Séries Mania 2018 – Compétion Officielle : Il Miracolo, du sang dans les larmes

Lauréate du prix spécial du Jury, Il Miracolo, première série de l’écrivain Niccolò Ammaniti, est une réussite. Abordant des thèmes complexes comme la foi, le bien, le mal, l’auteur n’oublie pas pour autant de dresser un portrait juste de l’Italie d’aujourd’hui. Une récompense bien méritée.

Il Miracolo 

Une série italienne de Niccolò Ammaniti, avec Guido Caprino, Alba Rohrwacher, Lorenzo Indovina, Tommaso Ragno, Elena Lietti et Sergio Albelli.

Synopsis : Lors d’une descente dans le repaire d’un chef de la mafia, la police découvre une statuette de la Vierge qui pleure du sang. Mise au secret, analysée, la statuette va mettre chacun des protagonistes, croyants ou non, face à l’inexplicable, et bouleverser le cours de leur vie. 

Les miracles ont cette particularité d’être toujours un peu flous. Soit ils sont relatés par d’autres au travers d’écrits qui ont traversé des siècles (et donc leur véracité peut être remise en cause), soit les circonstances sont suffisamment troubles pour être totalement convaincu d’une action divine. Plus que le miracle lui-même, c’est la croyance en celui-ci qui fait acte de foi. L’on choisit ou non d’y croire, afin de confirmer ou de remettre en cause nos convictions. Mais comment réagirions nous face à un vrai miracle ? Un événement tellement absurde, ne répondant à aucune loi de la physique, que nous serions bien obligés d’admettre qu’il y a quelque chose qui nous dépasse ?

Comme l’indique son titre, Il Miracolo présente donc l’apparition de ce miracle : une vierge en plastique (le genre que l’on trouve dans les magasins) se met à pleurer du sang humain sans discontinuer. L’événement est d’abord caché à la population, pour éviter les pèlerinages massifs, le temps que le premier ministre prenne une décision. Lui même n’étant pas très croyant, il éprouve des difficultés à conceptualiser cette intervention divine. Dans un pays encore très influencé par le dogme catholique, l’annonce d’un tel événement pourrait avoir des répercussions incontrôlables.

Ammaniti a l’intelligence de ne jamais tomber ni dans le pamphlet antireligieux, ni dans l’œuvre évangéliste. Il joue habilement sur plusieurs tableaux et promet des développements passionnants pour la suite. Il Miracolo déploie au fur et à mesure une ambiance aux limites grotesques. Il y a quelque chose de fondamentalement absurde dans cette vierge en plastique posée au milieu d’une piscine, laissant s’écouler neuf litre de sang par jour. Mais aussi dans ce personnage de prêtre ordurier, ou cette première dame à couteau tiré (parfois littéralement) avec la nourrice de ses enfants.

C’est finalement cette ambiance d’absurdité diffuse, à l’image de son élément déclencheur, qui fait de Il Miracolo une série intelligente, dont on attend la suite avec impatience.

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Vincent B.
Vincent B.https://www.lemagducine.fr/
Intéressé par tout, mais surtout n’importe quoi. Grand amateur de fantastique et de Science fiction débridé. Spécialiste Normand expatrié à Lille de la vague Sushi Typhoon (le seul qui s'en vante en tout cas). Je pense très sérieusement que l’on ne peut pas juger qu’un film est bon si l’on en a jamais vu de vraiment mauvais.

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