Du sang et des larmes : Critique du film de Peter Berg

Du sang et des larmes « Lone Survivor » : Immersion Violente dans une guerre ultra réaliste

Basé sur une histoire vraie, le deuxième de la semaine avec Fruitvale Station, Du sang et des larmes est adapté du livre de Marcus Luttrell (interprété par Wahlberg) « Lone Survivor » qui retrace les événements survenus lors d’une mission qui s’est déroulé le 28 juin 2005…

Du sang et des larmes, titre français paraphrasant Churchill, qui lors d’un discours devant la chambre des Communes dira « Je n’ai à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur. » Ce film à petit budget réalisé par Peter Berg, loin d’être un film de propagande, est avant tout un hommage au Navy Seals. Un film de guerre dans la plus noble tradition du genre, très réaliste même trop pour ce genre.

Après le très bourrin « Battleship » (2012), un film mal compris, un passage super héros avec « Hancock » (2008), Peter Berg revient avec un film dans  la lignée du du Royaume « 2007 ».

Avec Du sang et des larmes, il vise directement au plexus, l’immersion violente, sans détours, désarçonnant le spectateur par cette vision de la guerre ultra réaliste, déchirante. Un récit simple, incisif, à l’impact émotionnel saisissant. La guerre ce n’est pas comme dans Call of Duty : c’est un déluge dévastateur, brutal et violent.du sang et des larmes peter berg

Du sang et des larmes c’est l’enfer couché sur une pellicule qui vous fait sentir le goût du sang dans la bouche, la peur qui vous prend aux tripes, les larmes dans les yeux. Ces soldats en bavent, cette réalité sanglante, cette poussière qui vous enflamme la gorge happe le spectateur frontalement dans une tragédie prenante, un cauchemar apocalyptique. Un film ou l’on ressent chaque chute, chaque blessure, chaque tir grâce à une réalisation soignée explorant intelligemment les décors naturels avec pour finalité un enchaînement de séquences terribles.
du sang et des larmes movie film

Du sang et des larmes n’est pas que l’expérience traumatisante d’une guerre sale, cruelle, barbare, c’est aussi un véritable hommage au peuple afghan. Quand le chef de village pachtoune protège Marcus blessé, au péril de sa propre vie, s’ébauche une transformation chez ce soldat façonné par une certaine idéologie.

Évidemment, Du Sang et des larmes rend hommage aux frères d’armes tombés au combat, tout en dressant le portrait de cette relation entre 4 frères de sang, plongés dans une situation qui leur échappe. Peter Berg ne cherche pas à savoir qui sont les marchands de chaos, ceux qui profitent des guerres. Son film montre ceux qui sont sur le terrain sans pour autant tenter d’analyser la psychologie de ces soldats.

C’est le portrait d’une fraternité d’hommes, loin de toutes idéologies, ce n’est pas une invitation à s’engager dans les Navy Seals, ni un éloge pornographique de la guerre à travers de gros plans de visages ensanglantés. C’est un vibrant hommage à des hommes tout simplement, jusqu’au générique de fin bouleversant.

Du sang et des larmes est une immersion totale dans un univers, un vrai film de guerre touchant, poignant, d’un réalisme époustouflant, articulé autour d’un casting haut de gamme et d’une photographie sublime. Un film authentique, épique, furieux mais profondément humain. Un survival dopé à l’adrénaline dont certaines scènes d’héroïsme rappellent « La chute du Faucon Noir », » Black Hawk Down » (2001) de Ridley Scott.

Synopsis : Le 28 juin 2005, un commando de quatre Navy Seals prend part à l’opération baptisé « Red Wing », qui a pour but de localiser et d’éliminer un dangereux chef taliban Ahmad Shah repéré dans un petit village reculé niché près des montagnes. Mais rapidement repérés et encerclés, les quatre soldats vont se retrouver pris au piège.

Fiche technique : Du sang et des larmes

Titre original : Lone Survivor
Interdit aux moins de 12 ans
Réalisateur : Berg Peter
Acteurs : Mark Wahlberg, Eric Bana, Taylor Kitsch, Emile Hirsh
Genre : Biopic, Film de guerre
Date de sortie : 01 janvier 2014
Durée : 2h01mn
Production : Emmett/Furla Films, Films 44
Casting : Mark Wahlberg, Taylor Kitsch, Emile Hirsch, Ben Foster, Eric
Bana, Ali Suliman, Alexander Ludwig, Yousuf Azami, Sammy Sheik
Scenario : Peter Berg, basé sur le livre “Lone Survivor: An
Eyewitness Account of Operation Redwing and the Lost Heroes of SEAL
Team 10” by Marcus Luttrell with Patrick Robinson
Producteurs : Peter Berg, Sarah Aubrey, Randall Emmett, Norman Herrick,
Barry Spikings, Akiva Goldsman, Mark Wahlberg, Stephen Levinson,
Vitaly Grigoriants
Producteurs exécutive : George Furla, Simon Fawcett, Braden Aftergood,
Louis G. Friedman, Remington Chase, Stepan Martirosyn, Adi Shankar,
Spencer Silna, Mark Damon, Brandt Andersen, Jeff Rice
Directeur de la photographie : Tobias A. Schliessler
Monteur : Colby Parker Jr.
Compositeur : Steve Jablonsky
Budget : $ 50 000 000

Festival

Deauville 2026 : Mouse, la souricière du chagrin

Présenté en compétition au Festival de Deauville après avoir reçu un très bon accueil à la Berlinale, "Mouse" déploie un récit de deuil adolescent sensible et délicat porté par un somptueux duo d’actrices. En filmant l’intime avec autant de tendresse que de naturalisme, Kelly O’Sullivan et Alex Thompson s’imposent comme des cinéastes incontournables du cinéma indépendant américain.

Deauville 2026 : I’ll Be Gone in June, le crépuscule d’un monde

Comment les Européens perçoivent-ils l'Amérique ? Et comment ce pays, ancienne terre d'immigration, accueille-t-il les étrangers dans un contexte troublé ? Ce sont les questions que posent, en creux, le premier long-métrage de Katharina Rivilis. Avec "I'll Be Gone in June", la cinéaste allemande signe un récit d'apprentissage à la fois âpre et lumineux, tourné dans le désert du Nouveau-Mexique, sur fond de traumatisme post-11 septembre. Une œuvre très personnelle qui touche par sa sensibilité.

L’Étrange Festival 2026 : Blaise, quand la politesse tourne à l’émeute

"Blaise" suit une famille obsédée par son image, prête à tout pour ne déplaire à personne, jusqu'à s'embourber dans une spirale de quiproquos de plus en plus absurdes. Porté par une animation en photomontage numérique inédite, le film transforme la politesse ordinaire en mécanique comique redoutable.

Deauville 2026 : Les Contrebandiers, l’or noir de la Grande Dépression

Présenté en ouverture du Festival de Deauville, "Les Contrebandiers" propose une immersion profonde dans les forêts de l’Oregon lors de la Grande Dépression. Un film de survie âpre et tendu, qui convoque les grands classiques des années 1970. Porté par l’interprétation très physique d’Ethan Hawke, il compose un divertissement d’une efficacité redoutable, sans échapper à quelques clichés.

Newsletter

À ne pas manquer

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

The Dog Stars : Ridley Scott s’essaie au post-apo (en pantoufles)

Dans un monde post-pandémique, Ridley Scott livre un survival maîtrisé mais sans surprise, porté par Jacob Elordi, Josh Brolin et Margaret Qualley dans les paysages du Colorado.