Le Monde n’existe pas. Une adaptation dans l’univers absurde et tendre du réalisateur du roman de Fabrice Humbert. La série de quatre épisodes suit le retour d’Adam dans la ville qui l’a vu grandir et d’où il est brutalement parti. Un monde rempli de souvenirs et de personnages hauts en couleurs magnifiquement croqués entre humour noir et tension.

On vient de quitter Niels Schneider en pleine folie D’Argent et de sang, voilà qu’on le retrouve, crâne rasé, dans un desk de rédaction parisienne. Le journaliste qu’il interprète vit au travail, jusqu’à y dormir, quand soudain son œil est attiré par un gros titre au journal télévisé. La mort de Lola Montès (on appréciera le clin d’œil) ? Non, plutôt l’identité de son meurtrier. Adam insiste pour retourner sur le terrain. Le voilà de retour en terre trop bien connue. Les souvenirs remontent dans l’appartement d’une coiffeuse décédée qu’il a loué. Un lieu improbable avec une chambre minuscule qui est restée « dans son jus ». L’importance est ailleurs pour Adam : enquêter et pourquoi pas retrouver Axel Challe, son amour de jeunesse, accusé du meurtre et qu’il ne croit pas coupable. Arrivé sur place, rien ne se passe vraiment comme prévu, du moins ce n’est pas un drame que propose le réalisateur de Perdrix, mais bien une tragi-comédie aux accents burlesques. Les personnages sont aussi fêlés qu’absurdes, tous paraissent suspects. Surtout, tous font écho au passé d’Adam qui refait surface presque dans le temps présent. Adam se révèle peu à peu dans toute sa rage contenue qui va se libérer.

Les deux premiers épisodes présentés à Séries Mania (la suite sera à découvrir sur Arte prochainement) sont rythmés et prometteurs. Des personnages délicieusement croqués, des décors soignés. Une époque résumée dans toute sa solitude, entre dialogue de sourd avec l’IA d’une voiture ou discussion par caméra entre Adam et son amant Japonais. On n’en apprend pas tant que ça sur l’enquête ou sur la mort de Lola Montès, car ce qui compte est ailleurs, dans la douce dinguerie de chacun qui peut cacher une réelle violence, dans l’apparence lisse d’Adam qui cache une véritable colère. Erwan Le Duc insiste beaucoup sur les corps entre eux, sur la manière dont celui de son personnage évolue notamment, se cherche. Niels Schneider, de tous les plans ou presque, s’y montre formidable de décalage, son corps athlétique, son sérieux, dans sa tentative de faire émerger la vérité ou plutôt de se montrer à la hauteur de son présent. Il veut rester cette fois et prouver qui il est, de quoi il est capable. Quitte à sombrer ? Dans le tout dernier plan de l’épisode 2 en tout cas, quelque chose bascule et l’étrangeté se fait plus âpre, comme si des secrets devaient émerger. Après tout, le monde n’existe pas, ne l’oublions pas !

Fiche technique : Le Monde n’existe pas

Synopsis : Un journaliste, convaincu que son amour de jeunesse est innocent du crime dont on l’accuse, revient enquêter dans la ville où il a grandi et qu’il a fuie.

Réalisation : Erwan Le Duc
Scénario : Erwan Le Duc, Mariette Désert d’après le roman de Fabrice Humbert.
Interprètes : Niels Schneider, Maud Wyler, Julien Gaspar-Oliveri, Anne Rotger, Saadia Bentaieb, Georgia Scalliet
Diffusion : Arte
Format : 4 x 45 min

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Chloé Marguerittehttps://www.lemagducine.fr/
Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

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