Halloween 2017 : Quels films regarder pour se faire peur ?

A l’occasion d’Halloween, la rédaction vous livre dix films d’horreurs à découvrir pour frisonner en amis, en famille ou tout seul pour les plus courageux d’entre vous … A vos bonbons !

Cela ne vous a pas échappé, ce soir c’est Halloween. Alors que pour certains, la fête horrifique est simplement l’occasion de se déguiser en Joker ou en Harley Quinn, pour vous c’est différent. Entre les confiseries et les cocktails, vous en profitez toujours pour visionner de nouveaux films d’horreur. Vous êtes fatigué de devoir revoir les classiques slashers, de Freddy Krueger à Jason Vohrees. Vous en avez marre de rigoler devant l’Exorciste ou Annabelle. Vous êtes en quête de vrais frissons. La peur facile, ça ne vous connait plus. Fantômes, tronçonneuses, incantations démoniaques : ne cherchez plus, on a de quoi vous provoquer quelques frayeurs.

Notre top 10 des meilleurs films d’horreur pour Halloween :

1/ Shrew’s Nest (Musarañas), 2014

Si vous aimez l’horreur à la Alex de la Iglesia (également co-producteur avec son épouse Carolina Bang), Musarañas, vendu à l’international sous le titre Shrew’s Nest, fera votre bonheur. Ce premier long-métrage de Juanfer Andrés et Esteban Roel est un redoutable huis-clos ayant en arrière-fond l’Espagne des années 1950. L’intrigue se déroule dans un appartement : deux sœurs, dont une agoraphobe, recueillent un homme blessé incapable de se déplacer. Le film a beau avoir ses moments burlesques, il est bien effrayant dans le sens où le danger peut arriver n’importe où à n’importe quel moment dans un endroit où s’échapper semble impossible. La folie de l’imprévisible Montse nous dévoile un autre type d’horreur expliquant pourquoi elle a basculé petit à petit dans une situation épouvantable et inimaginable. Macarena Gomez (déjà vue chez Alex de la Iglesia dans Les Sorcières de Zugarramurdi) est épatante dans ce rôle sombre et malade.

2/ Pas un bruit (Hush), 2016

Pas un bruit est une œuvre qui prend le parti de nous faire suivre une femme sourde muette comme personnage principal, ce qui est original pour ce genre cinématographique. Elle se retrouve prise au piège dans sa maison au fond des bois, poursuivie par un tueur psychopathe. Même si le synopsis n’est pas des plus originaux et si le film a quelques maladresses (certains comportements sont illogiques et la photographie trop sombre), il reste un bon long-métrage horrifique. En effet, le handicap de cette femme est utilisé comme un moyen de faire peur, comme dans la quasi-absence de musique par exemple. L’actrice principal Kate Siegel livre une très bonne performance qui plus est. De plus, l’absence de jumpscares est fortement appréciable. En conclusion, c’est une bonne petite œuvre angoissante, non exempt de défauts, mais fort sympathique.

3/ Haute Tension, 2003

En 2003, une petite pépite du cinéma de genre débarquait en trombe dans le paysage cinématographique français, bousculant tout ce qui se faisait en matière de trouille viscérale. Le pitch est pourtant basique : une maison de campagne perdue au milieu des bois, une famille isolée … et un psychopathe aux arguments tranchants ! Mais non content de dynamiser le genre du slasher en jouant avec ses codes (le tueur, d’un âge avancé, est vêtu d’un vêtement de travail, et n’est perceptible qu’avec le bruit de sa respiration et de ses chaussures de cuir), Haute Tension marque par ses effets gore ultra réalistes et l’interprétation hors pair de ses comédiens. Il est également la confirmation d’un jeune cinéaste, Alexandre Aja, fils d’Alexandre Arcady, qui, avec ce 2e film et jusqu’à aujourd’hui, n’a fait que confirmer auprès du public son amour pour le cinéma d’épouvante.

4/ It Follows, 2015

Remarqué à sa sortie en 2015, It Follows est un film d’horreur qui laisse place au silence pour mieux faire peur. Ne se prêtant jamais aux jumpscares ou effets de peur facile, le long-métrage de David Robert Mitchell est un chef d’œuvre d’ambiance. Apparaissant pour la première fois suite à une relation sexuelle, le « It » du titre est une figure lancinante qui poursuit les adolescents. Le « It » suit et ne s’arrête jamais. A l’image du « it », créature emblématique de Stephen King, le monstre du film ne révèle jamais sa forme finale et adopte différents aspects tout au long du métrage. Du zombie lent à la vieille femme, chaque apparition puise dans nos cauchemars les plus enfouis. Véritable claque visuelle, It Follows est une réflexion sur la sexualité et les tourments in-détachables de la vie adolescente. A voir pour les frissons et l’initiative artistique.

5/ La Cabane dans les Bois (The Cabin in the Woods), 2012

Décidant sur un coup de tête que les parodies spoof à la Scary Movie ont fait leur temps, le duo Goddard/Whedon décide de revenir au fondamentaux. Une cabane isolée, des jeunes en baroud, des psychopathes en furie. Ajoutant à cela une touche inattendue de comédie corporate, ils déploient un récit en gigogne qui rend un hommage sincère au slasher tout en le dynamitant de l’intérieur jusqu’à un final en forme de feu d’artifice gore. On y croise de jeunes premiers (Chris Hemsworth qui se découvre un goût pour l’ironie bien avant Ragnarok), des acteurs rodés (Richard Jenkins, Sigourney Weaver) et une galerie de monstre complètement dingue (des zombies, des arbres tueurs et même… une licorne). Souvent imité (The final girl, Tucker & Dale) jamais égalé. Une des rares réussites de l’horreur méta, qui laisse de côté l’épouvante « postmoderne » pour préférer une ambiance carnavalesque jouissive.

6/ Evil Dead, 2012

Faire le remake d’un des mastodontes du genre, c’est toujours un désir aventureux surtout lorsque le film en question est le Evil Dead de Sam Raimi. Adoubé par ce dernier, Fede Alvarez démontre avec cette nouvelle monture 2.0 qu’il a un certain talent pour l’horreur et un certain amour du genre. Délaissant l’humour graveleux à la Tex Avery du matériel de base, le cinéaste uruguayen avance une mise en scène carrée et une photographie caverneuse pour ordonner un récit qui tranche par son sérieux. Même si cet Evil Dead souffre d’un manque de profondeur chez ses personnages et d’inventivité dans sa proposition de cinéma (au contraire d’un La Cabane dans les bois), le long métrage sent bon l’artisanat horrifique et se veut extrêmement gourmand dans sa débauche sanguinolente, pour le plus grand plaisir des aficionados. Humble et respectueux de son ainé, l’Evil Dead de 2013 est une péloche horrifique abrasive

https://www.youtube.com/watch?v=hpDR9P52Jc8

7/ Frankenweenie, 2012

Parmi les nombreuses images qui viennent à l’esprit lorsque l’on parle de peur et de cinéma, celle des Universal Monsters apparaît comme évidente. La Momie, le monstre de Frankenstein, Dracula ou encore l’Homme Invisible ont en effet marqué la culture moderne de leur empreinte à tout jamais. Et parmi les amoureux inconditionnels de cette époque, on trouve Tim Burton. Celui-ci dévoile en 2012 Frankenweeenie, un film d’animation stop motion en noir et blanc nous contant l’histoire de Victor Frankenstein, petit garçon passionné de sciences qui décide après la mort de son chien de ramener celui-ci a la vie. Sous la forme d’un conte comme a pu le faire Burton auparavant avec Edward aux mains d’argent, c’est ici une véritable déclaration d’amour au cinéma d’horreur du siècle dernier, blindé de références que le spectateur va s’amuser à chercher dans chaque scène. De Ed Wood à Godzilla, tout y passe, et on se laisse volontiers happer par ce petit plaisir cinéphile.

8/ Les Frissons de l’Angoisse (Profondo Rosso),1977

Quoi de mieux pour Halloween qu’un petit giallo ? Ce genre typiquement transalpin rempli d’armes blanches, de femmes dénudées, et de meurtres sanguinolents peu connu en France, regorge de nombreuses pépites. Dario Argento en est l’une des figures de proue, et Profondo Rosso est certainement son œuvre phare. Comme d’habitude chez le maestro, tout est jeu de perception, un jazzman est témoin d’un meurtre et une image va le hanter tout au long de son enquête. Argento va se jouer de David Hemmings comme il se joue du spectateur. Ponctué par la musique si unique de Goblin, Profondo Rosso alterne entre angoisse, fétichisme, et séquences grand-guignolesques (notamment dans ses mises à morts très graphiques). Le sens de l’esthétisme de Argento renvoie autant à la peinture, à l’architecture, à la sculpture qu’au cinéma d’horreur. Fascinant autant dans sa forme que dans son fond, Profondo Rosso est l’apex du bis italien.

9/ Braindead, 1992

Avant de consacrer 15 ans de sa vie à Tolkien, Peter Jackson bidouillait des bobines d’horreur dans sa Nouvelle-Zélande natale. Si on s’épargnera Bad Taste, on peut se jeter goulûment sur le culte Braindead, petite perle de cinéma craspec et orgie jubilatoire d’hémoglobine, viscères et autres fluides. Tourné dans l’optique d’être le film le plus gore de tous les temps (ce qu’il sera avant Piranha 3D), Braindead ne ménage pas ses efforts et repeint les murs avec bonheur dans une atmosphère de franche rigolade. Mêlant un humour à la Tex Avery à d’intenses et écœurants démembrements à la tondeuse, Braindead empile bébé zombie, singe-rat, vétérinaire nazi, prêtre qui fait du kung-fu,… dans un délire gonzo mené tambour battant et déployant avec gourmandise l’inventivité et la générosité d’un réalisateur doué. Le tout avec une fabrication soignée qui fait souvent défaut à ce genre de peloches. Une perle on vous dit !

10/ Martyrs, 2010

Film de genre français extrême, Martyrs est l’une des rares expériences cinématographiques et hexagonales qui ne laissera personne de marbre. Son réalisateur, Pascal Laugier (Saint-Ange, The Secret), pousse les spectateurs dans leurs derniers retranchements, à travers un film ultra-violent et intelligent. Souvent qualifié de « film d’horreur métaphysique », Martyrs a souffert d’une exploitation très limitée mais a depuis acquis un statut culte chez les fans de cinéma gores. Le film oscille entre l’expérience hallucinée et le cauchemar intégral, tant les scènes paraissent brutes, réalistes et éprouvantes. Le tout, enrobé d’une réflexion pertinente sur la quête de l’au-delà, à l’instar des films de Fabrice du Weltz ou du duo Maury et Bustillo, tous dignes représentants d’un cinéma de genre français en perdition. Un film d’ailleurs si gore qu’il en choqué plus d’un, avec Xavier Dolan à son casting, est forcément une curiosité immanquable d’Halloween, à réserver à un public conscient du choc qu’il prendra.

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