Les Gladiateurs s’affrontent en DVD et Blu-Ray

Les éditions Rimini nous proposent de revoir un des classiques du péplum chrétien, Les Gladiateurs, de Delmer Daves, avec Victor Mature.

Les Gladiateurs commence là où se termine La Tunique. D’ailleurs, pour être sûr de son enchaînement, Delmer Daves commence son film en remontrant la scène finale du film d’Henry Koster. En fait, techniquement, les deux films ont été tournés en même temps, dans les mêmes décors, et une partie de l’équipe a travaillé sur les deux projets, à commencer par les acteurs Jay Robinson (Caligula) et Michael Rennie (Pierre) : La Tunique, de Henry Koster, avec Richard Burton et Jean Simmons, et Les Gladiateurs, de Delmer Daves, avec Victor Mature et Susan Hayward sont conçus pour former un diptyque. De plus, les deux films ont laissé leurs noms dans l’histoire cinématographique : La Tunique fut le premier film tourné en CinemaScope.

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Les Gladiateurs appartient au genre des péplums chrétiens, genre très en vogue surtout depuis le grand succès rencontré deux ans plus tôt par le célèbre Quo Vadis ?, de Mervyn LeRoy, avec Robert Taylor et Peter Ustinov. Le procédé est simple mais efficace : créer toute une opposition entre Rome et les communautés chrétiennes.

Cette opposition apparaît dès le début, et elle tient d’abord aux décors : le lieu simple et modeste où se réunissent les chrétiens est l’exact contraire du palais monumental et somptueux de Caligula. L’ambiance qui y règne est également différente : d’un côté la folie d’un dirigeant qui règne par la peur, les menaces et les cris, de l’autre une certaine sérénité et une dignité malgré les épreuves et la mort. Le film continuera à dérouler ce programme qui culminera par l’opposition entre les deux personnages féminins, la chrétienne Lucia et Messaline, prêtresse d’Isis, qui s’amuse du spectacle de la débauche et de la bestialité qu’elle offre aux gladiateurs.

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Toute la débauche de Rome est concentrée dans le personnage de Caligula : empereur cruel, violent, fou, il bénéficie de l’interprétation de Jay Robinson, qui donne au personnage un caractère instable. Avec lui, on sent qu’à chaque moment, tout peut basculer dans un sens ou un autre, toujours vers le pire. Après la composition mémorable de Peter Ustinov en Néron dans Quo Vadis ?, Jay Robinson prend une grande part de responsabilité dans la réussite du film.

Une responsabilité qu’il partage avec le réalisateur, Delmer Daves. Le cinéaste, qui avait déjà signé Les Passagers de la nuit (avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall, film connu pour sa première partie tournée en caméra subjective) ou La Flèche Brisée (western pro-Indiens avec James Stewart), montre ici la solidité de sa technique et son efficacité. Il parvient très bien à instaurer des pics de tension dramatique, en particulier lors des combats de gladiateurs.

Visuellement, le film est très beau, une qualité encore rehaussée par la remasterisation. Daves accomplit un travail remarquable sur les décors. Les capacités du Technicolor sont très bien exploitées.

Et puis, il ne faut pas oublier que ce film nous offre la possibilité de revoir un acteur qui fut très sous-estimé, Victor Mature, capable d’un jeu beaucoup d’une grande finesse dramatique, ce qu’il avait prouvé dans La Poursuite Infernale de John Ford ou Le Carrefour de la mort d’Henry Hathaway.

Il faut bien avouer que le film possède aussi quelques défauts, entre autre quelques baisses de rythme. Mais il reste bien supérieur à La Tunique et il contient tout ce qui peut satisfaire un amateur de péplums : décors exotiques, danses lascives, combats de gladiateurs, empereur cruel, prêtresse païenne, complots de palais, école de gladiateurs (dirigée par Ernest Borgnine, toujours impeccable quand il s’agit de jouer les gros bras), etc.

Bien entendu, c’est Rome revue par le Hollywood des années 50 : en cela, les compléments de programme sont très bienvenus, puisqu’ils permettent de rétablir des vérités historiques, en particulier sur les techniques de combat des gladiateurs.

Synopsis : l’empereur Caligula, ayant envoyé des chrétiens au supplice, ne peut pas comprendre pourquoi ils n’ont pas peur de mourir. Il pense que la tunique du Christ, que l’apôtre Pierre avait avec lui, confère l’immortalité. Il la fait donc rechercher activement. Demetrius, un esclave affranchi d’origine grecque, se bat contre des légionnaires pour protéger Lucia, dont il est amoureux, et qui possède la tunique. Pour le punir, il est condamné à devenir gladiateur.

Les Gladiateurs : Bande-annonce

Caractéristiques des DVD et Blu-Ray :

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Durée du film : 97 minutes
Compléments de programme :
Gladiateurs : mythes et réalités (52 minutes)

Uniquement sur le Blu-Ray :
Caligula et les Chrétiens (10 minutes)
Les Gladiateurs (15 minutes)

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Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
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