« La Tour Eiffel, une géante de fer » : monument, emblème, attraction

Les éditions Dupuis ajoutent à leur collection « Le Fil de l’histoire » un album consacré à la Tour Eiffel. Sylvain Savoia et Fabrice Erre racontent l’édification complexe d’une « géante de fer » aujourd’hui nappée d’une puissante aura.

C’est peu dire que la Tour Eiffel demeure un monument emblématique de Paris. Cette prouesse architecturale a captivé le monde entier depuis son inauguration en 1889. Conçue par Gustave Eiffel après qu’il a racheté les plans de ses équipes, la « géante de fer » a été construite pour l’Exposition universelle, qui constituait alors une célébration de l’avancement technique et scientifique de l’époque, mais aussi un événement à travers lequel les nations se mesuraient les unes aux autres. La Tour mesure plus de 300 mètres de haut et a nécessité quelque 18 000 pièces métalliques, chacune étant dessinée et fabriquée avec une précision minutieuse. En dépit des réticences exprimées et des doutes sur la fiabilité de la structure, le chantier de construction fut exécuté en orfèvre, avec une attention particulière portée à la résistance au vent et aux intempéries.

Au-delà de son rôle, évident, en tant qu’attraction touristique, la Tour Eiffel a également été investie de plusieurs fonctions utiles. Elle a notamment été utilisée pour émettre des ondes, précieuses durant la Première guerre mondiale, pour établir des prévisions météorologiques, pour mener des expériences scientifiques, ainsi que pour d’autres activités. La Tour abrite ainsi des restaurants, des boutiques et d’autres installations pour ses nombreux visiteurs. Symbole français fort, associée à l’Exposition universelle de 1889 et à la ville de Paris elle-même, elle représente aujourd’hui encore une attraction touristique majeure, attirant des millions de visiteurs chaque année. Son rôle en tant que symbole national ne se devine pas seulement au nombre de produits dérivés arborant sa structure ; il transparaît par exemple à l’occasion des projections de lumières thématiques y ayant cours (Ariane et Nino citent les exemples des drapeaux français ou ukrainien).

La Tour Eiffel, une géante de fer est une lecture passionnante et didactique, qui décrit de manière concise l’histoire et l’actualité de ce monument emblématique. Sylvain Savoia et Fabrice Erre énoncent avec talent la grandeur de cet édifice peu commun, inédit en son temps, et qui continue de surplomber Paris et de fasciner le public plus d’un siècle après sa construction. Si des bâtiments tels que l’Empire State Building auraient pu la reléguer au second plan, et bien que sa pérennité ait été maintes fois remise en cause (il a été question de la démanteler, voire de modifier en profondeur son aspect), celle que l’on nommait prosaïquement « la Tour de 300 mètres » n’a rien perdu de son éclat.

La Tour Eiffel, une géante de fer, Sylvain Savoia et Fabrice Erre
Dupuis, février 2023, 48 pages

Note des lecteurs0 Note
3.5

Festival

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Newsletter

À ne pas manquer

Englouti : le ventre de la mer

Avalé par un cachalot avec une heure d’oxygène, Austin Abrams livre un survival viscéral et bluffant, entre huis clos organique et décors palpitants. Dommage que des flashbacks trop bavards et un final lourdingue lui coupent le souffle, là où le film aurait pu rester en apnée jusqu’au bout.

Ni vue, ni connue : une figurante (trop) douée

Après l’échec relatif des "Cyclades", Marc Fitoussi retrouve une inspiration remarquable avec "Ni vue, ni connue", une comédie à la fois drôle, caustique et sensible. En confiant à Isabelle Huppert le rôle d’une figurante obstinée rêvant de décrocher enfin un véritable rôle, le réalisateur signe un contre-emploi aussi audacieux que pertinent. À travers le parcours semé d’humiliations de Corinne Maclou, le film explore avec finesse l’invisibilité de ceux qui peuplent les marges du spectacle. Entourée de comédiens et réalisateurs jouant leur propre rôle, la figurante tente inlassablement de se faire une place dans un univers dominé par les rapports de pouvoir et les réseaux. Si le scénario se montre parfois prévisible, ce défaut est largement compensé par la qualité des dialogues, l’acuité du regard porté sur le milieu artistique et l’autodérision permanente d’Isabelle Huppert. Marc Fitoussi brosse ainsi un portrait aussi drôle que cruel de la condition de figurant, sans jamais perdre de vue l’humanité de son personnage. Une excellente comédie qui conjugue intelligence, émotion et mordant.

Reefer Madness : C’est de la bonne !

Du jazz, des joints, des meurtres et des bigots en roue libre : Reefer Madness transforme la propagande antidrogue en comédie musicale complètement perchée. La prohibition n’a jamais été aussi funky !

Petite Casbah : les toits de la liberté

"Petite Casbah" suit quatre enfants sur les toits d'Alger en 1955. Khadidja, Lyes, Philippe et Ahmed enquêtent pour faire libérer Malek, injustement emprisonné. Une aventure animée et fraternelle, entre jeu de piste et conte, qui raconte la guerre d'Algérie à hauteur d'enfant.

The Social Reckoning : la data du jugement

Aaron Sorkin repasse derrière la caméra pour raconter les "Facebook Files", la lanceuse d'alerte Frances Haugen et un Mark Zuckerberg glaçant joué par Jeremy Strong. Un film-dossier dynamique et limpide, à la mise en scène sage, qui interroge notre rapport aux réseaux sociaux et à la vérité.
Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

« Ryukyu Buccaneer » : la faim, puis l’or

Un garçon qui volait des bentos pour nourrir sa mère se retrouve pris dans une chasse au trésor où chacun avance masqué. Rainy Kamitsuki et Nau Doi situent leur aventure dans les Ryukyu du XIXᵉ siècle, au bord d’un monde qui vacille. C'est à découvrir aux éditions Glénat.

« Dragon Ball SD » : la saga des cyborgs, avec quelques grains de folie

Le tome 12 reprend le fil des androïdes et de Cell, mais s’autorise des sorties de route savoureuses : conseils de yoga, leçon sur les cigales et personnages qui commentent occasionnellement leur propre manga.

L’Insensé – Ça va Francis ?

« Après tout, une œuvre n’est qu’une obsession que l’on structure. »