Les éditions Tamasa nous proposent une rencontre rare avec un des grands noms de la photographie cinématographique, Vilmos Zsigmond.
Pour tout cinéphile qui s’intéresse au Nouvel Hollywood et, en règle générale, au cinéma américain depuis les années 70, le nom de Vilmos Zsigmond est incontournable. Mythique directeur de la photographie, son nom reste associé à des réalisateurs aussi prestigieux que Robert Altman, Michael Cimino, Steven Spielberg, Woody Allen ou John Boorman. Sa filmographie est parsemée d’œuvres cultes, depuis Delivrance jusqu’à La Porte du Paradis en passant par L’Épouvantail, Rencontres du troisième type, John McCabe, Blow Out, Les Sorcière d’Eastwick ou Crossing Guard.
Vilmos Zsigmond, Michael Cimino et Robert DeNiro sur le tournage de Voyage au bout de l’enfer
Les documentaires sur le rôle de chef opérateur sont suffisamment rares pour attirer toute notre attention. D’autant plus lorsque le sujet se porte sur quelqu’un d’aussi important dans l’évolution esthétique du cinéma américain de ces presque cinquante dernières années.
Le documentaire insiste d’ailleurs sur l’originalité de ce que l’on peut appeler un « style Zsigmond ». Un style visiblement inspiré par la photographie et la peinture hongroises, son pays d’origine. Il explique comment, dans un pays fermé par le gouvernement communiste, il a pu découvrir les films du néoréalisme, en particulier ceux de De Sica, qui étaient autorisés parce que conformes à l’idéologie gouvernementale. L’influence de ce réalisme, l’idée que la lumière doit se mettre au service des personnages, la volonté de fuir à tout prix l’esthétique vide, ont été les principes de son travail.
« Je reconnais un bon directeur de la photographie quand le traitement esthétique est en accord avec le sujet du film. Il ne faut pas se contenter de faire des images trop belles car ça peut gâcher un film et les gens ne ressentent pas ce que l’histoire exprime »
Warren Beatty, Vilmos Zsigmond et Robert Altman sur le tournage de John McCabe
Cette idée est essentielle. L’image doit se mettre au service du sujet. Pour cela, le directeur de la photographie doit travailler main dans la main avec le réalisateur. C’est ce que montrent les nombreux entretiens de cinéastes qui ont travaillé avec Zsigmond. Les propos de Peter Fonda, qui parle de son film L’Homme sans frontière, et en particulier du splendide plan final, sont ainsi riches d’enseignements. Zsigmond est un chef opérateur qui n’hésite pas à prendre des risques, pour trouver la lumière idéale par exemple. Ce fameux plan final, où, au lieu de faire un bête fondu au noir, Zsigmond va attendre tout simplement que le soir tombe et que cela donne un « fondu naturel », est remarquable en tout point.
Cette façon de jouer avec la lumière est une des caractéristiques essentielles de son travail de chef opérateur. Les propos d’Isabelle Huppert sur l’importance de la lumière pendant le tournage de La Porte du Paradis en disent long sur le travail de Zsigmond.
L’autre aspect de son travail est l’adéquation entre l’image et le sujet. Les témoignages de John Boorman sur le tournage de Delivrance ou de Jerry Schatzberg pour L’Épouvantail montrent la minutie du directeur de la photographie, sa volonté de coller au plus près des personnages, de l’ambiance, des thèmes traités, etc.
Avec John Savage sur le tournage de Voyage au bout de l’enfer
Tout cela, et bien d’autres choses encore, font de ce documentaire un film passionnant si on aime le cinéma américain des cinquante dernières années. On voit défiler les grands cinéastes, on y parle de plans devenus cultes (comme ce vertigineux plan tournant à 360° dans Blow out), et surtout du lien indispensable entre le réalisateur et le chef opérateur. L’ensemble, émaillé de scènes de films qui illustrent magnifiquement les propos, est passionnant.
Close Encounters with Vilmos Zsigmond : Bande-Annonce
Caractéristiques du DVD :
VO ST Français – Anglais – Espagnol – Hongrois – Film 1h18
COMPLEMENTS
• Livret 12 pages illustrées • Galerie Photos
• Scènes coupées : Michael Cimino – The Deer Hunter, 6′
•Vilmos & Darius – Les décorateurs, 9′
•Vilmos & John Travolta, 2’30
•Rencontres d’autres types, 1’10
• Les Fauvettes, 5′ • Douglas – Tribute to Vilmos, 8’30
• Commentaire audio de Pierre Filmon
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"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.
Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.
Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.
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