Scandal Saison 6, une série de Shonda Rhimes : Critique

La soirée Thanks God It’s Thursday de ABC est partie en vacances après la diffusion du double épisode final de Scandal saison 6. Grâce à de nombreux rebondissements, la série de Shonda Rhimes propose l’une de ses meilleures saisons à ce jour.

Synopsis : Olivia et son équipe font face aux résultats des votes aux élections présidentielles. Alors que tout le monde espérait Mellie gagnante, c’est finalement son adversaire Frankie Vargas qui devient le nouveau président. Cependant, le président-élu est abattu sur scène en plein discours de victoire. La question pour Olivia Pope est désormais de savoir qui est le responsable de cet assassinat…

La Maison-Blanche en plein chaos

scandal-saison-6-posterAttention critique avec spoilers !

Succédant à The Catch et Grey’s Anatomy, la troisième série de Shonda Rhimes s’est terminée ce jeudi 18 mai avec succès par l’inauguration du nouveau président.
Saison raccourcie à 16 épisodes à cause de la grossesse de son actrice vedette, et au travers d’un scénario bien ficelé, il n’y a eu aucun épisode dit « bouche-trou » et c’est une bonne chose. De plus, diffuser les nouveaux épisodes à la mi-janvier fut absolument bénéfique à la série, laissant les spectateurs respirer suite aux événements de l’an dernier.
Après une saison 5 mitigée, centrée sur la politique et plus particulièrement sur Mellie Grant en campagne présidentielle, Scandal confirme son intrigue qui va suivre un fil rouge du début à la fin sur le nouveau président, qui sera bien la première présidente des États-Unis.
Les épisodes se suivent et se succèdent sans qu’on se lasse. Le Season Premiere a clairement annoncé la couleur de la sixième saison. Le meurtre du président-élu Frankie Vargas en plein discours fait s’enchainer rebondissement sur rebondissement. À travers son intrigue bien ficelée, les spectateurs se demanderont pendant longtemps qui est responsable de cet assassinat et dans quel but.

scandal-saison-6-kerry-washington-bellamy-young-darby-stanchfieldLes protagonistes ont aussi pour la plupart une storyline réussie qui rejoint l’histoire principale. Chaque épisode en début de saison se focalise sur un personnage en particulier, ainsi nous avons une évolution régulière notamment pour Cyrus, Abby, Quinn, Huck et particulièrement Eli, le père d’Olivia, qui se trouve pour la première fois victime des événements. En effet, le grand méchant de la série se retrouvera coincé par le groupe qui a orchestré l’assassinat. Impuissant, il n’aura d’autre choix que de faire ce qu’on lui dit pour protéger sa fille.
En contrepartie, on pourrait regretter le manque d’investissement d’autres personnages comme Markus et Jake. Même la mort surprise d’Elizabeth surprend certes, mais ne nous affecte pas vu le peu de présence qu’elle avait à l’écran cette année.
Il est regrettable aussi que pour son centième épisode Shonda Rhimes n’ait pas été plus originale. Il est vrai que l’épisode qui se passe dans un monde alternatif était intéressant, mais rien de transcendant quand on sait que la créatrice s’est déjà par deux fois prêté au jeu du « et si » dans sa série phare Grey’s Anatomy.

scandal-saison-6-kerry-washington-darby-stanchfield-katie-lowesEn ce qui concerne Olivia Pope, ses actions depuis plusieurs saisons confirment son évolution d’anti-héroïne. Les spectateurs étaient déjà conscients de son envie de pouvoir en retournant à la Maison-Blanche grâce à Mellie en saison 5. Désormais, Olivia laisse son cabinet entre les mains de Quinn, tout à fait destinée à reprendre le flambeau en constatant tout le travail qu’elle a pu faire jusqu’à présent. Olivia de son côté semble rejoindre peu à peu le côté obscur.
Alors que le mandat de Fitz se termine, ils étaient prêts à se retrouver et vivre leur histoire, mais Kerry Washington interprète une femme forte qui veut s’imposer au bureau ovale. Pour ce faire, la prochaine (et dernière) saison ramènera sur le devant de la scène le B-613 avec Olivia à la tête des opérations. Elle devient donc le nouveau Commandant, digne héritière de son père. Les spectateurs font face depuis plusieurs années à un personnage complexe et torturé à cause de son père mais aussi de sa mère qui fait un come-back réussi pour le double season finale. Travaillant pour le groupe qui a tué Frankie Vargas, elle avait pour mission de tuer à son tour Mellie Grant lors de l’inauguration. A l’image de la saison, le spectateur sera toujours en interrogation lors du final quant aux agissements de Mama Pope si elle est vraiment là pour aider sa fille ou pour assassiner la nouvelle présidente.

scandal-saison-6-bellamy-youngJustement, c’est dans l’écriture que la saison est vraiment réussie. Il est vrai que Scandal souffre toujours de son trop plein de cliffhangers parfois invraisemblables (comme la fausse mort de Huck en milieu de saison), mais l’intérêt et la curiosité des spectateurs ne diminuent jamais et ils resteront accrochés jusqu’au bout pour savoir qui a tout orchestré.
Là aussi nous sommes surpris lorsqu’on découvre qu’il s’agit en réalité de Luna, la femme de Frankie Vargas, qui le considère plus mémorable en tant que président mort que vivant. Elle espérait ainsi reprendre son flambeau et diriger comme une Jackie Kennedy aurait pu faire en son temps.
Mais là où Rhimes réussi son coup c’est vraiment dans les toutes dernières minutes où les spectateurs comprennent avec Olivia que le véritable organisateur de tout ce qu’il s’est passé n’est autre que Cyrus. Celui qui fut le premier à être accusé, puis finalement libéré s’avère être véritablement le cerveau de toute cette opération dans le but final de devenir le vice-président. Suite à tous ces événements, lui et Olivia sont les véritables maîtres de l’échiquier pour la saison à venir.

Les pions sont en place pour la septième et dernière saison qui sera diffusée sur ABC en septembre prochain. Shonda Rhimes déploie ses dernières cartes en espérant que Scandal maintienne une qualité scénaristique aussi soutenue que ce fut le cas pour la saison 6.

La sixième saison de Scandal a réuni, en moyenne, 5,6 millions de téléspectateurs avec un taux de 1,42 chez les 18/49 ans.

Scandal saison 6 : Bande-annonce

Scandal saison 6 : Fiche Technique

Créateur : Shonda Rhimes
Réalisation : Roxann Dawson, Tom Verica, Shonda Rhimes
Scénario : Shonda Rhimes
Acteurs principaux : Kerry Washington (Olivia Pope), Darby Stanchfield (Abby Whelan), Guillermo Diaz (Huck Finn), Katie Lowes (Quinn Perkins), Tony Goldwyn (Fitz Grant), Jeff Perry (Cyrus Beene), Bellamy Young (Mellie Grant), Joshua Malina (David Rosen), Scott Foley (Jake Ballard), Portia De Rossi (Elizabeth North), Cornelius Smith Jr (Marcus Walker), Joe Morton (Eli Pope)
Direction artistique : George Edman
Décors : Lisa K. Sessions
Costumes : Lyn Paolo
Photographie : Justin M. Lubin
Montage : Gregory T. Evans, Matthew Ramsey
Musique : Chad Fischer
Casting : Andrew Mackin, Jamie Castro
Producteurs : Shonda Rhimes, Betsy Beers
Société(s) de production : ABC Studios, ShondaLand
Format : 22 épisodes de 42 minutes
Diffusion : ABC
Genres : dramatique, judiciaire

Etats-Unis – 2012

[irp]

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Sorda : des liens au-delà du silence

Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.

Nous l’orchestre : au cœur d’un ensemble symphonique

Le documentariste Philippe Béziat nous propose une plongée au sein du célèbre Orchestre de Paris. Multipliant les approches et les gestes de mise en scène, il permet de lever un coin de ce grand mystère : comment des individualités parviennent à faire corps, au service de la musique. Captivant.

Signes de vie, de Werner Herzog : à perdre la raison

Exploration à bas bruit des frontières de la rationalité humaine ? Faille spatio-temporelle où l’Homme quitte le sentier d’un destin médiocre ? Pas de doute, le cinéma de Herzog est déjà en place.
Maxime Kasparian
Maxime Kasparianhttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant master cinéma-audiovisuel, je suis un passionné du cinéma depuis mon plus jeune âge grâce la saga intergalactique Star Wars (il est évident de vous dire que mon film préféré jamais détrôné à ce jour est L’empire contre-attaque). J’ai aussi une profonde addiction pour les séries télévisées notamment Lost et 24h chrono qui sont pour moi les plus novatrices, et malgré mon âge qui a largement dépassé la vingtaine, je garde une âme d’enfant en continuant de regarder avec amour les nouveaux films d’animation Disney, Pixar et compagnie. Mes artistes de références : James Cameron, Steven Spielberg, Ridley Scott, JJ Abrams, Joss Whedon, Shonda Rhimes, Ewan McGregor, Michael Fassbender, Matthew McConaughey, Meryl Streep, Jennifer Lawrence, Sigourney Weaver, Cate Blanchett. J’espère percer dans la critique, j’adore parler et débattre du cinéma, de télévision, de séries télés qui sont, pour moi, les meilleurs moyens de s’évader, de faire rêver, mais aussi de refléter notre société et nos cultures.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.

L’Affaire Laura Stern : le cri du silence

Plus qu'une fiction sur la vengeance, "L'Affaire Laura Stern" est une immersion sensorielle dans le "cri du silence" des victimes de violences et d'emprise. Une œuvre nécessaire qui déconstruit les mécanismes de la violence faite aux femmes pour en faire un combat collectif et politique. La série est diffusée sur France 2 en mars 2026 et disponible en streaming sur France Télévision.

Les Saisons : L’amour, le rythme et les saisons

"Les Saisons", la série écrite et réalisée par Nicolas Maury, s’éloigne des éclats et des récits sociaux pour épouser le souffle intime d’un trio amoureux. Entre mélancolie poétique et naturalisme doux, elle tente moins de raconter que de saisir le frémissement des sentiments, au rythme d’une lumière vendéenne et d’un temps qui tangue. Une œuvre sensible, qui crée son public en osant la lenteur et la langueur.