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71e Festival de Cannes : Découvrez la liste de l’intégralité des films sélectionnés et projetés

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Les cinéphiles du monde entier attendent avec beaucoup d’impatience l’ouverture du Festival de Cannes le 8 mai prochain.  Retrouvez la liste de la quasi-totalité des œuvres qui feront battre le cœur et l’âme du cinéma international tout au long du Festival.

Les festivaliers et les stars du septième art du monde entier s’apprêtent à débarquer sur la French Riviera dans quelques jours à peine. L’effervescence est à son comble à Cannes, les derniers préparatifs et les ultimes détails sont d’ailleurs en cours de finition… Tous les projecteurs seront tournés vers la ville de Cannes pendant cette nouvelle édition durant laquelle le cinéma, le glamour, la magie du Festival, l’imprévu, l’émotion et la passion du cinéma vont s’exprimer.

L’intégralité des films sélectionnés et projetés est donc dorénavant connue. Le Festival de Cannes se déroule cette année du 8 au 19 mai 2018. Edouard Baer est le maître de cérémonie de cette 71ème édition. Cate Blanchett est la présidente du jury, composé de Léa Seydoux, Robert Guédiguian, Denis Villeneuve, Kristen Stewart, Khadja Nin, Ava DuVernay et Andreï Zviaguintsev.

Canal + proposera la retransmission en direct et en clair des grandes cérémonies du Festival de Cannes. Toute l’actualité de la Croisette est également à suivre sur la chaîne officielle du Festival de Cannes via le site Dailymotion.

Vive le cinéma !

Le programme complet et détaillé des séances est à retrouver à cette adresse : https://www.festival-cannes.com/fr/infos-communiques/communique/articles/l-horaire-des-projections-2018

Le détail de la Sélection officielle et des films en compétition pour la prestigieuse Palme d’or :

Asghar Farhadi avec Everybody Knows (Iran)

Penélope Cruz et Javier Bardem sont à l’affiche de ce thriller psychologique en langue espagnole. Everybody Knows sera projeté pour l’ouverture de cette 71e édition, le mardi 8 mai. À l’occasion du mariage de sa sœur, Laura revient avec ses enfants dans son village natal au cœur d’un vignoble espagnol. Mais des événements viennent bouleverser son séjour et font resurgir un passé depuis trop longtemps enfoui. En salles le 9 mai 2018.

Stéphane Brizé avec En guerre (France)

Ce film social de Stéphane Brizé entraîne Vincent Lindon dans la lutte de salariés de l’usine Perrin, prêts à tout pour sauver leur site d’Agen, spécialisé dans la sous-traitance automobile.

Nuri Bilge Ceylan avec Le Poirier sauvage (Turquie)

Lauréat de la Palme d’or en 2014 avec Winter Sleep, le réalisateur turc présente, avec cette nouvelle œuvre, l’histoire d’un homme qui rêve d’être écrivain et retourne dans son Anatolie natale. Les dettes de son père vont malheureusement finir par le rattraper. Le film dure 3h08.

Serge Dvortsevoy avec Ayka (Kazakhstan, Russie)

Le réalisateur kazakh Serge Dvortsevoy revient avec une seconde œuvre après Tulpan, vainqueur du Prix Un Certain Regard en 2008. Ce nouveau film repose sur des ressorts dramatiques. Ayka est le nom d’une jeune fille kyrgyze qui vit et travaille illégalement à Moscou. Après avoir donné naissance à son fils, elle l’abandonne à l’hôpital. Elle va finalement décider de partir à la recherche de ce fils.

Matteo Garrone avec Dogman (Italie)

Grand Prix pour Gomorra et Reality et récompensé comme meilleur réalisateur pour Tale of Tales, le quatrième film de l’Italien Matteo Garrone promet de prendre les spectateurs aux tripes. Le film va retracer un fait divers particulièrement sanglant dans les années 1980. Un toiletteur pour chiens va planifier une terrible vengeance contre un ancien boxeur, dépendant à la cocaïne. Cette homme terrorise tout le quartier et lui rend la vie infernale. Une plongée dans l’horreur, la violence et la torture va alors s’installer.

Jean-Luc Godard avec Le Livre d’image (France)

50 ans après sa tirade culte sur les événements de mai 1968, Jean-Luc Godard revient à Cannes avec un projet cinématographique ambitieux. Le Livre d’image est un film en cinq parties thématiques. Cette œuvre serait une réflexion sur le monde arabe à travers des images documentaires et de fiction. Le cinéaste franco-suisse est venu pour la dernière fois en compétition pour Adieu au langage en 2014, qui remporta le Prix du jury ex-æquo avec Mommy de Xavier Dolan. La présence de Jean-Luc Godard pour présenter son nouveau film sur la Croisette n’est malheureusement pas confirmée à 100%. L’affiche de la 71e édition du Festival de Cannes est un hommage à la filmographie de Jean-Luc Godard.

Yann Gonzalez avec Un couteau dans le cœur (France-Mexique)

Le deuxième film du réalisateur des Rencontres d’après-minuit pourrait séduire les amateurs de films fantastiques italiens. Un couteau dans le cœur pourrait en effet reprendre les codes du genre du « giallo ». Vanessa Paradis incarne une productrice de porno gay menacée de mort.

Ryusuke Hamaguchi avec Asako I & II (Japon)

L’intrigue va plonger les spectateurs dans le quotidien d’Asako qui, après la disparition de Baku, l’homme qu’elle aimait, retrouve son parfait sosie. Elle va alors se laisser séduire, malgré la personnalité du jeune homme, totalement différente de celle de Baku. Senses, le projet de 5 heures et découpé en trois volets du même réalisateur, vient de débarquer dans les salles françaises. Ryusuke Hamaguchi est déjà considéré comme le « Rohmer japonais » par de nombreux critiques français.

Christophe Honoré avec Plaire, aimer et courir vite (France)

Douze ans après Les Chansons d’amour, Christophe Honoré est de retour sur la Croisette. Le nouveau film de Christophe Honoré retrace la relation amoureuse entre un jeune étudiant et un écrivain dans les années 1990. Les comédiens Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps ou bien encore Denis Podalydès composent le casting.

Eva Husson avec Les Filles du soleil (France)

Après avoir marqué les esprits avec Bang Gang sur la sexualité d’une jeunesse insouciante, Eva Husson débarque à Cannes avec son second long-métrage. Les Filles du Soleil est en réalité le nom d’un bataillon de combattantes kurdes luttant contre des djihadistes. Bahar (incarnée par Golshifteh Farahani), la commandante, veut arracher son fils aux « hommes en noir ». Mathilde (la comédienne et réalisatrice Emmanuelle Bercot), journaliste française, débarque alors pour couvrir l’offensive.

Jia Zhang-Ke avec Les Éternels (Chine)

Le cinéaste chinois revient en compétition sur la Croisette pour la cinquième fois avec une histoire d’amour et de gangsters. Qiao, une jeune danseuse est amoureuse de Bin, un chef de la pègre locale de Datong. Lorsque Bin est attaqué par une bande rivale, Qiao prend sa défense et riposte avec une arme à feu. Elle est condamnée à cinq ans de prison suite à cette terrible affaire. Une fois libérée après avoir purgé sa peine, Qiao part alors à la recherche de Bin. Elle souhaite tenter de renouer avec lui.

Hirokazu Kore-eda avec Une affaire de famille (Japon)

Le réalisateur japonais revient à Cannes avec l’histoire d’une famille de voleurs à l’étalage qui adopte une orpheline. Leur vie de bohème va basculer lorsqu’un incident va révéler brutalement leurs plus terribles secrets…

Nadine Labaki avec Capharnaüm (Liban)

La réalisatrice libanaise Nadine Labaki dévoile le combat d’un enfant qui se rebelle contre l’existence qu’on cherche à lui imposer. Devant les juges, il explique attaquer ses parents pour lui avoir « donné la vie ».

Lee Chang-Dong avec Burning (Corée du Sud)

Le ministre de la Culture en Corée du Sud (2003-2004),  Lee Chang-Dong, a adapté une nouvelle de l’auteur japonais Haruki Murakami. Ce film s’apparenterait à un thriller mettant en scène un coursier, une jeune fille partie en Afrique et la menace d’un mystérieux pyromane.

Spike Lee avec BlacKkKlansman (États-Unis)

Le réalisateur Spike Lee est de retour au Festival de Cannes avec un long-métrage qui pourrait bien faire rougir Quentin Tarantino. BlacKkKlansman retrace l’histoire vraie d’un policier afro-américain infiltré parmi des membres du Ku Klux Klan en 1978. Il gravira les échelons de l’organisation raciste jusqu’à en devenir président. Le comédien Adam Driver incarne un collègue du policier qui incarne sa doublure « blanche » pour faire tenir sa couverture. Cette œuvre qui risque de remettre à la mode le genre de la blaxploitation est adapté du livre autobiographique Black Klansman de Ron Stallworth (incarné par le comédien John David Washington).

David Robert Mitchell avec Under the Silver Lake (États-Unis)

Le réalisateur de la claque It Follows et de The Myth of the American Sleepover arrive à Cannes cette année avec un thriller. Un trentenaire amoureux fou de sa voisine se lance dans une enquête à travers la ville de Los Angeles quand elle disparaît. Son périple va l’entraîner sur la piste de meurtres mystérieux et de sombres conspirations.

Jafar Panahi avec Trois visages (Iran)

Le cinéaste dissident Jafar Panahi est interdit de travailler dans son pays. Il a remporté l’Ours d’or à Berlin en 2015 avec Taxi Téhéran. Ce nouveau film dévoile trois portraits de femmes dans l’Iran moderne. Le Festival a demandé aux autorités iraniennes d’autoriser Jafar Panahi à quitter le pays pour se rendre à Cannes.

Pawel Pawlikowski avec Cold War (Pologne)

Ce film retrace l’histoire d’une relation amoureuse compliquée entre une femme et deux hommes en Pologne et à Paris dans les années 1950-1960. Ce film en noir et blanc est produit par Amazon.

Alice Rohrwacher avec Heureux comme Lazzaro (Italie)

Le film retrace l’histoire d’un jeune paysan dans un hameau à l’écart du monde moderne sur lequel règne la marquise Alfonsina de Luna. Son amitié avec Tancredi, le fils de la marquise, va lui faire traverser le temps. Ce conte poétique, tourné en super 16, aborde les bouleversements de la société italienne. Alice Rohrwacher a créé la surprise en 2014 en obtenant le Grand Prix à Cannes pour Les Merveilles.

Kirill Serebrennikov avec L’Été (Russe)

Leto («L’Eté») du réalisateur Kirill Serebrennikov, assigné à résidence, se base sur des faits méconnus de la biographie de Viktor Tsoï, le leader du groupe Kino. Ce chanteur soviétique des années 1980 de Léningrad, biberonné aux sons de Led Zeppelin et David Bowie, a eu une carrière musicale fulgurante. Il est notamment devenu une icône du rock de l’Est.

Abu Bakr Shawky avec Yomeddine (Égypte)

Dans ce premier film tragi-comique d’Abu Bakr Shawky, un homme et un orphelin nubien s’échappent d’une colonie de lépreux dans le désert égyptien. Afin de regagner le monde moderne, ils entassent leurs maigres biens sur une charrette tirée par un âne.

Terry Gilliam avec L’Homme qui tua Don Quichotte (Europe)

Le film maudit de Terry Gilliam devrait être présenté, hors-compétition, en clôture de la 71e édition du Festival de Cannes. Ce long-métrage est malheureusement empêtré dans un conflit judiciaire entre le réalisateur et le producteur.

Films en compétition (Sélection officielle) :

3 VISAGES (3 FACES) de Jafar PANAHI

LE POIRIER SAUVAGE (AHLAT AGACI) de Nuri Bilge CEYLAN

AYKA de Sergey DVORTSEVOY

BLACKKKLANSMAN de Spike LEE

BURNING de LEE Chang-dong

CAPHARNAÜM de Nadine LABAKI

DOGMAN de Matteo GARRONE

EN GUERRE de Stéphane BRIZÉ

LES ETERNELS (JIANG HU ER NV) de JIA Zhang-Ke

HEUREUX COMME LAZZARO (LAZZARO FELICE) d’Alice ROHRWACHER

LE LIVRE D’IMAGE de Jean-Luc GODARD

LES FILLES DU SOLEIL d’Eva HUSSON

L’ETE (LETO) de Kirill SEREBRENNIKOV

UNE AFFAIRE DE FAMILLE (MANBIKI KAZOKU) de KORE-EDA Hirokazu

ASAKO (NETEMO SAMETEMO) de HAMAGUCHI Ryusuke

PLAIRE, AIMER ET COURIR VITE de Christophe HONORÉ

EVERYBODY KNOWS (TODOS LO SABEN) d’Asghar FARHADI

UN COUTEAU DANS LE CŒUR de Yann GONZALEZ

UNDER THE SILVER LAKE de David Robert MITCHELL

YOMEDDINE de A.B. SHAWKY

COLD WAR (ZIMNA WOJNA) de Pawel PAWLIKOWSKI

Sélection UN CERTAIN REGARD :

A GENOUX LES GARS d’Antoine DESROSIÈRES

LES MORTS ET LES AUTRES (CHUVA É CANTORIA NA ALDEIA DOS MORTOS) de Renée NADER MESSORA et João SALAVIZA

UN GRAND VOYAGE VERS LA NUIT (DI QIU ZUI HOU DE YE WAN) de BI Gan

LES MOISSONNEURS (DIE STROPERS) d’Etienne KALLOS

DONBASS de Sergei LOZNITSA

EUFORIA de Valeria GOLINO

GIRL de Lukas DHONT

GRÄNS d’Ali ABBASI

GUEULE D’ANGE de Vanessa FILHO

IN MY ROOM d’Ulrich KÖHLER

L’ANGE (EL ANGEL) de Luis ORTEGA

LA TENDRE INDIFFÉRENCE DU MONDE (LASKOVOE BEZRAZLICHIE MIRA) d’Adilkhan YERZHANOV

LES CHATOUILLES d’Andréa BESCOND, Eric METAYER

MANTO de Nandita DAS

MON TISSU PRÉFÉRÉ de Gaya JIJI

MEURS, MONSTRE, MEURS (MUERE, MONSTRUO, MUERE) d’Alejandro FADEL

RAFIKI de Wanuri KAHIU

SOFIA de Meryem BENM’BAREK

Séances et projections HORS COMPÉTITION :

ARCTIC de Joe PENNA

FAHRENHEIT 451 de Ramin BAHRANI

GONGJAK de YOON Jong-Bin

LE GRAND BAIN de Gilles LELLOUCHE

SOLO: A STAR WARS STORY de Ron HOWARD

THE HOUSE THAT JACK BUILT de Lars Von Trier

L’HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE (THE MAN WHO KILLED DON QUIXOTE) de Terry GILLIAM

WHITNEY de Kevin MACDONALD

SÉANCES SPÉCIALES :

10 YEARS THAILAND d’Aditya ASSARAT, Wisit SASANATIENG, Chulayarnnon SIRIPHOL, Apichatpong WEERASETHAKUL

ANOTHER DAY OF LIFE de Damian NENOW, Raúl DE LA FUENTE

LES ÂMES MORTES (DEAD SOULS) de WANG Bing

LA TRAVERSÉE de Romain GOUPIL

LIBRE de Michel TOESCA

LE GRAND CIRQUE MYSTIQUE (O GRANDE CIRCO MÍSTICO) de Carlos DIEGUES

LE PAPE FRANÇOIS – UN HOMME DE PAROLE (POPE FRANCIS – A MAN OF HIS WORD) de Wim WENDERS

L’ÉTAT CONTRE MANDELA ET LES AUTRES (THE STATE AGAINST MANDELA AND THE OTHERS) de Nicolas CHAMPEAUX, Gilles PORTE

Sélection CINE FONDATION :

 ALBASTRU SI ROSU, IN PROPORTII EGALE de Georgiana MOLDOVEANU

CINQ MINUTES DEHORS (CINCO MINUTOS AFUERA) de Constanza GATTI

COSÌ IN TERRA de Pier Lorenzo PISANO

DOFIN MEGUMI d’Ori AHARON

DONG WU XIONG MENG de SHEN Di

DOTS d’Eryk LENARTOWICZ

L’ÉTÉ DU LION ÉLECTRIQUE (EL VERANO DEL LEÓN ELÉCTRICO) de Diego CÉSPEDES

FIN DE SAISON (END OF SEASON) de Zhannat ALSHANOVA

FRAGMENT DE DRAME de Laura GARCIA

I AM MY OWN MOTHER d’Andrew ZOX

INANIMATE de Lucia BULGHERONI

INNY de Marta MAGNUSKA

CALENDRIER (KALENDAR) d’Igor POPLAUHIN

LOS TIEMPOS DE HÉCTOR d’Ariel GUTIÉRREZ

MESLE BACHE ADAM d’Arian VAZIRDAFTARI

PALM TREES AND POWER LINES de Jamie DACK

SAILOR’S DELIGHT de Louise AUBERTIN, Eloïse GIRARD, Marine MENEYROL, Jonas RITTER, Loucas RONGEART, Amandine THOMOUX

COURTS MÉTRAGES :

TOUTES CES CRÉATURES (ALL THESE CREATURES) de Charles WILLIAMS

CAROLINE de Logan GEORGE, Celine HELD

DUALITÉ (DUALITY) de SATO Masahiko, SEKI Yutaro, TOYOTA Masayuki, HIRASE Kentaro, KAWAMURA Genki

GABRIEL de Oren GERNER

III de Marta PAJEK

JUGEMENT (JUDGEMENT) de Raymund Ribay GUTIERREZ

OMBRE (TARIKI) de Saeed JAFARIAN

YAN BIAN SHAO NIAN de WEI Shujun

CANNES CLASSICS

COPIES RESTAUREES :

BATTEMENT DE CŒUR d’Henri DECOIN

1939 – 01h37

Une présentation Gaumont. Restauration 2K en association avec le CNC. Travaux image effectués par Eclair, son restauré par L.E. Diapason en partenariat avec Eclair.

LE VOLEUR DE BICYCLETTE (LADRI DI BICICLETTE) de Vittorio DE SICA

1948 – 01h29

Une présentation de Fondazione Cineteca di Bologna, Stefano Libassi’s Compass Film et Istituto Luce-Cinecittà. Une restauration de la Fondazione Cineteca di Bologna et Stefano Libassi’s Compass Film, en collaboration avec Arthur Cohn, Euro Immobilfin et Artédis, et avec le soutien d’Istituto Luce-Cinecittà. Restauration menée au laboratoire L’Immagine Ritrovata.

ENAMORADA d’Emilio FERNÁNDEZ

1946 – 01h39

Une présentation de The Film Foundation. Restauration menée par UCLA Film & Television Archive et The Film Foundation’s World Cinema Project en collaboration avec Fundacion Televisa AC et Filmoteca de la UNAM et financée par la Material World Charitable Foundation. Le film sera présenté par Martin Scorsese.

VOYAGE À TOKYO (TOKYO MONOGATARI) de Yasujiro OZU

1953 – 02h15

Une présentation de Shochiku. Restauration numérique 4K menée par Shochiku Co., Ltd. en coopération avec The Japan Foundation à partir du négatif 35mm chez Shochiku MediaWorX Inc. et IMAGICA Corp. Distribution salles : Carlotta Films.

LA GARÇONNIÈRE (THE APARTMENT) de Billy WILDER

1960 – 02h05

Une présentation de Park Circus en coopération avec Metro-Goldwyn-Mayer. Restauration numérique 4K à partir du négatif original caméra à la Cineteca di Bologna et supervisée par Grover Crisp pour Park Circus. Étalonnage par Sheri Eissenburg à Roundabout Los Angeles.

LES DIAMANTS DE LA NUIT (DÉMANTY NOCI) de Jan NĚMEC

1964 – 01h08

Une présentation du National Film Archive, Prague. Restauration menée par Universal Production Partners studio à Prague sous la supervision du National Film Archive, Prague.

GUERRE ET PAIX. FILM 1. ANDREI BOLKONSKY (VOYNA I MIR. FILM 1. ANDREI BOLKONSKY) de Sergey BONDARCHUK

1965 – 02h27

Une présentation de Mosfilm Cinema Concern. Restauration numérique image par image de l’image et du son à partir d’un scan 2K. Producteur de la restauration : Karen Shakhnazarov.

LA RELIGIEUSE de Jacques RIVETTE

1965 – 02h15

Une présentation de Studiocanal. Restauration 4K d’après le négatif image original. Restauration son à partir du négatif son (seul élément conforme). Travaux réalisés par le laboratoire L’immagine Ritrovata sous la supervision de Studiocanal et de Madame Véronique Manniez-Rivette avec l’aide du CNC, de la Cinémathèque française ainsi que du Fonds culturel franco-américain.

QUATRE CHEMISES BLANCHES (ČETRI BALTI KREKLI) de Rolands KALNINS

1967 – 01h20

Une présentation du National Film Centre of Latvia. Scan 4K et restauration numérique 3K à partir de l’internégatif original 35mm et d’un marron afin d’obtenir un master 2K. Restauration financée par National Film Centre of Latvia et menée par Locomotive Productions (Latvia). En présence du réalisateur Rolands Kalnins.

L’HEURE DES BRASIERS (LA HORA DE LOS HORNOS) de Fernando Ezequiel SOLANAS

1968 – 01h25

Une présentation de CINAIN – Cinemateca y Archivo de la Imagen Nacional. Restauration réalisée en 4K en Gotika (Buenos Aires) à partir du négatif original grâce à l’Instituto Nacional de Cine y Artes Audiovisuales (INCAA), Argentina. Coordination du projet de restauration: Fernando Madedo. Avec la supervision de Fernando « Pino » Solanas.

JOAO ET LE COUTEAU (JOAO A FACA E O RIO) de George SLUIZER

1971 – 01h30

Une présentation d’EYE Filmmuseum, Stoneraft Film en association avec Haghefilm Digital. Restauration 4K à partir du négatif caméra Techniscope 35mm filmé par Jan de Bont qui présente richesse de couleurs issue du négatif et netteté d’image sans passer par le gonflage en Cinémascope.

COUP POUR COUP de Marin KARMITZ

1972 – 01h30

Une présentation de MK2. Restauration réalisée par Eclair à partir du négatif original en 2K avec l’aide du CNC et supervisée par le réalisateur. Distribution en France MK2, ressortie le 16 mai 2018. En présence de Marin Karmitz.

GRAND-PÈRE, RACONTE-NOUS… (FAD,JAL) de Safi FAYE

1979 – 01h52

Une présentation du CNC et de Safi Faye. Restauration numérique effectuée à partir de la numérisation en 2K des négatifs 16mm. Restauration réalisée par le laboratoire du CNC. En présence de Safi Faye.

CINQ ET LA PEAU de Pierre RISSIENT

1981 – 01h35

Une présentation de TF1 Studio. Restauration 4K à partir du négatif image original et du magnétique français par TF1 Studio, avec le soutien du CNC et la collaboration du réalisateur Pierre Rissient. Distribution salles : Carlotta Films. En présence de Pierre Rissient.

L’ÎLE DES AMOURS (A ILHA DOS AMORES) de Paulo ROCHA

1982 – 02h49

Une présentation de Cinemateca Portuguesa – Museu do Cinema. Scan wet gate 4K de deux interpositifs 35mm image et son. Étalonnage réalisé par La Cinemaquina (Lisbonne, Portugal) avec une copie d’exploitation 35mm de 1982 comme référence. Restauration numérique image par IrmaLucia Efeitos Especiais (Lisbonne, Portugal).

MISS DAISY ET SON CHAUFFEUR (DRIVING MISS DAISY) de Bruce BERESFORD

1989 – 01h40

Une présentation de Pathé. Restauration 4K à partir des négatifs 35mm originaux image et son. Restauration réalisée par Pathé au laboratoire L’image Retrouvée (Paris/Bologne) avec la collaboration du réalisateur Bruce Beresford.

CYRANO DE BERGERAC de Jean-Paul RAPPENEAU

1990 – 02h15

Une présentation de Lagardère Studios Distribution. Numérisation supervisée par Jean-Paul Rappeneau à partir du négatif original et restauration 4K réalisée par le laboratoire L’Image. Retrouvée pour Lagardère Studios Distribution avec le soutien du CNC, de la Cinémathèque française, du Fonds Culturel Franco-Américain, d’Arte France–Unité Cinéma, de Pathé et de Monsieur Francis Kurkdjian. Distribution salles : Carlotta Films (en cours). En présence de Jean-Paul Rappeneau.

HYÈNES de  Djibril DIOP MAMBÉTY

1992 – 01h50

Une présentation de Thelma Film AG, avec le soutien de la Cinémathèque Suisse. Scan à partir du négatif original, nettoyage et correction colorimétrie en 2K. Travaux menés par Eclair Cinéma SAS. Ventes internationales : Thelma Film AG. Distribution France : JHR Films (en cours).

LAMB de Paulin Soumanou VIEYRA

1963 – 00h18

Une présentation de La Cinémathèque de l’Institut français, Orange et PSV Films. Restauration numérique effectuée à partir de la numérisation en 2K des négatifs 35mm. Restauration réalisée par Eclair.

ALICE GUY ET JANE FONDA

SOYEZ NATUREL : L’HISTOIRE INÉDITE D’ALICE GUY-BLACHÉ (BE NATURAL: THE UNTOLD STORY OF ALICE GUY-BLACHÉ) de Pamela B. GREEN

2018 – 02h00

Comment Alice Guy-Blaché, scénariste, réalisatrice et productrice d’un millier de films à l’époque des premiers pionniers du cinéma, à l’origine de la première histoire narrative en 1896, ayant créé plus de 150 films au son synchronisé lors de ses vingt ans de carrière, en France et aux Etats-Unis, a pu atteindre le sommet du succès avant d’être oubliée par l’industrie qu’elle a aidé à créer ? Son travail inclut notamment des comédies, westerns, drames dans lesquels elle évoque des sujets polémiques. Be Natural: The Untold Story of Alice Guy-Blaché, à mi-chemin entre l’enquête de détective et le biopic, retrace l’histoire du cinéma à travers la vie et la carrière d’Alice, racontés pour la première fois dans leur intégralité.

JANE FONDA IN FIVE ACTS de Susan LACY

2018 – 02h13

Fonda a été haïe comme Hanoi Jane, convoitée avant comme Barbarella et annoncée comme un phare du mouvement des femmes. Ce film va au cœur de qui elle est vraiment, un mélange de vulnérabilité profonde, le magnétisme et la bravoure pour montrer ce qui a alimenté sa vie inspirante, remarquable et parfois exaspérante. Né de 21 heures d’entrevues où Fonda parle franchement et honnêtement de sa vie et de ses faux pas, le film explore la douleur du suicide de sa mère, l’indisponibilité émotionnelle de son père, 30 ans de boulimie et trois mariages à des hommes dans la lumière, mais très différents. Le film comprend également des entretiens avec la famille de Fonda et ses amis, dont Tom Hayden, Ted Turner, Robert Redford et Lily Tomlin, ainsi que des images rares de sa vie actuelle, à 80 ans.

Les 50 ans de 2001 : L’odyssée de l’espace

2001 : L’ODYSSÉE DE L’ESPACE (2001: A SPACE ODYSSEY) de Stanley KUBRICK

1967 – 02h44

Une présentation de Warner Bros. Copie 70mm tirée à partir d’éléments du négatif original. Il s’agit d’une recréation photochimique fidèle qui n’a fait l’objet d’aucune retouche numérique, effet remasterisé ni modification de montage. Présenté par le réalisateur Christopher Nolan, le film sera projeté en salle Debussy, avec entracte de 15mn, dans l’exacte reproduction de l’expérience vécue par les spectateurs lors de la sortie du film au printemps 1968. En présence également de la fille de Stanley Kubrick, Katharina Kubrick, et de son coproducteur Jan Harlan.

ORSON WELLES

LES YEUX D’ORSON WELLES (THE EYES OF ORSON WELLES) de Mark COUSINS

2018 – 01h55

En bénéficiant d’un accès exclusif à des centaines de dessins privés et de peintures d’Orson Welles, le cinéaste Mark Cousins s’immerge en profondeur dans le monde visuel du réalisateur et acteur légendaire et nous révèle un portrait de l’artiste comme il n’a jamais été vu auparavant, à travers ses propres yeux, esquissé de sa propre main, peint avec sa propre brosse. Avec Michael Moore comme producteur exécutif, Les Yeux d’Orson Welles donne pleinement vie aux passions, à la politique et à la puissance de cet homme du spectacle du XXe siècle. Il explore la façon dont le génie de Welles résonne encore aujourd’hui dans l’ère de Trump, plus de 30 ans après sa mort.

CENTENAIRE INGMAR BERGMAN

À LA RECHERCHE D’INGMAR BERGMAN (SEARCHING FOR INGMAR BERGMAN)

2018 – 01h39

Ingmar Bergman est considéré comme l’un des réalisateurs les plus importants de l’histoire du cinéma. À l’occasion du centenaire de sa naissance en 2018, la cinéaste allemande Margarethe Von Trotta s’interroge sur l’héritage du maître, son travail et sa vie personnelle, qui continue d’inspirer des générations de réalisateurs.

BERGMAN – ETT ÅR, ETT LIV de Jane MAGNUSSON

2018 – 01h57

Au cours d’une période de six ans, au milieu du XXe siècle, quelque chose d’inégalé se produit. Un suédois dégingandé, sur le point d’avoir quarante ans, entre dans une période de production cinématographique sans précédent. Entre 1957 et 1963, il filme quelques-uns des plus grands classiques de l’histoire du cinéma, produit un certain nombre de productions théâtrales pour la scène et la radio et dirige également six téléfilms. Au milieu de ses pairs et cinéastes contemporains, Ingmar Bergman reste largement hors d’atteinte.

LE SEPTIÈME SCEAU (DET SJUNDE INSEGLET) d’Ingmar BERGMAN

1957 – 01h36

Une présentation du Swedish Film Institute. Numérisation et restauration 4K à partir du négatif original et du mixage final sur bande magnétique menées par le Swedish Film Institute. Distribution salles : Studiocanal et Carlotta Films.

LA QUIZAINE DES REALISATEURS :

Longs-métrages en compétition :

Pájaros de verano (Birds of Passage – Les Oiseaux de passage) de Ciro Guerra & Cristina Gallego première mondiale – film d’ouverture

Amin de Philippe Faucon première mondiale

Carmen y Lola de Arantxa Echevarria première mondiale – premier film

Climax de Gaspar Noé première mondiale

Cómprame un revólver (Buy Me a Gun) de Julio Hernández Cordón première mondiale

Les Confins du monde de Guillaume Nicloux première mondiale

El motoarrebatador (The Snatch Thief) de Agustín Toscano première mondiale

En Liberté ! de Pierre Salvadori première mondiale

Joueurs (Treat Me Like Fire) de Marie Monge première mondiale – premier film

Leave No Trace de Debra Granik première internationale

Los silencios de Beatriz Seigner première mondiale

Ming wang xing shi ke (The Pluto Moment) de Ming Zhang première mondiale

Mandy de Panos Cosmatos première internationale

Mirai (Mirai ma petite sœur) de Mamoru Hosoda première mondiale

Le monde est à toi de Romain Gavras première mondiale

Petra de Jaime Rosales première mondiale Samouni

Road de Stefano Savona première mondiale – documentaire

Teret (The Load) de Ognjen Glavonic première mondiale

Weldi (Dear Son – Mon cher enfant) de Mohamed Ben Attia première mondiale

Troppa grazia de Gianni Zanasi première mondiale – film de clôture

Les courts métrages sélectionnés :

Basses de Félix Imbert première mondiale

Ce magnifique gâteau ! (This Magnificient Cake!) de Emma De Swaef & Marc Roels première mondiale

La Chanson (The Song) de Tiphaine Raffier première mondiale

La lotta de Marco Bellocchio première mondiale

Las cruces de Nicolas Boone première mondiale

La Nuit des sacs plastiques (The Night of the Plastic Bags) de Gabriel Harel première mondiale

O órfão (The Orphan) de Carolina Markowicz première mondiale

Our Song to War de Juanita Onzaga première mondiale – documentaire

Skip Day de Patrick Bresnan & Ivette Lucas première mondiale – documentaire

Le Sujet (The Subject) de Patrick Bouchard première internationale

LA SEMAINE DE LA CRITIQUE

Longs-métrages en compétition:

Chris the Swiss d’Anja Kofmel :

Croatie, janvier 1992. En plein conflit yougoslave, Chris, jeune journaliste suisse, est retrouvé assassiné dans de mystérieuses circonstances. Il était vêtu de l’uniforme d’une milice étrangère. Anja Kofmel était sa cousine. Petite, elle admirait ce jeune homme ténébreux. Devenue adulte, elle décide d’enquêter pour découvrir ce qui s’est passé et comprendre l’implication réelle de Chris dans un conflit manipulé par des intérêts souvent inavoués.

Diamantino de Gabriel Abrantes & Daniel Schmidt :

Diamantino, icône absolue du football, est capable à lui seul de déjouer les défenses les plus redoutables. Alors qu’il joue le match le plus important de sa vie, son génie n’opère plus. Sa carrière est stoppée net, et la star déchue cherche un sens à sa vie. Commence alors une folle odyssée, où se confronteront néo-fascisme, crise des migrants, trafics génétiques délirants et quête effrénée de la perfection.

Egy Nap de Zsófia Szilágyi :

Anna a la quarantaine, trois enfants, un mari, un emploi et des soucis financiers. Elle passe son temps à courir, entre le travail, la maison et les enfants. Elle essaye de joindre son mari. Il faut absolument qu’elle lui parle. Elle est en train de le perdre, elle le sent. Mais elle est happée par le rythme frénétique de sa journée. Le quotidien, la monotonie se heurte à la fragilité, à ce que l’on ne peut pas recommencer.

Fuga de Agnieszka Smoczyńska :

Alicja a perdu la mémoire et elle ignore comment elle en est arrivée là. En deux ans, elle parvient à se reconstruire : changée, indépendante, loin de chez elle. Elle ne souhaite pas se remémorer le passé. Alors, quand sa famille la retrouve, elle est contrainte d’endosser le rôle de mère, de fille et de femme, entourée de personnes qui semblent être de parfaits étrangers. Que reste-t-il lorsqu’on oublie que l’on a aimé quelqu’un ? Est-ce nécessaire de se souvenir du sentiment amoureux pour être heureux ?

Kona fer í stríð (Woman at War) de Benedikt Erlingsson :

Halla, la cinquantaine, déclare la guerre à l’industrie locale de l’aluminium, qui défigure son pays. Elle prend tous les risques pour protéger les Hautes Terres d’Islande… Mais la situation pourrait changer avec l’arrivée inattendue d’une petite orpheline dans sa vie…

Sauvage de Camille Vidal-Naquet :

Léo, 22 ans, se vend dans la rue pour un peu d’argent. Les hommes défilent. Lui reste là, en quête d’amour. Il ignore de quoi demain sera fait. Il s’élance dans les rues. Son cœur bat fort.

Sir de Rohena Gera :

Ratna est domestique chez Ashwin, le fils d’une riche famille de Mumbai. En apparence la vie du jeune homme semble parfaite, pourtant il est perdu. Ratna sent qu’il a renoncé à ses rêves. Elle, elle n’a rien, mais ses espoirs et sa détermination la guident obstinément. Deux mondes que tout oppose vont cohabiter, se découvrir, s’effleurer…

Film d’ouverture

Wildlife de Paul Dano : Dans les années 60, Joe, un adolescent de 14 ans, assiste impuissant à la lente dégradation des rapports entre son père et sa mère.

Film de clôture

Guy d’Alex Lutz : Gauthier, un jeune journaliste, apprend par sa mère qu’il serait le fils illégitime de Guy Jamet, un artiste de variété française ayant eu son heure de gloire entre les années 60 et 90. Celui-ci est justement en train de sortir un album de reprises et de faire une tournée. Gauthier décide de le suivre, caméra au poing, dans sa vie quotidienne et ses concerts de province, pour en faire un portrait documentaire.

Séances spéciales longs-métrages

Nos Batailles de Guillaume Senez : Olivier se démène au sein de son entreprise pour combattre les injustices. Mais du jour au lendemain quand Laura, sa femme, quitte le domicile, il lui faut concilier éducation des enfants, vie de famille et activité professionnelle. Face à ses nouvelles responsabilités, il bataille pour trouver un nouvel équilibre, car Laura ne revient pas.

Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin : Zachary, 17 ans, sort de prison. Rejeté par sa mère, il traine dans les quartiers populaires de Marseille. C’est là qu’il rencontre Shéhérazade…

Cannes 2018 : 21 films en lice pour la Palme d’or

Le 71e festival de Cannes débute ce mardi 8 mai. 21 films sont en compétition pour la Palme d’or. Le prestigieux trophée, qui fait tourner les têtes et accélère les carrières, sera remis lors de la cérémonie de clôture le 19 mai.

La présidente du jury, l’actrice australienne Cate Blanchett, et son équipe vont devoir départager des œuvres du monde entier. 21 films sont en compétition officielle pour la 71ème édition du Festival de Cannes. La compétition s’annonce féroce cette année encore.

Thierry Frémaux et Pierre Lescure ont dévoilé une sélection officielle audacieuse et surprenante en avril dernier. Beaucoup de cinéphiles ne se sont toujours pas remis malheureusement de l’absence de réalisateurs majeurs. Paolo Sorrentino, Jacques Audiard, Xavier Dolan ou bien encore Mike Leigh ne seront effectivement pas présents pour dévoiler leurs nouveaux films.

21 réalisateurs, dont 3 femmes, vont donc vivre une très belle aventure humaine et cinématographique durant ce 71e Festival de Cannes.

Everybody Knows de Asghar Farhadi, avec Penélope Cruz, Javier Bardem et Ricardo Darín (Espagne)

Penélope Cruz et Javier Bardem sont à l’affiche de ce thriller psychologique en langue espagnole. Everybody Knows sera projeté pour l’ouverture de cette 71e édition, le mardi 8 mai. À l’occasion du mariage de sa sœur, Laura revient avec ses enfants dans son village natal au cœur d’un vignoble espagnol. Mais des événements viennent bouleverser son séjour et font resurgir un passé depuis trop longtemps enfoui.

En guerre de Stéphane Brizé, avec Vincent Lindon (France)

Ce film social de Stéphane Brizé entraîne Vincent Lindon dans la lutte de salariés de l’usine Perrin, prêts à tout pour sauver leur site d’Agen, spécialisé dans la sous-traitance automobile.

Le Livre d’image de Jean-Luc Godard (France)

50 ans après sa tirade culte sur les événements de mai 1968, Jean-Luc Godard revient à Cannes avec un projet cinématographique ambitieux. Le Livre d’image est un film en cinq parties thématiques. Cette œuvre serait une réflexion sur le monde arabe à travers des images documentaires et de fiction. Le cinéaste franco-suisse est venu pour la dernière fois en compétition pour Adieu au langage en 2014, qui remporta le Prix du jury ex-æquo avec Mommy de Xavier Dolan. La présence de Jean-Luc Godard pour présenter son nouveau film sur la Croisette n’est malheureusement pas confirmée à 100%. L’affiche de la 71e édition du Festival de Cannes est un hommage à la filmographie de Jean-Luc Godard et à Pierrot le fou.

https://www.youtube.com/watch?v=4wwyXcdMJzo

Un Couteau dans le cœur de Yann Gonzalez, avec Vanessa Paradis (France)

Deuxième long-métrage et première sélection officielle pour Yann Gonzalez. Le réalisateur français avait marqué la Croisette, à la Semaine de la critique en 2013, avec Les Rencontres d’après minuit. Ce nouveau film a des chances de séduire les amateurs de films fantastiques italiens. Un Couteau dans le cœur pourrait en effet reprendre les codes du genre du « giallo ». Vanessa Paradis incarne une productrice de films pornographiques gay qui se retrouve soudain menacée de mort.

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Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré, avec Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps, Denis Podalydès (France)

Douze ans après Les Chansons d’amour, Christophe Honoré est de retour sur la Croisette. Le nouveau film de Christophe Honoré retrace la relation amoureuse entre un jeune étudiant et un écrivain dans les années 1990. Les comédiens Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps ou bien encore Denis Podalydès composent le casting.

https://www.youtube.com/watch?v=hQmCaEyhq58&has_verified=1

Les Filles du soleil de Eva Husson, avec Golshifteh Farahani et Emmanuelle Bercot (France)

Après avoir marqué les esprits avec Bang Gang sur la sexualité d’une jeunesse insouciante, Eva Husson débarque à Cannes avec son second long-métrage. Les Filles du Soleil est en réalité le nom d’un bataillon de combattantes kurdes luttant contre des djihadistes. Bahar (incarnée par Golshifteh Farahani), la commandante, veut arracher son fils aux « hommes en noir ». Mathilde (la comédienne et réalisatrice Emmanuelle Bercot), journaliste française, débarque alors pour couvrir l’offensive.

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Capharnaüm de Nadine Labaki (Liban)

La réalisatrice libanaise Nadine Labaki dévoile le combat d’un enfant qui se rebelle contre l’existence qu’on cherche à lui imposer. Devant les juges, il explique attaquer ses parents pour lui avoir « donné la vie ».

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Dogman de Matteo Garrone, avec Adamo Dionisi, Francesco Acquaroli, Edoardo Pesce (Italie)

Grand Prix pour Gomorra et Reality et récompensé comme meilleur réalisateur pour Tale of Tales, le quatrième film de l’Italien Matteo Garrone promet de prendre les spectateurs aux tripes. Le film va retracer un fait divers particulièrement sanglant dans les années 1980.  Un toiletteur pour chiens va planifier une terrible vengeance contre son ami, un ancien boxeur, dépendant à la cocaïne. Cette homme terrorise tout le quartier et lui rend la vie infernale. Une plongée dans l’horreur,  la violence et la torture va alors débuter.

https://www.youtube.com/watch?v=8bEdZy33hdc&feature=youtu.be

Ayka de Sergueï Dvortsevoy (Kazakhstan)

Le réalisateur kazakh Serge Dvortsevoy revient avec une seconde œuvre après Tulpan, vainqueur du Prix Un Certain Regard en 2008. Ce nouveau film repose sur des ressorts dramatiques. Ayka est le nom d’une jeune fille kyrgyze qui vit et travaille illégalement à Moscou. Après avoir donné naissance à son fils, elle l’abandonne à l’hôpital. Elle va finalement décider de partir à la recherche de ce fils.

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« Lazzaro Felice » Heureux comme Lazzaro de Alice Rohrwacher, avec Nicoletta Braschi, Sergi López et Alba Rohrwacher (Italie)

Déjà présente à Cannes pour ses deux derniers longs-métrages, l’Italienne Alice Rohrwacher s’invite à nouveau dans la compétition en 2018. La cinéaste était repartie avec le Grand Prix en 2014, pour Les merveilles. Ce nouveau film retrace l’histoire d’un jeune paysan dans un hameau sur lequel règne la marquise Alfonsina de Luna, resté à l’écart du monde moderne. Son amitié avec Tancredi, le fils de la marquise, va lui faire traverser le temps. Ce conte poétique, tourné en super 16, aborde les bouleversements de la société italienne.

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Le Poirier sauvage de Nuri Bilge Ceylan, avec Hazar Ergüclü et Ahmet Rifat Sungar (Turquie)

Lauréat de la Palme d’or en 2014 avec Winter Sleep, le réalisateur turc présente, avec cette nouvelle œuvre, l’histoire d’un homme qui rêve d’être écrivain et retourne dans son Anatolie natale. Les dettes de son père vont malheureusement finir par le rattraper. Le film dure 3h08.

Asako 1 & 2 de Ryūsuke Hamaguchi, avec Masahiro Higashide et Erika Karata (Japon)

L’intrigue va plonger les spectateurs dans le quotidien d’Asako qui, après la disparition de Baku, l’homme qu’elle aimait, retrouve son parfait sosie. Elle va alors se laisser séduire, malgré la personnalité du jeune homme, totalement différente de celle de Baku. Senses, un projet de 5 heures et découpé en trois volets du même réalisateur, vient de débarquer dans les salles françaises. Ryusuke Hamaguchi est déjà considéré comme le « Rohmer japonais » par de nombreux critiques français.

Une Affaire de famille de Hirokazu Kore-eda, avec Lily Franky, Sakura Ando, Mayu Matsuoka et Kirin Kiki (Japon)

Hirokazu Kore-eda et le Festival de Cannes, c’est une grande histoire d’amour. Avant Une Affaire de famille, six de ses films avaient été sélectionnés à Cannes. Le premier en 2001 : Distance. Le réalisateur japonais revient à Cannes avec l’histoire d’une famille de voleurs à l’étalage qui adopte une orpheline. Leur vie de bohème va basculer lorsqu’un incident va révéler brutalement leurs plus terribles secrets…

Les Eternels de Jia Zhangke, avec Zhao Tao, Fan Liao (Chine)

Le réalisateur chinois commence, lui aussi, à devenir un habitué du Festival de Cannes. Ses deux derniers longs-métrages avaient été présentés en compétition, en 2013 et 2015. Le cinéaste revient en compétition sur la Croisette pour la cinquième fois avec une histoire d’amour et de gangsters. Qiao, une jeune danseuse est amoureuse de Bin, un chef de la pègre locale de Datong. Lorsque Bin est attaqué par une bande rivale, Qiao prend sa défense et riposte avec une arme à feu. Elle est condamnée à cinq ans de prison suite à cette terrible affaire. Une fois libérée après avoir purgé sa peine, Qiao part alors à la recherche de Bin. Elle souhaite tenter de renouer avec lui.

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Burning de Lee Chang-dong, avec Yoo Ah-In, Steven Yeun, Jeon Jong-Seo (Corée du Sud)

Huit ans maintenant que Lee Chang-dong n’avait pas réalisé de film, depuis Poetry en 2010, présent en compétition officielle la même année. Le ministre de la Culture en Corée du Sud (2003-2004),  Lee Chang-Dong, a adapté une nouvelle de l’auteur japonais Haruki Murakami. Ce film s’apparenterait à un thriller mettant en scène un coursier, une jeune fille partie en Afrique et la menace d’un mystérieux pyromane.

BlacKkKlansman de Spike Lee, avec John David Washington, Adam Driver, Topher Grace et Harry Belafonte (États-Unis)

27 ans après son dernier passage en compétition au Festival de Cannes, le réalisateur Spike Lee fait son comeback sur la Croisette avec un long-métrage qui pourrait bien faire rougir Quentin Tarantino. BlacKkKlansman retrace l’histoire vraie d’un policier afro-américain infiltré parmi des membres du Ku Klux Klan en 1978. Il gravira les échelons de l’organisation raciste jusqu’à en devenir président. Le comédien Adam Driver incarne un collègue du policier qui incarne sa doublure « blanche » pour faire tenir sa couverture. Cette œuvre qui risque de remettre à la mode le genre de la blaxploitation est adapté du livre autobiographique Black Klansman de Ron Stallworth (incarné par le comédien John David Washington).

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Under the Silver Lake de David Robert Mitchell, avec Andrew Garfield, Riley Keough et Topher Grace (États-Unis)

David Robert Mitchell avait agréablement surpris la Croisette à la Semaine de la critique, avec son film d’horreur It Follows (2014). Le réalisateur de The Myth of the American Sleepover arrive à Cannes cette année avec un thriller. Un trentenaire amoureux fou de sa voisine se lance dans une enquête à travers la ville de Los Angeles quand elle disparaît. Son périple va l’entraîner sur la piste de meurtres mystérieux et de sombres conspirations.

Trois visages de Jafar Panahi (Iran)

Le cinéaste dissident Jafar Panahi est interdit de travailler dans son pays. Il a remporté l’Ours d’or à Berlin en 2015 avec Taxi Téhéran. Ce nouveau film dévoile trois portraits de femmes dans l’Iran moderne. Le Festival a demandé aux autorités iraniennes d’autoriser Jafar Panahi à quitter le pays pour se rendre à Cannes.

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Cold War de Pawel Pawlikowski, avec Joanna Kulig, Tomasz Kot, Jeanne Balibar et Agata Kulesza (Pologne)

Le réalisateur de Ida a été récompensé de l’Oscar du meilleur film étranger en 2015. Il est sélectionné cette année à Cannes pour un film qui retrace l’histoire d’une relation amoureuse compliquée entre une femme et deux hommes en Pologne et à Paris dans les années 1950-1960. Ce long-métrage en noir et blanc est produit par Amazon.

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L’été de Kirill Serebrennikov, avec Irina Starshenbaum, Teo Yoo, Roman Bilyk (Russie)

Leto (L’Eté) du réalisateur Kirill Serebrennikov, assigné à résidence, se base sur des faits méconnus de la biographie de Viktor Tsoï, le leader du groupe Kino. Ce chanteur soviétique des années 1980 de Léningrad, biberonné aux sons de Led Zeppelin et David Bowie, a eu une carrière musicale fulgurante. Il est notamment devenu une icône du rock de l’Est.

Yomeddine de Abu Bakr Shawky, avec Rady Gamal, Ahmed Abdelhafiz (Égypte)

Premier long-métrage et première sélection en compétition officielle pour le réalisateur austro-égyptien. Dans ce premier film tragi-comique d’Abu Bakr Shawky, un homme et un orphelin nubien s’échappent d’une colonie de lépreux dans le désert égyptien. Afin de regagner le monde moderne, ils entassent leurs maigres biens sur une charrette tirée par un âne.

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Séries Mania 2018 – Compétion Officielle : Il Miracolo, du sang dans les larmes

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Lauréate du prix spécial du Jury, Il Miracolo, première série de l’écrivain Niccolò Ammaniti, est une réussite. Abordant des thèmes complexes comme la foi, le bien, le mal, l’auteur n’oublie pas pour autant de dresser un portrait juste de l’Italie d’aujourd’hui. Une récompense bien méritée.

Il Miracolo 

Une série italienne de Niccolò Ammaniti, avec Guido Caprino, Alba Rohrwacher, Lorenzo Indovina, Tommaso Ragno, Elena Lietti et Sergio Albelli.

Synopsis : Lors d’une descente dans le repaire d’un chef de la mafia, la police découvre une statuette de la Vierge qui pleure du sang. Mise au secret, analysée, la statuette va mettre chacun des protagonistes, croyants ou non, face à l’inexplicable, et bouleverser le cours de leur vie. 

Les miracles ont cette particularité d’être toujours un peu flous. Soit ils sont relatés par d’autres au travers d’écrits qui ont traversé des siècles (et donc leur véracité peut être remise en cause), soit les circonstances sont suffisamment troubles pour être totalement convaincu d’une action divine. Plus que le miracle lui-même, c’est la croyance en celui-ci qui fait acte de foi. L’on choisit ou non d’y croire, afin de confirmer ou de remettre en cause nos convictions. Mais comment réagirions nous face à un vrai miracle ? Un événement tellement absurde, ne répondant à aucune loi de la physique, que nous serions bien obligés d’admettre qu’il y a quelque chose qui nous dépasse ?

Comme l’indique son titre, Il Miracolo présente donc l’apparition de ce miracle : une vierge en plastique (le genre que l’on trouve dans les magasins) se met à pleurer du sang humain sans discontinuer. L’événement est d’abord caché à la population, pour éviter les pèlerinages massifs, le temps que le premier ministre prenne une décision. Lui même n’étant pas très croyant, il éprouve des difficultés à conceptualiser cette intervention divine. Dans un pays encore très influencé par le dogme catholique, l’annonce d’un tel événement pourrait avoir des répercussions incontrôlables.

Ammaniti a l’intelligence de ne jamais tomber ni dans le pamphlet antireligieux, ni dans l’œuvre évangéliste. Il joue habilement sur plusieurs tableaux et promet des développements passionnants pour la suite. Il Miracolo déploie au fur et à mesure une ambiance aux limites grotesques. Il y a quelque chose de fondamentalement absurde dans cette vierge en plastique posée au milieu d’une piscine, laissant s’écouler neuf litre de sang par jour. Mais aussi dans ce personnage de prêtre ordurier, ou cette première dame à couteau tiré (parfois littéralement) avec la nourrice de ses enfants.

C’est finalement cette ambiance d’absurdité diffuse, à l’image de son élément déclencheur, qui fait de Il Miracolo une série intelligente, dont on attend la suite avec impatience.

Séries Mania 2018 : Le palmarès complet

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Cette dernière soirée fut l’occasion de dévoiler les vainqueurs (toutes compétitions confondues) de la première édition de Séries Mania Lille Hauts-de-France. Récapitulatif des lauréats de ce festival très réussi qui nous aura permis de découvrir bien des choses.

Compétition Formats Courts

Prix des Lycéens 

 Kiki & Kitty (de Nakkiah Lui – Australie)

Synopsis :  Le quotidien de Kiki, une jeune aborigène un peu perdue dans sa vie professionnelle et sentimentale, est chamboulé par l’irruption de Kitty, une amie imaginaire à l’humour très cru qui la pousse à vivre pleinement et se révèle être… la personnification de son vagin. Une comédie osée qui aborde avec charme la sexualité féminine.

 
Meilleure série 

First Love (de Jonathan Cohen-Berry et Anthony Jorge – France/USA)

Synopsis : Ashfield, Californie. Une histoire d’amour interdite entre Mercedes, 12 ans, et Zach, 17 ans. Les indices présentés lors du procès du jeune homme nous conduiront aux moments clés de leur rencontre, et nous permettront de juger par nous-mêmes : amour ou délit ? Crime ou passion ?

 

Panorama International (prix remis par les blogueurs) 

Kiri (de Jack Thorne – Angleterre)

Synopsis : Miriam, assistante sociale attentive autorise la jeune Kiri à passer la journée avec son grand-père biologique, quelques jours avant l’officialisation de son adoption par sa famille d’accueil. Lorsque Kiri disparait, chacun doit affronter ses responsabilités et sa culpabilité malgré le tourbillon médiatique. Un drame subtil porté par la magistrale Sarah Lancashire (Happy Valley). 

 

Compétition Française 

Meilleur Acteur

Ex æquo Roshdy Zem pour Aux animaux la guerre

Ex æquo Bryan Marciano pour 25

 

Meilleure Actrice

Anne Charrier pour Maman a tort

Meilleure série 

Ad Vitam (de Thomas Cailley – Arte)

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Les prix du public

Meilleure série comique

Kiki and Kitty (de Nakkiah Lui – Australie)

Prix du public (toutes séries confondues) 

The Marvelous Mrs. Maisel

Synopsis : Miriam est la parfaite mère et épouse de l’Upper West Side des années 50. Elle soutient consciencieusement Joel, son mari, qui se rêve stand-upper et multiplie les ratés sur scène. Quand ce dernier la quitte pour sa secrétaire, Miriam débarque ivre dans un comedy club et fait un carton. Une série d’apprentissage hilarante et magistralement interprétée.

Compétition Officielle 

Meilleur Acteur

Tommaso Ragno pour Il Miracolo

Meilleure Actrice

Anna Mikhalkova pour An ordinary Woman

 

Prix spécial du jury

Il Miracolo (de Niccolò Ammaniti – Italie)

Synopsis : Lors d’une descente dans le repaire d’un chef de la mafia, la police découvre une statuette de la Vierge qui pleure du sang. Mise au secret, analysée, la statuette va mettre chacun des protagonistes, croyant ou non, face à l’inexplicable et bouleverser le cours de sa vie. Créée par Niccolò Ammaniti, une puissante énigme interprétée par Guido Caprino et Alba Rohrwacher.

Grand Prix 

On the spectrum (de Dana Isidis et Yuval Shafferman – Israël)

Synopsis : Trois jeunes adultes autistes vivent en colocation et tentent de trouver leur équilibre malgré les tracas du quotidien. Portée par des personnages terriblement attachants, On the spectrum est une pépite drôle et émouvante, à l’écriture soignée et pleine d’humanité, offrant un regard audacieux sur le handicap.

 

 

 

Close Encounters with Vilmos Zsigmond, ode à l’image, en DVD

Les éditions Tamasa nous proposent une rencontre rare avec un des grands noms de la photographie cinématographique, Vilmos Zsigmond.

Pour tout cinéphile qui s’intéresse au Nouvel Hollywood et, en règle générale, au cinéma américain depuis les années 70, le nom de Vilmos Zsigmond est incontournable. Mythique directeur de la photographie, son nom reste associé à des réalisateurs aussi prestigieux que Robert Altman, Michael Cimino, Steven Spielberg, Woody Allen ou John Boorman. Sa filmographie est parsemée d’œuvres cultes, depuis Delivrance jusqu’à La Porte du Paradis en passant par L’Épouvantail, Rencontres du troisième type, John McCabe, Blow Out, Les Sorcière d’Eastwick ou Crossing Guard.

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Vilmos Zsigmond, Michael Cimino et Robert DeNiro sur le tournage de Voyage au bout de l’enfer

 

Les documentaires sur le rôle de chef opérateur sont suffisamment rares pour attirer toute notre attention. D’autant plus lorsque le sujet se porte sur quelqu’un d’aussi important dans l’évolution esthétique du cinéma américain de ces presque cinquante dernières années.

Le documentaire insiste d’ailleurs sur l’originalité de ce que l’on peut appeler un « style Zsigmond ». Un style visiblement inspiré par la photographie et la peinture hongroises, son pays d’origine. Il explique comment, dans un pays fermé par le gouvernement communiste, il a pu découvrir les films du néoréalisme, en particulier ceux de De Sica, qui étaient autorisés parce que conformes à l’idéologie gouvernementale. L’influence de ce réalisme, l’idée que la lumière doit se mettre au service des personnages, la volonté de fuir à tout prix l’esthétique vide, ont été les principes de son travail.

« Je reconnais un bon directeur de la photographie quand le traitement esthétique est en accord avec le sujet du film. Il ne faut pas se contenter de faire des images trop belles car ça peut gâcher un film et les gens ne ressentent pas ce que l’histoire exprime »

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Warren Beatty, Vilmos Zsigmond et Robert Altman sur le tournage de John McCabe

Cette idée est essentielle. L’image doit se mettre au service du sujet. Pour cela, le directeur de la photographie doit travailler main dans la main avec le réalisateur. C’est ce que montrent les nombreux entretiens de cinéastes qui ont travaillé avec Zsigmond. Les propos de Peter Fonda, qui parle de son film L’Homme sans frontière, et en particulier du splendide plan final, sont ainsi riches d’enseignements. Zsigmond est un chef opérateur qui n’hésite pas à prendre des risques, pour trouver la lumière idéale par exemple. Ce fameux plan final, où, au lieu de faire un bête fondu au noir, Zsigmond va attendre tout simplement que le soir tombe et que cela donne un « fondu naturel », est remarquable en tout point.

Cette façon de jouer avec la lumière est une des caractéristiques essentielles de son travail de chef opérateur. Les propos d’Isabelle Huppert sur l’importance de la lumière pendant le tournage de La Porte du Paradis en disent long sur le travail de Zsigmond.

L’autre aspect de son travail est l’adéquation entre l’image et le sujet. Les témoignages de John Boorman sur le tournage de Delivrance ou de Jerry Schatzberg pour L’Épouvantail montrent la minutie du directeur de la photographie, sa volonté de coller au plus près des personnages, de l’ambiance, des thèmes traités, etc.

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Avec John Savage sur le tournage de Voyage au bout de l’enfer

Tout cela, et bien d’autres choses encore, font de ce documentaire un film passionnant si on aime le cinéma américain des cinquante dernières années. On voit défiler les grands cinéastes, on y parle de plans devenus cultes (comme ce vertigineux plan tournant à 360° dans Blow out), et surtout du lien indispensable entre le réalisateur et le chef opérateur. L’ensemble, émaillé de scènes de films qui illustrent magnifiquement les propos, est passionnant.

Close Encounters with Vilmos Zsigmond : Bande-Annonce

Close encounters - 3D ouvert

Caractéristiques du DVD :

VO ST Français – Anglais – Espagnol – Hongrois – Film 1h18

COMPLEMENTS

 • Livret 12 pages illustrées • Galerie Photos
• Scènes coupées : Michael Cimino – The Deer Hunter, 6′
•Vilmos & Darius – Les décorateurs, 9′
•Vilmos & John Travolta, 2’30
•Rencontres d’autres types, 1’10
• Les Fauvettes, 5′  • Douglas – Tribute to Vilmos, 8’30
• Commentaire audio de Pierre Filmon

Séries Mania 2018 : First Love – Rencontre avec les réalisateurs

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Présentée dans le cadre de la compétition Formats Courts, First Love nous a remué. On ne sait pas trop si on a aimé cette série qui aborde frontalement un sujet très sensible, mais en tout cas elle ne nous a pas laissé indifférents. Cela méritait bien une discussion avec deux jeunes réalisateurs à suivre.

First Love (Jonathan Cohen-Berry, Anthony Jorge – France/USA)

Synopsis : Ashfield, Californie. Une histoire d’amour interdite entre Mercedes, 12 ans, et Zach, 17 ans. Les indices présentés lors du procès du jeune homme nous conduiront aux moments clés de leur rencontre, et nous permettront de juger par nous-mêmes : amour ou délit ? Crime ou passion ?

Avec : Jance Enslin, Cleo Fraser, Deaken Bluman, Maria McCann, Ellery Sprayberry

Diffuseur : Blackpills

Difficile d’aborder First Love par un autre angle que son sujet particulièrement osé. Cette mini-série raconte l’histoire d’amour entre un adolescent de dix-sept ans et une jeune fille de douze ans qui découvre sa sexualité. Il tente de refréner ses pulsions, elle demande de l’attention (son frère l’ignore, son père est souvent absent).
Le premier épisode s’ouvre sur la fuite en voiture des deux amoureux. Puis arrive un accident, et un procès où il est fortement sous entendu que Zach serait passé à l’acte, et risquerait donc la prison. Mercedes, la jeune fille, ne semble plus aussi amoureuse. Zach a-t-il vraiment abusé d’elle ? Est-elle perdue dans ce tribunal où les avocats s’arrachent les aveux des témoins ? Étaient-ils vraiment amoureux ou est-ce que l’un a profité de l’autre ? C’est à rebours que nous découvrirons toute l’histoire, quitte à remettre en cause nos propres convictions.

Autant le dire tout de suite, First Love n’est pas le genre de série que l’on peu juger sur la base d’une simple appréciation qualitative. Dire « j’aime » ou « j’aime pas » ne peut faire avancer le débat, et nous préférons encore nous abstenir d’en faire une critique qui aborderait l’œuvre sur des critères purement esthétiques ou formels. Nous ne pouvons que vous conseiller d’y jeter un œil pour vous faire votre propre opinion.
Et c’est bien le problème des sujets difficiles : on ne sait jamais trop comment en parler. Mais nous pouvons déjà admettre que mettre en scène un tel sujet n’a pas dû être facile, et nous en avons discuté avec Jonathan Cohen-Berry et Anthony Jorge, duo de français (réalisateurs de clip sous le pseudo Truman & Cooper) chargés de mettre en scène cette ballade sauvage hors-norme, accompagnés de Morgane Le Moine, productrice.

First Love aborde frontalement le thème de la pédophilie abstinente. Pourquoi le choix d’un tel sujet ?

Jonathan : Adi Tishrai, la scénariste, pourrait t’en parler mieux que nous. Mais, comme elle l’a dit lors de la présentation de la série, tout est parti d’une rencontre pendant ses recherches. Elle est tombée sur des forums qui parlaient de ce problème de la pédophilie abstinente (NdA : ces gens qui souffrent de pédophilie mais ne passent jamais à l’acte) et a rencontré ce jeune homme de 19 ans qui en souffrait. C’est un problème dont on ne peut pas parler, mais c’est un vrai sujet à développer. Nous, on en avait jamais entendu parler avant que l’on nous propose le scénario, et ça nous a intéressé.

Vous avez sûrement eu des difficultés à monter le projet ?

Jonathan : Tu peux en parler un peu mieux, tu en as eu des refus…

Morgane : Oui… à toutes les étapes, ça faisait très peur à tout le monde. Mais c’est un vrai choix pour une plateforme (NdA : Blackpills sur laquelle sera diffusée la série) de se positionner là-dessus. Même si nous avons des obstacles, nous voulions le faire bien et nuancer le propos. On ne sait jamais quelle sera la réception, et ça peut vraiment mettre en péril la plateforme, au-delà de la série seulement. Tout a été difficile, comme le casting des enfants…

Je voulais justement aborder la question. Au sujet de cette jeune actrice (Cleo Fraser), qui est très bien dans le rôle : Comment on dirige une jeune actrice dans un rôle pareil ? Comment a réagi la famille ?

Jonathan : Comme le disait Morgane, on a eu beaucoup de mal à trouver une actrice. Quand les gens entendaient parler du sujet, surtout aux États-Unis, il ne voulaient pas que leur enfant soit impliqué dans un truc pareil. Donc le choix a été assez réduit. Mais on a quand même déniché Cleo Fraser, qui avait le parfait mélange entre un côté très enfantin et en même temps une certaine maturité. Et surtout une manière assez unique d’improviser, en accord avec sa personnalité. Et la mère était très ouverte et compréhensive sur le sujet. C’était capital, car on avait peur que sur le tournage elle soit toujours dernière nous à nous dire « Attention ! Qu’est-ce que vous faites ?! »… Il y avait même des parties du script, on ne savait pas si on pouvait les montrer à la jeune fille. Mais sa mère était très ouverte en disant qu’elle devenait une adolescente et qu’il valait mieux qu’elle soit consciente de ce genre de choses. Que ce problème de la pédophilie existe et qu’il y a des gens comme ça.

Elle y voyait une fonction éducative ?

Jonathan : Exactement.

Anthony : Elle nous disait : « surtout de cachez rien, à partir du moment où vous lui expliquez tout, vous faites ce que vous voulez, mais je veux qu’elle sache ce qu’elle joue ». Du coup, c’était génial d’avoir quelqu’un comme ça, cette mère qui était dans cette approche là du problème et Cleo qui était hyper réceptive. Dès que l’on expliquait, elle écoutait, posait des questions. C’était vraiment un accompagnement, pas juste « tient on va te mettre dans un lit… ». Non, il fallait qu’elle comprenne ce qu’elle était en train de jouer… Sinon, en terme de jeu, ça ne marchait pas. Pour nous c’était super important, c’était la seule manière pour jouer juste et être honnête avec ce que l’on faisait.

Jonathan : Ensuite pour la direction, nous la laissions énormément improviser parce que c’était toujours plus drôle et naturel que tout ce que l’on avait pu écrire. C’est toujours dur de se mettre dans la peau d’adolescent de 12 ans quand on en a 30. Du coup, il y avait beaucoup plus de fraîcheur quand on lui disait d’oublier le script. Elle faisait sortir sa vraie personnalité qui était vraiment plus extravagante.

Anthony : Il fallait être très à l’écoute. Parfois on voyait des trucs en répétitions, on trouvait ça génial et on pouvait même pas lui demander de le refaire.

Jonathan : Sinon c’était plus pareil.

Anthony : Donc on se demandait comment la mettre dans ces conditions, on demandait aux comédiens de la provoquer sur quelque chose… Par exemple, la scène de danse dans la rue, c’est parce qu’on l’a vue faire et on a trouvé ça génial. En fait, on se demandait comment la mettre dans une situation où elle pourra créer les événements elle-même. Ça prenait un peu plus de temps, déjà qu’on en avait pas beaucoup, mais nous sommes surtout là pour les laisser vivre et capter ces moments.

Mais n’avez-vous pas eu peur à un moment de retours problématiques ? Par exemple, Natalie Portman a révélé qu’après la sortie de Léon elle avait reçu pas mal de lettres « d’admirateurs » dont elle se serait bien passée. Au vu du sujet, n’avez-vous pas eu peur de ce genre de réaction ?

Jonathan : On a essayé de ne jamais la sexualiser, de garder le personnage d’une petite fille naïve. J’ai quand même l’impression qu’on est allé moins loin que dans LéonNatalie Portman joue beaucoup plus la lolita. Mais c’était un très gros challenge dans le casting, et à l’écriture il suffisait d’ajouter une ligne en trop ou d’en enlever une pour tomber dans ce type de personnage. C’était effectivement un risque et c’est devenu une obsession à toutes les étapes.

Anthony : Il fallait que ça reste une enfant et pas un personnage fantasmé.

Jonathan : Donc on est vraiment resté sur l’idée d’une petite fille naïve qui n’a pas encore conscience, peut-être de vagues idées, de la sexualité ou de choses comme ça. Mais, même dans la manière de filmer ou dans le montage, ça se jouait parfois à un plan trop subjectif qu’il fallait couper. C’était un ajustement constant.

Nous parlions de Léon et de Lolita, mais d’autres cinéastes ont abordé le sujet parfois de manières plus crues, comme Larry Clark. Aviez-vous des références précises en tête, ou avez-vous abordé le sujet selon votre propre sensibilité ?

Jonathan : On a regardé beaucoup de films sur l’adolescence aux États-Unis, mais surtout parce qu’on est français. Même si on a tous une culture très américaine, on voulait quand même viser juste.

Anthony : Thirteen (Catherine Harwicke – 2003) par exemple qu’on a revu. Et après Harmony Korine et Larry Clark sont dans nos références, mais pas trop pour cette série. Larry Clark est quand même très provocant pour être provocant, et on voulait justement faire l’inverse.

Jonathan : On faisait quand même des emprunts sur la manière de filmer, comme Bully de Larry Clark. Mais on ne voulait pas tomber dans le mimétisme. Il y avait aussi ce film récent, It felt like love de Eliza Hittman, qui filme ces adolescent de 14 ans qui se cherchent. Nous voulions surtout regarder comment ce genre de sujet était traité là-bas.

Anthony : C’était surtout une question d’authenticité. C’est ce qui nous interroge depuis nos débuts : Comment rendre ce territoire de la jeunesse et de l’adolescence authentique. Ce qui n’est pas toujours évident à mettre en scène. En tout cas c’est le point commun entre tous ces films.

Un dernière question. Vous êtes français et vous filmez aux États-Unis. Essayez-vous de vous fondre dans le moule américain, ou avez-vous essayé d’amener une spécificité française ?

Jonathan : Je pense que, malgré nous, on amène cette spécificité mais, après, on ne saurait dire exactement quoi.

Anthony : Après on peut prendre le problème dans l’autre sens. C’était très difficile d’arriver sur un territoire que l’on pense connaître. Donc on a vraiment essayé de se protéger avec une auteure américaine, le chef opérateur aussi était américain… Toute l’équipe était américaine. On ne voulait pas faire n’importe quoi. On avait mille soupapes de sécurité pour que personne ne puisse nous dire « c’est quoi ce film de français… »

Jonathan : Ce film de français qui fantasment les États-Unis.

Anthony : Après, on imagine qu’en termes de sensibilité ou d’approche du problème il y a une différence. Par exemple, cette espèce de pudeur qu’ont les américains, peut-être que nous abordons les choses différemment mais c’est difficile de s’auto-analyser là-dessus.

Merci à Jonathan, Anthony et Morgane pour avoir bien voulu répondre à nos questions.

Séries Mania 2018 – Compétition Officielle : Ad Vitam ou la SF pour les nouilles

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Présentée en Compétition Officielle, la nouvelle série de science-fiction d’Arte, Ad Vitam, accumule malheureusement trop de poncifs et se perd dans son propre univers. Intrigue convenu, dialogue à la ramasse et philosophie de comptoir, tout cela arrive bientôt sur vos écrans.

AD VITAM (de Thomas Cailley)

Synopsis: Alors qu’on pense avoir vaincu la mort, sont découverts les corps de sept suicidés, tous mineurs. Dérive sectaire, acte politique, cri d’alarme d’une jeunesse qui cherche sa place ? Darius, flic de 120 ans, mène l’enquête avec Christa, jeune fille révoltée.

Avec : Yvan Attal, Garance Marillier, Niels Schneider, Rod Paradot, Hanna Schygulla, Anne Azoulay, Ariane Labed, Victor Assié, Anthony Bajon

advitam-seriesmania2018-yvan-attalC’est peu dire que la nouvelle production de science-fiction d’Arte nous a déçu. La présence de Thomas Cailley (Les Combattants) à la réalisation et de Garance Marillier (Grave) dans l’un des rôles principaux nous intriguait fortement. Ajoutons à cela les premières images qui promettaient une esthétique léchée et nous étions en droit d’attendre un peu plus de cette nouvelle production française qui s’attaque à un genre fort peu considéré chez nous.
Et c’est peut être bien là le problème. Force est d’admettre que si l’on produit peu de science-fiction en France, c’est probablement parce qu’on ne sait pas en faire. En tout cas, pas au cinéma, ni à la télévision. Malgré quelques essais encourageant qui tentent de trouver une sensibilité française (comme le pas si mauvais Dans la Brume sorti récemment). La plupart du temps, on sent trop l’influence écrasante des productions U.S. Et si l’idée est de faire comme les américains, autant arrêter tout de suite les frais.

Il n’y a en vérité aucun problème à citer des œuvres marquantes ou à s’inscrire dans les pas de ceux que l’on a choisi comme mentor. Mais il faut aussi trouver sa propre voie au milieu de ces références. Et malgré un premier quart d’heure encourageant qui développe quelques bonnes idées (la doyenne de l’humanité qui semble avoir trente ans), Ad Vitam s’embourbe rapidement dans tellement de clichés, que l’on aurait presque envie de faire un bingo pour se maintenir éveillé. Le flic à bout, check, l’adolescente rebelle à protéger, check, les références bibliques, check, les caissons remplis de flotte, check, les animaux exotiques (ici la méduse), super, les rave party sur de la musique électro et des filtres colorés, parfait, le stand de nouilles chinoises : Bingo ! On a au moins trouvé de quoi s’occuper pour nos prochaines soirées en solitaire.

Côté histoire, les bonnes idées de base entrent rapidement en collision avec d’autres éléments, ce qui finit de casser la crédibilité de l’ensemble. Un homme dont le métier est d’annoncer la mort d’un proche dans ce futur où celle-ci appartient au passé, voilà qui est plutôt bien vu. Sauf que les règles d’immortalité sont mal définies. Il est toujours possible de se faire sauter le caisson, les accidents de la route ou les meurtres ne sont pas couverts, certains cultes religieux refusent d’échapper à la fatalité, et certaines personnes sont incompatibles au traitement… Donc la mort n’est pas aussi rare qu’ils le disent et le personnage ne sert pas à grand chose. S’ajoute à cela d’autres questions comme : pourquoi la majorité est relevée à trente ans ? Pourquoi le suicide est considéré comme un crime, alors qu’il y a un problème de surpopulation qui pointe le bout de son nez ? Est-il possible de mourir de faim ? D’intoxication alimentaire ? Depuis combien de temps l’immortalité est elle en place ? Pourquoi la doyenne de l’humanité a l’air d’avoir trente ans et le personnage principal en fait cinquante ? Et surtout, pourquoi les futurs dystopiques ont-il des stands de nouilles à tous les coins de rue ? Trop de questions idiotes en deux épisodes.

Arte semble avoir été trop sûre d’elle sur ce coup là. Persuadés d’avoir de jeunes talents sous la mains, les producteurs ont sûrement voulu laisser une totale liberté aux auteurs (ce qui est tout à leur honneur). Sauf que Thomas Cailley excellait dans le registre de l’humour décalé et pince sans rire. On sent que certaines scènes se voudraient drôles… mais l’ambiance ne s’y prête vraiment pas. Et même sa reprise du personnage de la jeune fille fataliste opposé au paumé de service (ici le flic) semble hors de propos, justement parce que le reste de la série part dans trop de directions opposées, que la pauvreté de l’écriture des dialogues peine à lier ensemble. Certains acteurs sont même extrêmement mal dirigés, ce qui va encore donner du grain a moudre aux détracteurs du cinéma de genre à la française.

Nous somme restés les deux épisodes pour être sûr de notre coup. Un tiers de la salle ne s’est pas fait prier pour sortir au bout d’une heure.

Séries Mania 2018 – Formats Courts : Voyage en Amérique du Nord

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La compétition Formats Courts de Séries Mania continue de mettre à l’honneur ces séries expérimentales sortant des sentiers battus de la production. Aujourd’hui, direction l’Amérique du Nord, avec Red Creek, une enquête dans le Grand Nord canadien, Sylvain le Magnifique, comédie fantastique venue du Québec et The Accidental Wolf, qui mélange thriller politique et problème de couples.

Red Creek : Parle moi du Canada

(d’Aurélien Molas – France)

Synopsis : L’énigmatique Marlène a fui sa France natale et sa carrière dans la police pour s’installer dans le Grand Nord canadien. Un soir, elle toque à la porte de la famille Coxx dont la fille, Elise, a disparu. L’enquête officielle ne mène nulle part et Marlène, qui soupçonne une affaire d’exorcisme, s’impose comme détective privé.

Avec :  Lou de Laâge, Tobie Pelletier, Kent McQuaid, Eric Davis, Juliette Gariepy, Laurie Babin

Malgré l’échec de sa saison 2, True Detective semble continuer de faire des émules. Aujourd’hui, c’est le studio français Studio + qui propose sa version du néo-noir, avec cette enquête dans le Grand Nord canadien, qui vient (une fois de plus) sonder les tourments de l’âme humaine.
Bien que les épisodes soient plutôt courts, difficile d’adhérer complètement à la démarche, tant Red Creek semble plutôt s’inspirer des autres que chercher sa propre voie. En première ligne des clichés, le personnage de Marlène (Lou de Laâge), ex-policière française reconvertie en détective « hard-boiled » au féminin. Là où un tel personnage aurait pu amener une touche de nouveauté dans ce genre d’univers, l’actrice principale masculinise à outrance son personnage, roule des mécaniques, raconte son histoire sur un ton monocorde… Bref, semble vraiment vouloir faire les choses « à l’américaine ». Le tournage en anglais n’aidant pas à ressentir le choc culturel qui ne viendra jamais.
L’enquête n’est pas très crédible, avec cette détective improvisée qui se permet toute sorte d’infractions mineures pour arriver à ses fins, ou encore le cas de la police locale dont l’incompétence dépasse l’entendement (personne n’avait pensé à fouiller le casier de la disparue ? Vraiment ? ).
Pour le reste, on pense à Twin Peaks pour la communauté pleine de secrets, mais surtout à Silent Hill, avec ce culte mystérieux et ces hommes masqués qui traînent dans les bois… Beaucoup d’images nous viennent en tête, mais jamais Red Creek ne s’imprime dans nos mémoires.

Sylvain, le Magnifique : De la magie, peu de génie

(de Samuel Cantin – Québec)

Synopsis : Prestidigitateur et vedette du petit écran, Sylvain est secrètement un vrai magicien. Désabusé par la tournure qu’a pris sa carrière, il apprend un jour que son légendaire rival, Barloute L’Étonnant, s’est fait enlever et que son ex Léa fréquente désormais un célèbre pro de BMX. Face à l’incompétence de son agent artistique, il saisit l’occasion pour reprendre sa vie en main. 

Avec : Emmanuel Schwartz, Julien Corriveau, Virginie Fortin, Eric Bernier, Julien Lacroix, Daniel Lemire

Petite déception pour ce mélange de comédie burlesque et de fantastique. On aurait aimé adorer Sylvain le Magnifique, mais la série semble mettre un point d’honneur à ignorer son sujet (Sylvain est en vérité un vrai magicien) pour parler d’un tas d’autres choses. Une vie sentimentale foireuse, la lassitude du show-business, l’amitié toxique… Mais l’étendue des pouvoirs de Sylvain reste floue et la magie n’est utilisée que comme gag ponctuel, histoire de réveiller un peu l’audience de temps en temps. On espère une évolution d’un épisode à l’autre, mais tout reste sur ce même ton décalé et distant, au lieu d’aller à fond dans la fantaisie.
Ajoutons à cela la barrière culturelle, avec ce québécois moderne qui mélange de plus en plus anglais et français, au point que, pour un public autre que local, les dialogues en deviennent rapidement difficiles à suivre. Surtout quand certains personnages semblent plus marmonner que parler.
Le tour avait tout pour plaire, mais son exécution laisse un peu à désirer.

The Accidental Wolf  : Thriller surprise

(d’Arian Moayed – États-Unis)

Synopsis : Katie est une riche femme au foyer new-yorkaise, prisonnière d’un mauvais mariage. Un soir, elle reçoit par erreur un appel téléphonique provenant d’un village africain. À l’autre bout du fil, un inconnu désespéré semble fuir sous les coups de feu et la supplie d’envoyer de l’aide.

Avec : Kelli O’Hara, Reed Birney, Raul Castillo, John Conlee, Brandon Dirden, Mike Doyle

Cette web série américaine ne fait pas partie de la compétition formats courts, elle est juste présentée en panorama international. Mais nous devions vous en parler, car ce fut une belle découverte.
Mélangeant des éléments de thriller géopolitique et de drame marital, The Accidental Wolf joue la carte du retournement constant de situation. Ce coup de téléphone reçu au milieu de la nuit est-il une arnaque ? La police semble l’affirmer. Mais la police est-elle dans le coup ? Y a-t-il eu un vrai massacre à l’autre bout du monde ? Tant de questions qui se posent à cette femme de la classe aisée, peu habituée à la violence du monde.
La série n’hésite pas à faire des sauts dans le temps, à montrer la dégradation de la vie de famille de Katie, en même temps que le mystère se dévoile. Très bien écrite, très bien filmée et très bien interprétée (même Denis O’hare passe faire un coucou), The Accidental Wolf est déjà en production de sa deuxième saison, preuve final d’un succès mérité.

Cannes 2018 : Masterclass prestigieuses avec Christopher Nolan, Ryan Coogler, John Travolta et Gary Oldman

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A l’occasion de l’édition 2018 du Festival de Cannes, des légendes vivantes du septième art vont s’exprimer sur leur métier, leur passion et leur carrière. La sélection de ces grands oraux (Rendez-vous avec…) s’annonce une nouvelle fois prometteuse et va combler les cinéphiles.

Les festivaliers qui rêvent d’approcher leurs idoles vont être comblés. A l’occasion du 71e Festival de Cannes, quatre rencontres exceptionnelles seront organisées salle Buñuel. Ces rendez-vous vont se substituer à la Leçon de cinéma, organisée les années précédentes.

Quatre masterclass avec des réalisateurs et des acteurs sont en effet prévues cette année. Ces personnalités du monde du cinéma seront invitées à partager leur travail et évoquer leur passion lors de ces conférences destinées à tous les festivaliers.

Le programme de cette année offre un regard sur le cinéma anglais et américain. Les cinéphiles féministes risquent néanmoins de râler et de déplorer l’absence de femmes (réalisatrices ou actrices) dans le cadre de ces Rendez-Vous avec…, de ces masterclass exceptionnelles dans le cadre de l’édition 2018 du Festival de Cannes.

Jeudi 10 mai à 16h : MASTERCLASS DE RYAN COOGLER

RÉALISATEUR & SCÉNARISTE, AMÉRICAIN

Agé de 31 ans, natif d’Oakland (Californie), Ryan Coogler revient à Cannes et il n’est plus tout à fait le même cinéaste qui y présenta son premier long métrage, il y a cinq ans. Fruitvale Station (2013), qui raconte les dernières heures d’Oscar Grant, abattu par un policier à la station Fruitvale du BART, fut développé et produit par Forest Whitaker. Il reçut le Prix du public et le Grand prix du jury à Sundance ainsi que le Prix de l’avenir à Un Certain Regard de Cannes remis par Thomas Vinterberg, Président du Jury.

Depuis, Ryan Coogler a fait sensation en coécrivant et réalisant le 7e Rocky : Creed, L’Héritage de Rocky Balboa (2015) ainsi que Black Panther (2018), produit par le studio Marvel, dont il est le plus jeune réalisateur. Le film, révolutionnaire sur bien des points, s’est hissé à la 5e place de l’histoire du box-office US dès le premier week-end de sa sortie. Michael B. Jordan, à l’affiche des trois films réalisés par Ryan Coogler, sera également présent en Sélection officielle avec Fahrenheit 451, réalisé par Ramin Bahrani.

Le Rendez-vous avec Ryan Coogler aura lieu le jeudi 10 mai à 16h, salle Buñuel. La masterclass sera animée par Elvis Mitchell, critique et journaliste américain.

Samedi 12 mai à 16h : MASTERCLASS DE CHRISTOPHER NOLAN

RÉALISATEUR, SCÉNARISTE & PRODUCTEUR, BRITANNIQUE

Réalisateur, scénariste et producteur primé à de nombreuses reprises, Christopher Nolan est un des cinéastes parmi les plus novateurs de ce début de 21e siècle. Après Memento qui l’a révélé en 2000 et lui a valu une nomination à l’Oscar pour le meilleur scénario original, ses films ont tous fasciné la critique et le public. Inception (2010), Interstellar (2014) et la trilogie The Dark Knight, dont le deuxième volet, The Dark Knight : Le Chevalier noir, a obtenu huit nominations aux Oscar, sont autant d’œuvres qui ont marqué la création cinématographique contemporaine. L’année dernière, Christopher Nolan a créé l’événement en réalisant Dunkerque qui fut également nommé aux Oscars. Grand cinéphile, connaisseur amoureux de l’œuvre de Stanley Kubrick et de 2001 : L’Odyssée de l’espace, dont il célébrera le lendemain (13 mai) les 50 ans de la première présentation, Christopher Nolan est également un défenseur et un continuateur de la tradition du film, du « celluloïd » et de la projection sur grand écran : ainsi, Dunkerque a bénéficié de la plus importante sortie en 70mm des vingt-cinq dernières années.

Le Rendez-vous avec Christopher Nolan aura lieu le samedi 12 mai à 16h, salle Buñuel. Il sera animé par Philippe Rouyer, historien et critique français. La traduction sera assurée par Massoumeh Lahidgi.

Mercredi 16 mai à 16h45 : MASTERCLASS DE JOHN TRAVOLTA

ACTEUR & PRODUCTEUR, AMÉRICAIN

Le surgissement, en 1977 de John Travolta dans La Fièvre du samedi soir de John Badham n’a eu d’égal, en émotion, en surprise et en plaisir que son retour, en 1994, dans Pulp Fiction de Quentin Tarantino, qui remporta la Palme d’or à Cannes cette année-là. Depuis ses débuts, John Travolta a promené son élégance et son sourire dans des films qui sont autant de monuments de cinéma : les thrillers de Brian de Palma, Carrie et Blow Out, Get Shorty de Barry Sonnenfeld, Broken Arrow et Volte/Face de John Woo, La Ligne rouge de Terrence Malick, L’Attaque du métro 123 de Tony Scott, la série TV American Crime Story : L’Affaire O. J. Simpson dont il est également producteur. Ajoutons aussi la trilogie Allô maman, ici bébé lancée par Amy Heckerling et rappelons que John Travolta fit, aux côtés de Emma Thompson, l’ouverture du 51e Festival de Cannes, en mai 1998. Récemment il a tourné Moose et on le verra bientôt dans Gotti de Kevin Connolly que le Palais des Festivals accueillera pour sa première mondiale pendant le Festival de Cannes.

John Travolta sera également présent au Cinéma de la Plage le mercredi 16 mai à 21h30 pour la présentation de la copie restaurée de Grease, la comédie musicale de Randal Kleiser, à l’occasion du 40e anniversaire du film.

Le Rendez-vous avec John Travolta aura lieu le mercredi 16 mai à 16h45, salle Buñuel. Il sera animé par Didier Allouch, journaliste et critique français.

Vendredi 18 mai à 16h : MASTERCLASS DE GARY OLDMAN

ACTEUR & RÉALISATEUR, BRITANNIQUE

Né en 1958 à Londres, Gary Oldman est l’un des acteurs les plus reconnus de sa génération, au théâtre comme au cinéma. C’est en 1983 qu’il décroche son premier grand rôle, dans Meantime de Mike Leigh. Dans les années 1990, on le voit dans JFK (1991), Dracula (1992), True Romance (1993), Léon (1994), Le Cinquième Élément (1997) et Air Force One (1997) dans lequel il joue les méchants. Auteur lui-même, il écrit et réalise Ne pas avaler, produit par Luc Besson, sélectionné en Compétition à Cannes en 1997 et qui vaut à son actrice principale, Kathy Burke, le prix de meilleure interprète féminine. Gary Oldman est également connu pour ses rôles de Sirius Black dans la saga Harry Potter, de James Gordon dans la trilogie The Dark Knight, et pour avoir incarné George Smiley dans La Taupe (2011) de Thomas Alfredson. Il y a un an, sa magistrale interprétation de Winston Churchill dans Les Heures sombres (2017) lui a valu une ovation internationale couronnée par l’obtention de l’Oscar du meilleur acteur en mars 2018.

Le Rendez-vous avec Gary Oldman aura lieu le vendredi 18 mai à 16h, salle Buñuel. Il sera animé par Douglas Urbanski, producteur américain, qui est aussi le partenaire artistique de Gary Oldman depuis trente ans.

Les Gladiateurs s’affrontent en DVD et Blu-Ray

Les éditions Rimini nous proposent de revoir un des classiques du péplum chrétien, Les Gladiateurs, de Delmer Daves, avec Victor Mature.

Les Gladiateurs commence là où se termine La Tunique. D’ailleurs, pour être sûr de son enchaînement, Delmer Daves commence son film en remontrant la scène finale du film d’Henry Koster. En fait, techniquement, les deux films ont été tournés en même temps, dans les mêmes décors, et une partie de l’équipe a travaillé sur les deux projets, à commencer par les acteurs Jay Robinson (Caligula) et Michael Rennie (Pierre) : La Tunique, de Henry Koster, avec Richard Burton et Jean Simmons, et Les Gladiateurs, de Delmer Daves, avec Victor Mature et Susan Hayward sont conçus pour former un diptyque. De plus, les deux films ont laissé leurs noms dans l’histoire cinématographique : La Tunique fut le premier film tourné en CinemaScope.

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Les Gladiateurs appartient au genre des péplums chrétiens, genre très en vogue surtout depuis le grand succès rencontré deux ans plus tôt par le célèbre Quo Vadis ?, de Mervyn LeRoy, avec Robert Taylor et Peter Ustinov. Le procédé est simple mais efficace : créer toute une opposition entre Rome et les communautés chrétiennes.

Cette opposition apparaît dès le début, et elle tient d’abord aux décors : le lieu simple et modeste où se réunissent les chrétiens est l’exact contraire du palais monumental et somptueux de Caligula. L’ambiance qui y règne est également différente : d’un côté la folie d’un dirigeant qui règne par la peur, les menaces et les cris, de l’autre une certaine sérénité et une dignité malgré les épreuves et la mort. Le film continuera à dérouler ce programme qui culminera par l’opposition entre les deux personnages féminins, la chrétienne Lucia et Messaline, prêtresse d’Isis, qui s’amuse du spectacle de la débauche et de la bestialité qu’elle offre aux gladiateurs.

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Toute la débauche de Rome est concentrée dans le personnage de Caligula : empereur cruel, violent, fou, il bénéficie de l’interprétation de Jay Robinson, qui donne au personnage un caractère instable. Avec lui, on sent qu’à chaque moment, tout peut basculer dans un sens ou un autre, toujours vers le pire. Après la composition mémorable de Peter Ustinov en Néron dans Quo Vadis ?, Jay Robinson prend une grande part de responsabilité dans la réussite du film.

Une responsabilité qu’il partage avec le réalisateur, Delmer Daves. Le cinéaste, qui avait déjà signé Les Passagers de la nuit (avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall, film connu pour sa première partie tournée en caméra subjective) ou La Flèche Brisée (western pro-Indiens avec James Stewart), montre ici la solidité de sa technique et son efficacité. Il parvient très bien à instaurer des pics de tension dramatique, en particulier lors des combats de gladiateurs.

Visuellement, le film est très beau, une qualité encore rehaussée par la remasterisation. Daves accomplit un travail remarquable sur les décors. Les capacités du Technicolor sont très bien exploitées.

Et puis, il ne faut pas oublier que ce film nous offre la possibilité de revoir un acteur qui fut très sous-estimé, Victor Mature, capable d’un jeu beaucoup d’une grande finesse dramatique, ce qu’il avait prouvé dans La Poursuite Infernale de John Ford ou Le Carrefour de la mort d’Henry Hathaway.

Il faut bien avouer que le film possède aussi quelques défauts, entre autre quelques baisses de rythme. Mais il reste bien supérieur à La Tunique et il contient tout ce qui peut satisfaire un amateur de péplums : décors exotiques, danses lascives, combats de gladiateurs, empereur cruel, prêtresse païenne, complots de palais, école de gladiateurs (dirigée par Ernest Borgnine, toujours impeccable quand il s’agit de jouer les gros bras), etc.

Bien entendu, c’est Rome revue par le Hollywood des années 50 : en cela, les compléments de programme sont très bienvenus, puisqu’ils permettent de rétablir des vérités historiques, en particulier sur les techniques de combat des gladiateurs.

Synopsis : l’empereur Caligula, ayant envoyé des chrétiens au supplice, ne peut pas comprendre pourquoi ils n’ont pas peur de mourir. Il pense que la tunique du Christ, que l’apôtre Pierre avait avec lui, confère l’immortalité. Il la fait donc rechercher activement. Demetrius, un esclave affranchi d’origine grecque, se bat contre des légionnaires pour protéger Lucia, dont il est amoureux, et qui possède la tunique. Pour le punir, il est condamné à devenir gladiateur.

Les Gladiateurs : Bande-annonce

Caractéristiques des DVD et Blu-Ray :

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Durée du film : 97 minutes
Compléments de programme :
Gladiateurs : mythes et réalités (52 minutes)

Uniquement sur le Blu-Ray :
Caligula et les Chrétiens (10 minutes)
Les Gladiateurs (15 minutes)

Séries Mania 2018 : The Looming Tower, FBI versus CIA dans l’avant 11-09-01

Découverte à Séries Mania (édition 2018) de The Looming Tower, qui suit la mésentente entre le FBI et le CIA incapables de collaborer sur le cas Ben Laden à la fin des années 90 alors qu’Al-Qaïda a gagné en force et est déterminé à mettre à mal chaque américain croisé. Les menaces terroristes et assauts se succèdent, les personnages pressentent le pire, et le show nous invite à réfléchir sur une question : les attaques du 11 septembre 2001 n’auraient-elles pas pu être anticipées, et même contrecarrées ?

Synopsis : Retour en 1998, dans un contexte géo-politique tendu, avec la menace grandissante représentée par Oussama Ben Laden et Al-Qaïda. La rivalité entre la CIA et le FBI aurait-elle pu involontairement ouvrir la voie à la tragédie du 11 septembre et à la guerre en Irak ?

FBI vs CIA 

The Looming Tower suit la traque de Ben Laden par les agents d’une escouade du FBI et d’un groupe spécial de la CIA respectivement attachés à la division anti-térroriste de leur organisme. La série s’intéresse notamment à trois personnages du premier groupe, deux autres du second, et les individus qu’ils vont devoir convaincre à la maison blanche, dénicher et combattre, soit les membres d’Al-Qaïda, particulièrement Ben Laden, les civils victimes, indifférents ou de connivence, et les personnes constituant leur cercle intime. A ce propos, le show a des difficultés lorsqu’il s’intéresse à la vie intime de son duo principal, John O’Neill et Ali Soufan (formidablement interprétés par Jeff Daniels et Tahar Rahim). Particulièrement celle du deuxième qui semble être complètement déconnectée du récit. Si la colère de l’agent Soufan contre les extrémistes pervertissant sa religion est bien palpable dans l’action et face aux images de chaos notamment grâce à la performance de Tahar Rahim, sa sous-intrigue amoureuse tient de l’anecdote de trop quand bien même on perçoit la volonté d’utiliser cet axe narratif pour renforcer la solitude des agents face à leur mission, et aussi celle de Soufan dans ce cosmos d’hommes blancs qui ne peuvent s’empêcher de mal prononcer son prénom ou de questionner ses origines (et quelque part sa fidélité géopolitico-religieuse). Du côté de John O’Neill, les phases intimes, quand elles ne contribuent pas à construire le sex-appeal du classieux Jeff Daniels, réussissent relativement bien à s’intégrer dans le récit d’espionnage. O’Neill change de femme en fonction de la ville comme un espion changeant de peau et de couleur de fleur à chaque darlin’ qu’il emballe. C’est aussi l’histoire d’un homme dont la famille n’existe qu’à cause de vieilles traditions religieuses et sociales. O’Neill doit ainsi faire face au religieux dans l’intime et le professionnel, le catholicisme d’un coté, l’islamisme extrémiste de l’autre. Ainsi, la série réussit avec le personnage de Jeff Daniels ce qu’elle échoue à faire avec celui de Tahar Rahim, capter l’intime pour mettre en perspective, questionner le quotidien professionnel.

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Jeff Daniels / John O’Neill à gauche ; Tahar Rahim / Ali Soufan à droite

Justement, l’intérêt de la série se trouve dans le cosmos professionnel. La série est adaptée du livre éponyme de Lawrence Wright sous-titré Al-Qaeda and the road to 9/11. Wright, journaliste, en a même gagné un Pulitzer. L’auteur est aussi l’un des co-créateurs de la série. Alors, si la partie intime n’est pas la partie la plus importante du show (du moins dans les deux premiers épisodes présentés), c’est aussi dû au fait que son écrit est un livre-document, une investigation minutieuse dénuée de cette partie très personnelle des individus mêlés à cette histoire. Cette minutie dans la restitution de l’information, précisément de l’Histoire, se retrouve à l’écran. Les choix, les petits gestes, les secrets, les rencontres, les fouilles, et autres petits et importants événements font de The Looming Tower un show formidablement documenté et intriguant quand bien même on connaît la « fin de l’histoire » et certains de ses grands événements : les attentats aux ambassades, l’interview télévisée, etcetera. Enfin, la rivalité entre les deux équipes du FBI et de la CIA passionne de par la retranscription sans ironie ou quelque distance que ce soit de ces querelles surprenamment et scandaleusement absurdes qui ont coûté un nombre de vie incalculable. Justement, la série, comme le livre, bouscule le trauma américain et même international du 11 septembre 2001 en émettant, au fur et à mesure de leurs démonstrations respectives, la question-hypothèse : si le FBI et la CIA avaient collaboré comme ils auraient dû le faire, les attentats du 11/09 n’auraient-il pas pu être anticipés et alors mis en échec ?

Bande-Annonce – The Looming Tower

https://www.youtube.com/watch?v=bgsdAUKIICo

É.-U. 2018 épisodes 1 et 2 vostf coul. 2×50min (série 10×50min)

Créateurs : Dan Futterman, Alex Gibney d’après l’oeuvre de Lawrence Wright / scénariste : Dan Futterman / réalisateur : Alex Gibney / compositeur : Will Bates / avec : Jeff Daniels, Tahar Rahim, Wrenn Schmidt, Bill Camp, Louis Cancelmi, Virginia Kull, Ella Rae Peck / producteur : Legendary Television / diffuseur E.-U. : Hulu / diffuseur France : Amazon Prime Video

Rampage : Hors de contrôle de Brad Peyton, gare au gorille

Inspiré d’un jeu sur borne d’arcade sorti dans les années 80, Rampage : Hors de contrôle s’impose comme le blockbuster nobrain de ce printemps. Au menu, Dwayne Johnson en primatologue, un gros gorille albinos et de la destruction en veux-tu en voilà.

rampage-brad-peyton-dwayne-johnsonDepuis plusieurs années, Dwayne « The Rock » Johnson est devenu l’un des acteurs les plus bankables d’Hollywood. Empilant les blockbusters bas du front comme la saga Fast and Furious ou le reboot de la série Alerte à Malibu, Dwayne Johnson cultive l’image du tas de muscles super cool, un mec bien friendly mais qui n’hésitera pas à casser la gueule des méchants et à sauver le monde en mode héroïque, tout en balançant des petites punchlines. Il est donc normal de le revoir exhiber ses pectoraux tous les 3 mois sur nos grands écrans à l’affiche de productions de plus en plus over the top. Avant de jouer le sauveur dans un gratte-ciel en feu dans Skyscraper, le voilà donc en compagnie d’un gorille géant dans Rampage : Hors de contrôle. Derrière ce titre pas très subtil se cache l’adaptation d’un jeu d’arcade au principe on ne peut plus basique. Le joueur qui contrôle au choix George un gorille géant, Lizzie un reptile sauce Godzilla ou Ralph un loup-garou géant doit, pour compléter un niveau, détruire tous les buildings en évitant de se faire neutraliser par les militaires. Il ne fallait pas plus que ces 3 lignes pour donner naissance à un véritable destruction porn.

Forcément tout commence par une expérience qui a mal tourné. Une entreprise spécialisée en génétique a mis au point un pathogène formé à partir de l’ADN de nombreux animaux, décuplant la croissance et surtout l’agressivité de l’être vivant mis en contact avec, tout en lui conférant d’autres propriétés spécifiques. Le but étant d’en faire une arme de destruction massive, Energyne a été contraint de procéder à leur expérience dans l’espace, mais voilà que la station explose et trois échantillons se crashent sur Terre. Ces trois échantillons vont entrer en contact avec un loup, un crocodile et George, un gorille albinos, meilleur ami du primatologue Davis Okoye plus à l’aise avec les singes que les hommes. Dwayne Johnson dans le rôle d’un scientifique spécialiste des primates voilà déjà de quoi faire hausser le sourcil dubitatif et on n’a certainement rien vu d’aussi crédible depuis Denise Richards en physicienne nucléaire dans Le Monde ne suffit pas. Quoiqu’il en soit, voilà que le pauvre George se met à grandir de façon exponentielle, avant de se faire la malle et d’aller tout détruire à Chicago avec l’aide de ses deux compères, le loup-porc-épic et le crocodile phacochère. Seul Dwayne Johnson, aidé d’une ancienne employée de Energyne,  peuvent empêcher les bestiaux de mettre la ville à feu et à sang.

rampage-brad-peytonÉvidemment, il ne faut pas aller chercher une métaphore de la bête qui sommeille à l’intérieur des humains ( en l’occurrence les machiavéliques Claire et Brett Wyden, patrons de Energyne) ou que même un gorille de 6 mètres dispose d’une certaine humanité ( même si il faut avouer qu’il sait faire poindre l’émotion ce George). Ici, on est plus dans du gros spectacle, où le but de Brad Peyton est de montrer le plus de buildings en train de s’écrouler à la minute tout en empilant des money shots de bestiaux arrachant en deux les membres d’un commando de la mort ou s’amusant à balancer des hélicos à travers Chicago. Rampage lorgne alors du côté du kaiju movie, le design du crocodile pouvant rappeler des ennemis de Godzilla ( au contraire de Ralph le loup particulièrement laid) tandis que George est un King Kong ayant délaissé les belles blondes pour des chauves bodybuildés. Pas vraiment de message politique derrière, si ce n’est de rappeler les dérives que peuvent engendrer les manipulations génétiques, Rampage préfère se concentrer sur la partie castagne entre monstres gigantesques dans le cahier des charges du kaiju. Les vraies stars sont du film sont donc bien les grosses bébêtes et Dwayne Johnson n’en fait malheureusement pas partie.

Il faut dire que sur ce point, Brad Peyton s’en sort plutôt bien. Loin des standards actuels du film d’action, où les montages hachés et les séquences illisibles sont la norme, Rampage délivre quelque chose de fluide alors qu’on suit des animaux de 10 mètres sautant d’immeubles en immeubles ravageant tout sur leur passage. Mais là où ça devient plus fun, c’est quand George repasse du côté des gentils et se lance dans une partie de MMA avec les deux vilains pas beaux. Rampage a facilement de quoi titiller le petit gamin qui sommeille au fond de nous, et même s’il n’a pas le côté epic d’un Pacific Rim, il fait le café. On regrette peut-être une photographie un peu trop terne où le gris est particulièrement foisonnant et une musique un peu lourdingue, mais Rampage s’avère être au final un produit emballé à peu près correctement. Le film n’hésite pas à se montrer bien violent dans certaines séquences, tout en offrant une certaine empathie, notamment pour George. C’est souvent grâce à lui d’ailleurs que Peyton arrive à faire poindre l’émotion chez le spectateur,  et pas uniquement pour une visée humoristique ( oui un gorille qui trolle et fait un doigt d’honneur fait honteusement rigoler). Rampage : Hors de contrôle ne révolutionnera pas le monde, mais entre dans le club des blockbusters d’été en défonçant la grande porte. Du cinéma régressif et jouissif, c’est tout ce qu’on lui demande de toute façon.

Rampage – Bande Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=gZw0hQpkIBw

Rampage – Fiche Technique

Réalisation : Brad Peyton
Scénario : Ryan Condal, Carlton Cuse, Ryan Engle et Adam Sztykiel
Casting : Dwayne Johnson, Naomie Harris, Malin Akerman, Jeffrey Dean Morgan, Jake Lacy, Joe Manganiello
Décors : Barry Chusid
Costumes : Melissa Bruning
Photographie : Jaron Presant
Montage :  Jim May
Musique : Andrew Lockington
Producteurs : Beau Flynn, Hiram Garcia, Dwayne Johnson, Brad Peyton et John Rickard
Production : New Line Cinema et Wrigley Pictures
Distribution : Warner Bros Pictures
Durée : 108 minutes
Genre : action
Dates de sortie : 2 mai 2018

États-Unis – 2018