Grey’s Anatomy Saison 12, une série de Shonda Rhimes : Critique

Le départ de Sandra Oh après dix ans de bons et loyaux services annonçait la fin d’une époque. L’année suivante, la mort du premier rôle masculin joué par Patrick Dempsey, et l’arrivée des personnages de Maggie et d’Amélia permirent une transition. Ainsi, une nouvelle ère commence dans Grey’s Anatomy saison 12.

Synopsis : Un an après la mort de son mari, Meredith revient à Seattle, vivre dans son ancienne maison avec ses enfants, et « ses deux sœurs » Maggie et Amélia. April, de son côté, cherche à reconquérir Jackson, alors que Bailey espère obtenir le poste de chef du service de Chirurgie…

Le début d’une nouvelle ère…

Après How To Get Away With Murder et Scandal, la troisième série du #TGIT Thanks God It’s Thursday s’est terminée le 19 mai.
Finalement, la question est de savoir si la série continue de tenir la route sans son couple mythique.
Revenons à présent sur les éléments qui prouvent que Shonda Rhimes n’a pas encore dit son dernier mot à travers des storylines de qualité où les spectateurs découvrent la nouvelle vie de Meredith.
Ce début de saison est assez classique avec des épisodes traditionnels sans gros rebondissements. La saison 12 se lance dans diverses intrigues plus ou moins bien écrites à partir des épisodes 5 et 6.

L’arrivée de Penny Blake ramène l’ombre de Derek au cœur de la saison. Nous pensons d’abord que l’entrée en scène de la femme responsable de la disparition du Dr Mamour à Seattle est exagérée, surtout qu’il s’agit du nouvel intérêt amoureux de Callie. Le drama pourrait sembler lassant et répétitif mais ce n’est pas le cas, car nous suivons une histoire passionnante et intelligente pour Meredith. Elle se montre forte et sage en décidant de prendre sous son aile cette résidente et en lui apprenant ses méthodes de chirurgie. Cette saison, nous découvrons une Meredith à l’écoute des autres, pour Penny, pour Alex, mais aussi pour les internes, en leur donnant des cours de médecine.
Le personnage de Penny n’a pas su trouver sa place au sein du public, mais il aura au moins l’intérêt de faire évoluer Meredith et d’apporter une storyline permettant, en fin de saison, de remettre en avant l’ancien couple Arizona/Callie autrement que sous l’angle romantique. En effet, Callie, qui veut partir avec Penny à New York, veut emmener sa fille, entrainant un conflit entre les deux mères prêtes à tout pour obtenir la garde, jusqu’au procès où Arizona réussira à récupérer Sofia.

Le personnage de Nathan Riggs arrivé en début de saison, interprété par Martin Henderson, apporte la nouvelle touche séduction en l’absence de Patrick Dempsey. D’abord pressenti par tous les fans comme le nouveau prétendant de notre héroïne, il dispose surtout de nouvelles informations sur le passé d’Owen, cachant toutes ces années l’existence d’une sœur décédée, la femme de Nathan.
Cependant cette histoire est mal amenée et trop étendue dans le temps pour que l’on reste accroché. Owen accepte mal la présence de son ancien ami à l’hôpital, responsable de la mort de sa soeur, nous rappelant (un peu trop) l’ancienne rivalité de Derek et Mark Sloan au début de la série. Heureusement, Nathan est un personnage qui se suffit à lui-même et qui devrait plaire aux spectateurs.
Enfin, le dernier personnage, et non des moindres, qui intègre la distribution est le petit Andrew Deluca, le nouvel interne, permettant d’apporter beaucoup d’humour et de légèreté pour contre balancer tous ces drames, notamment à travers sa relation secrète avec Maggie, dévoilant de nouvelles facettes plus romantiques de son personnage.

L’autre intrigue forte de la saison, en parallèle des histoires de Meredith et ses soeurs, est celle de Jackson et April.
Alors qu’elle est revenue dans l’espoir de recoller les morceaux avec son mari, ce dernier veut absolument être libre et demande le divorce. Nous avons « un avant et un après » dans leur dynamique. D’abord April qui tente comme elle peut de se faire pardonner jusqu’à l’épisode 11 consacré à leur couple et tout ce qu’ils ont vécu avant qu’elle accède à la requête de Jackson en signant les papiers du divorce. Seulement Shonda Rhimes réussit une nouvelle fois à faire vibrer le coeur des fans en laissant un espoir de voir les deux personnages se remettre ensemble avec la nouvelle grossesse surprise d’April. Ainsi, la seconde moitié de la saison nous montre le couple, tentant de communiquer, de trouver un terrain d’entente, pour le bien être de leur futur bébé.

Cette seconde moitié de saison est un tournant pour leur couple qui laisse espérer les fans de les voir se remettre ensemble, mais c’est aussi un tournant pour le personnage de Meredith qui présente aussi un « avant et un après ». D’abord en tant que femme qui essaye de se reconstruire sans l’homme de sa vie, malgré la présence de Penny. Les épisodes 9 et 10 clôturent le deuil de Meredith, laissant la femme vivre et espérer, un jour, retrouver l’amour. Ce 10ème épisode, premier épisode après la pause hivernale, à la reprise de janvier, sera probablement l’un des meilleurs de la saison d’un point de vue technique, réalisé par le célèbre Denzel Washington. Meredith, en froid avec sa sœur Amélia lui rappelant constamment l’absence de Derek, se fait violemment attaquer par un patient en état de choc. La rééducation de Meredith est autant physique que morale : elle se pardonne de continuer son chemin sans son mari et accepte de ne plus l’avoir auprès d’elle.
Par conséquent, à travers la saison 12, nous pouvons voir Meredith comme l’héroïne principale, ce qui nous avait manqué depuis longtemps. Le départ de Patrick Dempsey, bien qu’on le regrette, n’est pas un frein dans l’évolution des personnages et la bonne continuité de la série.

Néanmoins, la saison n’est pas sans défauts. Alors que certains protagonistes comme Meredith, Amélia, Maggie, Andrew, Nathan, Owen, Jackson et April, nous offrent de bonnes histoires, le reste du casting est assez secondaire, ce qui est désolant surtout pour Alex. Son couple n’évolue pas, il est insignifiant. Alors qu’on nous avait habitué à une certaine grandeur dans l’interprétation de Justin Chambers lors des premières saisons, depuis deux, trois ans, nous regrettons énormément le manque d’investissement de son personnage dans la série. Sa relation avec Jo (personnage assez détestable), n’évolue pas et tourne en rond, n’arrivant pas à nous interpeller ou nous intriguer. Nous trouvons le même problème avec Stephanie qui a le mérite d’avoir des storylines professionnelles intéressantes depuis l’année dernière. Mais elle ne développe pas de relations suffisamment fortes avec d’autres personnages pour que l’on veuille suivre son parcours avec celui de sa meilleure amie Jo.

Le final de la saison 12 résout l’ensemble des storylines lancées en septembre dernier. Amélia, qui a eu beaucoup de problèmes avec Meredith, semble avoir enfin trouvé le soutien de sa belle-sœur et l’amour d’Owen en l’épousant. April et Jackson ont eu leur bébé, laissant supposer un potentiel retour du couple pour la saison 13 et, Bailey semble refaire confiance à son mari pour opérer après ses erreurs lors du double-épisode-événement de mars dernier. Nous sommes attristés de voir partir Callie pour New York après une saison où elle était clairement en retrait par rapport au reste du casting, alors qu’il était prévu de retrouver un jour son couple formé avec Arizona.
Pour terminer, même si on apprécie le parcours de Meredith, on a du mal à comprendre la relation « des sœurs » Meredith/Amelia/Maggie qui est très inégale à cause du perpétuel conflit Amélia/Meredith avec toujours la même raison à l’origine de leur rivalité : la mort de Derek, seul point commun qui semble les réunir. Maintenant que les deux ont fait la paix, nous regrettons de voir une nouvelle querelle l’année prochaine entre Meredith et son autre sœur Maggie à cause d’un triangle amoureux.
En effet, la surprise de cette fin de saison (qui n’en est pas vraiment une) fut le rapprochement entre Meredith et Nathan qui ont beaucoup en commun à cause de leur perte respective. Seulement, Maggie semble aussi avoir le béguin pour le chirurgien cardio thoracique, laissant présager un conflit à venir entre les deux filles d’Elise Grey.

Conclusion ? Le pari est réussi, la saison 12 de Grey’s Anatomy parvient à se renouveler dans l’ensemble. Par contre, le départ surprise de Sara Ramirez, qui interprète Callie depuis plus de dix ans, personnage fort apprécié des spectateurs, nous prouve que la série se rapproche doucement de la fin. Il ne reste désormais que quatre acteurs de la distribution d’origine, nous restons curieux de voir jusqu’où comptent aller Shonda Rhimes et Ellen Pompeo pour faire durer la série au-delà de la prochaine saison 13.

La douzième saison de Grey’s Anatomy a réuni, en moyenne, 8 millions de téléspectateurs et un taux de 2,22 sur les 18/49 ans.
La série reviendra en septembre pour une saison 13 sur ABC.

Grey’s Anatomy Saison 12 : Bande-annonce

Grey’s Anatomy Saison 12 : Fiche Technique

Créateur : Shonda Rhimes
Scénario : Shonda Rhimes
Acteurs principaux : Ellen Pompeo, Justin Chambers, Chandra Wilson, James Pickens Jr, Sara Ramirez, Kevin Mckidd, Jessica Capshaw, Jesse Williams, Sarah Drew, Camilla Luddington, Jerrika Hinton, Caterina Scorsone, Kelly McCreary, Jason George, Giaccomo Gianniotti, Martin Henderson
Producteurs : Shonda Rhimes, Betsy Beers, Mark Gordon, James D. Parriott, Tony Phelan
Sociétés de production : ABC Studios, ShondaLand
Format : 24 épisodes de 42 minutes
Diffusion : ABC
Genres : dramatique, médicale
Etats-Unis – 2005

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Backrooms : Plongée mitigée dans l’étrangeté du liminal

Le YouTubeur Kane Parsons adapte ses célèbres espaces liminaux au cinéma avec une direction artistique soignée et une atmosphère vraiment envoûtante. Dommage qu'un scénario trop bavard et un rythme poussif viennent freiner ce projet d'horreur psychologique pourtant bien plus prometteur qu'effrayant.

Le Vertige : Méditation dupieusienne ou aberration cinématographique

Avec "Le Vertige", Quentin Dupieux pousse son cinéma de l'absurde jusqu'à la limite de l'arnaque. Entre méditation cartésienne et pur foutage de gueule, le film embarque Alain Chabat et Jonathan Cohen dans un doute existentiel : et si rien de ce que l'on voit n'était réel ? Mêlant animation et personnages dérivés de cette expérimentation esthétique rétro, cette expérience aussi terne que radicale ne fait pas rire, mais fascine par son obstination. Décryptage d'un vertige métaphysique signé Dupieux.

The Furious : aussi bon que con (et on adore)

Prenez "Taken", ajoutez-y une pincée de "John Wick", beaucoup de "The Raid" et de "City of Darkness", et vous obtenez "The Furious". Entre série B décomplexée et scènes d'action d'anthologie, on tient l'un des meilleurs films d'action de ces dernières années.

Le Dernier Vrai Samouraï : jidai-geki mon amour

Sur le mode de la comédie fantastique, Le Dernier Vrai Samouraï est une mise en abyme savoureuse : un vrai samouraï qui en côtoie des faux, interprétant une version romancée de son propre monde, devenu désuet et un sujet de spectacle. Derrière l’hommage à un genre cinématographique, Jun’ichi Yasuda veut surtout saluer les artisans oubliés du cinéma nippon. Il y a donc de multiples grilles de lecture dans ce film qui, par ailleurs, demeure distrayant, humoristique et parfois spectaculaire.

Disclosure Day : la face sombre de l’émerveillement

Presque 50 ans après "Rencontres du troisième type", Steven Spielberg revient à ses grandes énigmes du cosmos avec "Disclosure Day". Un thriller conspirationniste, porté par Emily Blunt et Josh O'Connor, qui déconstruit la science-fiction pour mieux interroger notre époque sur la désinformation, la dissimulation gouvernementale et la foi en l'humanité. Une réussite !
Maxime Kasparian
Maxime Kasparianhttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant master cinéma-audiovisuel, je suis un passionné du cinéma depuis mon plus jeune âge grâce la saga intergalactique Star Wars (il est évident de vous dire que mon film préféré jamais détrôné à ce jour est L’empire contre-attaque). J’ai aussi une profonde addiction pour les séries télévisées notamment Lost et 24h chrono qui sont pour moi les plus novatrices, et malgré mon âge qui a largement dépassé la vingtaine, je garde une âme d’enfant en continuant de regarder avec amour les nouveaux films d’animation Disney, Pixar et compagnie. Mes artistes de références : James Cameron, Steven Spielberg, Ridley Scott, JJ Abrams, Joss Whedon, Shonda Rhimes, Ewan McGregor, Michael Fassbender, Matthew McConaughey, Meryl Streep, Jennifer Lawrence, Sigourney Weaver, Cate Blanchett. J’espère percer dans la critique, j’adore parler et débattre du cinéma, de télévision, de séries télés qui sont, pour moi, les meilleurs moyens de s’évader, de faire rêver, mais aussi de refléter notre société et nos cultures.

Spider-Noir : dans les toiles de la Grande Dépression

Après des années de flops et de faux espoirs, Sony surprend tout le monde avec "Spider-Noir", disponible sur Prime Video. Nicolas Cage incarne un Spider-Man vieillissant et désabusé dans le New York de la Grande Dépression. Un polar élégant, une esthétique soignée, et une belle réussite qu'on n'attendait plus vraiment.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.

L’Affaire Laura Stern : le cri du silence

Plus qu'une fiction sur la vengeance, "L'Affaire Laura Stern" est une immersion sensorielle dans le "cri du silence" des victimes de violences et d'emprise. Une œuvre nécessaire qui déconstruit les mécanismes de la violence faite aux femmes pour en faire un combat collectif et politique. La série est diffusée sur France 2 en mars 2026 et disponible en streaming sur France Télévision.