Gomorra de Matteo Garrone : Naples, une certaine vision de l’Enfer par le prisme de la Camorra

Gomorra est une plongée brutale et sans glorification au cœur de l’emprise des organisations criminelles dans la région de la Campanie en Italie. Ce film policier transalpin de Matteo Garrone fut une véritable claque à sa sortie en 2008 à la manière de La Cité de Dieu de Fernando Meirelles et Kátia Lund ou bien encore des films de Mathieu Kassovitz comme La Haine ou Assassin(s).

Synopsis : « On ne partage pas un empire d’une poignée de main, on le découpe au couteau ». Cet empire, c’est Naples et la Campanie. Gomorrhe aux mains de la Camorra. Là-bas, une seule loi : la violence. Un seul langage : les armes. Un seul rêve : le pouvoir. Une seule ivresse : le sang. Nous assistons à quelques jours de la vie des habitants de ce monde impitoyable. Sur fond de guerres de clans et de trafics en tous genres, Gomorra raconte les destins croisés de Toto, Don Ciro, Maria, Franco, Roberto, Pasquale, Marco et Ciro. Cette fresque brutale et violente décrit avec une incroyable précision les cercles infernaux de la Camorra napolitaine pour mieux nous y entraîner.

Cette critique contient des révélations sur l’intrigue du film. ATTENTION AUX SPOILERS.

Le mot camorra n’existe pas, c’est un mot de flic, utilisé par les magistrats, les journalistes et les scénaristes. Un mot qui fait sourire les affiliés, une indication vague, un terme bon pour les universitaires et appartenant à l’histoire. Celui que les membres d’un clan utilisent pour se désigner est Système : « J’appartiens au Système de Secondigliano ». Un terme éloquent, qui évoque un mécanisme plutôt qu’une structure. Car l’organisation criminelle repose directement sur l’économie, et la dialectique commerciale est l’ossature du clan. (Gomorra, Roberto Saviano, Editions Folio, p.67)

Ici, il n’est pas une seconde où le métier de vivre ne ressemble à la prison à perpétuité, une peine qu’on accomplit en menant une existence sauvage, immuable, rapide et violente. (Gomorra, Roberto Saviano, Editions Folio, p.243)

gomorra-roberto-saviano-protection-policiere-menaces-de-mort-camorra-naplesLe pavé de Roberto Saviano semblait inadaptable au cinéma et pour le petit écran. Des réalisateurs italiens ont pourtant eu le courage et l’audace de se livrer à cet exercice fascinant. Le mérite est d’autant plus grand que les tournages du film et de la série se sont déroulés dans des décors naturels et à Naples même.

Matteo Garrone s’est emparé du livre-enquête édifiant de Roberto Saviano, publié en 2006. Le cinéaste italien dresse un constat monstrueux avec ce film amer et engagé sur les ravages de la mafia à Naples. Roberto Saviano vit depuis la sortie de son livre sous protection policière suite aux menaces de mort proférées à son encontre par la Camorra et par le clan des Casalesi au cours du procès « Spartacus ». Saviano a fait partie d’un groupe de chercheurs de l’Observatoire sur la Camorra. Il a notamment travaillé dans ce cadre avec les rédactions de La Repubblica et de L’Espresso. Gomorra, son premier livre, s’est vendu en Italie à plus d’un million d’exemplaires. Cet ouvrage est devenu un best-seller dans plus de trente pays.

Les principales organisations mafieuses en Italie ont des ancrages dans des régions géographiques bien spécifiques. La Camorra étend son empire en Campanie. La Cosa Nostra sévit en Sicile. La Stidda est basée dans le sud de la Sicile. La ‘Ndrangheta est implantée en Calabre. L’organisation Sacra Corona Unita s’est développée dans les Pouilles. Roberto Saviano, natif de Naples, s’est attaqué spécifiquement à la Camorra en publiant son livre coup de poing, Gomorra, en 2006.

Une vision sidérante de la ville de Naples

Matteo Garrone embarque les spectateurs de manière magistrale dans le quotidien d’hommes et de femmes qui vivent un véritable calvaire sous la coupe de la Camorra au cœur des quartiers sensibles de Naples. Gomorra ressemblerait presque à s’y méprendre à un documentaire, à une plongée sans filtre dans les bas-fonds de la ville. Les spectateurs n’ont malheureusement pas le temps de s’attacher aux personnages. Les victimes et les vagues de violence se multiplient dans la folle course au profit et sans code d’honneur de la Camorra. Le montage découpé et segmenté du film, en fonction des différents personnages principaux, renforce cet aspect documentariste. Les plans serrés ainsi que les séquences tournées caméra à l’épaule contribuent à renforcer l’atmosphère étouffante et à l’effet de réel du film.

A l’occasion d’une conférence de presse au Festival de Cannes, Matteo Garrone avait évoqué sa vision du film et ses choix pour retranscrire l’atmosphère unique qui règne dans certains quartiers de Naples.

Pour recréer l’impact émotionnel que j’ai ressenti en me rendant dans ces territoires, il m’a semblé que ma réalisation devait être la plus discrète possible. L’histoire suggérait elle-même ce langage très simple. Toute volonté de beaux cadrages, de beaux mouvements de caméra était rejetée assez naturellement par le film. Les reportages de guerre que j’ai vus m’ont influencé aussi. Je voulais donner aux spectateurs la sensation qu’ils se situent au cœur de l’action. Je voulais qu’ils puissent ressentir les odeurs.

Le film s’apparente également aux pièces de théâtre antique. Les drames et la fatalité s’abattent aveuglement dans les faubourgs de la ville sur la destinée des hommes et des femmes broyés par le système mafieux des camorristes. Matteo Garrone parvient à retranscrire l’atmosphère oppressante et suffocante des quartiers de Naples où la criminalité rampante, liée à l’activité de la Camorra, dicte sa loi. Le film confronte les spectateurs à la réalité inavouable des méfaits du crime organisé. Le public a la sensation d’être dans un cauchemar dont on ne peut pas se réveiller. Rien ne semble échapper en effet à l’emprise et au contrôle de la Camorra.

L’incarnation de l’enquête de Roberto Saviano à l’écran

Le découpage du film présente les différents visages de la « pieuvre » et les multiples prismes des activités de la toute puissante organisation criminelle napolitaine, la Camorra. Le long-métrage est constitué d’une succession de scénettes qui oscillent entre les différents personnages.

Le film s’attaque à ces activités illégales variées tout en reprenant des pans entiers et fidèlement retranscrits de l’enquête de Roberto Saviano : le trafic de stupéfiants, les assassinats, le racket, l’usure, la distribution de sommes d’argent aux quartiers sous domination des clans camorristes, les ateliers de confection dans le textile et de contrefaçon de qualité avec des travailleurs clandestins d’origines asiatiques ainsi que la collecte et l’enfouissement des ordures et des déchets sensibles (toxiques, radioactifs ou extrêmement polluants).

Les quartiers de Scampia et de Secondigliano avec les fameuses tours Vele servent de « terrain de jeu » aux camorristes dans le cadre du trafic de stupéfiants et des assassinats programmés pour le contrôle du territoire. Les quartiers de Naples, l’architecture de la ville et les tours d’immeubles constituent une présence et un personnage à part entière. Ces décors austères et saisissants contribuent à la force, à l’identité et au poids du film. Matteo Garrone avait également évoqué lors de son passage à Cannes, les relations particulières de l’équipe du film avec la population locale. Il était également revenu sur la complémentarité de son film avec l’enquête édifiante de Roberto Saviano.

De la part de la population, il y a eu une grande disponibilité, une grande participation. Ils ont sûrement été les premiers spectateurs de ce film. Ils étaient toujours derrière l’écran de contrôle, ils nous donnaient des conseils. Souvent, c’est le cinéma qui forme le goût de ces gens et non le contraire. Même si ce film dénonce une réalité, on a choisi une direction différente du livre : ce n’est pas une enquête. Donc, je ne me sens pas en danger personnellement. Le film et le livre sont complémentaires, ils s’entraident.

Les différents avatars de l’organisation mafieuse

Les séquences liées au personnage de Pasquale (l’ouvrier dans le textile aux doigts de fée) constituent des moments cultes du film. La visite et la leçon de couture dans l’atelier clandestin est une scène magistrale. La poursuite en voiture est un modèle de réalisme dans le découpage et la réalisation des scènes d’action au cinéma. L’épilogue déchirant des scénettes de Pasquale, qui a depuis changé de branche pour oublier ce passé funeste, démontre encore une fois l’emprise et le pouvoir de la Camorra en Italie ainsi que ses ramifications à l’échelle internationale. Pasquale reste médusé devant les images de la télévision d’un café. Il découvre sa robe à l’écran, qui a été contrefaite dans les ateliers clandestins dans la région de Naples, suite à ses instructions et à ses techniques. La robe en question est portée par une star de cinéma lors d’une cérémonie prestigieuse à l’occasion du traditionnel tapis rouge.

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Même si son personnage n’a pas de sang sur les mains, le comédien Toni Servillo (La Grande Bellezza, Il Divo, Loro) incarne de son côté avec maestria la perfidie et toute l’abomination du mafieux à col blanc. Il va tenter de former un jeune homme « au métier » dans le business du recyclage des déchets. Les convictions du jeune homme seront ébranlées alors que l’entreprise pourrait conquérir le marché du traitement des déchets de Venise. Le personnage de Toni Servillo dresse un constat cynique et effroyable sur son activité lors d’un échange tendu avec son jeune « apprenti ».

– Grâce à des gens comme moi, ce pays de merde est dans l’Europe. J’ai sauvé des emplois en faisant économiser du fric aux boîtes.

– Tu sauves un ouvrier à Maestre en tuant une famille à Mondragone.

– C’est comme ça que ça marche. Je n’y suis pour rien. On résout les problèmes que les autres ont créés. Le chrome, l’amiante… Ce n’est pas moi qui les ai créés.

 

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Sous emprise camorriste, les frontières de la légalité seront bafouées par cette entreprise qui va enfouir des déchets toxiques dans des carrières. Les dirigeants n’ont aucune considération et aucun respect pour les travailleurs du groupe. Les camionneurs sont payés au lance-pierre et mettent leur vie et leur santé en péril. Les patrons malhonnêtes ne reculeront devant rien et confieront la conduite des camions à des enfants, sans permis, suite au débrayage des conducteurs après un grave accident de travail.

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Le sacrifice d’une génération : Quand la jeunesse napolitaine cède au chant des sirènes de la Camorra

Le film s’attarde également sur la « formation » d’un jeune enfant à « l’école du crime ». Il suit les différentes étapes pour être enrôlé comme « soldat » et porte-flingue. L’organisation mafieuse va devoir faire face à l’hostilité et au courage de sa mère qui va tenter d’arracher son fils des griffes de la Camorra.

gomorra-le-film-jeunesse-sacrifiee-400-coups-camorra-naplesComme le démontre le film, la jeunesse italienne sert de véritable chair à canon pour les organisations criminelles dans la course au profit et pour la conquête de nouveaux territoires. Gomorra s’attarde également sur la destinée de deux jeunes amis. Ces adolescents fougueux n’en feront qu’à leur tête. Ils vont rapidement faire les 400 coups et tenter de brûler la vie par les deux bouts. Ils vont ainsi multiplier les braquages sauvages dans des commerces, faire main basse sur le stock d’armes des membres plus âgés du clan. Ils iront même jusqu’à dérober des stupéfiants dans des zones de deals concurrentes, dans des squats appartenant à la communauté noire de Naples. Ces actions, qui vont bafouer le code d’honneur du clan, vont également provoquer l’ire des plus anciens, des « tontons flingueurs ». La revanche des vieux briscards du clan sera terrible face à ces deux têtes brûlées qui ne respectent pas les règles. Ces deux jeunes insouciants qui repoussent les limites et vivent enfin leur vie rêvée de gangsters en suivant la voie de leur modèle Tony Montana dans Scarface vont malheureusement finir par se brûler les ailes. L’appât du gain, les luttes intestines entre les clans, la guérilla urbaine, l’argent facile, le trafic de stupéfiants et les réputations de caïds à bâtir sont les tentacules de la pieuvre qui étouffent cette jeunesse et la population sous le joug des organisations mafieuses à Naples. La Camorra parvient aisément à séduire une jeunesse à la dérive.

Cette jeunesse italienne est littéralement envoyée à l’abattoir dans un final saisissant qui laisse un gout amer dans la bouche et des larmes dans les yeux. Les dernières images du film font terriblement froid dans le dos. Elles démontrent le peu de valeur de la vie humaine aux yeux de la Camorra.

Matteo Garrone porte ensuite le coup de grâce avec des messages qui apparaissent avant le générique de fin. Les spectateurs peuvent alors méditer sur les ravages de la mafia.

En Europe, la Camorra a tué plus que toute autre organisation criminelle. 4 000 morts en trente ans. Un tous les trois jours. Scampia est l’endroit au monde où l’on vend le plus de drogue. Le chiffre d’affaires par clan est d’environ 500 000 euros par jour. En empilant les déchets toxiques traités par la Camorra on atteint 14 600 mètres de haut, deux fois l’Everest. Il y a 20 % de cancers en plus dans les zones contaminées.

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Gomorra a obtenu le Grand Prix au 61ème Festival de Cannes en 2008. La musique et la bande-son du film seront supplantées et bonifiées dans la série. Ce long-métrage étouffant a marqué des générations entières de spectateurs. Gomorra a participé au renouveau du polar italien au cinéma ces dernières décennies à la manière de Romanzo Criminale de Michele Placido (2005), Arrivederci Amore Ciao de Michele Soavi (2006), A.C.A.B. – All Cops are Bastards et Suburra de Stefano Sollima (2012 et 2015).

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Le réalisateur de Gomorra, de Tale of Tales et de Reality, Matteo Garrone, travaille actuellement sur Dogman. Ce nouveau polar sur un fait divers particulièrement violent des années 1980 en Italie risque de faire couler beaucoup d’encre. Le film devrait retracer le jour où la vie de Pietro De Negri, un toiletteur pour chiens, a basculé à Rome. Sous l’emprise de la drogue, De Negri va torturer et amputer un chef de gang, Giancarlo Ricci, pendant près de sept heures !

Gomorra, le film : Bande Annonce

Gomorra, le film : Fiche Technique

Genre : Drame, Film Policier
Réalisation : Matteo Garrone
Assistant réalisateur : Gianluigi Toccafondo
Scénario : Maurizio Braucci, Ugo Chiti, Gianni Di Gregorio, Matteo Garrone, Massimo Gaudioso, Roberto Saviano
D’après l’ouvrage de Roberto Saviano
Mise en scène : Paolo Bonfini
Interprétation : Toni Servillo (Franco), Gianfelice Imparato (Don Ciro), Maria Nazionale (Maria), Salvatore Cantalupo (Pasquale), Gigio Morra (Iavarone), Salvatore Abruzzese (Toto), Marco Macor (Marco), Ciro Petrone (Ciro), Carmine Paternoster (Roberto), Zhang Ronghua (Xian), Simone Sacchettino (Simone), Salvatore Ruocco (Boxer), Vincenzo Fabricino (Pitbull), Gaetabo Altamura (Gaetano), Italo Renda (Italo), Salvatore Striano (Scissionista), Carlo del Sorbo (Don Carlo), Vincenzo Bombolo (Bombolone)
Casting : Teatri Uniti
Producteur : Domenico Procacci
Producteur délégué : Laura Paolucci
Sociétés de production : Sky, Fandango, Rai Cinema
Montage : Marco Spoletini
Monteur son : Daniela Cassani
Directeur de la photographie : Marco Onorato
Décors : Paolo Bonfini
Costumes : Alessandra Cardini
Coordinateur des cascades : Daniele Nguyen
Musique originale : Matthew Herbert
Pays d’origine : Italie
Durée : 2h15
Année de production : 2008

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Gabriel M.
Gabriel M.https://www.lemagducine.fr/
Passionné de cinéma et de séries. Nostalgique des séances mythiques au cinéma Grand Ecran Italie 2 et des rencontres-projections cultes organisées par l’équipe de Panic Cinema (Lloyd Kaufman, Joe Dante, Uwe Boll). Admirateur de la qualité immersive des séances au Max Linder Panorama. De nombreux réalisateurs ont marqué mon expérience de cinéphile : Kubrick, Jarmusch, Romero, Carpenter, Argento, Fulci, Lynch, Cronenberg, Verhoeven, Cameron, Tsui Hark, John Woo ou plus récemment Julie Delpy et Guillaume Nicloux.

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