FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

La 46e édition du festival proposera une programmation riche mais plus serrée avec une centaine de films (la programmation sera terminée d’ici début août), permettant notamment de consacrer les matinées à des cafés-rencontres avec les cinéastes présents au festival. L’accent sera mis sur la rencontre avec le public, avec une volonté d’avoir tous les cinéastes sélectionnés présents pour accompagner les projections.

Nous connaissons d’ores et déjà le film d’ouverture et celui de clôture. Le festival s’ouvrira avec Congo Boy, premier long-métrage de fiction du réalisateur congolais Rafiki Fariala (sortie nationale le 25 novembre). L’acteur principal, Bradley Fiomona, a été récompensé à Cannes pour son interprétation. La séance est prévue le vendredi 13 novembre à 20 h. Le festival se terminera par la diffusion du dernier film de Bertrand Mandico (sortie nationale le 23 décembre 2026). Il s’agit de Roma Elastica où l’on retrouvera les actrices Marion Cotillard et Noémie Merlant. L’avant-première aura lieu le vendredi 20 novembre à 20 h.

Le festival a dévoilé son affiche et, par la même occasion, le pays à l’honneur cette année : l’Iran. Le cinéaste iranien Karim Lakzadeh sera à l’honneur dans le cadre d’un focus consacré à la découverte inédite de son cinéma en France, en sa présence.

L’affiche du festival est une image extraite du film de Karim Lakzadeh, Living Twice, Dying Thrice, qui célèbre l’actrice iranienne Mahdis Mahdiyar. Le choix a été fait de mettre en avant un visage lumineux et porteur d’espoir pour un cinéma qui, selon les mots de Karim Lakzadeh, est « un miracle ».

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Le Corset : l’orgue et le blé

Avec Le Corset, Louis Clichy signe bien plus qu’un récit d’apprentissage ; il filme une déflagration intime. Là où tant d’autres auraient succombé au piège de la carte postale rétro, le cinéaste fait le choix d’une plongée vivante dans les années 80. Jamais nostalgique, la reconstitution s’efface intelligemment derrière le mouvement et le point de vue de l’enfance. C’est aussi le portrait d’un monde agricole en mutation, une ruralité capturée avec une vraie justesse sociologique. Le quotidien est là, dans la maison, et la scène suivante nous plonge au plus près du blé, du champ et des machines qui l’envahissent et le traversent.

Il y a de faux airs de Samuel (la série d’Émilie Tronche) dans la trajectoire présentée à l’écran, mais surtout un vrai parti pris de mise en scène : celui de raconter l’enfance par le prisme de l’émancipation, du corps qui change ou qui est empêché, et du premier amour. Le « corset » du titre n’est pas seulement social ou familial, il est physique. Le film trouve sa justesse dans cette manière de filmer la maladresse des gestes et la naissance du désir comme un séisme intérieur. Cette libération passe notamment par la musique : lorsque le petit garçon découvre l’orgue, l’instrument devient une seconde voix, un espace de souffle qui fissure le carcan de son environnement. Tout penche et la musique semble tout remettre en place, du moins canaliser l’énergie.

Pour traduire ce trop-plein d’émotions, Clichy embrasse toute l’audace de l’animation. Libéré des contraintes du réel, le dessin s’autorise des envolées visuelles d’une belle poésie. Quand les sentiments débordent, portés par les vibrations de l’orgue, les corps s’allègent et la métaphore envahit l’écran. C’est la grande force de ce film : utiliser le fantastique de l’animation pour nous faire ressentir le monde plus fort et plus vrai. Une vibrante réussite.

Festival

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Chloé Margueritte
Chloé Marguerittehttps://www.lemagducine.fr/
Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

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